Archidiaconé du Désert

L'archidiaconé du Désert était un archidiaconé, c'est-à-dire une subdivision de l'évêché de Rennes.

Toponymie

On appelait Désert une zone favorable à l'érémétisme, comme il s'en trouvait au haut Moyen Âge à la limite de deux cités ; deux régions en lisière du diocèse de Rennes ont porté ce qualificatif : l'archidiaconé du Désert et le doyenné du même nom d'une part, mais aussi la région de Louvigné-du-Désert, aux confins de la Normandie[1] et la Bretagne.

Composition de l'archidiaconé du Désert

Carte de l'Evêché de Rennes divisée en ses deux Archidiaconés et ses six Doyennés, représentant notamment l'archidiaconé du Désert et ses doyennés).

Histoire

Le nom de Désert provint du nom de l’ancien fief et châtellenie du Désert. La châtellenie du Désert, qui appartint aux barons de Châteaubriant, puis à ceux de Vitré à partir de 1542, et disposait du droit de haute justice. Le chef-lieu de la châtellenie du Désert se trouvait au manoir de la Rivière du Désert, en Visseiche, et s’étendait sur le territoire des paroisses d'Availles, Bais, Brielles, Chancé, Domalain, Gennes, Moulins, Moutiers, Le Pertre, Saint-Germain-du-Pinel, Vergéal et Visseiche[2]. Le canton du Désert, situé au Nord du doyenné de Fougères, dont il faisait partie, était compris, à cause de ce doyenné lui-même, dans l'archidiaconé de Rennes, et n'a jamais dépendu de l'archidiaconé du Désert.

L'archidiaconé du Désert s’étendait à plusieurs paroisses des environs de Rennes, dont les principaux membres étaient à Janzé et à Saint-Grégoire.

Composition de la Région du Désert autour de Louvigné-du-Désert

Carte de la « Région du Désert » (Ille-et-Vilaine).
La région du Désert aux alentours de Louvigné-du-Désert (cliché d'imprimerie inversé monté sur une semelle de bois).

Cette « Région du Désert », située aux confins nord-est de la Bretagne (région dite des « Marches de Bretagne »), à la limite du Maine et de la Normandie, comprenait, outre la paroisse de Louvigné-du-Désert, celles de La Bazouges-du-Désert, Landéan, Le Loroux, Mellé, Monthault, Parigné, Poilley-le-Léonnais et Villamée. Selon Paul Banéat le nom provient probablement de la solitude de la contrée (ancienne forêt de Glaine [Glenne][3]) dans laquelle des ermites fondèrent maints refuges isolés[4].

La dénomination « désert » vient probablement de l'isolement de la région au Haut Moyen-Âge. Dans les étendues solitaires de l'ancienne forêt de Glaine (elle couvrait alors les paroisses de Saint-Mars-sur-la-Futaie, Pontmain, La Bazouge-du Désert, etc..), des ermites fondèrent des paroisses aux Xe et XIe siècles et initièrent un mouvement de défrichement qui perdura les siècles suivants. On en trouve trace par exemple dans la vie de saint Bernard de Tiron écrite au début du XIe siècle par Geoffroy le Gros[5].

Le « nom de « désert » fut sans doute appliqué en mémoire des saints ermites qui étaient venus s'y établir aux Xe siècle et XIe siècle et y donhèrent naissance aux paroisses qui existent encore aujourd'hui » écrivent en 1846 Amédée Bertin et Léon Maupillé[6].

L'ancienne forêt disparue de Glenne [Glaine] s'étendait entre la forêt de Fougères et la forêt de Savigny; selon l'abbé Angot[7], vers 1200 elle était encore peu mise en valeur, et donc très peu peuplée, mais fut peu à peu grignotée par les défrichements les siècles suivants ; il en restait toutefois encore de nombreux lambeaux (entre 400 et 500 hectares) lors de la Révolution française comme en témoigne une plainte le d'un certain Alba, propriétaire d'une partie de cette forêt située en Louvigné, à propos de pillages et vols de bois dans celle-ci. Les derniers lambeaux de cette forêt ont été défrichés en 1978[3].

Par ailleurs

Les communes de Saint-Mars-du-Désert et de Saint-Aubin-du-Désert, toutes les deux en Mayenne, ainsi que la commune de Saint-Mars-du-Désert en Loire-Atlantique, portent aussi ce toponyme suffixe « du Désert ».

Notes et références

  1. Philippe Jouët et Kilian Delorme, Atlas historique des pays et terroirs de Bretagne : histoire, ethnographie et linguistique, Morlaix, Skol Vreizh, , 159 p. (ISBN 978-2-915623-28-4, BNF 41038922).
  2. ↑ « Étymologie et histoire de Visseiche », sur infobretagne.com (consulté le ).
  3. Bertrand Bazin, « Sur les traces d'une forêt engloutie par le temps et par l'Histoire », Echo, no 93,‎ (lire en ligne [PDF], consulté le ).
  4. ↑ Paul Banéat, Le département d'Ille-et-Vilaine : Acigné-Étrelles, vol. 1, Rennes, J. Larcher, , p. 105-106.
  5. ↑ Bertrand Bazin, « Origines religieuses de la Bazouge du désert », Echo, no 62,‎ (lire en ligne [PDF], consulté le ).
  6. ↑ Amédée Bertin et Léon Maupillé, Notice historique et statistique sur la baronie, la ville et l'arrondissement de Fougères, Fougères, Imp. A. Marteville et Lefas, (lire en ligne), p. 238.
  7. ↑ Alphonse Angot, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, Goupil, 1900-1910.

Annexes

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