Géologiquement, Louvigné-du-Désert se situe sur la chaîne cadomienne (chaîne de montagne formée il y a 600 millions d'années) à l'origine de l'apparition des zones granitiques entre Perros-Guirec et Louvigné-du-Désert. Ces gisements, qui bordent la côte, ont une orientation est-ouest et se prolongent sous forme de larges filons jusqu'à la région de Vire. Le paysage est donc composé de rochers granitiques apparus avec l'érosion. On peut ainsi apercevoir en se promenant des carrières abandonnées ou en exploitation.
La relative proximité de la mer (35 km de la baie du Mont-Saint-Michel) assure une pluviométrie abondante (moyenne sur 10 ans : 990 mm/an). Les températures sont assez douces et les hivers sont peu rigoureux.
Louvigné-du-Désert est une région de bocages et de landes. Elle est traversée par le Nançon, la rivière de Gasne, la rivière de Hamelin, le ruisseau Français et l'Airon.
Le relief de la commune est assez bosselé, plusieurs buttes dépassant 180 mètres d'altitude , la plus élevée étant celle du Bois Arcant qui atteint 198 mètres ; celle située au nord du hameau de la Frênais (proche de la limite ouest de la commune) atteint 186 mètres et celles de Montlouvier et du Rocher Saint-Guillaume, toutes proches l'une de l'autre, atteignent respectivement 185 et 184 mètres. Le bourg est vers 170 mètres d'altitude. Le point le plus bas se trouve à l'angle nord-est du finage communal, à la confluence de l'Airon avec son affluent le Ruisseau Français, à 97 mètres d'altitude.
Le rocher de Montlouvier contient une Pierre branlante et le rocher de Pierre-Lé la Chaise du diable[1].
Le Rocher Saint-Guillaume au début du XXe siècle (carte postale).
Hydrographie
La commune est traversée par la ligne de partage des eaux entre les bassins hydrographiquesSeine-Normandie et Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Airon, la Glaine, le Lair, le Nançon, la rivière du Moulin Dory[2], le ruisseau de Bois Garnier[3], la rivière le Nançon[4], le cours d'eau 01 des Carrières de l'Avenir[5], le cours d'eau 01 du Pont Dauphin[6], le fossé 01 de la Fleurinais[7], le fossé 01 de la Gesbertais[8], le fossé 01 de la Geslandais[9], le fossé 01 de la Guinchère des Bois[10], le fossé 01 de la Jardière[11], le fossé 01 de la Juguenais[12], le fossé 01 de la Linais Rouangère[13], le fossé 01 de la Vadière[14], le fossé 01 de la Varie[15], le fossé 01 de l'Epinay[16], le fossé 01 des Pallières[17], le fossé 01 du Château de Monthorin[18], le fossé 01 du Lattay[19], le fossé 02 de Bonne Fontaine[20], le fossé 02 de la Guinchère des Bois[21] et divers autres petits cours d'eau[22],[Carte 1].
La Glaine, d'une longueur de 14 km, prend sa source dans la commune de Saint-Ellier-du-Maine et se jette dans l'Airon sur la commune, après avoir traversé six communes[25].
Le Nançon, d'une longueur de 20 km, prend sa source dans la commune de Landéan et se jette dans le Couesnon à Fougères, après avoir traversé six communes[27].
Réseau hydrographique de Louvigné-du-Désert[Note 4].
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de Chalibeau (6,48 ha)[Carte 1],[28].
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[29]. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec[30]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[31]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[32]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[33],[34].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 962 mm, avec 14,1 jours de précipitations en janvier et 8,4 jours en juillet[29]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de 11,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 941,3 mm[35],[36].
La température maximale relevée sur cette station est de 38,3 °C, atteinte le ; la température minimale est de −12,9 °C, atteinte le [Note 5].
Statistiques 1991-2020 et records station LOUVIGNE-DU-DESERT (35) - alt : 153 m, lat : 48°28'45"N, lon : 1°07'47"O (à moins d'1 km) Records établis sur la période du au
Géologie : le granit de la région de Louvigné-du-Désert
La région de Louvigné est un des plutons du batholitegranitique mancellien[Note 6] datant du précambrien (les autres plutons granitiques se trouvant en Ille-et-Vilaine sont ceux de Mont-Dol, Saint-Broladre, Dingé, Bécherel et Lanhélin), d'autres existants dans les départements voisins). Le granite de la région de Louvigné-du-Désert, à grains moyens, offre une une nuance gris-bleu[37].
La carrière de granit de Montlouvier au début du XXe siècle (carte postale).
La carrière de granit de Montlouvier (Philippe frères) au début du XXe siècle (carte postale).
La carrière de granit de la Morinais au début du XXe siècle (carte postale).
La carrière de granit de Pierrelée au début du XXe siècle (carte postale).
Carrière et chantier de granit Le Tensorer au début du XXe siècle (carte postale).
Le chantier de granit Gouyet au début du XXe siècle (carte postale).
Louvigné-du-Désert ː une entreprise de granite au début du XXe siècle (carte postale).
Établissements Brault : chantier de meules à broyer en granit au début du XXe siècle (carte postale).
Avant le XXe siècle le granite extrait était du granite proche de la surface du sol. Ce granite de surface, appelé le "grison", de couleur marron-brun, a servi à l'édification des bâtiments anciens[38].
Vers 1960, 115 établissements étaient en activité dans le bassin de Louvigné dont 80 exploités par des artisans ; une seule entreprise comptait plus de 100 salariés et deux entre 50 et 100 ; parmi les exploitations les plus connues Montlouvier[39], Dolent, La Beurrière, La Piochais, la Fevetière, la Fosse à Godard, etc.. Désormais les granites locaux ne fournissent plus qu'un pourcentage restreint des granites utilisés en France pour les travaux publics, victimes de la concurrence des granites portugais, chinois, sud-africains, etc. Ils restent utilisés notamment pour des travaux de voirie (par exemple pour des voies piétonnes à Marseille, Mulhouse, Metz, Paris, etc..). Mais le granite de Louvigné a été utilisé pour la construction de nombreux monuments tout au long du XXe siècle principalement : par exemple la basilique Notre-Dame de Pontmain (Mayenne), l'église Saint-Pierre de Montrouge à Paris, le monument canadien de Saint-Julien (Saint Julien Memorial), à Langemark près d'Ypres (Belgique), le monument des Pilgrim Fathers à Boston (États-Unis), le monument Patton à Avranches, les 72 colonnes à section carrée du Parc de Beauregard à Rennes[37], etc.
De nombreuses photographies aériennes de carrières prise à Louvigné vers 1972 sont visibles sur le site Internet du Musée de Bretagne[40].
La " Générale du granit", qui a son siège à Louvigné-du-Désert est désormais l'entreprise leader dans ce domaine d'activité en France (voirie, bãtiment, monuments funéraires)[41].
L'ancienne voie ferrée a été reconvertie en voie verte ; elle traverse du sud-ouest au nord la commune, passant à la proximité ouest du bourg.
Urbanisme
Typologie
Au , Louvigné-du-Désert est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[42].
Elle appartient à l'unité urbaine de Louvigné-du-Désert[Note 7], une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[43],[44]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Fougères, dont elle est une commune de la couronne[Note 8],[44]. Cette aire, qui regroupe 26 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[45],[46].
La majeure partie des constructions est en granite local, avec parfois de la brique comme élément de décor en bandeau ou (et) sur les corniches dans les maisons bourgeoises.
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de donnéeseuropéenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (91,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (93,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :
prairies (48,9 %), zones agricoles hétérogènes (26,4 %), terres arables (16,6 %), zones urbanisées (3,8 %), forêts (2,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,4 %), mines, décharges et chantiers (0,7 %)[47]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Lupinaci au XIe siècle ; Luviniaco en 1041 ; Luviniacum au XIIe siècle ; Louvigneium au XIIIe siècle ; Lupiniacum en 1516 ; Loupvigny au XVIIe siècle.
Le type toponymique gallo-romain Louvigné est fondé sur le latin lupus « loup »[48], suivi du suffixe -iniacum (forme allongée du suffixe de localisation et de propriété -(i)acum, d'origine gauloise) ou sur le nom de personne latin Lupinius[48] (porté par un indigène gallo-romain), suivi du simple suffixe -(i)acum[48]. Ces suffixes ont régulièrement abouti à la terminaison -(ign)é dans les pays de l'ouest du domaine d'oïl. Son sens global est « endroit ou il y a des loups, louvière » ou « propriété de Lupinius ».
Le qualificatif du-Désert a été ajouté au XIIIe siècle. Il rappelle que les zones frontalières antiques étaient fréquemment des espaces inoccupés de forêts, de taillis et de landes. Louvigné marquait autrefois une triple frontière entre les tribus gauloises des Riedones, des Abrincates, et des Diablintes. Cependant, on appelait couramment désert une zone favorable à l'érémétisme, comme il s'en trouvait au haut Moyen Âge à la limite de deux cités ; deux régions en lisière du diocèse de Rennes ont porté ce qualificatif, celle de Louvigné-du-Désert, mais aussi l'archidiaconé du Désert, ainsi que le doyenné du Désert, une de ses subdivisions[49]. Le « nom de "désert" fut sans doute appliqué en mémoire des saints ermites qui étaient venus e'y établir aux Xe siècle et XIe siècle et y donhèrent naissance aux paroisses qui existent encore aujourd'hui » écrivent en 1846 Amédée Bertin et Léon Maupillé[50].
Le nom traduit en breton est Louvigneg-an-Dezerzh.
Histoire
Préhistoire
Louvigné-du-Désert ː trois des objets trouvés en 1909 dans une cachette d'objets en bronze et datant de l'Âge du bronze.
En 1909 des ouvriers carriers trouvèrent sous un bloc de granite une cachette d'objets en bronze contenant notamment des haches à douille et des haches à aileron en jade et en silex, datant de l'Âge du bronze ; la totalité des objets trouvés fut acquise par le Musée de Laval[51].
Deux voies romaines se croisent à Pierrelée en Louvigné-du-Désert.
Moyen Âge
Louvigné-du-Désert faisait partie de la Région du Désert (dans les "Marches de Bretagne", à la limite du Maine et de la Normandie) et du "Petit Maine" qui regroupait aussi les paroisses de La Bazouges-du-Désert, Pontmain et Saint-Ellier, alors principalement recouvert de forêts[53], habitées notamment par des ermites : l'un d'entre eux, connu sous le nom de saint Maxime, habitait au Mont Louvier (Montlouvier) ; il avait creusé dans la roche deux entailles, l'une lui servant de lavoir, l'autre de fontaine ; il envoyait son âne quémander de la nourriture dans les villages voisins ; lassés de ce stratagème, des habitants chargèrent le pauvre animal de pierres ; l'ermite quitta alors la région[54].
Ces paroisses, entre Maine et Bretagne, prétendaient échapper aux impôts de ces deux provinces[55]. « À la fin du XIIe siècle la Bretagne et le Maine étaient séparés comme le sont aujourd'hui les départements d'Ille-et-Vilaine et de la Mayenne (..) par la rivière de Léron ; mais Juhel de Mayenne ayant réclamé à Geoffroy de Fougères la propriété de sa baronie, celui-ci (1209) consentit à transiger avec lui, et Juhel se désista de ses prétentions, moyennant 50 livres en monnaie de Tours, que le seigneur de Fougères lui assigna sur le moulin de la Bignette et le fief du Loroux, et la cession de tous ses droits sur la forêt de Glaine dans les paroisses de Louvigné et de la Bazouges. C'est de là qu'est venu à cette contrée le nom de "Petit-Maine" ». Les habitants, devenus vassaux du seigneur de Mayenne, demeurèrent néanmoins attachés à leurs anciennes paroisses, et continuèrent à faire partie de l'évêché de Rennes. En raison de cette position particulière, ils continuèrent à être exemptés des tailles et de la gabelle comme dans le reste de la Bretagne[56].
Une motte féodale existe à Villavran[57] et témoigne de l'existence d'un château, disparu, à cet endroit, probablement le plus ancien de Louvigné. Les seigneurs de Villavran avaient droit d'enfeu, de pierres tombales dans l'ancienne chapelle Saint-Jean (antérieure à la chapelle actuelle) et qui, selon la tradition, pourrait être l'ancienne église paroissiale au temps où la cure et le prieuré étaient distincts[58].
Au commencement du XIe siècle Main I (Méen I), seigneur de Fougères, donna à l'abbaye de Marmoutier une maison dans le bourg de Louvigné qui servit à l'établissement d'un prieuré, dédié à saint Martin[59]. En 1166 Main II (Méen II) confirma la donation de son aïeul et abandonna à l'abbé de Marmoutier le droit de présenter à la cure et les dîmes de la paroisse, et d'autres revenus[50].
Jusqu'à la Révolution française, le curé de Louvigné était décimateur pour un tiers des dîmes de la paroisse, le prieur du prieuré de la Trinité de Fougères l'était pour les deux autres tiers[1], depuis une charte d'Étienne, évêque de Rennes entre 1157 et 1166[59].
Temps modernes
Au XVIIe siècle Louvigné-du-Désert est un gros bourg d'environ 3 000 habitants. Entre juillet et une épidémie provoqua le décès d'environ 80 personnes[60].
En l'avocat général de la Cour de justice de Rennes interdit « une espèce de procession scandaleuse à cheval » qui se tenait tous les ans le lundi de Pentecôte dans les paroisses de Mellé, Saint-Georges-de-Reintembault et Louvigné-du-Désert. L'un des acteurs faisait fonction de prêtre, et l'on chantait au pied des autels des trois paroisses. « Les paroissiens de Saint-Georges-de-Reintembault se soumirent, deux paroissiens de Mellé résistèrent seuls, mais ceux de Louvigné-du-Désert, en très grand nombre, se révoltèrent tout net » et organisèrent malgré tout leur cérémonie, avec la complicité du curé de la paroisse[61].
Renée Collibeaux de Linières, membre des "Filles de l'Union", dite aussi "Filles de l'instruction chrétienne" (une association de dames charitables), créa une « escole charitable » de filles dans une maison du bourg achetée en 1731 oar le recteur Jean Ferron. Elle mourut « en odeur de sainteté » en 1770, mais son école dura jusqu'en 1790, tenue par deux religieuses surnommes "gigonnes", du nom de la fondatrice de l'association, dénommée Marie Gigon[62].
Un prêtre, Jean Riban, vivant en 1749, créa un petit hospice dans le village du Plantis (Planty)
dans lesuel il soignait les malades. Il a été surnommé "Vincent de Paul de Louvigné"[54].
« Louvigné du Désert, gros bourg, par la route de Fougères à Saint-Hilaire en Normandie ; à 12 lieues trois quarts au Nord-Est de Rennes, son évêché et à 3 lieues de Fougères,de sa subdélégation et son ressort. Cette paroisse reléve du Roi, et compte 3 000 communiants[Note 9]: la cure est à l'alternative. Il s'y tient un marché le mercredi, et deux foires par an. Le territoire est un pays couvert [de bocage] et coupé de monticules ; il est borné, à deux mille toises au Nord, par la province de Normandie; et, à deux tiers de lieue à l'Est , par la rivière d'Eron qui sépare le Maine de la Bretagne. On n'y voit qu'un seul bois auprès de la maison de la Vallière, dans l'angle de séparation des provinces de Normandie, du Maine et de Bretagne . Ses productions sont le grain, le lin, le foin, et le cidre. On connaît dans cette paroisse les Justices et maisons nobles suivantes : le fief de la Trinité de Fougères[Note 10], et le grand fief de Saint-Étienne, haute justice; Montmorin , Bois-Garnier et Ville-Avran, moyenne justice et le Plessis-Chasné, basse justice[63]. »
Le seigneur de Monthorin, aussi propriétaire des terres seigneuriales de Villavran et de Bois-Garnier, disposait du droit de haute justice et aussi du droit de prééminence, mais il devait au prieuré de la Trinité de Fougères une rente annuelle de 500 livres[1].
Plusieurs manoirs se trouvaient dans la paroisse, notamment la Morinaye (Morinais), les Alleux, Pré-de-l'Aulne, Bonne-Fontaine, la Folletière (Foltière) et la Chapelle, ainsi que les manoirs désormais disparus du Val, de la Fleuriais, Breil-Morin, Bois-Garnier, Gilotère, Géraudaye, Vau-de-Glenne, Champsavin, la Haussière, Petit-Maine et la Gasserie[64].
Amédée Guillotin de Corson recense 11 chapelles à Louvigné-du-Désert au XVIIIe siècle , dont, outre la chapelle Saint-Jean (ancienne fondation des seigneurs de Villavran), les chapelles Sainte-Anne (1646, chapelle privative du manoir de la Gasserie), la Rallaye (mentionnée en 1660), Saint-Julien (fondée en 1671 par François de Cheveru, seigneur de la Haussière), Saint-Étienne de Villavran (près du château éponyme, reconstruite vers 1540), Notre-Dame (dépendant de l'hôpital), Notre-Dame du Sacré-Cœur (dépendant du couvent des Sœurs de Rillé), les Alleux (dépendant du manoir éponyme), Saint-Louis du Bois-Garnier (restaurée en 1678 par Jacques des Vaux, seigneur de Monthorin), Monthorin (chapelle privative du château éponyme), Notre-Dame du Plantis (Planty), Notre-Dame du Tertre-Alix ; la plupart ont disparu[59].
Alexandre-Jean Mustapha, un esclave africain âgé de 18 à 20 ans, fut baptisé le à Louvigné-du-Désert et ses propriétaires, le marquis de Chilleau et son épouse, lui accordèrent la liberté et renoncèrent à tous les droits de propriété qu'ils pouvaient avoir sur lui[60].
Révolution française
Joseph Beauce fut pourvu recteur de Louvigné-du-Désert le et le resta jusqu'aux débuts de la Révolution. Il le redevint à partir de 1803, après le Concordat[64].
Le M. Busnel de la Touche se trouvait dans son château quand « trente à quarante personnes (..), dont plusieurs avaient le visage barbouillé » envahirent le château. Un des assaillants porta un coup de hache sur la tête de M. Busnel, l'étendant sans connaissance ; d'autres, à coups de bâtons, assommérent les domestiques et les attachèrent les mains derrière le dos, avant de les jeter dans une cave. M. Busnel reprenant connaissance, on lui demanda où était son or. Il répondit qu'il n'en avait pas. « On le déculotte, on lui met les pieds au feu pendant dix à onze minutes. Un des jambes est presque grillée ; comme il ne déclare rien, on emporte tout ce qui est possible, et on brise le reste. Une vielle cuisinière expire sous le bâton. La sœur de M. Busnel est abominablement traitée.Ces scélérats lui mettent entre les cuisses des tisons enflammés (..)[65].
Un convoi de vivres et de munitions à destination de Louvigné, via le fourgon de la messagerie de Rennes à Caen, transportant plusieurs voitures avec d'assez nombreux voyageurs et des valeurs pour un chiffre considérable fut attaqué dans la nuit du en Landéan sur la route de Louvigné par environ 700 chouans, au lieu-dit le Rocher de la Piochais). La bataille fit une bonne centaine de morts dans les rangs républicains, principalement dans l'escorte du convoi[66].
L'organisation des fêtes révolutionnaires témoigne cependant du maintien d'un sentiment favorable au nouveau régime, surtout après la fin de la Terreur :
les victoires des armées républicaines sont fêtées, notamment la paix avec l'Autriche, principal ennemi de la France, en brumairean VI[67] ;
les autres fêtes républicaines sont peu suivies, notamment à cause du manque de succès du calendrier républicain, qui fait que les fêtes d'Ancien Régime et les nouvelles ne coïncident pas[70].
Le XIXe siècle
Louvigné-du-Désert ː plan cadastral datant de 1833 (tableau d'assemblage).
Le une bande de chouans armés dans le contexte de la Cinquième Chouannerie, se présenta au château de Monthorin et exigèrent de la propriétaire Mme de Lariboisière 50 000 francs. Un domestique ayant sauté par la fenêtre prévint les gendarmes qui, à leur arrivée, trouvèrent les brigands à table ; ceux-ci firent feu ; un gendarme fut blessé, un chouan fut tué et un autre gravement blessé[71].
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Louvigné-du-Désert en 1843 :
« Louvigné-du-Désert (sous l'invocation de saint Martin) : commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom ; aujourd'hui cure de 2e classe ; bureau d'enregistrement ; bureau de perception ; brigade de gendarmerie à pied ; bureau de poste et relai. (..) Principaux villages : la Coudanière, la Chermelais-de-l'Aumône, la Verronnais, la Bodinière, les Coutures, la Graffardière, la Rouabrie, le Bourg-Lepine, la Pinsonnière, la Bolinière, les Champs, la Justais, la Berhaudais, Lozier, les Alleux, Roche-Gaudin, la Commune, la Fresnais, la Braudais, les Mezerais, Loriais, Gasne, Haut et Bas-Montllouvier. Maisons remarquables : châteaux de Monthorin, de la Grasserie, de la Hautière, la Folletière, la Basse-Rouillais, Bois-Garnier, Champsavin. Superficie totale 4 165 hectares 55 ares, dont (..) terres labourables 2 954 ha, prés et pâturages 428 ha, bois 136 ha, vergers et jardins 78 ha, landes et incultes 423 ha, étangs 8 ha (..). Moulins : 9 (de Beauchêne, de Goulpet, Brémorin, Bois-Garnier, du Pont, de la Chaussée-Neuve, du Haut-Monthorin, de Villavron, de Bois-Gérard, à eau). (..) Il y a aujourd'hui une petite communauté du tiers-ordre de Notre-Dame de la Trappe, établie en 1821 ou 1822. (..) La commune de Louvigné-du-Désert est traversée du sud-sud-ouest au nord-nord-est par la route royale de Caen à Redon, n°177 ; elle a pour limite à l'est la petite rivière de Léron. Elle contient plusieurs bois-taillis ; le principal est celui de Monthorin. Il y a foire le 25 juin, dite de la Saint-Jean, et le 29 septembre, dite de la Saint-Michel. Marché le vendredi. Géologie : constitution granitique. Le granit est exploité sur plusieurs points, et cette exploitation occupe un grand nombre d'ouvriers. Ce granite est exporté. On parle le français[en fait le gallo][72]. »
L'église paroissiale Saint-Martin est en partie reconstruite et agrandie selon les plans de l'architecte Jacques Mellet dans la décennie 1850[73].
La congrégation des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus ouvrit une école de filles à Louvigné-du-Désert en 1858[74]. L'hospice Saint-Joseph ouvre en 1861 dans l'ancien manoir de Villeneuve à l'initiative de l'abbé Lepannetier qui fit appel aux Sœurs de Rillé pour tenir l'établissement ; un nouveau bâtiment est construit les années suivantes et la chapelle est construite entre 1867 et 1870[75].
En 1867 la vente du mobilier du vieux manoir de la Grasserie tourna au drame : la foule venue assister à la vente étant nombreuse, une poutre soutenant la salle où se déroulait la vente se rompit entrainant dans sa chute les personnes présentes ; il y eut deux blessés graves[76].
En 1869 le docteur Édouard Riban, médecin, fut destitué par le gouvernement de ses fonctions d'adjoint au maire car il faisait preuve de trop d'indépendance d'esprit par rapport à l'Empire "libéral" et notamment parce qu'il n'avait pas soutenu le candidat du gouvernement aux élections législatives de 1869[77].
Plan de la reconstruction partielle avec agrandissement de l'église paroissiale Saint-Martin (Jacques Mellet).
Le château de la Touche est construit pendant la décennie 1870 par un patron granitier, Pierre Brault[Note 11], pendant une période de récession de l'activité, dans le but de donner du travail à ses ouvriers, contre un maigre salaire, d'où le surnom de "château du pain sec" attribué à ce château[78].
Le château de la Touche au début du XXe siècle (carte postale).
Le château de la Touche au début du XXe siècle (carte postale).
Louis Gouyet[Note 12], qui possédait deux carrières, fut pendant la décennie 1890 l'un des plus importants patrons granitiers de la région. Il fut aussi photographe.
Le conseil municipal de Louvigné-du-Désert fut dissous par décret du ministre de l'Intérieur en [79].
Le XXe siècle
La Belle Époque
Cette description de Louvigné-du-Désert date de 1905 : « Que manque-t-il à Louvigné ? Rien (..). Son église a de l'aspect, aussi bien que le bourg. Des maisons bourgeoises se dressent çà et là, bordées de pelouses ou entourées de véritables parcs. Le granite bleuté se détache en clair sur le feuillage vert et vivace. Le bourg de Louvigné est le plus haut perché du département car il s'élève à 179 mètres du niveau de la mer. Le pays aime les fêtes, les distractions, et dernièrement il y a eu une petite cavalcade et des chars magnifiques[80].
Le curé doyen, Joseph Erard, et le président de la fabrique, F. Guérin, de Louvigné-du-Désert écrivirent en mars 1906 une lettre de protestation contre l'inventaire des biens d'église dans leur paroisse[81].
La ligne de chemin de fer allant de Fougères à Vire ouvre en 1894. Sa construction est financée par l´État et le département, son exploitation est concédée à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest en 1883. Le tracé de la ligne Vire-Fougères a été confié à Fulgence Bienvenüe. La gare de Louvigné-du-Désert se trouvait dans l'actuelle avenue de la Gare, non loin de l'entreprise Gouyet et de la carrière de l'Avenir qui l'exploitèrent pour l'exportation du granite. La gare fut désaffectée en 1972 après la décision de la S.N.C.F. d'arrêter le trafic voyageurs[82].
Louvigné-du-Désert à la Belle Époque
Vue générale de la ville au début du XXe siècle (carte postale).
La gare de Louvigné-du-Désert au début du XXe siècle (carte postale).
La gare de Louvigné-du-Désert au début du XXe siècle (carte postale).
La Place de la mairie au début du XXe siècle (carte postale).
La mairie (construite en 1869, démolie en 2000) au début du XXe siècle (carte postale).
Les halles (construites en 1866, démolies en 1959) et la mairie au début du XXe siècle (carte postale).
L'église paroissiale Saint-Martin au début du XXe siècle (carte postale).
L'église paroissiale Saint-Martin au début du XXe siècle (carte postale).
L'église paroissiale au début du XXe siècle (carte postale). Elle date en partie du XVe siècle.
Vue intérieure de l'église paroissiale Saint-Martin au début du XXe siècle (carte postale).
La Place du Prieuré au début du XXe siècle (carte postale).
Le prieuré Sainte-Marie au début du XXe siècle (carte postale).
La chapelle du Planty au début du XXe siècle (carte postale).
Le hameau du Planty au début du XXe siècle (carte postale).
Le manoir de la Morinais au début du XXe siècle (carte postale).
Le vieux manoir de la Grasserie au début du XXe siècle (carte postale). Ce manoir a disparu, écroulé en 1909.
La chapelle du vieux manoir de la Grasserie (carte postale).
L'orphelinat Sainte-Marie des Sœurs de Rillé au début du XXe siècle (carte postale).
L'école congréganiste des filles au début du XXe siècle (carte postale).
L'école Notre-Dame de Jovence au début du XXe siècle (carte postale).
Le château de Monthorin fait l'objet d'une description détaillée et illustrée de plusieurs photographies dans la revue La vie à la campagne de [83].
Château de Monthorin ː le grand salon en 1908 (revue La Vie à la campagne du , page 76).
Le château de Monthorin vu du côté des douves au début du XXe siècle (carte postale).
L'abbé Henri Chasle écrit en 1911 qu'à Louvigné-du-Dé|sert le Rosaire entier est récité traditionnellement tous les dimanches après les vêpres[84].
La Première Guerre mondiale
Le monument aux morts de Louvigné-du-Désert porte les noms de 183 soldatsmorts pour la France penant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 19 sont morts en Belgique dont 10 dès l'année 1914 (dont 5 le : Joseph Béhaitre, Raphaël Gallais, Francis Tirot à Virton, Joseph Laobert à Falisolle et Eugène Leray à Sambreville) ; Léon Froget le aussi à Virton ; Léon Barbier et François Deshays tous les deux à Kortekeer respectivement le 10 et le ; Dominique Evrard, Romain Lazé et Dominique Friteau tous les trois à Pilkem respectivement les 7, 10 et ; par ailleurs deux sont morts en mer (Victor Alphonse Morel le à bord du navire-hôpital France IV et Francis Faucheux le à bord du Gallia) ; trois sont morts de maladie alors qu'ils étaient prisonniers de guerre en Allemagne (Victor Avenel en 1915, Louis Cotten et François Lambert, ces deux derniers après l'armistice) ; tous les autres sont morts sur le sol français (dont Louis Cheminant dès le à Gorcy (Meurthe-et-Moselle) ; 9 ont été décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre ( Joseph Brion, Maurice Charbonnel, François Couanon, Auguste Gautier, Jean Hamel, Amand Lambert, Joseph Lambert, Rolain Ronceray et Louis Vadaine), 11 de la Croix de guerre[Note 13] et un, Ange Leray, de la Médaille militaire)[85].
En novembre 2025 les noms de trois soldats oubliés ont été rajoutés sur le monument aux morts[86], dont celui de Victor Morel, mort en 1916[87].
L'Entre-deux-guerres
Louvigné-du-Désert ː l'inauguration du monument aux morts (article du journal L'Ouest-Éclair du ).
Le monument aux morts, situé sur des marches à côté de l'église, conçu par l'architecte Hyacinthe Perrin et édifié par le carrier Adolphe Brault, est inauguré le . Il a la forme d'un mur en granite surmonté d'enjolivures (une accolade et deux pinacles) de style gothique et d'une croix pattée. Les noms des morts lors des autres guerres du XXe siècle ont été rajoutés par la suite[88].
Quinze syndicalistes créent le une coopérative ouvrière "L'Avenir" qui compte en 1926 plus d'une soixantaine de membres. Elle devint dans la décennie 1950 la deuxième plus importante entreprise de granite en Bretagne ; en 1971 elle emploie 210 peronnes. Mais l'activité d'extraction cesse en 1975 et l'entreprise ferme en 1985; le site a été repris par la "Générale du Granit"[89].
En septembre- une grève des ouvriers granitiers de Louvigné-du-Désert dura plus de 6 semaines[90].
Le "Répertoire des carrières et industries annexes" de 1935 indique l'existence de 11 entreprises de granite à Louvigné-du-Désert, dont les carrières des Rochers-Ribaux et du Rocher de Montlouvier (appartenant à Pierre Brault), la carrière de la Toulle (à Le Tensorer), celle de Chollais (à Louis Lévêque), les carrières du Petit-Monthorin et de Bellevue (à Armand Ménard), etc.., toutes produisant du « granite bleu de Bretagne »[91].
Louvigné-du-Désert ː la Place de la mairie vers 1930 (carte postale).
Louvigné-du-Désert ː l'hôpital Saint-Joseph vers 1930 (photographie anonyme).
La Seconde Guerre mondiale
Le monument aux morts de Louvigné-du-Désert porte les noms de 10 personnesmortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi elles, 2 sont morts au printemps 1940 lors de la Bataille de France (Henti Aussant et Jean Pony ; ce dernier, lirutenant, a reçu la Légion d'honneur et a été décoré de la Croix de guerre) ; Julien Brault est mort lors du naufrage de l'avisoVauquois le ; François Boursier, résistant FTPF a été tué à l'ennemi à Pipriac le et Célestin Touzé, lui aussi résistant, a été victime d'une mine le à Erdeven lors des combats de la Poche de Lorient ; les circonstances des décès des 5 autres victimes (H. Couillard, A. Hardy, J. Lebosse, F. Martine et A. Marie) ne sont pas précisées[85].
Rapport d'activité du groupe de résistants FTPF de Louvigné-du-Désert en 1943-1944.
Un rapport d'activité énumère les actions entreprises par le groupe de résistants FTPF de Louvigné-du-Désert entre et [93].
Lors de la bataille de Normandie, Louvigné est libéré par le 3e bataillon du 358e régiment d'infanterie (en) de l'armée américaine à 1 h du matin le sans opposition[94].
Une stèle dans le cimetière commémore 7 victimes civiles de la guerre : Joséphine Deshayes et son fils Armand, mitraillés par un avion le ; Julienne Desse, Abel Lemoine et Evelyne Heuverswyn (cette dernière originaire de Loos) tués le , tous les cinq à Louvigné-du-Désert ; Gérard Offroy et Mme Veuve Robbes, morts dans des circonstances non précisées[95].
L'après Seconde Guerre mondiale
Trois soldats originaires de Louvigné-du-Désert sont morts pour la France lors de la Guerre d'Indochine (Joseph Legendre, Louis Royer et Victor Tamoine) et trois également lors de la Guerre d'Algérie (Jean Larcher, Pierre Pennetier et Roger Talva)[85].
Louvigné-du-Désert : mairie et carrefour vers 1950.
Louvigné-du-Désert ː le centre de la ville et l'église vers 1950 (photographie anonyme).
Louvigné-du-Désert ː la route de Fougères vers 1950 (photographie anonyme).
La société L' Avenir dépose son bilan en 1985[78]. Cette coopérative granitière avait été fondée en 1921.
Le XXIe siècle
Louvigné sans médecin
Le médecin retraité qui avait accepté pour sauver le centre de santé de Louvigné-du-Désert fin 2025, après la cessation d'activité des deux médecins qui y exerçaient, a été suspendu de ses fonctions pour « comportement inapproprié » en avril 2026 ; 2 000 patients se retrouvent, du jour au lendemain, privés de médecin traitant[96].
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[106]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[107].
En 2023, la commune comptait 3 346 habitants[Note 21], en évolution de −0,83 % par rapport à 2017 (Ille-et-Vilaine : +5,7 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Évolution de la population [ modifier ]
1793
1800
1806
1821
1831
1836
1841
1846
1851
3 200
3 060
3 176
3 066
3 349
3 412
3 524
3 601
3 802
Évolution de la population [ modifier ], suite (1)
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
1896
3 750
3 675
3 672
3 592
3 583
3 644
3 732
3 986
3 770
Évolution de la population [ modifier ], suite (2)
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
1954
3 716
3 736
3 725
3 354
3 360
3 475
3 702
3 942
4 016
Évolution de la population [ modifier ], suite (3)
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2006
2008
2013
3 880
3 983
4 298
4 445
4 260
4 034
3 834
3 761
3 435
Évolution de la population [ modifier ], suite (4)
Louvigné-du-Désert possède deux école, l'une publique (école Marie Le Tensorer[Note 22]), l'autre privée (école Notre-Dame-de-Jovence), accueillant toutes les deux les élèves de maternelle et de primaire
La commune ne dispose pas de collège, les deux plus proches (un public et un privé) se trouvent à Saint-Georges-de-Reintembault.
Économie
L'économie de Louvigné-du-Désert se fonde avant tout sur les richesses de son sol, à savoir l'agriculture et l'exploitation du granite. La commune accueille aussi de nombreux commerces et de nombreuses entreprises. Elle a cependant vu les entreprises du textile (plus de 300 emplois) se délocaliser et elle doit maintenant attirer de nouvelles entreprises pour dynamiser son territoire.
Louvigné-du-Désert, « capitale du granit »
Le déterminisme géographique a fait de l'économie de Louvigné-du-Désert une économie fondée sur l'exploitation du granite. Au début du XXe siècle, on comptait 300 travailleurs du granite et environ 400 dans les années 1930. L'activité granitière était très liée à l'agriculture. Après la Seconde Guerre mondiale, l'industrie granitière a recruté de la main-d'œuvre dans une paysannerie devenue trop nombreuse sur les exploitations. Tout au long du XXe siècle, le manque de main-d'œuvre a fait affluer des centaines d'immigrés italiens, portugais, belges et espagnols.
Aujourd'hui, on compte environ 250 ouvriers répartis dans une dizaine d'entreprises, la plus importante étant la "Générale du granit" qui emploie 150 personnes. Ces entreprises ont dû beaucoup se moderniser pour gagner de la productivité et devenir plus compétitives face aux entreprises étrangères à faibles coûts salariaux. Aujourd'hui, elles doivent toujours relever ce défi et se spécialiser dans le haut de gamme.
Le Campus régional du CFA de l'UNICEM est situé à Louvigné-du-Désert[110].
L'agriculture
La surface agricole utile est de 3 420 hectares, son sol verdoyant est caractérisé par de petits plateaux entrecoupés de petites vallées encaissées où circulent de nombreux ruisseaux et rivières poissonneuses.
L'élevage, tout comme la production laitière, est très développé, les productions de viande et de céréales sont également présentes, presque toujours à des fins d'alimentation animale (les rendements dépassent souvent les 1 400 kg de matière sèche à l'hectare).
Le château de Monthorin: le château actuel, de style Louis XIII, a été construit au XVIIe siècle par Gilles de Ruëllan, seigneur de Tiercent. Il a été agrandi au début du XIXe siècle après avoir été racheté par le général de Lariboisière. La chapelle funéraire a été inscrite par arrêté du ; l'ensemble du château et des communs a été inscrit par arrêté du [111].
Louvigné-du-Désert ː le château de Monthorin en 1908, façade (carte postale Émile Hamonic).
Louvigné-du-Désert ː le château de Monthorin au début du XXe siècle.
Château de Monthorin : le parc et l'étang au début du XXe siècle (carte postale).
La chapelle de Monthorin (sépulture Lariboisière) au début du XXe siècle (carte postale).
L'église Saint-Martin.
Autres lieux et monuments :
L'église Saint-Martin, dédiée à saint Martin. Son vaisseau central et le bas-côté sud, de style gothique, ont été construits entre 1530 et 1560 (il ne reste rien de l'église primitive qui datait du Xe siècle) ; le bas-côté nord date du XVIIe siècle ; le clocher est du début du XVIIIe siècle ; le chœur a été reconstruit en 1850 et la façade ouest en 1857, selon les plans de l'architecte Jacques Mellet. En grand appareil de granite, ses larges bas-côtés éclairent une |nef aveugle du XVIe siècle, allongée d'une travée et d'un chœur au XIXe siècle. Son collatéral sud à pignons, du XVIe siècle, est orné de gargouilles et grotesques. La tour d'influence normande est typique du style militaire du XVIIIe siècle. Sur son mur extérieur, des anneaux scellés servaient à attacher les chevaux, sans doute ceux des Frères du Saint-Esprit, qui venaient là assister à la messe[73].
Chapelle Saint-Jean : la chapelle actuelle a été construite en 1680 par Thomas du Châteller, seigneur de Villavran.
La chapelle Saint-Jean : vue extérieure d'ensemble.
Chapelle Notre-Dame du Tertre Alix (en fait plutôt un oratoire datant sans doute du XVIIIe siècle) et situé à la limite communale avec La Bazouge-du-Désert[112]. La légende raconte qu'un comte nommé Alix de Villavran, poursuivi par un loup, fut sauvé en se réfugiant dans le tronc d'un chêne qui s'ouvrit pour le protéger. En remerciement, Alix fit édifier contre le chêne, une chapelle dédiée à la Vierge Marie.
La chapelle Notre-Dame du Tertre Alix
Le Tertre-Alix : vue d'ensemble du site.
La chapelle du Tertre-Alix vers 1905 (carte postale).
La chapelle du Tertre-Alix vue de près au début du XXe siècle (carte postale).
La chapelle de la Grasserie (ses deux pignons écroulés en 1999 lors d'une tempête ont été restaurés)[115]. Ancienne résidence de Bertrand du Guesclin[114] ;
Le mont Louvier (le rocher de Saint-Guillaume) est le point culminant de la région (184 m), il se situe à 1,5 km au nord du bourg. Les bois pittoresques qui couvrent les pentes escarpées de ce mont recèlent d'étranges rochers, couverts d'empreintes mystérieuses. La légende y voit la retraite de saint Guillaume Firmat.
Le château de la Touche (milieu XIXe siècle)[116] ;
Manoir des Alleux (il date probablement du XVe siècle)[118] ;
Manoir du Domaine.
Manoir de la Bâtardière.
Manoir du Petit-Monthorin.
Manoir de la Béray.
Manoir du Bas-Plessis, sur la route de Landéan, date du XIVe siècle gage de la sergenterie de Fougères, en 1416, propriété de la Maison des de la Chapelle, à Pierre du Meys et son épouse Françoise Le Jeune, veuve en 1513, puis de 1539 à 1559, aux Channé seigneurs du Plessis-Channé. Elle passe ensuite à Jacques des Vaulx, seigneur de Monthorin et à sa veuve Marguerite de Poix. En 2003 sont restaurés à l'identique les peintures et boiseries.
Manoir des Alleux, avec sa tour, cage de l'escalier en vis placée au milieu de la façade arrière[119] ;
Depuis 1999, Louvigné-du-Désert accueillait tous les ans au mois d'août le festival musical des Vaches au gallo.
Des expositions artistiques ont aussi lieu à la chapelle Saint-Jean pendant la saison estivale.
Jacques Bertin a écrit une chanson ayant pour titre Louvigné-du-Désert. Jacques Bertin a été l'invité d'honneur du premier salon Livres d'(h)ivers les 17 et . À cette occasion, il donna un récital dans le théâtre de Jovence et chanta Louvigné du Désert.
Depuis 2016, c'est le Wadada Festival créé par l'association du Bruit dans le désert qui a pris place dans le centre de Louvigné avec un week end de musiques de la variété française ainsi que de street art basé sur la découverte.
Le centre culturel Jovence
Inauguré en et initié par la municipalité, le centre culturel propose une quinzaine de spectacles par an. Missionnée par la mairie, l'association Bivouac gère la saison culturelle.
Jean Ambroise Baston de Lariboisière (1759-1812), général de l'Empire, proche de l'Empereur, né à Fougères et dont la résidence principale fut au château de Monthorin du début de l'Empire à sa mort en 1812 (dans le château qu'il avait acheté en 1810).
Augustin Riban (1814 à Louvigné-du-Désert- à Fougères, avoué, homme politique, député d'Ille-et-Vilaine, ancien maire de Fougères.
Paul Marie Brault (1837 à Louvigné-du-Désert, 1899 à Paris), général, chef de l'État-Major de l'armée en 1898)[126].
↑Accès au lien de l'article Wikipédia de la commune limitrophe en cliquant sur celle-ci.
↑Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 11:05 TU à partir des 544 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1973 au 01/06/2024.
↑La dénomination « Mancellia », créée par P. Pruvost en 1949, se rapporte aux terrains situés dans le nord-est du Massif armoricain.
↑Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.
↑François Boudier, François Boursier, Joseph Chavoux, Joseph Couillard, Henri Duval, Victor Echard, Joseph Hamel, Isidore Leverrier, Joseph Leverrier, Auguste Morel et Magloire Oger.
↑Jean-Marie Guérault est indiqué deux fois sur le monument aux morts et sur Memorialgenweb à la même date de décès : l'autre indication semble être erronée (en Serbie en 1920 pendant la Première Guerre mondiale alors sue celle-ci s'est achevée en 1918).
↑François Gaultier-Lachèze, né le 5 pluviôse a IV (1796) à Louvigné-du-Dézert, décédé le à Louvigné-du-Désert.
↑Armand Piton du Gault, né le à Lécousse, décédé le à Louvigné-du-Désert
↑Victor Philippe, né le à Montlouvier en Louvigné-du-Désert, décédé le à Louvigné-du-Désert.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑Marie Le Tensorer-Larcher, née le à Louvigné-du-Désert, décédée le à Louvigné-du-Désert, couturière, conseillère municipale, décorée des Palmes académiques.
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Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, (DOI10.4000/cybergeo.23155).
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↑Protestations contre les inventaires d'églises en Bretagne par application de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat. Archidiocèse de Rennes, Saint-Brieuc, R. Prud'homme, (lire en ligne), p. 145 à 147.
↑Quentin Ruaux, « 2 000 patients sur le carreau : le médecin retraité qui avait sauvé un centre de santé en Bretagne suspendu en raison d’un « comportement inapproprié » », Le Télégramme, (lire en ligne, consulté le ).
↑« Louvigné-du-Désert : Au conseil municipal », Ouest-France, « Le Conseil municipal s'est réuni le 23 novembre dernier à l'effet de procéder à l'élection du maire et d'un adjoint. M. Ambroise de Montigny, docteur en médecine, à La Rochemenue, a été élu maire au premier tour de scrutin. »
↑« Louvigné-du-Désert a rendu hier un unanime et émouvant hommage à la mémoire du Dr de Montigny, ancien maire et conseiller général », Ouest-France, « C'est au milieu d'une foule considérable que se sont déroulées hier matin les obsèques du docteur Ambroise de Montigny, juge de paix honoraire, ancien maire et conseiller général de Louvigné-du-Désert. »
↑Démissionnaire pour raison de santé. « Démission de M. René de Montigny, maire », Ouest-France,
↑« M. Derieux élu maire de Louvigné-du-Désert », Ouest-France, « Le conseil municipal de Louvigné-du-Désert s'est réuni hier soir pour élire après la démission récente de M. de Montigny le maire
et deux adjoints. »