As-Sawafir ash-Shamaliyya

As-Sawafir ash-Shamaliyya
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Géographie
Pays
Sous-district
Superficie
5,86 km2
Coordonnées
31° 42′ 48″ N, 34° 42′ 15″ E
Démographie
Population
680 hab. ()
Densité
116 hab./km2 ()
Carte

As-Sawafir ash-Shamaliyya (السوافير الشمالية) est un village palestinien du sous-district de Gaza, situé à 33 kilomètres au nord-est de Gaza, dans la plaine côtière de la Palestine. C‘est l‘un des trois villages à porter le même nom, avec As-Sawafir ash-Sharqiyya et Al-Sawafir al-Gharbiyya.

Le 18 mai 1948, ses 680 habitants ont été, comme dans des centaines d’autres villages, expulsés lors de la guerre de Palestine[1].

Toponymie

Selon Palmer, le nom du village signifie « Les nomades septentrionaux »[2].

Le village a également été appelé par d’autres noms : al-Sawafir al-Halil, Suafir Ibn Audeh (soit les nomades d‘Ibn Audeh, nom d‘une personne morte au XIXe siècle[2]), Sawafir Ode[3], Abou -A'ouarr[4].

Son nom est également transcrit Saouafir ech-Chemalieh[4], Sawalir Shamali[5], Sawafir esh Shamaliya[6].

Géographie

Le village d’As-Sawafir ach-Shamaliyya était situé dans la plaine côtière palestinienne, à 33 kilomètres au nord-est de Gaza[7]. Il se trouvait à proximité de routes principales menant à Al-Majdal, Gaza, Ramla et Jérusalem[7].

En 1945, la superficie totale des terres du village était de 5 861 dounams (5,9 km²)[8]. La propriété était répartie entre 450 dounams (45 hectares) appartenant à des Juifs, 245 dounams (24 hectares) de terres publiques, et le reste appartenant à des Arabes. 287 dounams (29 hectares) étaient classés comme non-cultivables[7]. Sur les terres cultivables, 670 dounams (67 hectares) étaient des plantations de bananiers et d’agrumes, 10 dounams (1 hectare) était classé comme plantation ou terre irrigable, et 4894 dounams (489 hectares) étaient des terres céréalières[9].

Histoire

Le village a peut-être été construit sur le site du Shafir de la Bible, mentionné par Eusèbe de Césarée comme une belle ville entre Ascalon et Éleuthéropolis. Actuellement, les universitaires localisent Shafir à Khirbat al-Qawm. Les Croisés appellent le village Zéophir, qui appartenait à l’évêque de Jérusalem au début du XIIe siècle[1] However, it is not clear which village of three Sawafirs these records pertain to[10].

Empire ottoman

La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman.

As-Sawafir ash-Shamaliya est mentionné dans le defter de 1596 sous le nom de Sawafir al-Halil. Il relevait de la nahiyé de Gaza au sein de la liwa ou sandjak de Gaza. Ce document recensait 112 foyers dans le village, dont 71 foyers musulmans et 41 chrétiens[11],[12], soit environ 616 habitants. Les villageois payaient un impôt à taux fixe de 33,3 % sur leurs productions agricoles, dont le blé, l’orge, les oliviers et les arbres fruitiers, pour un total de 19 550 akçe. Tous ces impôts étaient attribués à un waqf[13].

En 1838, les Sawafir sont indiqués par un voyageur dans le district de Gaza. Le village occidental (Al-Sawafir al-Gharbiyya) est indiqué comme « en ruines ou abandonné », les deux autres comme musulmans[14],[15].

En 1863, Victor Guérin visite Saouafir ech-Chemalieh, dont il estime la population à 500 habitants. Il note la présence d’un koubbeh consacré à cheikh Sidi Abd-Allah[4].

Une liste de villages ottomane de 1870 recense 55 maisons et une population masculine de 171, les femmes n’étant pas dénombrées par ce document[3].

En 1882, le rapport du Palestine Exploration Fund décrit as-Sawafir ach-Shamaliyya comme doté de plusieurs petits jardins et de puits[16].

Période du mandat britannique

De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région des Sawafir est conquise dans la première quinzaine de novembre 1917 et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.

Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, 334 habitants sont recensés, dont 333 musulmans et 1 chrétien[5], population qui augmente au recensement de 1931 à 454 habitants musulmans dans 77 maisons[6].

Dans les statistiques de Village (1945), la population de Sawafir esh Shamaliya est estimée à 680 musulmans[17],[8].

La plupart de ses maisons étaient construites en adobe, quelques unes en pierre. Le village avait sa propre mosquée et partageait une école avec les deux autres Sawafir, al-Sawafir al-Gharbiyya et as-Sawafir ash-Sharqiyya. En 1945, elle comptait 280 élèves inscrits. L’agriculture était la principale activité économique ; les céréales, les agrumes, la vigne et les abricots étaient les principales cultures[1].

Carte topographique d’As-Sawafir ash-Shamaliyya au 1:20 000 (1930).
Carte de la région des Sawafir au 1:250 000 (1945).

Guerre de 1948

Début mai 1948, les habitants des trois Al-Sawafir reçoivent l‘ordre de ne pas prendre la fuite de la part du comité national d‘Al-Majdal[18].

La Haganah s’empare d’As-Sawafir ash-Shamaliyya lors de l’opération Barak le 12 mai[19]. Ses habitants ont peut être été poussés à partir par l’assaut donné à Bayt Daras le 10 mai, assaut précédé d’un bombardement au mortier, mais il est plus probable que le village est vidé de sa population lors de l’attaque qui le vise en particulier, selon un rapport d’Associated Press citant une source de la Haganah[1]. Des rapports israéliens indiquent, le 23 mai 1948, que les habitants des trois Sawafir dormaient dans les champs mais retournaient travailler au village le jour[20].

À la fin de la guerre, les armées égyptienne et soudanaise planifient une reconquête d’as-Sawafir ash-Shamaliyya, mais elles en sont empêchées dès le début de leur attaque[1]

Après la guerre, les Sawafir font partie d’Israël. Les terres d’as-Sawafir ash-Shamaliyya restent inexploitées. Aucun village israélien n’a été construit sur les terres du village[7].

Voici comment Walid Khalidi décrit ce qui subsiste du village en 1992 : « Quelques maisons vides et parties de maisons encore debout au milieu de la végétation indiquent le site. L‘une d‘entre elles a un porche couvert soutenu par deux colonnes. Une ancienne route du village est aussi identifiable, et des figuiers et figuiers de Barbarie poussent sur le site »[1].

Annexes

Bibliographie complémentaire

  • Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3) ;
  • Rosemary M. Esber, Under the Cover of War : The Zionist Expulsion of the Palestinians, Arabicus Books & Media LLC : 2000. (ISBN 978-0-98151313-3)

Articles connexes

Liens externes

Notes

  1. Khalidi, 1992, p. 133-134.
  2. Palmer, 1881, p. 274.
  3. Socin, 1879, p. 160.
  4. Guérin, 1869, p. 82.
  5. Barron, 1923, Table V, Sub-district of Gaza, p. 8.
  6. Mills, 1932, p. 6.
  7. « al-Sawafir al-Shamaliyya — السَوافِير الشمالية », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 17 mai 2026.
  8. Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 46.
  9. ↑ Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 88.
  10. ↑ Roy Marom et Itamar Taxel, « Ḥamāma: The historical geography of settlement continuity and change in Majdal 'Asqalan's hinterland, 1270–1750 CE », Journal of Historical Geography, vol. 82,‎ , p. 49–65 (ISSN 0305-7488, DOI 10.1016/j.jhg.2023.08.003 Accès libre)
  11. ↑ Petersen, 2005, p. 131.
  12. ↑ Hütteroth, Abdulfattah, 1977, p. 151.
  13. ↑ Hütteroth, Abdulfattah, 1977, p. 151, estimate in Khalidi, 1992, p. 134.
  14. ↑ Robinson, Smith, 1841, vol 3, Appendix 2, p. 118.
  15. ↑ Robinson, Smith, 1841, vol 2, p. 370.
  16. ↑ Conder, Kitchener, 1882, SWP II, p. 413. Cité par Khalidi, 1992, p. 134.
  17. ↑ Department of Statistics, 1945, p. 32.
  18. ↑ Morris, 2004, p. 179.
  19. ↑ Morris, 2004, p. 256.
  20. ↑ Morris, 2004, p. 257-258.

Bibliographie

  • Palestine: Report and General Abstracts of the Census of 1922, Government of Palestine, (lire en ligne)
  • C.R. Conder et H. H. Kitchener, The Survey of Western Palestine: Memoirs of the Topography, Orography, Hydrography, and Archaeology, vol. 2, London, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
  • Department of Statistics, Village Statistics, April, 1945, Government of Palestine, (lire en ligne)
  • V. Guérin, Description Géographique Historique et Archéologique de la Palestine, vol. 1: Judee, pt. 2, Paris, L'Imprimerie Nationale, (lire en ligne)
  • S. Hadawi, Village Statistics of 1945: A Classification of Land and Area ownership in Palestine, Palestine Liberation Organization Research Center, (lire en ligne [archive du ])
  • W.-D. Hütteroth et K. Abdulfattah, Historical Geography of Palestine, Transjordan and Southern Syria in the Late 16th Century, Erlanger Geographische Arbeiten, Sonderband 5. Erlangen, Germany: Vorstand der Fränkischen Geographischen Gesellschaft, (ISBN 3-920405-41-2, lire en ligne)
  • W. Khalidi, All That Remains: The Palestinian Villages Occupied and Depopulated by Israel in 1948, Washington D.C., Institute for Palestine Studies, (ISBN 0-88728-224-5, lire en ligne)
  • Census of Palestine 1931. Population of Villages, Towns and Administrative Areas, Jerusalem, Government of Palestine, (lire en ligne)
  • B. Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-00967-6, lire en ligne)
  • E. H. Palmer, The Survey of Western Palestine: Arabic and English Name Lists Collected During the Survey by Lieutenants Conder and Kitchener, R. E. Transliterated and Explained by E.H. Palmer, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
  • Andrew Petersen, The Towns of Palestine Under Muslim Rule, British Archaeological Reports, (ISBN 1841718211, lire en ligne)
  • E. Robinson et E. Smith, Biblical Researches in Palestine, Mount Sinai and Arabia Petraea: A Journal of Travels in the year 1838, vol. 2, Boston, Crocker & Brewster, (lire en ligne)
  • E. Robinson et E. Smith, Biblical Researches in Palestine, Mount Sinai and Arabia Petraea: A Journal of Travels in the year 1838, vol. 3, Boston, Crocker & Brewster, (lire en ligne)
  • Socin, A., « Alphabetisches Verzeichniss von Ortschaften des Paschalik Jerusalem », Zeitschrift des Deutschen Palästina-Vereins, vol. 2,‎ , p. 135–163 (lire en ligne)
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