As-Sawafir ash-Sharqiyya

| Pays | |
|---|---|
| Sous-district | |
| Superficie |
13,83 km2 |
| Coordonnées |
31° 42′ N, 34° 43′ E |
| Population |
970 hab. () |
|---|---|
| Densité |
70,1 hab./km2 () |

As-Sawafir ash-Sharqiyya est un village palestinien du sous-district de Gaza, dépeuplé comme des centaines d’autres villages lors de la guerre de Palestine, le 18 mai 1948, au cours de l’opération Barak. C‘est l‘un des trois villages à porter le même nom, avec Al-Sawafir al-Gharbiyya et As-Sawafir ash-Shamaliyya.
Toponymie
Selon Palmer, le nom du village signifie « les nomades de l‘Est »[1]. Le village portait aussi le nom de Suafir Abou Huwar, d‘après le nom d’un habitant mort au XIXe siècle[1]. Le nom du village peut aussi être transcrit Al-Sawafir al-Sharqiyya.
Géographie
As-Sawafir ash-Sharqiyya était situé dans la plaine côtière palestinienne, à 32 kilomètres au nord-est de Gaza[2]. Le village était situé à proximité de la route entre Gaza et Jérusalem[2].
En 1945, la superficie totale du village était de 13 831 dounams (13,8 km²)[3], dont 103 dounams (10 hectares) appartenant à des Juifs, 528 dounams de terres publiques (53 hectares), le reste appartenant à des Arabes[2]. 591 dounams (59 hectares) étaient des terres incultes. Les terres cultivables étaient classées en 585 dounams (58 hectares) de plantations de bananiers et d’agrumes, 386 dounams (39 hectares) de plantations ou de terres irriguées et 11 821 dounams (1182 hectares) de terres céréalières[4].
Histoire
Victor Guérin identifie les trois Sawafir avec le Chaphir hébreu, mentionné dans Michée, et la Sapheir (Σαφειρ) mentionnée par Eusèbe de Césarée dans son Onomasticon comme situé entre Éleuthéropolis et Ascalon[5].
Des vestiges du Bas-Empire romain (IIIe – IVe siècles), de l‘Empire byzantin (du Ve siècle au début du VIIe siècle) et du califat abbasside ont été mis au jour à As-Sawafir ash-Sharqiyya[6]. Des colonnes et des fragments ont été relevés près du puits[7].
Des actes du XIIe siècle mentionnent une église catholique construite par les Croisés à Zéophir/al-Sawāfīr. Cependant, il est difficile de distinguer dans lequel des trois Sawafir elle était construite[8]. Elle est cédée en 1111 à l‘église de Bethléem[5].
Empire ottoman

La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman.
En 1596, le defter (registre fiscal) mentionne le village sous le nom de Sawafir as-Sarqi comme relevant de la nahié de Gaza et de la liwa ou sandjak de Gaza. L’endroit est indiqué comme hali, c‘est-à-dire inhabité, mais des impôts sont payés sur le blé, l‘orge, les légumes, les vignes, les arbres fruitiers et le coton, pour un total de 9000 akçe[9].
En 1838, les trois Sawafir sont indiqués comme relevant du district de Gaza. As-Sawafir ash-Sharqiyya est noté comme village musulman[10],[11].
En 1863, Victor Guérin visite Saouafir ech-Charkieh, dont il note un autre nom, Saouafir el-Mesalka. Il estime sa population à 530 habitants, ce qui en fait le plus grand des trois Sawafir[5]
En 1882, le rapport du Palestine Exploration Fund décrit le village comme construit en adobe, entouré de petits jardins et disposant de puits[12].
Période du mandat britannique
De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région des trois Sawafir est conquise dans la première quinzaine de novembre 1917 et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.
Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, As-Sawafir ash-Sharqiyya a une population de 588 habitants, tous musulmans[13], qui augmente au recensement de 1931 à 787 habitants, tous musulmans, dans 148 maisons[14].
Dans les statistiques de Village, sa population est estimée à 970 musulmans[15],[3].
Le village partageait une école avec les deux autres Sawafir, avec 280 élèves inscrits en 1945. Il avait aussi sa propre mosquée.


Guerre de 1948 et nettoyage ethnique
Début mai 1948, les habitants des trois Al-Sawafir reçoivent l‘ordre de ne pas prendre la fuite de la part du comité national d‘Al-Majdal[16]. Selon Benny Morris, le village est conquis par la brigade Guivati le 18 mai pour la deuxième fois d’As-Sawafir ash-Sharqiyya et d’Al-Sawafir al-Gharbiyya. Ses ordres opérationnels étaient de « conquérir les villages, de les nettoyer de leur population (femmes et enfenats doivent [aussi] être expulsés), de faire quelques prisonniers [...] brûler le plus grand nombre possible de maisons »[17]. Les habitants avaient fui pour la plupart, mais quelques uns ont dû être expulsés[2]. Des rapports israéliens indiquent, le 23 mai 1948, que les habitants des trois Sawafir dormaient dans les champs mais retournaient travailler au village le jour[18].
Selon Gamel Abdel Nasser, futur président égyptien qui a combattu dans la région, le village a été pris aux alentours du 25 juin, l‘état-major égyptien n‘ayant pas jugé nécessaire de l’occuper. Le sixième bataillon égyptien échoue dans ses tentatives de le reprendre le 9 juillet et les jours suivants[2].
Période israélienne
Les villages israéliens d’Ein Tzurim et Shafir dès 1949, puis Zrahia en 1950 et Nir Banim en 1954, sont construits sur les terres d‘As-Sawafir ash-Sharkiyya[19],[2].
Voici comment Walid Khalidi décrit ce qui subsiste du village en 1992 : « Aucune maison ne reste. Des nouveaux bâtiments ont été construits sur le terrain de la mosquée. Quelques traces de l‘ancien village sont toujours présentes dans les environs. Il y a le bâtiment d‘une pompe à eau dans le verger d‘Isma'il al-Sawafiri, un vieux sycomore dans le verger de la famille al-Buhaysi, et un vieux cyprès dans un champ abandonné »[19].
Annexes
Bibliographie complémentaire
- Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3) ;
- Rosemary M. Esber, Under the Cover of War : The Zionist Expulsion of the Palestinians, Arabicus Books & Media LLC : 2000. (ISBN 978-0-98151313-3)
Articles connexes
Liens externes
- Welcome To al-Sawafir al-Sharqiyya
- al-Sawafir al-Sharqiyya, Zochrot
- Survey of Western Palestine, Map 16: IAA, Wikimedia commons
- "My village was attacked and burned down": a Nakba survivor speaks, Electronic Intifada Modèle:Bsn
Notes
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Al-Sawafir al-Sharqiyya » (voir la liste des auteurs).
- Palmer, 1881, p. 274.
- (en) « al-Sawafir al-Sharqiyya — السَوافِير الشرقية », sur Interactive Encyclopedia of the Palestine Question (consulté le )
- Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945., cité par Hadawi, 1970, p. 46.
- ↑ Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 88.
- Guérin, 1869, p. 82-84.
- ↑ Varga, 2009, Es-Sawafir esh-Sharqiya
- ↑ Dauphin, 1998, p. 869.
- ↑ Roy Marom et Itamar Taxel, « Ḥamāma: The historical geography of settlement continuity and change in Majdal 'Asqalan's hinterland, 1270–1750 CE », Journal of Historical Geography, vol. 82, , p. 49–65 (ISSN 0305-7488, DOI 10.1016/j.jhg.2023.08.003
).
- ↑ Hütteroth, Abdulfattah, 1977, p. 142.
- ↑ Robinson, Smith, 1841, vol 3, appendice 2, p. 118.
- ↑ Robinson, Smith, 1841, vol 2, p. 370.
- ↑ Conder, Kitchener, 1882, SWP II, p. 413.
- ↑ Barron, 1923, Table V, Sub-district of Gaza, p. 8.
- ↑ Mills, 1932, p. 6.
- ↑ Department of Statistics, 1945, p. 32.
- ↑ Morris, 2004, p. 179.
- ↑ Morris, 2004, p. 257 et 306
- ↑ Morris, 2004, p. 257-258.
- Khalidi, 1992, p. 135.
Bibliographie
- Palestine: Report and General Abstracts of the Census of 1922, Government of Palestine, (lire en ligne)
- C.R. Conder et H. H. Kitchener, The Survey of Western Palestine: Memoirs of the Topography, Orography, Hydrography, and Archaeology, vol. 2, London, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
- C. Dauphin, La Palestine byzantine, Peuplement et Populations, vol. III : Catalogue, Oxford, Archeopress, coll. « BAR International Series 726 », (ISBN 0-860549-05-4, lire en ligne)
- Department of Statistics, Village Statistics, April, 1945, Government of Palestine, (lire en ligne)
- V. Guérin, Description Géographique Historique et Archéologique de la Palestine., vol. 1: Judee, pt. 2, Paris, L'Imprimerie Imp., (lire en ligne)
- S. Hadawi, Village Statistics of 1945: A Classification of Land and Area ownership in Palestine, Palestine Liberation Organization Research Centre, (lire en ligne [archive du ])
- W.-D. Hütteroth et K. Abdulfattah, Historical Geography of Palestine, Transjordan and Southern Syria in the Late 16th Century, Erlanger Geographische Arbeiten, Sonderband 5. Erlangen, Germany: Vorstand der Fränkischen Geographischen Gesellschaft, (ISBN 3-920405-41-2, lire en ligne)
- W. Khalidi, All That Remains: The Palestinian Villages Occupied and Depopulated by Israel in 1948, Washington D.C., Institute for Palestine Studies, (ISBN 0-88728-224-5, lire en ligne)
- Census of Palestine 1931. Population of Villages, Towns and Administrative Areas, Jerusalem, Government of Palestine, (lire en ligne)
- B. Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-00967-6, lire en ligne)
- Nasser, G.A. (1955/1973): "Memoirs" in Journal of Palestine Studies
- " “Memoirs of the First Palestine War” in 2, no. 2 (Win. 73): 3-32, pdf-file, downloadable
- E. H. Palmer, The Survey of Western Palestine: Arabic and English Name Lists Collected During the Survey by Lieutenants Conder and Kitchener, R. E. Transliterated and Explained by E.H. Palmer, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
- E. Robinson et E. Smith, Biblical Researches in Palestine, Mount Sinai and Arabia Petraea: A Journal of Travels in the year 1838, vol. 2, Boston, Crocker & Brewster, (lire en ligne)
- E. Robinson et E. Smith, Biblical Researches in Palestine, Mount Sinai and Arabia Petraea: A Journal of Travels in the year 1838, vol. 3, Boston, Crocker & Brewster, (lire en ligne)
- Daniel Varga, « Es-Sawafir esh-Sharqiya (Shapira Center) Final Report », Israel Antiquities Authority, no 121, (DOI 10.69704/jhaesi.116.2004.1183, lire en ligne [archive du ]
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