Augustin Fresnel (épave)
| Augustin Fresnel | ||
| Type | Baliseur | |
|---|---|---|
| Histoire | ||
| Chantier naval | Yarrows Ltd., Esquimalt, Colombie-Britannique |
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| Fabrication | acier[1] | |
| Statut | coulé le 9 juillet 2003 comme récif artificiel au large de la plage de Malendure à Bouillante, Guadeloupe | |
| Caractéristiques techniques | ||
| Longueur | 51,3 m[1] | |
| Maître-bau | 9,8 m[1] | |
| Tonnage | 660 tonneaux | |
| Propulsion | ||
| Carrière | ||
| Propriétaire | service des phares et balises |
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| Pavillon | ||
| Localisation | ||
| Coordonnées | 16° 06′ 08″ nord, 61° 46′ 41″ ouest | |
| Géolocalisation sur la carte : Guadeloupe
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L'Augustin Fresnel (II) était un navire baliseur français, en service jusqu’en 1994 au sein du service des phares et balises. Il a été coulé comme récif artificiel le au large de la Guadeloupe. Depuis, il est devenu un « spot » de plongée sous-marine très populaire.
Il a été nommé en hommage au physicien français Augustin Jean Fresnel (1788-1827) ingénieur du corps des ponts et chaussées (École polytechnique, promotion 1804)[2], connu pour ses recherches dans le domaine de l’optique[3]. C’est un des fondateurs de l'optique moderne. Il expliqua tous les phénomènes optiques dans le cadre de la théorie ondulatoire de la lumière[4] et inventa la lentille de Fresnel.
Il est le second navire de ce nom (d’où sa désignation parfois comme Augustin Fresnel II), après un premier baliseur construit en 1904 à Nantes et qui a servi à Granville jusqu’en 1933, puis à Saint-Malo à partir de 1937[2]. Après lui, un troisième baliseur également nommé Augustin Fresnel a été lancé en 2024[3].
Conception
L'Augustin Fresnel II était de fabrication acier. Il avait une longueur hors tout de 51,3 mètres[1] (quoique de nombreuses sources arrondissent par le haut à 53 m[5],[6],[4],[7],[8], voire à 57 m[9], une largeur de 9,8 m[1] (ici encore, de nombreuses sources arrondissent à 9 m[5],[7]) et une jauge brute de 660 tonneaux[1],[10],[5],[7]. Il était propulsé par deux moteurs Diesel entraînant deux arbres d'hélice[1].
Historique
Ce navire a été construit à la fin des années 1940 au Canada[5],[11],[6],[4],[7],[12] par Yarrows Ltd. à Esquimalt, en Colombie-Britannique[1]. Sa date de lancement et de mise en service sont inconnues. Il avait trois sister-ships identiques, qui ont servi au Havre, à Dunkerque, au Sénégal et en Tunisie[12].
L'Augustin Fresnel II a d'abord servi en mer Méditerranée pour le service des Phares et Balises. Il opérait principalement au large de Marseille et de la Corse, assurant l’entretien des bouées de signalisation maritime[5],[6],[4],[7],[11],[12]. Après plusieurs décennies de service en métropole[11], il est reconditionné en 1990[5],[4],[12] à Bordeaux, en partie par des marins de Pointe-à-Pitre[12], et affecté à la subdivision de Pointe-à-Pitre (préfecture de la Guadeloupe) pour assurer l'entretien du balisage de la zone Antilles-Guyane[5],[6],[4],[7],[11],[12], en remplacement du baliseur Marius Moutet[12].
Après plus de 50 ans de service[11], il est désarmé en 1994[5],[6],[4],[11],[12] après une avarie sur sa propulsion. Il est remplacé en 2001 par le Kahouanne[12]. Il a fait l’objet d’une dépollution totale[5],[6],[4],[13], un chantier qui a mobilisé des experts et des compétences pluridisciplinaires, en collaboration avec les différents services de l'État. Les fluides polluants (hydrocarbures et fréon) ont été vidés. L'amiante a été stabilisée et enfermée dans un coffrage[12].
Après cela, il a été coulé volontairement comme récif artificiel le [5],[6],[4],[11],[14],[9] dans la mer des Caraïbes[9] au large de Bouillante[5],[13],[9] et la plage de Malendure[7],[9], dans le sud de Basse-Terre, au sud des îlets Pigeon de la réserve Cousteau[4], sur la côte Ouest de la Guadeloupe[7]. L’opération a d’ailleurs failli tourner à la catastrophe lorsque le remorqueur Pointe Vigie, chargé de son immersion, a lui-même été en grand danger de couler[11], malgré sa bonne tenue à la mer et sa stabilité. Les vannes de coque de l'Augustin Fresnel II avaient été ouvertes, et le Pointe Vigie arrosait le navire avec son canon à eau pour accélérer le remplissage des parties hautes. Soudain, un effet de carène liquide a fait chavirer brusquement l'Augustin Fresnel II, dont le sommet de la passerelle a accroché le plat-bord tribord du remorqueur, l’entraînant avec lui. Plusieurs marins du Pointe Vigie se sont retrouvés à la mer, et l’eau submergeait le pavois. Heureusement, celui-ci s’est déchiré in extremis, permettant au remorqueur de se redresser. Son équipage en a été quitte pour une grosse frayeur[15].
L'Augustin Fresnel II est posé bien droit sur sa quille sur un fond de sable[5],[6],[14],[7],[8] à une trentaine de mètres de profondeur[14]. Selon les sources, la profondeur exacte varie de 28[9] à 29[5],[7], 30[11],[4],[8] ou 31 mètres[6]. Elle a pu varier dans le temps, car selon une source, la mer fortement agitée durant le cyclone Omar l'a fait glisser jusqu'à 31 m de profondeur[9]. L'épave est en bon état, permettant aux plongeurs d’explorer sans problème les différentes parties des superstructures à l’arrière, les cales avec les treuils à l’avant, la poupe avec ses deux hélices et ses deux safrans, la cabine du grutier et la proue caractéristique d'un baliseur[5], le pont avant, la cuisine, la salle à manger[9] et les 15 cabines[7].
La nature a repris ses droits[4] sur l’épave, qui est devenue un excellent refuge pour la faune aquatique[7]. On y voit de superbes éponges colorées[8], des centaines d'anthias et des sergents-majors[5], des bancs de carangues, des barracudas, de gros pagres, des poissons-anges français, des poissons-anges royaux et poissons-anges gris, entre autres[14]. L’université des Antilles et de la Guyane a effectué un suivi de colonisation biologique tous les mois pendant deux ans. Le rapport qui a été publié montre que la colonisation a débuté par deux espèces (qui n'ont plus été observées par la suite), pour se stabiliser autour d'une quinzaine d’espèces en novembre-[13].
Notes et références
- (en) Serret Serge, « Augustin Fresnel [+2003] Read more at wrecksite: https://www.wrecksite.eu/wreck.aspx?225173 », sur WRECKSITE, (consulté le ).
- Rutilius, « AUGUSTIN-FRESNEL [I] — Baliseur — Administration des ponts et chaussées. », sur Forum PAGES 14-18, (consulté le ).
- « Arrivée d’un nouveau baliseur océanique sur la façade Atlantique, l’Augustin Fresnel », sur Direction Interrégionale de la mer Sud-Atlantique, (consulté le ).
- Sebastien Ruttiens, « Plongée sur épave Augustin Fresnel II », (consulté le ).
- « L'Augustin Fresnel II » (consulté le ).
- « Explorer les fonds marins », sur Plongée Guadeloupe, (consulté le ).
- Nico, « #25 : Plonger sur l’épave de l’Augustin Fresnel en Gwada », sur CameraOnBoard.fr, (consulté le ).
- Nicolas Barraqué, « Une plongée XXL au cœur des Îles de Guadeloupe », sur Plongez ! Le magazine de la plongée sous marine, .
- « Augustin Fresnel », sur Divingaway (consulté le ).
- ↑ (en) « Epave Augustin Fresnel (Wreck) », sur Dive Champ.
- « Plongée sur épaves en Guadeloupe », sur Les Heures Saines, (consulté le ).
- « AUGUSTIN FRESNEL II », sur tupasurf.fr (consulté le ).
- « Étude scientifique sur l'Augustin Fresnel », Destination Guadeloupe, no 21, 2005-2006 (lire en ligne).
- « Epave Augustin Fresnel (Wreck) », sur MyDiveGuide (consulté le ).
- ↑ Yvon Perchoc, « Le remorqueur POINTE VIGIE à Fort-de-France », sur www.marine-marchande.net, le site français de la marine marchande (consulté le ).
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