Bretagne (frégate)
| Bretagne | |
La Bretagne en février 2026 à Saint-Pierre. | |
| Type | Frégate, Destroyer |
|---|---|
| Classe | Aquitaine |
| Fonction | Lutte anti sous-marine, antinavire, antiaérienne, Bombardement |
| Histoire | |
| A servi dans | |
| Commanditaire | DGA |
| Chantier naval | Naval Group (Lorient) |
| Fabrication | Acier |
| Design | Furtif |
| Quille posée | |
| Lancement | |
| Armé | |
| Mise en service | |
| Commission | |
| Statut | En service |
| Équipage | |
| Équipage | 123 marins |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 142,2 m |
| Maître-bau | 19,8 m |
| Tirant d'eau | 7,3 m |
| Tirant d'air | 37 m |
| À pleine charge | 6 278 t |
| Propulsion | CODLOG |
| Puissance | 32 MW |
| Vitesse | 27 noeuds |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | 1 canon de 76mm 16 missiles de croisière MdCn 16 missiles Aster 15 ou 30 8 missiles antinavire Exocet 4 tubes lance torpilles MU90 2 canons de 20mm 2 Mitrailleuses de 12.7mm Mitrailleuses de 7.62mm 2 lances leurres antimissiles 2 lances leurres antitorpilles |
| Électronique | Radar tridimensionnel Herakles Radars de navigation Conduite de tir radar et électro-optique Sonar de coque Sonar remorqué Antenne linéaire Systèmes de guerre électronique Systèmes de surveillance Systèmes de communications |
| Rayon d'action | 6 000 nautiques à 15 noeuds |
| Embarcations | 2 ETRACO ou ECUME NG |
| Aéronefs | 1 x hélicoptère NH90 2 x drones S-100 |
| Carrière | |
| Pavillon | France |
| Port d'attache | Arsenal de Brest |
| Indicatif | D655 |
La Bretagne (indicatif visuel D655) est une frégate multi-missions de la Marine nationale, cinquième unité de sa classe, elle est spécialisée dans la lutte anti-sous-marine. Elle a été livré à son port-base de Brest en et entre en service en .
Construction
La construction de la Bretagne a débuté en aux chantiers DCNS de Lorient. La frégate a été mise à l'eau le [1]. Ses essais débutent en [2].
Le , à Brest, le Conseil régional de Bretagne a officialisé son parrainage de la Bretagne, à travers la signature d’une charte entre le président de région, Loïg Chesnais-Girard, et le capitaine de vaisseau Yonec Fihey, commandant du navire-filleul. C'est la première fois qu'une région parraine un navire de la Marine nationale[3].
Caractéristiques
Générales
Comme toutes les FREMM produites par Naval Group, la Bretagne fait 142,2 mètres de longueur, 19,8 m de largeur pour un tirant d'eau de 7,3 m. Avec une coque et une superstructure entièrement réalisées en acier elle déplace à pleine charge un peu plus de 6 278 tonnes. Elle peut embarquer 123 marins incluant les 14 du détachement aérien pendant 45 jours de mer[4].
Propulsion
Sa vitesse maximale est de 27 noeuds lorsque la turbine à gaz LM2500 de GE Aerospace de 32 000 kilowatts (43 508 ch) entraine les 2 hélices. Avec son système CODLOG elle dispose cependant d'un second mode de propulsion pour des vitesses en dessous de 15 noeuds où quatre moteurs diesel MTU série 4000 de 2 200 kilowatts (2 991 ch) chacun alimentent deux moteurs électrique Jeumont de 2 200 kW lui permettant alors de se déplacer silencieusement pendant la lutte anti sous-marine. Son autonomie maximale est de 6 000 milles marins (11 112 km) à la vitesse de 15 noeuds. En cas d'avarie, un propulseur azimutal rétractable Brunvoll de 1 800 kilowatts (2 447 ch) permet d'atteindre la vitesse de 6 noeuds.
Armement
La Bretagne est équipée comme toutes les FREMM française de quatre systèmes de lancement verticaux (Sylver) octuples lui permettant d'embarquer sur la plage avant jusqu'à 32 missiles. Mais contrairement aux quatre premières unités livrées à la Marine nationale, elle possède en plus de ses deux Sylver A70 non pas deux Sylver A43 mais la version Sylver A50 lui permettant d'embarquer des Aster 30 en lieu et place des Aster 15. Seul la Normandie possède les mêmes systèmes d'armes[4].
Artillerie principale :
- 1 canon OTO Melara 76/62 Super Rapid avec 80 obus chargés et 500 en soute
Défense anti-aérienne et anti-missile :
- 16 missiles surface-air Aster 15 ou Aster 30
- 2 lance-leurres NGDS de Safran avec mélange de roquettes et mortiers électromagnétiques et infrarouges d'Etienne Lacroix
Action vers la terre :
Artillerie secondaire :
- 2 canons Nexter Narwhal 20 mm
- 2 mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm
- Affuts pour mitrailleuses M134 ou FN MAG de 7,62 mm
Lutte antinavire :
- 2 x 2 tubes lance-torpilles de 324 mm avec 19 torpilles MU90 Impact en soute
- 2 lanceurs SLAT avec 12 leurres anti torpille Canto de Naval Group
Electronique
Le système de gestion de combat d'une FREMM est le SETIS de Naval Group[5] qui permet d'opérer tous les systèmes d'armement de la frégate ainsi que ses appareils électroniques qui incluent le radar Thales Herakles, qui agit aussi bien pour la surveillance naval et aérienne que pour la conduite des missiles. Les deux sonars qui l'équipe sont également produits par Thales avec le sonar de coque UMS 4110 CL[6], et le sonar remorqué à immersion variable CAPTAS-4 UMS 4249[7] pouvant plonger jusqu'à 300 m. Elle dispose également d'une antenne passive linéaire remorquée ainsi que de deux radars de navigation à l'avant et à l'arrière et deux imposants brouilleurs anti-missiles Sigen R-ECM sur chaque bord. La conduite de tir de l'artillerie principale qui était un système électro-optique Najir de Safran est remplacée en par la Stir 1.2 EO Mk2 de Thales. Ce système combinant radar et électro-optique est plus performant et mieux adapté au tir anti-aérien et à lutte contre les drones[8]. Son grand mât d'une hauteur de 37 m depuis la surface de l'eau dispose de systèmes d'interceptions des communications (COMINT/C-ESM), de systèmes d'analyse des signaux radars (R-ESM), du système de surveillance panoramique Artémis doté de trois caméras infrarouge, ou encore des liaisons de données tactiques L11, L16 et L22.
La Bretagne est aussi équipée de moyens de communication HF, VHF, de deux antennes satellites Syracuse III situées sur la passerelle avant sous le radar Herakles et derrière la cheminée, ainsi que de deux centrales de navigation inertielles gyrolaser (Ring Laser Gyro) SIGMA 40 produites par Sagem[9].
Toutes les informations recueillies par les capteurs sont traités par le Central Opération qui dispose de 14 consoles multifonctions et reconfigurables[10].
Embarcations
Les FREMM françaises sont conçues pour embarquer dans leur hangar de 18 m par 12,5 m un hélicoptère de classe 10 t comme le NH90 Caïman, véritable outil de lutte anti sous-marine grâce à son sonar trempé FLASH et ses torpilles MU90. Le hangar permet nativement d'accueillir un drone aérien d'un gabarit comme le VSR700, mais la Bretagne comme toutes les FREMM de la Marine nationale à partir de va se voir équiper d'un système de drone à voilure tournante avec deux Camcopter S-100 de Schiebel plus petit[11]. La plateforme de 26 m de longueur pour 18,5 m de large offre une surface d'environ 500 m2. La FREMM dispose sur chaque bord d'une niche abritant deux bossoirs pour embarcations de 9 m comme l'ECUME NG des commando marine.
Améliorations
Au grès du retour d'expérience des différents conflits dans lesquelles la Marine nationale a opéré entre la mer Rouge et le golfe Arabo-Persique, plusieurs équipements sont ajoutés dès comme les deux modules de guerre électronique, un sous la passerelle à bâbord sur le massif et l'autre sur le toit du hangar hélicoptère, entre le radar de navigation et le canon de 20 mm tribord ainsi qu'un système de surveillance et de télémétrie Paseo XLR de Safran en . Le remplacement de la conduite de tir Najir par la Stir en fait également partie de ces retex. L'actualisation de la Loi de programmation militaire 2024-2030 en cours prévoit de plus l'installation sur chaque FREMM de deux lanceurs SIMBAD-RC, de systèmes de lutte anti-drone et de nouveaux brouilleurs électromagnétiques[12].
Carrière opérationnelle
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La DGA réceptionne la frégate à Brest le [15] et prépare son déploiement de longue durée. Après son voyage inaugural lors d'un déploiement de longue durée dans l'Atlantique nord – au cours duquel elle participe à l'exercice Trident Juncture 2018 (en) des forces de l'OTAN – et les Caraïbes entre le et le [16], la Bretagne est admise au service actif le et commence sa carrière opérationnelle depuis son port d'attache de l'arsenal de Brest, comme l'Aquitaine[17] et la Normandie[18]. Sa principale mission lorsqu'elle est dans les eaux françaises est la protection des approches maritimes et celle des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de la classe Le Triomphant opérant depuis l'île Longue[18].
Son premier tir d'un missile surface-air Aster 15 a lieu le lors d’une campagne de tirs interalliée contre une cible supersonique[19].
Le , la Bretagne a assuré la surveillance maritime au large de Omaha Beach lors des cérémonies commémoratives du 75e anniversaire du D-Day[20] et a participé ensuite à l'Armada de Rouen.
Le , la Bretagne est la troisième FREMM à passer au double équipage (A et B de 109 marins chacun ; un certain nombre d'entre eux provenant du retrait du La Motte-Picquet du service actif) se relayant tous les quatre mois afin d'assurer un plus long maintien en opération du navire[21].
Du au , la Bretagne est déployée près de huit mois dans la région Indo-Pacifique dans le cadre de la mission TANSKORN, afin de pouvoir y mener des exercices de coopération avec les marines alliées, de réaffirmer la présence française dans la région, et de garantir la liberté de navigation dans ces eaux[22].
En , la frégate rejoint l’opération Endurance arctique[23] et mène des entraînements conjointement avec le navire d’inspection danois Thetis[24].
Galerie
-
La Bretagne à Brest en 2018. -
L'amiral Giancarlo Ciappina de la Marine italienne et le capitaine de vaisseau Audrey Boutteville commandant de l'équipage B de la Bretagne[25]. -
Des chasseurs alpins français et des soldats danois au Groenland.
Notes et références
- ↑ Christine Le Moing, « Et la cinquième a pour nom...La Bretagne ! », Le Télégramme, 14 septembre 2016.
- ↑ Vincent Groizeleau, « La FREMM Bretagne débute ses essais », Mer et Marine, 27 octobre 2017.
- ↑ Communiqué de la Marine nationale, « La FREMM Bretagne parrainée par la région Bretagne », Mer et Marine, (lire en ligne).
- « Première FREMM gréée Aster 30, la Normandie a rejoint Brest », sur Mer et Marine, (consulté le )
- ↑ « Système de combat des navires de surface pour des opérations navales de haute intensité », sur www.naval-group.com
- ↑ Les frégates FREMM de la Marine française - toutes les deux équipées de BlueMaster et de CAPTAS-4.
- ↑ Lutte anti-sous-marine : L’US Navy a choisi le sonar CAPTAS-4 de Thales.
- ↑ « La FREMM Normandie a été dotée d’une conduite de tir radar STIR », sur Mer et Marine, (consulté le )
- ↑ « Sagem met à disposition des équipements pour l'OPV Gowind », Mer et Marine, (lire en ligne).
- ↑ « La FREMM Normandie a la loupe », sur Mer et Marine, (consulté le )
- ↑ « La DGA passe commande de drones VSR700 et Camcopter S-100 pour la Marine nationale », sur Mer et Marine, (consulté le )
- ↑ « Actualisation de la LPM 2024-2030 », sur Ministère des Armées,
- [1]
- ↑ [2]
- ↑ Hélène Pédech, « À Lorient, Naval Group livre une 5e frégate multi-missions à la Marine nationale », France 3 Bretagne, 25 juillet 2018.
- ↑ Vincent Groizeleau, « La FREMM Bretagne achève son déploiement de longue durée », Mer et Marine, 10 décembre 2018.
- ↑ « La Bretagne admise au service actif », Cols bleus, (lire en ligne)
- Vincent Groizeleau, « La FREMM Bretagne admise au service actif », Mer et Marine, 25 février 2019.
- ↑ Vincent Groizeleau, « La FREMM Bretagne intercepte avec un Aster 15 une cible supersonique », Mer et marine, (lire en ligne).
- ↑ « FREMM Bretagne voyage timeline », sur www.marinetraffic.com (consulté le )
- ↑ Vincent Groizeleau, « Une troisième FREMM et un second PSP passent au double équipage », Mer et Marine, 1er septembre 2020.
- ↑ Jean-Marie CUNIN, « Sept mois d’une mission exceptionnelle de la frégate « Bretagne » racontés par ses commandants »
- ↑ Groenland : la frégate de la Marine nationale « Bretagne » patrouille avec des forces danoises dans l’Atlantique Nord Ouest-France
- ↑ La frégate Bretagne participe à l’exercice danois Arctic Endurance au large du Groënland
- ↑ [3]
Annexes
Articles connexes
- Liste des navires de la Marine nationale
- Liste des frégates françaises
- Classe F-110
- Type 26 (frégate)
- Lutte anti-sous-marine
- Portail de la Marine française
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