Brigade Carmeli

2e brigade « Carmeli »
Image illustrative de l’article Brigade Carmeli
Insigne de la brigade Carmeli.

Création 1948
Pays Drapeau d’Israël Israël
Allégeance Tsahal
Branche Forces terrestres israéliennes
Type Brigade d'infanterie de réserve
Rôle Guerre terrestre
Fait partie de 146e division du commandement régional du Nord
Guerres Première guerre israélo-arabe
Crise du canal de Suez
Guerre des Six Jours
Guerre d'usure dans le conflit israélo-arabe
Guerre du Kippour
Première guerre du Liban
Seconde guerre du Liban
Guerre à Gaza
Batailles Haïfa (1948)
Commandant Omri Rosencrantz
Commandant historique Moshe Carmel

La 2e brigade « Carmeli » (hébreu : חטיבת כרמלי, Hativat Carmeli, ancienne 165e brigade) est une brigade d'infanterie de réserve des forces de défense israéliennes subordonnée au commandement Nord.

Aujourd'hui[Quand ?], la brigade se compose de quatre bataillons, dont un bataillon de reconnaissance.

Deux lots d’archives, certaines déclassifiées, d’autres découvertes fortuitement en 2024, éclairent le rôle que la brigade a eu dans le nettoyage ethnique de la Palestine, les expulsions et massacres faisant partie des ordres donnés aux unités[1],[2],[3].

Histoire

Création et Première guerre israélo-arabe : participation au nettoyage ethnique de la Palestine

La brigade est formée le , pendant la guerre israélo-arabe de 1948, lorsque la brigade Levanoni en Galilée est scindée par la création de la 1re brigade Golani et de la 2e brigade Carmeli. À ses débuts, la brigade est formée de trois bataillons, les 21e, 22e et 23e. Au cours de la guerre, elle est renforcée du 24e bataillon.

C’est elle qui procède au nettoyage ethnique d’Haïfa, qui est nommé « opération Grand nettoyage ». Son chef d’état-major, Mordekhaï Maklef, ordonne, le  : « Tuez tous les Arabes que vous rencontrerez, incendiez tout ce qui est inflammable, et ouvrez les portes à l’explosif ». Alors que les Arabes de la ville se rassemblaient près du port pour être évacués par mer dans un relatif bon ordre, la brigade Carmeli tire au mortier de 76 mm sur la foule, poussant les personnes cibles à se jeter à la mer ; de nombreuses embarcations surchargées chavirèrent, et leurs passagers se noyèrent. Les soldats de la brigade Carmeli pillèrent ensuite les biens des Arabes qu’ils venaient d’assassiner[4]. Six mois plus tard, elle participe au massacre de Houla.

Les archives de Rafi Kotzer, ainsi que des archives déclassifiées grâce à des recours en justice de l‘institut Akevot (en), apportent des précisions nouvelles à des opérations de nettoyage ethnique déjà connues de manière générale. Dans leur ensemble, ces opérations se distinguent par les ordres « d’annihilation des civils et de leurs villages », y compris les femmes et les enfants[2]. Selon un rapport de Yitzhak Modai (en) (ministre sans interruption de 1977 à 1992, notamment de la Justice et des Finances), ordre était donné par Moshe Carmel de « procéder à un nettoyage rapide et immédiat des éléments hostiles [...] et d’aider les habitants à partir »[1]. Les ordres donnés à la brigade Golani par Yitzhak Broshi sont : de tuer tout civil, qu‘il résiste ou non[2] ; en juillet, ordre donné à toute la brigade Golani : au cas où une personne donne ses papiers d‘identité à une autre, ordre est donné de tuer les deux[1],[2] ; en cas de retard à une convocation militaire, exécution immédiate et destruction de la maison[2] ; ordre de tuer un Arabe sur dix dans un village pris[2],[1] ; ordre de tuer tout Arabe n’appartenant pas au village conquis[2],[1] ; ordre de tuer tous les hommes d’une maison où seraient trouvés des biens juifs[1] ; ordre de massacrer tous les Arab a-Zabah (tribu de Bédouins)[2],[1] ; ordre de tuer tout Arabe se cachant[2] ; ordre précisant que tout homme au-dessus de 15 ans ne devait pas être considéré comme un civil[1]. Les « infiltrés » (des Palestiniens expulsés qui reviennent chercher leurs biens) doivent être abattus[1]. Il était également interdit de faire des prisonniers[1]. Selon Mordekhaï Maklef (futur chef d’état-major de l’armée israélienne), « il est impossible d’expulser 114 000 personnes [qui vivaient en Galilée] sans recourir à la terreur ». Selon Maxim Cohen, commandant de la brigade Carmeli « ...aucun village n’a été évacué sans que quelqu’un ne soit poignardé dans le ventre ou par des moyens similaires. »[1]. Haïm Ben David, futur général de division et conseiller militaire de Ben Gourion, l’expulsion des Arabes était pratique courante, et que selon les circonstances, le nettoyage d’une zone se faisait par le meurtre. « Nous connaissions le droit international, mais souvent nous ne nous sommes pas comporté conformément à ce droit[1] ».

Depuis 1949

Depuis, l'unité a participé à toutes les grandes guerres israéliennes et à la quasi-totalité des opérations majeures, y compris la guerre du Sinaï, la guerre des Six Jours, la guerre d'usure, la guerre du Kippour, l'opération Litani, la première et la seconde guerres du Liban, la guerre à Gaza et diverses opérations pendant les Intifadas palestiniennes[5],[6],[7].

Notes et références

  1. Adam Raz, « Terror Was Needed to Make Arabs Leave’: What the Israeli Army Did in 1948, Revealed », Haaretz, 27 février 2026.
  2. Alex McDonald, « 'Everyone was killed': Documents shine light on 'annihilation' of Palestinians during 1948 Nakba », Middle East Eye, 27 février 2026.
  3. Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3), chapitre « Achever le travail : octobre 1948-janvier 1949 », p. 227 et suivantes.
  4. Illan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : Fayard, 2008. (ISBN 978-221363396-1). Version électronique, p. 130-132.
  5. « Cincinnati Judaica Fund », www.cincinnatijudaicafund.com (consulté le )
  6. « Barak Armored Brigade », www.jewishvirtuallibrary.org (consulté le )
  7. Emanuel Fabian. Un réserviste grièvement blessé lors de combats dans le nord de la bande de Gaza mardi. The Times of Israel, 22 mai 2024.

Liens externes

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