Château Le Grand Verdus

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| Construction |
1579 |
| Propriétaire |
Thomas et Édouard Le Grix de La Salle[1] |
| Patrimonialité | |
| Site web |
| Localisation |
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| Coordonnées |
44° 47′ 40″ N, 0° 23′ 45″ O |
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Le château Le Grand Verdus est un château d'apparat et un domaine viticole situé à Sadirac, dans le département français de la Gironde. La demeure, de style Renaissance, est inscrite au titre des monuments historiques en . Le domaine viticole produit quant à lui de nombreux vins différents, dans des appellations du Bordelais ou sans indication géographique (vin de France). Il est certifié en agriculture biologique depuis le millésime 2023.
Localisation
Les 160 hectares du domaine[2], dont une centaine d'hectares de vignes, sont répartis sur trois communes : Sadirac, Bonnetan et Lignan-de-Bordeaux, toutes situées au cœur de la région naturelle Entre-deux-Mers comprise entre la Garonne et la Dordogne[3]. Culminant à 120 m, c’est l’un des points les plus hauts de toute la Gironde[2].
Histoire
Au lieu-dit Le Grand Verdus[4], la vigne était présente au XIe siècle[5]. Vers la fin du Moyen Âge, le site est une place forte dont le premier seigneur est Arnaud de Bonneau[4], également propriétaire du château Verdus dans le Médoc[6]. Ce sont ses descendants qui, en 1579, font construire l'actuelle gentilhommière fortifiée de style Renaissance[4]. La même famille conserve le château jusqu'à la fin du XVIIe siècle[7].
En 1846[8], Le Grand Verdus devient la propriété de Pierre Alphonse Deschamps (1799-1866[9]), fils de Claude Deschamps (1765-1843[9]), architecte des ponts de pierre de Bordeaux et de Libourne[4]. Avec son épouse Clothilde Le Grix de La Salle (1810-1862[9]), ils n'ont pas de descendance. Le domaine est hérité par le frère de Clothilde, Charles Le Grix de La Salle (1812-1889), dont les descendants sont encore les propriétaires du domaine[4].

Philippe Le Grix de La Salle (1920-2016) est le premier vigneron de la famille et commence son activité juste après la Seconde Guerre mondiale[2]. Le domaine produit majoritairement du vin blanc sucré, exporté notamment en Allemagne[10]. En 1973, il quitte la cave coopérative de Créon en 1973, arrache le blanc pour planter du rouge, et crée l’étiquette « Château Le Grand Verdus »[3].
Dans les années 1970, l'aile ouest, probablement un ancien grenier, est transformée en cuvier de vinification par Philippe Le Grix de La Salle et Émile Peynaud, pionnier de l'œnologie. Pour pallier l'étroitesse du lieu, une rangée de cuves en inox est posée sur une batterie de cuves béton[4]. Il collabore ensuite avec Pascal Ribéreau-Gayon[2].
En 1975, Philippe Le Grix de La Salle est rejoint par son fils Antoine, de retour de stage en Californie chez Robert Mondavi. Ensemble, pendant 20 ans, ils développent l'exportation des vins du domaine tout en agrandissant les parcelles de vignes jusqu'à devenir l’une des plus importantes productions privées en AOC bordeaux-supérieur[2].
Depuis les années 2000, les fils d'Antoine Le Grix de La Salle, Édouard (à la viticulture) et Thomas (à la vinification et à la commercialisation), gèrent le domaine[3],[1]. En 2005, le château replante du blanc dont la production se développe rapidement et est distribuée dans plus de 35 pays[2].
En 2018, Thomas Le Grix de La Salle fait réaliser par le cabinet d'architecture Fabre et de Marien une extension incluant un nouveau chai à barriques, semi-enterré afin d'optimiser les conditions d'élevage, et un nouveau cuvier ultra-moderne, aux allures d'origami métallique géant[4].
Le domaine viticole est certifié en agriculture biologique depuis le millésime 2023[3].
Architecture
Le château est une gentilhommière fortifiée de l'époque de la Renaissance.
Devant l'habitation, au sud, des murs formant remparts, et sur lesquels s'appuient les communs, délimitent une cour intérieure dont l'accès se fait par un portail décoré d'un fronton triangulaire et coiffé d'une bretèche d'apparat. Les angles est et ouest de ce quadrilatère défensif sont cantonnés de petites tours rondes coiffées en poivrière[7],[11].

Le corps de logis présente une façade à deux niveaux, surmonté d'un très haut comble de tuiles plates[7]. Il est encadré de deux pavillons carrés, dont celui de l'ouest est flanqué d'une échauguette à un niveau[11].
Dans l'angle formé par les bâtiments en retour d'équerre, un avant-corps surmonté d'un fronton à courbes et contre-courbes constitue une entrée monumentale[11]. Il est accompagné d'une échauguette à deux niveaux. Le reste de la façade est percé de fenêtres à meneaux ou de baies simples, surmontées de quatre grandes lucarnes à petits frontons[4].

Dans l'aile orientale, l'ancienne chapelle présente une façade coiffée d'un fronton courbe à consoles gracieuses, au milieu duquel se trouve encore l'emplacement de la cloche[4].
Les façades et les toitures sont inscrites au titre des monuments historiques par arrêté du [11].
Domaine viticole
Vignoble et terroir
En 2026, le vignoble aux pentes marquées s'étire en 2026 sur 100 hectares[2]. Il représente une mosaïque de terroirs avec une très forte dominance d’argile, des calcaires affleurants et un microclimat spécifique (flore méridionale)[2].
80 % sont plantés en rouge : merlot (60 %), cabernet sauvignon (20 %), cabernet franc (19 %), et syrah (1 %)[1]. Les 20 % du vignoble le sont en blanc : sauvignon blanc (65 %), sémillon (35 %)[1] et un peu de chenin blanc depuis 2021[3]. Des expériences sont également menées avec de petites plantations de cépages anciens (carménère, petit verdot, castets, malbec, bouchalès, mancin, Saint-Macaire, pardotte, jurançon noir[5]) afin d'étudier leur évolution sous le climat actuel via des microcuvées par cépage pendant plusieurs millésimes[3].
Le vignoble fait l’objet d’études pédologiques visant à optimiser les combinaisons cépage/terroir. Les vignes sont désormais replantées à une densité de 4 500/5 000 pieds/ha[2].
En 2020, le domaine entame une conversion en agriculture biologique (certification en 2023)[3], et développe la pratique de l’agroécologie, avec notamment la création de « corridors écologiques »[5]. L'agroforesterie est également testée, avec l’établissement de haies autour des parcelles et la plantation d'arbres fruitiers dans les rangs de vigne d'une parcelle expérimentale[12].
Vins
En 2023, le château a produit 600 000 bouteilles[5], dont 150 000 de blancs[10], et en a vendu une bonne partie en direct dans 32 pays[5].
La gamme regroupe 16 cuvées, regroupées en 7 grandes familles[5] :
- Classiques, avec l’étiquette historique « Château Le Grand Verdus », élevées en cuves inox et béton et déclinées en bordeaux-supérieur, bordeaux blanc et bordeaux rosé[3] ;
- Petites Cuvées (bordeaux-supérieur, bordeaux blanc et bordeaux rosé)[3] ;
- Originales (vin de France, bordeaux-supérieur), issues d'assemblage de millésimes ou d’élevages longs[3] ;
- Grandes Réserves (bordeaux-supérieur, bordeaux blanc), « vins atypiques » issus de six parcelles différentes[3] ;
- Parcellaires (vin de France, bordeaux), deux cuvées rouges monocépages éloignées des classicismes bordelais, l’une à base de syrah originaire de la vallée du Rhône plantée sur un terroir atypique de graves granitiques, l’autre de cabernets francs sur socle calcaire[3] ;
- Divergentes (vin de France, bordeaux), avec une cuvée blanche macérat ou « vin orange », vin de garde de macération à base de sémillon élevé comme un rouge, et une cuvée rouge à base de merlot sans sulfites ajoutés[3] ;
- Petites Bulles, pétillant naturel blanc de noir issu des terroirs frais de cabernet franc et merlot avec une touche de sauvignon blanc[3].
Bière de fruit
Depuis 2012, Thomas le Grix de La Salle développe une bière de malt bio, fermentée avec des jus de sauvignon blanc du Grand Verdus et brassée localement. Le résultat est une bière de fruit comme celles produites en Belgique[2].
Œnotourisme
Le château Le Grand Verdus s'est ouvert à l'œnotourisme et propose des visites dégustations sur rendez-vous[13]. En 2023, il est récompensé du Best Of Wine Tourism « Or » (catégorie « Architecture et Paysages ») pour ses visites consacrées à l'architecture et à l'héritage viticole. Durant la période estivale, des guinguettes sont également organisées au cœur des vignes[5].
Notes et références
- « Château Le Grand Verdus », sur La Revue du vin de France, (consulté le ).
- Agence Fleurie, « Portrait d'acteur : Thomas Le Grix de la Salle », sur Échos de Bordeaux (consulté le ).
- Laura Bernaulte, « Le Grand Verdus, une audace venue d’Entre-deux-Mers », sur Terre de Vins, (consulté le ).
- Yann Chaigne, « Château Le Grand Verdus », dans 101 châteaux du vin en Bordelais, Le Festin, , 136 p. (ISBN 978-2-36062-233-7), p. 115.
- Rodolphe Martinez, « Le château Le Grand Verdus à Sadirac, la partition subtile de l’Entre-deux-Mers », sur Ici Gironde, (consulté le ).
- ↑ « Château Verdus », sur ABC du vin (consulté le ).
- Le guide des châteaux de France, Gironde, Hermé, (1re éd. 1981), 174 p. (ISBN 2-86665-005-0), p. 125-126.
- ↑ Jean-Charles Galiacy, « Au Grand Verdus, la cuvée « Vertige » compile les millésimes », sur Sud Ouest, (consulté le ).
- Marie Odile Martind Escrienne, « Généalogie de Pierre Alphonse Deschamps », sur Geneanet (consulté le ).
- César Compadre, « Vin : pourquoi le blanc se fait peu à peu sa place au Grand Verdus et en Bordelais, pourtant terre de rouge », sur Sud Ouest, (consulté le ).
- « Château du Grand Verdus », notice no PA00083705, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Pauline Champeil, « Interview [Agroforesterie] Edouard le Grix de la Salle du Château Le Grand Verdus », sur Les Ateliers de Bacchus, (consulté le ).
- ↑ Bordeaux Tourisme & Congrès, « Château Le Grand Verdus », sur www.bordeaux-tourisme.com (consulté le ).
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- Site officiel
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