Checkpoint israélien

Un soldat israélien fait face à des Palestiniens qui attendent au checkpoint de Huwara, à l’entrée de Naplouse, le 12 juin 2006.
Poste de contrôle de la police des frontières israélienne à l'entrée sud de Jéricho, 2005.

Un checkpoint israélien (hébreu : מחסום ; arabe : حاجز) est un point de contrôle installé par les forces de sécurité israéliennes. Aujourd’hui, il fait principalement partie du système de fermetures en Cisjordanie occupée. Selon Israël, ces checkpoints ont pour objectif d’assurer la sécurité d’Israël et des colonies israéliennes[1]. Ils peuvent être tenus par la police militaire, la police des frontières ou d’autres unités de l’armée[2].

Quantité

Depuis les années 1990, Israël met en place des centaines de barrages routiers et de checkpoints permanents, tenus par la police militaire ou par la police des frontières[3].

En septembre 2011, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies indique qu’il existe 522 barrages et checkpoints entravant la circulation des Palestiniens en Cisjordanie, contre 503 en juillet 2010. Ce chiffre n’inclut pas les checkpoints temporaires, appelés « flying checkpoints », dont on compte en moyenne 495 par mois en 2011 en Cisjordanie, alors que la moyenne mensuelle des deux années précédentes était de 351.

Selon B'Tselem, il y a en septembre 2013 99 checkpoints fixes en Cisjordanie, auxquels s’ajoutent 174 checkpoints volants installés par surprise. En août 2013, 288 checkpoints volants sont recensés[4].

Cependant, selon les forces de défense israéliennes, après avoir retiré la majorité des checkpoints à titre de « geste de bonne volonté », treize checkpoints sont dénombrés en mai 2013 en Cisjordanie, contre quarante en 2008. De plus, toujours selon l’armée, ces points de contrôle ne sont pas systématiquement utilisés : leur activation dépend du niveau de menace jugé présent[5],[6]. Ce chiffre n’inclut pas les nombreux barrages routiers qui empêchent les Palestiniens de franchir la barrière, laquelle bloque dans de nombreux cas l’accès à des zones situées à l’intérieur même de la Cisjordanie.

Critiques

Barrage routier non gardé en Cisjordanie, juillet 2006.

De nombreux habitants palestiniens de Cisjordanie affirment que, malgré l’objectif officiellement annoncé des checkpoints, ceux-ci portent en pratique atteinte à leur liberté de circulation ainsi qu’à d’autres droits humains[7]. Les plaintes concernant des abus et des humiliations sont fréquentes. Le juge-avocat général de l’armée israélienne, Menachem Finkelstein, indique qu’il existe « beaucoup — trop — de plaintes » visant des soldats accusés d’abuser et d’humilier des Palestiniens aux points de contrôle, ajoutant que leur nombre « allume un voyant rouge » pour lui[8]. Des centaines d’Israéliennes suivent et observent les checkpoints dans le cadre de Machsom Watch, qui publie des rapports quotidiens ainsi qu’un recueil de témoignages. Selon Yehudit Kirstein-Keshet, cofondatrice de l’organisation, ces documents montrent « l’emprisonnement d’une population entière dans un réseau de fermetures et de checkpoints »[9]. Elle rapporte également que les observatrices « ont été témoins de l’humiliation et des abus quotidiens, du désespoir et de l’impuissance des Palestiniens aux points de contrôle »[10].

Selon le rapport Humanitarian Monitor des Nations unies de février 2009, il devient « apparent » que le système de checkpoints et d’obstacles, présenté au début de la seconde Intifada (septembre 2000) comme une réponse militaire temporaire aux affrontements et aux attaques contre des civils israéliens, évolue en un dispositif plus permanent de contrôle. Celui-ci réduit progressivement l’espace disponible pour la croissance et les déplacements des Palestiniens, tandis que la population des colons israéliens continue d’augmenter[11].

Impacts

Un soldat israélien achète des boissons à des enfants palestiniens qui les vendent près d’un checkpoint en 2004.

En mars 2002, un engin explosif est découvert dans une ambulance de la Société du Croissant-Rouge palestinien. Le Croissant-Rouge (PRCS) exprime sa stupéfaction face à cet incident et ouvre une enquête interne[12]. Le 11 janvier 2004, une ambulance de la PRCS ne transportant pas de patients est arrêtée et fouillée à un checkpoint volant près du village de Jit. L’ambulance est escortée par un véhicule militaire jusqu’à la gare routière de Qadomin où, après dix minutes, l’équipage récupère ses pièces d’identité et peut reprendre son service. Le même jour, dans un autre cas, une ambulance transportant un patient diabétique à l’hôpital de Tulkarem est arrêtée, fouillée, puis autorisée à poursuivre sa route après que l’accompagnant du patient est arrêté[13].

En 2008, un soldat israélien commandant un checkpoint à l’extérieur de Naplouse est révoqué et emprisonné pendant deux semaines après avoir refusé de laisser passer une femme palestinienne sur le point d’accoucher. La femme est contrainte de donner naissance au checkpoint et le bébé naît mort-né. Selon le ministère palestinien de la Santé, entre 2000 et 2006, au moins 68 femmes ont accouché aux checkpoints, dont 35 ont fait une fausse couche et cinq sont décédées en couches[14].

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Israeli checkpoint » (voir la liste des auteurs).
  1. « Key Maps », BBC News,‎ (lire en ligne)
  2. « Movement and Access in the West Bank » [archive du ], United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs occupied Palestinian territory (consulté le )
  3. Franz Von Benda-Beckmann, Keebet von Benda-Beckmann, Julia M. Eckert, Rules of Law and Laws of Ruling: On the Governance of Law, Ashgate Publishing, Ltd., 2009, p. 93-98, (ISBN 978-0-7546-7239-5), 9780754672395
  4. Checkpoints, Physical Obstructions, and Forbidden Roads. B'Tselem, Updated 24 November 2013
  5. Reality check: The truth behind crossings in Judea and Samaria
  6. « Central Command » [archive du ] (consulté le )
  7. Ana Barahona, Bearing Witness - Eight weeks in Palestine, London, Metete, (ISBN 978-1-908099-02-0), p. 13
  8. « Humiliation at the checkpoints - Haaretz Daily Newspaper | Israel News », Haaretz.com (consulté le )
  9. Yehudit Kirstein Keshet, Checkpoint watch: Testimonies from occupied Palestine, Zed, (ISBN 978-1-84277-719-0), p. 39
  10. Yehudit Kirstein Keshet, Checkpoint watch: Testimonies from occupied Palestine, Zed, (ISBN 978-1-84277-719-0), p. 79
  11. « The Humanitarian Monitor, Number 34, February 2009 », UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  12. Amos Harel, Amira Hass, Yosef Algazy, Bomb found in Red Crescent ambulance, Haaretz, March 29, 2002.
  13. « OCHA Humanitarian Update: Occupied Palestinian Territories » [archive du ], United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA), 16 december 2003 – 19 january 2004 (consulté le )
  14. « Israeli jailed over baby tragedy », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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