Color Field
| Color Field | |
| Genre | musique orchestrale |
|---|---|
| Musique | Anna Clyne |
| Durée approximative | env. 18 mn |
| Dates de composition | 2021 |
| Création | Baltimore |
Color Field est une œuvre orchestrale de la compositrice britannique Anna Clyne écrite en 2021.
Contexte et création
Anna Clyne compose Color Field en réponse à une commande de Bonnie McElveen-Hunter pour célébrer le travail de pionnière de Melanie Sabelhaus dans le domaine des affaires et de la philanthropie[1]. Au fil des rencontres avec Melanie Sabelhaus, la compositrice découvre son amour pour la couleur orange, ce qui l'a poussée à chercher son inspiration dans la série des Color Field de Mark Rothko et notamment l'œuvre Orange, Red, Yellow (1961)[1]. La compositrice écrit ainsi : « Alors que j'explorais la création musicale évoquant les couleurs, j'ai pensé à la synesthésie, un phénomène de perception où un individu qui entend un son, un timbre, voit des couleurs spécifiques, et vice versa. Dans le cas du compositeur Scriabine, ce dernier associait des notes particulières à des couleurs spécifiques, que j'ai adopté comme centres tonals des trois mouvements de la pièce : jaune = ré, rouge = do, orange = sol. »[note 1],[1]. Color Field a été créé par les artistes commissionaires à Baltimore le [1].
Structure
L'œuvre comprend trois mouvements :
- Yellow
- Red
- Orange
Analyse
Yellow
Le premier mouvement évoque les origines serbes de Melanis Sabelhaus, intégrant une mélodie traditionnelle à la trame orchestrale, d'abord par une lente ligne de basse, avant que les vents solistes, d'abord le hautbois doublé par le basson, ainsi que la trompette, jouent la mélodie[1]. Les premiers violons, à l'exception du super-soliste qui a sa propre partie, joue alors un ré suraigu pendant tout le mouvement, qui cherche à être « transparent, brumeux, délicat »[note 2],[1].
Red
Le deuxième mouvement présente un paysage sonore radicalement différent, débutant comme une prise d'assaut des sens, avec des violons féroces et une pulsation donnée par deux tam-tam et une grosse caisse[1]. L'effet de transe induit par le premier mouvement est totalement rompu[1]. Les cordes se différencient des cors et, plus tard, des bois[1]. Une mélodie plus douce se fait jour peu à peu et, après plusieurs faux départs, se développe en une énergie prodigieuse[1]. À un moment donné, noté « Wild Outburst » dans la partition, la compositrice combine les idées mélodies pour arriver à un climax noté fortissississimo[1].
Orange
Tout comme le jaune et le rouge se combinent pour former le orange, la compositrice combine les éléments musicaux des deux premiers mouvements pour écrire un brillant final[1]. Elle retourne aussi à son amour de la musique électronique pour créer une sensation de malaise, en demandant aux cordes de former un « nuage brumeux »[note 3] en jouant des harmonies très aigues sur la chanterelle[1]. Ils doivent alors glisser d'une harmonie à l'autre en utilisant tout l'archet[1]. Par dessus deux vibraphones jouent des accords, tandis que les bois introduisent un motif de sept notes , amenant à une idée mélodique qui se concrétise au climax du mouvement, et qui constitue l'unique idée lyrique de ce mouvement tout en textures et en rythmes[1].
Réception
L'œuvre est rejouée par le Royal Philharmonic Orchestra à Londres le sous la direction de Santtu-Matias Rouvali[2].
Discographie
- Marin Alsop (dir.) et Orchestre symphonique de Baltimore, Orchestral Works - Abstractions / Within Her Arms / Restless Oceans / Color Field, Naxos, .
Notes et références
Notes
- ↑ « While I explored creating music that evokes colours, I thought about synaesthesia, a perceptual phenomenon in which a person hears sound, pitch and tonal centres and then sees specific colours, and vice versa. In the case of composer Scriabin, he associated specific pitches with specific colours, which I have adopted as tonal centres for the three movements of this piece: Yellow = D, Red = C, Orange = G. »
- ↑ transparent, hazy, delicate
- ↑ hazy cloud
Références
- DeWald 2025.
- ↑ (en-GB) Andrew Clements, « Philharmonia/Rouvali/Levit review – secure and clear-sighted Beethoven », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
Bibliographie
Note discographique
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- (en) Frank K. DeWald, Orchestre symphonique de Baltimore (dirigé par Marin Alsop), « Orchestral Works - Abstractions / Within Her Arms / Restless Oceans / Color Field », Naxos, 2025 (Lire en ligne)
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Liens externes
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