Confédération de Madagascar

Confédération de Madagascar

5 mars 2002 – 8 juillet 2002
(4 mois et 3 jours)

Drapeau
(Civil)

(Officieux)
Drapeau
Informations générales
Statut Confédération sous gouvernement sécessionniste
Capitale Toamasina
Langue(s) Malgache, Français
Religion État laïc
Monnaie Franc malgache
Histoire et événements
Cinq des six gouverneurs provinciaux signent un accord pour maintenir le blocus d'Antananarivo
Jean Robert Gara, gouverneur de la province d'Antsiranana, proclame sa province "État souverain".
Déclaration publique d'indépendance de la province de Toamasina.
Fuite de Didier Ratsiraka vers les Seychelles et déclaration de Toamasina comme "ville ouverte"
Prise de Toamasina par les Forces armées de Madagascar
Capitulation officielle de la Confédération
Président
2002 Didier Ratsiraka
Premier ministre
2002 Tantely Andrianarivo

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La Confédération de Madagascar est une entité politique éphémère proclamée en 2002 pendant la crise politique qui a suivi l'élection présidentielle de 2001. Elle regroupait les provinces d'Antsiranana, de Fianarantsoa, de Mahajanga, de Toamasina et de Toliara, sous la direction de l'ancien président Didier Ratsiraka.

Cette confédération est née du refus des partisans de Ratsiraka de reconnaître la victoire de Marc Ravalomanana à l'élection présidentielle. La première province à faire sécession fut celle d'Antsiranana, dont le gouverneur Jean Robert Gara, proche du président sortant Ratsiraka, proclama sa province "État souverain" le [1],[2].

Histoire

Contexte

La crise politique de 2002 trouve son origine dans la contestation des résultats de l'élection présidentielle de . Après que Marc Ravalomanana se fut déclaré président le , Didier Ratsiraka s'enfuit à Toamasina et, le , cinq des six gouverneurs provinciaux signèrent un accord pour maintenir le blocus d'Antananarivo, privant ainsi la capitale des importations de pétrole et de nourriture, et désignant Toamasina comme la nouvelle capitale du pays[3],[4].

Déroulement

Le , jour de déclaration publique d'indépendance de la province de Tamatave, un pont entre le port de Manakara et Fianarantsoa fut dynamité, alors qu'une mission de l'OUA post-accord de Dakar y était présente[2]. D'autres dynamitages furent perpétrés à la veille de la deuxième investiture de Marc Ravalomanana, visant les ponts de Behenjy et de Marovola, coupant tous les contacts routiers entre Antananarivo et les ports à hydrocarbures de la côte est.

Pour les sécessionnistes, le principal enjeu restait un pouvoir territorialisé avec la maîtrise de pôles économiques régionaux stratégiques[2]. Les positions séparatistes se situaient entre fédération et confédération.

Le , Ratsiraka et sa famille immédiate s'envolèrent pour Paris en France avec pour objectif déclaré d'y passer plusieurs jours avant la reprise des négociations[5]. Malgré ses protestations selon lesquelles il reviendrait bientôt dans le pays, le voyage de Ratsiraka joua sur le moral de ses partisans, et les troupes de Ravalomanana purent lever plusieurs barricades clés, rouvrant ainsi la capitale aux approvisionnements vitaux[3],[6]. Ratsiraka retourna à Madagascar le , mais la marée tournait rapidement contre lui[7]. Les États-Unis reconnurent le gouvernement de Ravalomanana le et lui donnèrent le contrôle des avoirs en devises de Madagascar détenus par la Réserve fédérale[8]. Le , la France emboîta le pas, et Ratsiraka fuit Madagascar pour les Seychelles le [9],[10]. Le , les forces de Ravalomanana entrèrent à Toamasina sans résistance, marquant la fin de la crise immédiate[3].

Les États-Unis reconnurent le gouvernement de Ravalomanana le , suivis par la France le [11],[12].

Le , Didier Ratsiraka fuit Madagascar pour les Seychelles et Toamasina est déclarée "ville ouverte". Le , les forces armées fidèles à Ravalomanana prennent le contrôle de Toamasina sans résistance. Le , la Confédération capitule officiellement, mettant fin à cette tentative de sécession qui aura duré quatre mois[3].

Politique et administration

Organisation

L’État sécessionniste instaura un régime de nature fédérale, dans lequel chaque province était placée sous l’autorité d’un Gouverneur élu, secondé par un Gouverneur militaire. La capitale de cette entité était établie à Toamasina. Par ailleurs, Léon Claude Raveloarison, nommé Gouverneur militaire d’Antananarivo — une province ne faisant pas partie de la confédération — présenta sa démission peu après sa désignation[13].

Financement

Didier Ratsiraka autorisa explicitement cette confédération à s'autofinancer via les recettes douanières des ports qu'elle contrôlait[2]. Les principales sources de revenus provenaient des ports de Toamasina, Mahajanga, Antsiranana et Toliara, qui assuraient l'essentiel du commerce extérieur malgache.

Le contrôle des ports stratégiques permettait aux sécessionnistes de percevoir des "péages" sur les marchandises transitant[2]. À Vohibinany, par exemple, les passagers et les produits passaient moyennant paiement, créant ainsi un système de financement parallèle pour la confédération.

Stratégies territoriales

La crise barragiste a rompu de part en part la continuité territoriale de Madagascar[2]. Les partisans de Ratsiraka ont développé une stratégie de protectionnisme territorial et portuaire, verrouillant les voies de communication principales et contrôlant les infrastructures stratégiques.

Le barrage de Vohibinany fut présenté comme une frontière politico-ethnique entre Antananarivo et les provinces, les Merina et les Côtiers[2]. Ce "barrage pétrolier" fonctionnait en blocus économique quasi imperméable, coupant le principal accès d'Antananarivo au pétrole débarqué et raffiné à Tamatave.

Dans le sud, les principaux barrages ratsirakistes se situaient au niveau des mines de saphir d'Ilakaka, sur l'axe goudronné Antananarivo-Tuléar[2]. Le port de Diégo-Suarez, avant tout militaire, représentait un autre atout maître pour les ratsirakistes dans cette logique de "border land portuaire".

Voir aussi

Références

  1. ↑ « Une province fait sécession », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
  2. Christiane Rafidinarivo Rakotolahy, « Stratégies territoriales de la crise malgache », Politique africaine, vol. 86, no 2,‎ , p. 138–151 (ISSN 0244-7827, DOI 10.3917/polaf.086.0138, lire en ligne, consulté le )
  3. Richard Cornwell, « Madagascar: Stumbling at the First Hurdle? », Africa Portal, no ISS Paper 68,‎ (lire en ligne).
  4. ↑ Richard Marcus, « Political Change in Madagascar: Populist democracy or neopatrimonialism by another name? », Institute for Security Studies, no ISS Paper 89,‎ , p. 5 (lire en ligne).
  5. ↑ « Embattled Ratsiraka arrives in France », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. ↑ « Key Madagascar blockade lifted », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. ↑ « Madagascar rival leader returns », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. ↑ Reuters, « U.S. Declares a Winner in Disputed Election in Madagascar », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le ).
  9. ↑ « France backs Ravalomanana », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. ↑ « Madagascar's former leader quits », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. ↑ Reuters, « U.S. Declares a Winner in Disputed Election in Madagascar », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le ).
  12. ↑ « France backs Ravalomanana », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. ↑ « Madagascar. Vous avez dit Gouvernorat ? », sur www.madagate.org (consulté le )
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