De Dion-Bouton GO
| Autocaisson De Dion-Bouton GO | ||||||||
Vue d'un auto-caisson type GO restauré, au salon Rétromobile 2014. | ||||||||
| Marque | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Années de production | 1915 - 1918 | |||||||
| Production | environ 250 à 270 exemplaire(s) | |||||||
| Classe | Caisson automobile | |||||||
| Moteur et transmission | ||||||||
| Énergie | Essence | |||||||
| Moteur(s) | De Dion-Bouton V8 | |||||||
| Position du moteur | sous capot | |||||||
| Cylindrée | 7 772 cm3 | |||||||
| Puissance maximale | 60 ch DIN | |||||||
| PTAC | 7 000 kg | |||||||
| Dimensions | ||||||||
| Longueur | 5 800 mm | |||||||
| Largeur | 2 000 mm | |||||||
| Hauteur | 2 400 mm | |||||||
| Empattement | 3 335 mm | |||||||
| Voies AV/AR | 1 600 mm / 1 600 mm | |||||||
| Chronologie des modèles | ||||||||
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L'autocaisson De Dion-Bouton GO[N 1] est un véhicule militaire blindé, non armé, conçu par l'entreprise française De Dion-Bouton pour transporter les munitions du canon de 75 monté sur l'autocanon modèle 1913.
Sorti début 1915 à partir des prototypes d'avant-guerre, il est produit en quantités à peu près équivalentes à celles des autocanons pendant et après la Première Guerre mondiale.
Historique
Prototypes et modèles précédents
En 1910, l'atelier de construction de Puteaux produit un premier canon automoteur sur châssis De Dion-Bouton six cylindres 25 HP. Il est essayé en lors des grandes manœuvres de Picardie et une automobile lui est adjointe pour « simuler » un véhicule transportant les obus[1]. En 1911, sort un modèle d'autocaisson[2], sur châssis De Dion six cylindres[3]. Il s'agit plus d'un démonstrateur qu'un véritable autocaisson : il transporte 60 obus dans une boîte métallique mais la boîte en bois placée derrière est factice[1].
Après d'autres modifications, donc l'ajout d'un blindage sur l'autocanon, le système de l'atelier de Puteaux est adopté sous le nom d'autocanon et d'autocaisson modèle 1913[N 1],[4],[2].
Les premiers autocanons, sur châssis De Dion-Bouton FZ, sortent en mais la sortie du modèle définitif d'autocaisson est plus lente. Les premiers autocanons modèle 1913 engagés au combat sont donc associés à un autocaisson sur châssis de camion De Dion-Bouton FR[N 2]. Onze (ou dix) de ces modèles sont produits, ainsi qu'un (ou deux) autocaissons sur châssis de camion/autobus De Dion-Bouton DV[N 2]. Début 1915 sont produits quatre ou cinq autocaissons sur châssis De Dion-Bouton GM (empattement long) à capot blindé[1].
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Le premier autocaisson « démonstrateur ». -
Un autocanon et son autocaisson sur châssis De Dion-Bouton DV[N 2], photographiés début 1915. -
Un autocaisson sur châssis De Dion-Bouton GM, vers 1915.
Production
Le modèle définitif d'autocaisson sur châssis De Dion-Bouton GO sort en [5].
La première série de production (150 autocanons et probablement autant d'autocaissons) se termine en . Une nouvelle commande de 100 autocanons est passée en , honorée après l'armistice[6] avec 70 nouveaux autocanons construits[7].
Conception

L'autocaisson De Dion-Bouton GO est un véhicule relativement grand[1], long de 5,48 à 5,80 m (selon les sources)[1],[8],[9], large de 2,0 m et haut de 2,4 m[9]. L'empattement est de 3,335 m[1] et la voie de 1,60 m[8],[9]. D'abord dotés de roues en bois à bandages, les châssis d'autocaissons reçoivent courant 1915 des roues en acier coulé et bandages[1]. Les dimensions des bandages sont 930 × 120 à l'avant et 920 × 130 jumelés à l'arrière[10].
Le moteur du De Dion-Bouton GO est le même que celui du De Dion-Bouton FZ, à savoir un De Dion-Bouton V8, huit cylindres en V 94 × 140 mm, de 35 CV (puissance réelle 60 ch)[5],[11]. Un blindage protège le moteur et le radiateur de l'autocaisson[12].
Les obus sont transportés à plat dans quatre caisses métalliques blindées de chacune 40 obus[9]. Le véhicule transporte également cinq servants et leurs sacs[10]. L'autocaisson, avec ses obus mais sans servants ni sacs, pèse environ 6,15 à 6,5 t, selon le type d'obus[8],[9]. Le poids total en ordre de marche est de 7,0 t[10].
Initialement, chaque autocaisson dispose d'un débouchoir à obus, placé à l'arrière de la caisse. L'adoption d'obus dotés de différentes types de fusée à partir de 1917 entraîne le montage de deux débouchoirs dédiés à l'arrière de l'autocaisson[6] : débouchoir mixte modèle 1897 modifié pour fusées 22/31, 22/31 A, 24/31 et 24/31 A et débouchoir modèle 1913 pour fusées 30/55[13].
Service
Dans l'Armée française
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Chaque autocanon dispose d'un autocaisson. Les autocanons sont regroupés deux par deux dans des sections d'autocanons, dont l'organisation est fixée en : les deux autocanons et les deux autocaissons sont accompagnés d'un véhicule d'allégement transportant les servants et le matériel restant, en théorie sur châssis De Dion-Bouton GM, en pratique un camion de n'importe quel type[11]. En 1918, l'organisation de la section de deux pièces est la suivante : deux autocanons, deux autocaissons, quatre camions, une camionnette, une voiture de tourisme, une motocyclette et une bicyclette[8].
Les véhicules sont initialement peint en « gris artillerie », couleur de base des canons français en 1914[1]. Ils reçoivent au front une peinture de camouflage pour empêcher leur repérage par les observateurs aériens allemands[6].
Avec les Alliés

À l'automne 1915, un unique autocaisson est livré à la Royal Naval Reserve britannique pour la accompagner les quatre autocanons livrés aux Britanniques[14].
Quatre autocanons et probablement autant d'autocaissons sont fournis à l'Armée belge et utilisés au nord du front. Enfin, à partir de 1917, les American Expeditionary Forces arrivées en France reçoivent également cinq autocanons et leurs autocaissons. Un autocanon sert pour l'instruction et les autres forment deux sections disposées en protection du front américain. Ces véhicules ne sont que prêtés à l'Armée américaine[6].
En 1919, des autocaissons sont fournis à la Pologne.
Notes et références
Notes
- L'orthographe d'époque est auto-caisson (et auto-canon), l'orthographe moderne est autocaisson (et autocanon).
- L'identification des premiers modèles d'autocaissons aux châssis De Dion-Bouton FR et DV est faite dans l'étude de Pierre-François Aujas mais est cependant notée comme « à confirmer » (Aujas 2019a).
Références
- Pierre-François Aujas, « L'autocanon antiaérien de 75 : 1re partie 1907-1915 », Histoire de guerre, blindés et matériel, no 129, , p. 13-21)
- Boniface et Jeudy 1996, p. 148.
- ↑ Boniface et Jeudy 1996, p. 27.
- ↑ Pierre Touzin, Les véhicules blindés français, 1900-1944, Paris, E.P.A., , 256 p. (ISBN 2-85120-094-1), « L'autocanon antiaérien », p. 214-216
- Boniface et Jeudy 1996, p. 150.
- Pierre-François Aujas, « L'autocanon antiaérien de 75 : 2e partie 1916-1918 », Histoire de guerre, blindés et matériel, no 130, , p. 11-22
- ↑ François Vauvillier, « Auto-canon de 75 CA modèle 1913 De Dion-Bouton », Histoire de guerre, blindés et matériel, no 100 « Tous les blindés de l'Armée française 1914-1940 », , p. 22
- Ministère de l'armement et des fabrications de guerre, Renseignements sur les matériels d'artillerie de tous calibres en service sur les champs de bataille des armées françaises, Paris, Imprimerie nationale, , 308 p. (BNF 43642957, lire en ligne), p. 65-68
- Ministère de la guerre 1929, p. 21-22.
- Pierre Boyer, De Dion-Bouton: de l'automobile à l'aéronautique, Rétroviseur, (ISBN 978-2-84078-025-0, lire en ligne), p. 156
- Boniface et Jeudy 1996, p. 149.
- ↑ Jacques Sicard, « L'artillerie antiaérienne et ses insignes », Militaria Magazine, no 144, , p. 51-58
- ↑ Ministère de la guerre 1929, p. 85-87.
- ↑ Boniface et Jeudy 1996, p. 152.
Bibliographie
- Notice sur les châssis De Dion-Bouton type FZ pour auto-canon de 75 et type GO pour auto-caisson de 75, Puteaux, Établissements De Dion-Bouton, 62 p. (lire en ligne).
- Ministère de la guerre, Règlement de manœuvre de l'artillerie, vol. V : Description et entretien des matériels et des munitions des canons de 75 anti-aériens, Paris, Imprimerie nationale, , 305 p. (BNF 33974867, lire en ligne).
- Jean-Michel Boniface et Jean-Gabriel Jeudy, Les camions de la victoire : le service automobile pendant la Grande guerre, 1914-1918, Paris, Massin, (ISBN 9782402439756, OCLC 963220189).
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