Fabio Casartelli
.jpg)
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 24 ans) Tarbes |
| Nationalité |
Fabio Casartelli, né le à Côme et mort le , est un coureur cycliste italien. Il meurt d'une chute de vélo lors de la 15e étape du Tour de France, dans la descente du col de Portet-d'Aspet en Haute-Garonne.
Biographie
Né en à Côme, en Lombardie, Fabio Casartelli grandit à quelques kilomètres de là, dans la commune d'Albese con Cassano, en compagnie de ses parents, Sergio et Rosa[1],[2]. Il est marié en à Annalisa, avec qui il a un fils, Marco, né trois mois avant sa mort[3].
Succès amateurs et titre olympique
En , Fabio Casartelli est sélectionné pour participer avec l'équipe italienne aux Jeux olympiques de Barcelone, alors réservés aux coureurs amateurs. Il remporte la médaille d'or de la course en ligne en devançant au sprint ses compagnons d'échappée, le Néerlandais Erik Dekker et le Letton Dainis Ozols[4]. Ce titre olympique lui permet de passer professionnel l'année suivante.
Carrière professionnelle
En , Fabio Casartelli signe son premier contrat professionnel avec l'équipe italienne Ariostea, dirigée par Giancarlo Ferretti[5] et qui compte notamment dans ses rangs Giorgio Furlan, vainqueur l'année précédente de la Flèche wallonne et du Tour de Suisse[6]. Casartelli obtient très rapidement sa première victoire : il s'impose le dans la 9e étape de la Semaine cycliste bergamasque[7]. Deux mois plus tard, il se distingue en se classant à trois reprises sur le podium d'une étape au Tour de Suisse, dont le classement général revient à son coéquipier Marco Saligari.
L'année suivante, Fabio Casartelli rejoint une autre équipe italienne, la formation ZG Mobili, dirigée par Domenico Cavallo[8], avec laquelle il participe à son premier Tour de France, où il abandonne dans la 7e étape entre Rennes et le Futuroscope[9]. Il rejoint pour la saison l'équipe Motorola.
Mort accidentelle

Le , lors de la 15e étape du Tour de France disputée entre Saint-Girons et Cauterets, il chute lourdement au kilomètre 34, dans la descente du col de Portet-d'Aspet. Alors qu'il ne portait pas de casque en raison de la chaleur, sa tête heurte un plot en béton qui borde la route. Héliporté par la gendarmerie vers le centre hospitalier de Tarbes, il souffre de graves traumatismes faciaux et est victime de trois arrêts cardiaques durant son transfert. Il meurt à la suite de ses blessures[3]. Son ancien coéquipier et compagnon de chambre chez Ariostea, Massimiliano Lelli, témoigne : « On avait affronté la montée du col à faible allure, Virenque était devant, parti chasser les points du Grand Prix de la montagne, dans la descente le rythme du peloton s'était accéléré, on dévalait en file indienne, j'étais quinze places derrière Fabio, quand je l'ai vu sur le sol, recroquevillé. Une vision effroyable. On a roulé, roulé sans rien savoir et puis, 20 km plus loin, Radio Tour nous a appris qu'il était mort... On s'est tous mis à pleurer, dans le peloton. Fabio, c'était un enfant comme nous[10] ». Fabio Casartelli est le quatrième coureur à perdre la vie durant le Tour de France après Adolphe Hélière en , Francisco Cepeda en et Tom Simpson en ; c'est le troisième[11] après un fait de course, Hélière étant mort d'une congestion durant le jour de repos à Nice[12],[13]. Selon le docteur Gérard Porte, le port du casque n'aurait probablement pas évité la mort de Casartelli[14].
Le lendemain, le peloton observe une minute de silence avant de prendre le départ d'une étape qui sera neutralisée par les coureurs. Tous les coéquipiers de Fabio Casartelli franchissent ensemble la ligne d'arrivée quelques mètres devant le peloton, à Pau. De même, Lance Armstrong, vainqueur quelques jours plus tard à Limoges, lève le doigt au ciel en hommage à son équipier.
- 42° 57′ 00″ N, 0° 49′ 07,7″ E (monument Vol de lumière)
- 42° 57′ 02,1″ N, 0° 49′ 04,4″ E (plaque commémorative sur le parapet)
En , un monument en marbre blanc est érigée non loin de l'endroit du drame. Intitulé Vol de lumière (Volo Di Luce), il est l'œuvre du sculpteur italien Bruno Luzzani[15],[16]. Il est de coutume que les coureurs du Tour de France respectent, en signe de recueillement et en mémoire de Fabio Casartelli, une minute de silence à cet endroit si la route du Tour emprunte le col de Portet-d'Aspet. Une plaque commémorative est également posée sur le parapet à l'endroit exact de l'accident.
On peut observer sa bicyclette dans l'état après sa chute dans la chapelle Madonna del Ghisallo, dédiée aux cyclistes et située dans la région où Casartelli est né et a grandi.
Palmarès
Résultats année par année
-
- Trofeo Sironi
- 6e étape du Tour du Costa Rica
-
- Monte Carlo-Alassio
- Gemeli Meda
- Coppa Casale
- Gran Premio Capodarco
- Trofeo Cesab
-
Champion olympique sur route- Monte Carlo-Alassio
- GP Diano Marina
- Coppa Cicogna
- Trophia de Mare
- Trofeo Zssdi
- 2e du Gran Premio Capodarco
-
- 9e étape de la Semaine cycliste bergamasque
Résultats sur les grands tours
Tour de France
- : abandon (7e étape)
- : chute mortelle dans la 15e étape (descente du col de Portet-d'Aspet)
Tour d'Italie
Hommages
Une course cyclosportive, « La Casartelli », est organisée chaque année au mois de septembre par l'association saint-gironnaise La Roue Libre, en collaboration avec la Fondazione Fabio Casartelli, pour perpétuer le souvenir du coureur italien[17]. Les communes de Saint-Girons et d'Albese con Cassano sont par ailleurs jumelées[18],[19].
Notes et références
- ↑ « Fondazione Fabio Casartelli », sur cyclosportive-la-casartelli.fr, Cyclosportive La Casartelli (version du sur Internet Archive).
- ↑ « Les parents de Fabio Casartelli sont repartis », La Dépêche du Midi, (consulté le ).
- Jean-Louis Le Touzet et Patrick Leroux, « Fabio Casartelli, -, chute fatale dans la descente du Portet d'Aspet », Libération, (version du sur Internet Archive).
- ↑ (en) « Cycling at the Barcelona Summer Games : Men's Road Race, Individual », sur sports-reference.com (version du sur Internet Archive).
- ↑ « Ariostea », sur siteducyclisme.com (consulté le ).
- ↑ « Giorgio Furlan », sur siteducyclisme.com (consulté le ).
- ↑ « Settimana Ciclistica Lombarda », sur siteducyclisme.com (consulté le ).
- ↑ « ZG Mobili - Selle Italia - Bottecchia », sur siteducyclisme.com (consulté le ).
- ↑ « Fabio Casartelli - Équipe ZG Mobili-Selle Italia (FRA) - Dossard 142 », L'historique du Tour - année , sur letour.fr, Société du Tour de France (version du sur Internet Archive).
- ↑ P. Br., « L'hommage à Casartelli », sur lequipe.fr, L'Équipe, .
- ↑ Christian-Louis Eclimont, Le Tour de France en 100 histoires extraordinaires, Paris, First, , 380 p. (ISBN 978-2-7540-5044-9), p. 309.
- ↑ Pierre Carrey, « Cepeda, Tonon, Hélière, la chute et la tombe », Libération, .
- ↑ Gautier Demouveaux, « Adolphe Hélière, premier coureur mort sur le Tour », Ouest-France, (consulté le ).
- ↑ « Un casque n'aurait sans doute rien changé », Aujourd'hui, no 15 823, , p. 3.
- ↑ Pierre Bonnet, « 25e Souvenir Fabio Casartelli, les inscriptions sont ouvertes », sur lecycle.fr, .
- ↑ « Stèle », sur cyclosportive-la-casartelli.fr, Cyclosportive La Casartelli [version en italien].
- ↑ « Mémorial Fabio Casartelli », sur ville-st-girons.fr, Ville de Saint-Girons, (version du sur Internet Archive).
- ↑ Jean-Paul Cazes, « Un final très émouvant », La Dépêche du Midi, (consulté le ).
- ↑ Jean-Paul Cazes, « Saint-Girons. Quel avenir pour la Fabio Casartelli ? », La Dépêche du Midi, (consulté le ).
Voir aussi
Bibliographie
- Jacques Augendre, Le Tour, Paris, Solar, coll. « Abécédaire insolite », , 427 p. (ISBN 978-2-263-05321-4 et 978-2-263-05600-0, lire en ligne).
Liens externes
- Ressources relatives au sport :
- (it) La fondation Casartelli.
- Bruno Masure (prés.) et Laurent-Frédéric Bollée, « Tour de France : l'accident de Fabio Casartelli », extrait du journal de 20 h de France 2 du [vidéo], sur ina.fr, Institut national de l'audiovisuel.
- Portail du cyclisme
- Portail de l’Italie