Famille du roi Arthur

Roi Arthur dans l'illustration de William Henry Margetson pour Légendes du roi Arthur et de ses chevaliers (1914)

La famille du roi Arthur, personnage légendaire, s'est agrandie au fil des siècles, au gré de la légende. Les différents auteurs n'hésitèrent pas à remodeler les liens entre ses différents membres, compliquant sa compréhension (l'exemple de Mordred, présenté plus bas, est flagrant). La plus ancienne tradition arthurienne galloise décrit Arthur comme doté d'un vaste réseau familial. Cette structure familiale complexe a été à la fois simplifiée et élargie dans les traditions communes des chroniques, romans et poèmes européens médiévaux, qui ont introduit de nouveaux personnages.

Tradition médiévale galloise

Uther serrant Ygraine après avoir tué son premier époux Gorlois.jpg

Uther Pendragon et Ygraine

Dans la tradition galloise arthurienne pré-Galfridienne, c'est-à-dire antérieure à l'époque de l'Historia Regum Britanniae (Histoire des rois de Bretagne) de Geoffroy de Monmouth au XIIe siècle, les sources galloises indiquent qu'Uther Pendragon était le père d'Arthur, et qu'il avait un frère (Madog (en)) et un neveu (Eliwlod (en))[1].

Les généalogies du Mostyn MS. 117 du XIIIe siècle affirment qu'Arthur est le fils d'Uthyr, le fils de Custennin (Constantin de Bretagne), le fils de Cynfawr, le fils de Tudwal, le fils de Morfawr, le fils d'Eudaf, le fils de Cadwr, le fils de Cynan, le fils de Caradog (en), le fils de Bran et le fils de Llŷr (en).

La Vita Iltuti et le Brut Dingestow (en) suggèrent que la propre mère d'Arthur s'appelait Eigyr[2].

Fratrie

Gauvain et son épouse, la « dame répugnante »

Arthur semble également avoir une sœur dans ce matériau gallois : Gwalchmei (Gauvain) fils de Gwyar est nommé comme son neveu dans Culhwch et Olwen, fils de sa sœur et cousine (il ne précise pas si Gwyar est son père ou la sœur d'Arthur par ailleurs inconnue). Culhwch et Olwen nomment le demi-frère d'Arthur comme étant Gormant, fils de la mère d'Arthur et de Ricca (en), le chef des anciens de Cornouailles. On constate un parallèle avec les histoires ultérieures de Gorlois, duc de Cornouailles[3].

Guenièvre de WH Margetson (1914)

Guenièvre

En ce qui concerne la propre famille d'Arthur, sa femme est systématiquement déclarée être Gwenhwyfar (Guenièvre), généralement la fille du roi Ogrfan Gawr (variante : « Gogrfan Gawr », « [G]Ogrfan le Géant »), et la sœur de Gwenhwyfach.

Famille éloignée

Culhwch et Olwen à la cour du père de ce dernier, Yspaddaden
Vitrail représentant saint Illtud.

Outre cette famille immédiate, Arthur aurait eu une grande variété de parents éloignés. Outre son neveu Gauvain évoqué plus, citons dont des tantes, des oncles et des cousins maternels, ainsi qu'un grand-père nommé Anlawd (ou Amlawdd) Wledig (« Prince Anlawd »). Anlawd est le lien commun entre Arthur et nombre de ces personnages. Ainsi, la parenté de cousins germains, implicite ou affirmée, entre Arthur, Culhwch (l'époux d'Olwen), Illtud et Goreu fab Custennin (en) repose sur le fait que toutes leurs mères étaient filles d'Anlawd. Anlawd semble finalement être une construction généalogique conçue pour permettre aux auteurs gallois médiévaux d'envisager de telles interrelations entre personnages[4]. Les oncles maternels d'Arthur à Culhwch et Olwen, dont Llygatrud Emys, Gwrbothu Hen, Gweir Gwrhyt Ennwir et Gweir Baladir Hir, semblent également provenir de cette parenté[5].

Dans le conte Gereint et Enid (équivalent gallois de l'Érec et Énide de Chrétien de Troyes), le roi reçoit la visite d'ambassadeurs qui déclarent : « Nous venons, Seigneur, [...] de Cornouailles ; nous sommes des ambassadeurs d’Erbin, fils de Custennin, ton oncle, et notre mission est auprès de toi. Il te salue comme un oncle salue son neveu, comme un vassal salue son seigneur ». Erbin est le père de Gereint (équivalent d'Érec, fils du roi Lac chez Chrétien), qui dans ce conte épouse Énide. Enfin, une des Triades galloises nous apprend que Gereint a un fils, Garwy, un des trois chevaliers de la cour du roi Arthur qui sont d'une grande courtoisie[6].

Littérature médiévale courante

Relativement peu de membres de la famille d'Arthur, présents dans les documents gallois, sont repris dans les œuvres de Geoffroy de Monmouth et des chroniqueurs qui s'en sont inspirés. Le grand-père d'Arthur, Anlawd Wledic, ainsi que ses oncles, tantes et cousins maternels, n'y apparaissent pas, pas plus que sa famille paternelle ni aucun de ses fils. Seul le noyau familial semble avoir effectué la transition dans la version influente de Geoffroy : l'épouse d'Arthur, Gwenhwyfar (devenue Guenièvre), son père, Uthyr (Uther), sa mère, Eigyr (Igerna), et son neveu, Gwalchmei (Gauvain).

Fratrie

Gareth supplie sa mère Morgause de le laisser servir le roi Arthur dans Tales from Tennyson (appelée ici reine Bellicent), 1902

Dans le récit de Monmouth, la place de la mère de Gwalchmei, Gwyar, a été prise par Anna, l'épouse de Loth, tandis que Modredus (Mordred) est devenu son deuxième fils (un statut qu'il n'avait pas en tant que Medraut dans le matériau gallois)[7].

Morgan la Fée de WH Margetson (1914)

Dans la branche du roman de chevalerie de cette tradition commune, Morgane devient la sœur d'Arthur, ce qui est précisé pour la première fois dans le roman Érec et Enide du trouvère français Chrétien de Troyes (XIIe siècle)[8]. En effet, le roi guérit Érec en faisant apporter un onguent fabriqué par sa sœur « Morgain » pouvant guérir toutes les plaies. Le même roman, dans le passage présentant le mariage des héros, décrit la fée comme l'amie de Guilemer, seigneur de l'île d'Avalon, lui-même frère de Graislemier de Fine Poterne. Dans Yvain ou le Chevalier au lion du même auteur, un ermite guérit la folie d'Yvain grâce à un onguent que « Morgue la sage » lui donna, en lui disant qu'il n'existe nulle démence qu'il ne puisse guérir. Chez cet écrivain, Morgane est donc présentée comme une fée guérissant les chevaliers de la Table ronde. Ce n'est que plus tard qu'elle sera présentée comme un personnage maléfique (voir le Lancelot en prose)[9].

L'autre sœur ou demi-sœur d'Arthur, connue sous plusieurs noms, dont Morgause et Morcade, une fille de Gorlois et d'Igerna (Igraine), a remplacé Anna dans les romans comme mère de Gauvain et de Mordred. Elle et Morgane peuvent également être rejointes par une troisième demi-sœur, aujourd'hui mieux connue sous le nom d'Élaine. S'appuyant sur des sources antérieures, Richard Carew (en) mentionne une autre sœur issue d'Igraine et d'Uther, nommée Amy[10]. Le nombre total de

Sir Keu montre l'épée mystique à Sir Ector, Howard Pyle, The Story of King Arthur and His Knights (1903)

sœurs ou demi-sœurs d'Arthur varie selon les différents romans, allant d'une à cinq (auquel cas l'une d'entre elles peut mourir prématurément)[11]. Leurs noms et leurs rôles varient également, tout comme leurs maris (le plus souvent les rois britanniques Lot, Urien et Nentres, pouvant être interchangeables)[a].

Une figure importante sans lien de sang réel avec Arthur est Ector, qui est présenté comme un père adoptif secret d'Arthur dans une grande partie de la tradition romanesque, avec le fils d'Ector, Keu (ou Kay), comme le frère adoptif du jeune Arthur.

Saint-Malo évêque guérit le seigneur Hoël

Famille éloignée

Chez Geoffroy de Monmouth, Uther se voit attribuer une nouvelle famille, comprenant deux frères et leur père[12].

Le roi légendaire d'Armorique (actuelle Bretagne) Hoël est présenté comme le fils de la sœur d'Arthur et de Dubricius[13]. C'est ce même Hoël qui est présenté comme le père d'Iseut aux blanches mains, l'épouse de Tristan, dans la légende de Tristan et Iseut.

« Sir Ewaine, chevalier de la fontaine », illustration de Howard Pyle tirée de The Story of Sir Launcelot and His Companions (1907)

Grâce aux sœurs, Arthur reçoit d'autres neveux (le plus souvent Gauvain, Agravain, Gaheris et Gareth par Morgause ; Galessin par Élaine ; et Yvain par Morgan ou la quatrième sœur), qui deviennent tous membres de la Table Ronde. Les romans de différents auteurs mentionnent ou présentent d'Arthur d'autres neveux et des petits-neveux. Chez Chrétien de Troyes[14], dans Cligès, Soredamor est la sœur de Gauvain ; elle épouse Alexandre fils de l’empereur de Grèce et de Constantinople, avec qui elle a un fils Cligès (présenté comme le neveu préféré d'Arthur), lequel épouse Fénice, fille de l'empereur d'Allemagne. Dans Yvain ou le Chevalier au lion de Chrétien de Troyes, Yvain est présenté comme le cousin de Calogrenant. De plus, le seigneur du château menacé par le géant Harpin de la Montagne se présente comme étant l'époux de la sœur germaine de Gauvain (avec laquelle il a eu une fille et des fils).

Adoubement de Lancelot du Lac. Miniature d'Évrard d'Espinques tirée du Lancelot en prose, BNF, Fr.116, 1475
Représentation imaginaire d'Ambrosius Aurelianus dans un ouvrage de Geoffroy de Monmouth, copie du XVe siècle.

Le poète allemand Wolfram von Eschenbach propose d'autres membres dans son Parzival[15]. Enfin, Lancelot est présenté comme étant le fils de la sœur anonyme d'Arthur dans Lanzelet d'Ulrich von Zatzikhoven (mais nulle part ailleurs).

Le chef de guerre romano-britannique historique Ambrosius Aurelianus (ou Emrys Wledig) est transformé en frère d'Uther dans la tradition de Geoffroy, qui fait dériver la lignée d'Arthur de l'empereur romain d'Occident autoproclamé Constantin II de Bretagne, qui est présenté dans cette version de la légende comme le grand-père d'Arthur. La chronique Brut Tysilio (en) fait également de Gorlois le père de Cador, qui est donc le demi-frère d'Arthur par Igraine[16] ; le fils de Cador, Constantin III de Bretagne, succède à Arthur comme haut roi de Bretagne dans l'Historia de Geoffroy.

Descendance

Bien qu'Arthur ait des fils dans les contes arthuriens anciens et tardifs, il lui est rarement accordé de générations supplémentaires significatives de descendants. Cela est dû, au moins en partie, à la mort généralement prématurée de ses fils. Wace, dans son Roman de Brut, présente Guenièvre en disant qu'elle et son mari ne purent avoir d'enfant[17]. Dans certains cas, notamment dans Le Morte d'Arthur[18] leur incapacité à produire un héritier légitime contribue à la chute d'Arthur. Voici quelques-uns de ses enfants :

Amr ou Amhar

Amr est le premier à être mentionné dans la littérature arthurienne. Il apparait dans l'Historia Brittonum, écrit entre le IXe siècle et le XIe siècle, peut-être par le moine gallois Nennius, dans le chapitre « Merveilles de la Grande-Bretagne »[19] :

« Il existe une autre merveille dans la région, appelée Ercing. Un tombeau se trouve près d'une source appelée Licat Amr ; l'homme qui y est enterré s'appelait Amr. Il était le fils du soldat Arthur, et Arthur lui-même l'a tué et enterré à cet endroit même. Des hommes viennent mesurer le tombeau et le trouvent parfois long de six pieds, parfois de neuf, parfois de douze, parfois de quinze. Quelle que soit la longueur que vous puissiez mesurer une fois, la seconde fois, vous ne constaterez pas qu'il ait la même longueur ; et j'ai moi-même vérifié cela. »

Ce lieu pourrait être situé à Wormelow Tump (en), dans le Herefordshire[20]. La raison pour laquelle Arthur a choisi ou a été contraint de tuer son fils n'est jamais clairement établie. La seule autre référence à apparaît dans le roman gallois post-galfridien Gereint ac Enid, où « Amhar, fils d'Arthur » est l'un des quatre chambellans d'Arthur[21] :

« Le lendemain, ils se levèrent et Arthur appela les domestiques qui gardaient sa couche. Il s'agissait de quatre pages, nommés Cadyrnerth, fils de Porthawr Gandwy, Ambreu, fils de Bedwor, Amhar, fils d'Arthur, et Goreu, fils de Custennin. Ces hommes s'approchèrent d'Arthur, le saluèrent et le revêtirent de ses vêtements. Arthur s'étonna que Gwenhwyvar ne se réveillât pas et ne bougeât pas dans son lit ; les domestiques voulurent la réveiller. « Ne la dérangez pas », dit Arthur, « car elle préfère dormir plutôt que d'aller à la chasse. » »

Gwydre

Gwydre est également malchanceux, étant abattu par le sanglier géant Twrch Trwyth dans Culhwch et Olwen, avec deux des oncles maternels d'Arthur. Aucune autre référence à Gwydre ou aux oncles d'Arthur n'a survécu[22],[23].

Kyduan

Culhwch et Bonedd yr Arwyr indiquent également qu'Arthur avait une sorte de relation avec Eleirch, fille de Iaen, avec laquelle il a eu un fils nommé Kyduan (Cydfan)[24].

Duran

Un autre fils, Duran, connu seulement par un texte gallois datant peut-être du XVe siècle, serait mort sur le champ de bataille de Camlann [25]:

Sanddef (en) [Bryd Angel] chasse le corbeau
du visage de Duran [fils d'Arthur].
Sa mère l'a élevé avec amour et tendresse.
Arthur [l'a chanté]

Llacheu

On en sait davantage sur Llacheu, le fils d'Arthur. Il est l'un des « Trois Hommes Bien dotés de l'Île de Bretagne », selon les Triades galloises, et il combat aux côtés de Cei dans le premier poème arthurien Pa gur yv y porthaur? (en) (Qui est le portier ?)[26].

Comme son père dans Y Gododdin, Llacheu apparaît dans la poésie galloise du XIIe siècle et plus tard comme un modèle de comparaison héroïque, et il semble également avoir été une figure du folklore topographique local[27]. Prises ensemble, il est généralement admis que toutes ces références indiquent que Llacheu était un personnage d'une importance considérable au début du cycle arthurien[28]. Néanmoins, Llacheu meurt également, le locuteur du poème pré-galfridien Ymddiddan Gwayddno Garanhir ac Gwyn fab Nudd se souvenant qu'il avait « été là où Llacheu a été tué / le fils d'Arthur, horrible dans les chansons / quand les corbeaux croassaient sur le sang »[29].

Lohot

Le fils d'Arthur nommé Lohot (ou Loholt) a été introduit dans Érec et Enide de Chrétien de Troyes[30], où il est listé parmi les chevaliers de la Table ronde, peu avant la nuit de noces des héros ; il est peut-être basé sur Llacheu[31].

Tom a Lincoln

Le roman d'amour du XVIe siècle Tom a'Lincoln (ou Tom a Lincoln) met en scène le héros éponyme, fils d'Angelica, la fille du lord-maire de Londres (comte de Londres). Au cours de ses aventures, il obtient deux fils de deux femmes différentes : le Chevalier des Fées avec la reine des fées Caelia et le Chevalier Noir avec Anglitora, fille du Prêtre Jean.

Arthur le Petit

La version post-Vulgate présente un fils illégitimes d'Arthur, Arthur le Mineur, qui survit aussi longtemps que Mordred mais reste farouchement fidèle à Arthur.

Il a pour mère l'épouse d'un chevalier. Selon une encyclopédie arthurienne du XVe siècle, publiée en 2024 sous le titre Les Chevaliers de la Table Ronde, il est petit, robuste, corpulent et bien proportionné, ses cheveux sont roux et frisés, son teint sanguin, sa barbe rousse et ses yeux très clairs. Du feu semble en jaillir lorsqu'il est en colère. Fort, puissant et particulièrement hardi, il accomplit vaillament ses exploits. Mais il délaisse l'amour, préférant les armes. Malgré ses nombreuses qualités, il est un peu trop fier. Ses armes sont de sable au sycomore d'or[32].

Mordred

Mordred, vu par Henry Justice Ford (1902).

Dans la tradition galloise primitive, Mordred (Medraut) n'était qu'un neveu d'Arthur, qui avait trois fils différents ; cependant, leurs histoires sont en grande partie perdues.

Il est une exception majeure à cette tradition des fils d'Arthur mourant sans enfants. Mordred, comme Amr, est tué par Arthur – à Camlann – selon Geoffroy de Monmouth et la tradition post-Galfridienne. Mais, contrairement aux autres, on lui attribue deux fils, tous deux soulevés contre le successeur et cousin d'Arthur, Constantin III, avec l'aide des Saxons. Cependant, dans l'Historia de Geoffroy (où les motifs du meurtre de Mordred et des fils de Mordred par Arthur apparaissent pour la première fois), Mordred n'était pas le fils d'Arthur[33].

Sa relation avec Arthur a été réinterprétée dans le Cycle de la Vulgate, car il est le résultat d'un inceste involontaire entre Arthur et une de ses sœurs[34]. Ce récit est conservé dans les romans ultérieurs, avec le motif d'Arthur sachant par Merlin que Mordred grandirait pour le tuer ; et ainsi, au moment du cycle post-Vulgate, Arthur a conçu un complot, à la manière d'Hérode, pour se débarrasser de tous les enfants nés le même jour que Mordred afin d'essayer de se sauver de ce sort[35].

L'identité de sa mère (et donc de la sœur d'Arthur correspondante) varie au gré des récits. Maints textes le présentent comme le fils de l'épouse du roi Lot (appelée tantôt Anna, Morgause ou Morcade, quand elle est nommée) : l'Historia regum Britanniae, Merlin de Robert de Boron, Le Morte d'Arthur de Thomas Malory, etc. Mais d'autres lui donnent pour mère la fée Morgane : le Merlin-Huth.

Les noms des fils de Mordred et leur ordre de naissance varient d'une œuvre à l'autre. Melehan ou Melian (peut-être le même que Melou du Brut de Layamon[36]) est présenté comme étant le cadet dans les cycles Lancelot-Graal (ou Vulgate) et post-Vulgate. Dans le roman portugais post-médiéval Memorial das Proezas da Segunda Távola Redonda (Mémorial des Actes de la Seconde Table Ronde), les fils de Morderete sont nommés Godifert et Dagobert et sont présentés comme les enfants à moitié saxons de la fille du duc de Saxe, Arnalda[37].

Archfedd

D'autres écrits ont élargi la famille immédiate d'Arthur. Sa fille Archfedd n'apparaît que dans une seule source galloise, le Bonedd y Saint du XIIIe siècle[38].

Hild

Une fille nommée Hild[e] est mentionnée dans la saga islandaise du XIIIe siècle Þiðreks (Thidrekssaga), tandis que la saga Möttuls (en) de la même période présente un fils d'Arthur du nom d'Aristes.

Melora

Melora (Mhelóra), l'héroïne du roman d'amour irlandais du XVIe siècle Les Aventures d'Orlando et Melora (Eachtra Mhelóra agus Orlando), se déguise en homme et devient le Chevalier au Surcot Bleu afin de sauver son amant Orlando du sortilège de Merlin.

Samson le Bel et Grega

Samson le Bel, issu d'une autre histoire nordique, Samsons saga fagra (en), est le fils d'Arthur qui a une sœur nommée Grega.

Adeluf III, Morgan le Noir et Patrike le Rous

Le Petit Brut de Rauf de Boun de 1309 mentionne le fils d'Arthur, Adeluf III, comme roi de Bretagne, mentionnant également les autres enfants d'Arthur, Morgan le Noir et Patrike le Rous (Patrick le Rouge) d'une reine des fées (en) anonyme[39]. Plus tard, un certain nombre d'œuvres modernes ont parfois donné à Arthur davantage de fils et de filles différents[40].

Après le Moyen Âge

Littérature

Jack le tueur de géants, conte populaire anglais, datant au moins du XVIIIe siècle[41], présente un fils anonyme d'Arthur, maître temporaire du héros : « Le fils du roi Arthur désirait seulement que son père lui fournisse une certaine somme d'argent afin d'aller chercher fortune dans la principauté de Galles, où vivait une belle dame dont il disait qu'elle était possédée par sept esprits maléfiques ; mais le roi, son père, le lui déconseilla, mais il ne voulut pas s'en détourner et finit par lui accorder ce qu'il demandait : un cheval chargé d'argent et un autre pour lui-même ». Une fois le charme rompu, le fils finit par épouser la dame[42].

Dans le Cycle d'Avalon (19832007), série créée par Marion Zimmer Bradley, plusieurs personnages arthuriens sont intégrés dans la famille d'Arthur. Ainsi, Viviane est devenue la sœur aînée d'Ygerne (et donc sa tante), fille de Merlin et mère de Lancelot et Balan.

Bande dessinée

Dans Furieuse, de Geoffroy Monde et Mathieu Burniat (2022), le roi a deux filles : Ysabelle l'héroïne et Maxine l'aînée.

Revendications de la lignée

Une supposée lignée directe du roi Arthur a été professée par certains monarques anglais, en particulier ceux d'origine galloise, parmi lesquels le roi Henri VII du XVe siècle (par Cadwaladr ap Cadwallon)[43], qui a même nommé son fils aîné d'après Arthur, et la reine Élisabeth Ire du XVIe siècle[44].

Dans les Highlands écossaises, la descendance du roi Arthur reste incluse dans les généalogies rivales des clans Arthur (MacArthur) et Campbell[45], dont les traditions impliquent le fils d'Arthur connu sous le nom de Merbis, Merevie, Smerbe, Smerevie ou Smereviemore (selon les Campbell, de son second mariage avec une princesse française nommée Élisabeth)[46],[47].

En Ibérie, les généalogies médiévales et modernes attribuaient Reine Baddo (en), épouse du roi wisigoth du VIe siècle Reccared I, comme une fille du roi Arthur[48].

Galeries

Arbres généalogiques d'Arthur

Nous le disions, la famille du roi varie beaucoup d'un auteur à l'autre, chacun s'amusant à ajouter de nouveaux membres ou modifier les liens de parentés. Il n'est donc pas étonnant que les arbres généalogiques proposés pour représenter sa famille soient aussi différents et ne mentionnent pas tous les membres.

Armorial de la famille d'Arthur

Notes et références

Notes

  1. Dans la Vulgate "Merlin", par exemple, la mère d'Arthur, Ygraine, « avait cinq filles, trois de son mari le duc et deux de son premier mari, dont l'une fut prise pour femme par le roi Lot, l'autre par le roi Neutres [c'est-à-dire Nentres], la troisième par le roi Urien, et Caradoc, qui était le père du roi Aguisant d'Écosse, la quatrième, décédée, tandis que la cinquième était à l'école à Logres ».
  2. Outre les personnages du cycle arthurien, il contient d'autres personnages de la matière de Bretagne (ex. Bradamante). Légende des différents liens entre les personnages : anneaux = mariage, symboles masculins et féminins entrelacés = relations coïtales, cœur fléché = attirance amoureuse et sablier = ancêtre lointain.

Références

  1. Thomas Green, Concepts of Arthur (Stroud: Tempus, 2007), pp.145–51; Patrick Sims-Williams, "The Early Welsh Arthurian Poems" in Rachel Bromwich, Alfred Owen Hughes Jarman and Brynley Francis Roberts (edd.) The Arthur of the Welsh (Cardiff: University of Wales Press, 1991), pp. 53-4.
  2. Rachel Bromwich and Daniel Simon Evans, Culhwch and Olwen. An Edition and Study of the Oldest Arthurian Tale (Cardiff: University of Wales Press, 1992), pp. 44-5.
  3. Parker, « Culhwch and Olwen Translation », Culhwch ac Olwen, (consulté le )
  4. Rachel Bromwich and Daniel Simon Evans, Culhwch and Olwen. An Edition and Study of the Oldest Arthurian Tale (Cardiff: University of Wales Press, 1992), pp.44-5.
  5. Ces oncles maternels sont nommés sur les lignes 251-2, 288-90: Rachel Bromwich and Daniel Simon Evans, Culhwch and Olwen. An Edition and Study of the Oldest Arthurian Tale (Cardiff: University of Wales Press, 1992).
  6. Triads of Britain, collectées par Iolo Morganwg (1823), traduit par William Probert, 119. (lire en ligne, en anglais).
  7. Brynley Francis Roberts, "Geoffrey of Monmouth, Historia Regum Britanniae and Brut Y Brenhinedd" in Rachel Bromwich, Alfred Owen Hughes Jarman and Brynley Francis Roberts (edd.) The Arthur of the Welsh (Cardiff: University of Wales Press, 1991), pp.98–116 at pp.112–3.
  8. Arthurian Romances trans. W. Kibler and C. W. Carroll (Harmondsworth, Penguin, 1991)
  9. Note de la traduction d'Érec et Enide par Jean-Marie Fritz pour Le Livre de Poche (1992), page 101.
  10. Richard Carew, The Survey of Cornwall and an Epistle concerning the Excellencies of the English Tongue, E. Law and J. Hewett, (lire en ligne), p. 78
  11. « Bibliographical bulletin of the International Arthurian Society », (consulté le )
  12. Geoffroy de Monmouth, Historia regum Britanniae, Livre 8, chap. I. (lire en ligne, en anglais).
  13. Geoffroy de Monmouth, Historia regum Britanniae, Livre 9, chap. II. (lire en ligne, en anglais).
  14. Joseph J. Duggan, The Romances of Chretien de Troyes, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-13370-7, lire en ligne), p. 56 à 58
  15. Arthur Groos et Norris J. Lacy, Perceval/Parzival: A Casebook, Routledge, (ISBN 978-1-136-51000-7, lire en ligne)
  16. Tyler R. Tichelaar, King Arthur's Children: A Study in Fiction and Tradition, Loving Healing Press, (ISBN 978-1-61599-066-5, lire en ligne)
  17. Wace, dans son Roman de Brut, lire en ligne en ancien français le tome II de la version publiée en 1830 par l'Université Rutgers, page 70.
  18. Karen Cherewatuk, Marriage, Adultery and Inheritance in Malory's Morte Darthur, vol. 67, Boydell & Brewer, (ISBN 9781843840893, JSTOR 10.7722/j.ctt81j5x)
  19. Nennius, Historia Brittonum, Wonders of Britain ; lire en ligne, en anglais, 73, deuxième paragraphe.
  20. Nicola Goodwin, « Places – Arthurian Connections », sur BBC Hereford & Worcester,
  21. Gwyn & Thomas Jones, Mabinogion, London, UK, Dent, , p. 231 ; lire en ligne la version de Charlotte Guest de 1877, en anglais.
  22. Rachel Bromwich and Daniel Simon Evans, Culhwch and Olwen. An Edition and Study of the Oldest Arthurian Tale (Cardiff: University of Wales Press, 1992), lignes 1116–1117 et note "on Gwydre".
  23. Gwyn & Thomas Jones, Mabinogion, London, UK, Dent, , p. 132, 134
  24. Thomas Green, Concepts of Arthur (Stroud: Tempus, 2007), pp.151–5; R. Bromwich and D. Simon Evans, Culhwch and Olwen. An Edition and Study of the Oldest Arthurian Tale (Cardiff: University of Wales Press, 1992), pp.76–7, 107-08 -- ces derniers notent que les fils de Iaen semblent avoir été parents d'Arthur du côté de leur père, et non du côté du père d'Arthur, c'est-à-dire qu'ils étaient les beaux-parents d'Arthur via leur sœur.
  25. J. Rowland, Early Welsh Saga Poetry: A study and edition of the Englynion, Cambridge, D.S. Brewer, , 250–251 p.
  26. R. Bromwich, Trioedd Ynys Prydein: the Welsh Triads (Cardiff: University of Wales, 1978), no. 4; Patrick Sims-Williams, "The Early Welsh Arthurian Poems" in Rachel Bromwich, Alfred Owen Hughes Jarman and Brynley Francis Roberts (edd.) The Arthur of the Welsh (Cardiff: University of Wales Press, 1991), p. 43.
  27. Oliver Padel (en), Arthur in Medieval Welsh Literature (Cardiff: University of Wales Press, 2000), pp.55–6, 99; Patrick Sims-Williams, "The Early Welsh Arthurian Poems" in Rachel Bromwich, Alfred Owen Hughes Jarman and Brynley Francis Roberts (edd.) The Arthur of the Welsh (Cardiff: University of Wales Press, 1991), p.44.
  28. Thomas Green, Concepts of Arthur (Stroud: Tempus, 2007), pp.168-9.
  29. Jon B. Coe et Simon Young, The Celtic Sources for the Arthurian Legend (Llanerch, 1995), p.125.
  30. (en) Lancelot of the Lake, Oxford University Press, (ISBN 9780192837936, lire en ligne Inscription nécessaire), 428
  31. Norris J. Lacy, Geoffrey Ashe et Debra N. Mancoff, The Arthurian Handbook: Second Edition, Routledge, (ISBN 978-1-317-77744-1, lire en ligne)
  32. Anonyme, Les Chevaliers de la Table Ronde, Paris, Seuil, édition d'Emanuele Arioli, (ISBN 978-2021569094)
  33. Geoffroy de Monmouth, Historia regum Britanniae, Livre 11, chap. 2-4. (lire en ligne, en anglais).
  34. Lancelot-Grail: The Old French Arthurian Vulgate and Post-Vulgate in Translation trans. N. J. Lacy (New York: Garland, 1992-1996).
  35. Voir Amy Varin, "Mordred, King Arthur's Son" in Folklore 90 (1979), pp.167–77 sur la naissance de Mordred, ses origines et la réaction d'Arthur à son rêve.
  36. Christopher W. Bruce (19 janvier 1999). The Arthurian Name Dictionary. Taylor & Francis. ISBN 9780815328650 – via Google Livres.
  37. Pedro Monteiro (16 décembre 2024). Ficção e memória na literatura cavaleiresca ibérica: O "Memorial das Proezas da Segunda Távola Redonda" (1567). Walter de Gruyter GmbH & Co KG. ISBN 978-3-11-143588-6.
  38. Tony Sullivan, The Battles of King Arthur - Tony Sullivan - Google Books, Pen and Sword History, (ISBN 9781399015318, lire en ligne)
  39. Arthur's Children in Le Petit Bruit and the Post-Vulgate Cycle by Ad Putter, University of Bristol.
  40. Un autre exemple est le protagoniste éponyme de la pièce de Henry Fielding de Tom Thumb. Dans le poème du XVIIIe siècle de Walter Scott Les Fiançailles de Triermain, Gyneth, fille d'Arthur issue de son histoire d'amour avec la reine demi-djinn Guendolen, est punie par Merlin pour sa vanité en étant plongée dans un sommeil magique pendant plusieurs siècles jusqu'à ce qu'elle soit retrouvée et réveillée par un baiser.
    Un conte de fées écossais inclus dans la compilation du XIXe siècle Popular Tales of the West Highlands (en) (Vol. III) met en scène le fils illégitime d'Arthur, Moroie Mor, qui est élevé par sa mère dans l'obscurité dans une forêt avant de devenir un grand chevalier.
  41. Iona & Peter Opie (1992) [1974]. The Classic Fairy Tales. Oxford University Press. ISBN 0-19-211559-6.
  42. Jack le tueur de géants, lire en ligne la version anonyme History of Jack and the giants (1800), en anglais.
  43. « The Tudor Connection to King Arthur • Sean Poage »,
  44. « Queen Elizabeth I », CHILDREN OF ARTHUR
  45. « Clans touch swords in battle to crown Arthur as their own », www.scotsman.com
  46. « Highland papers »,
  47. Mike Ashley, The Mammoth Book of King Arthur, Little, Brown Book Group, (ISBN 9781780333557, lire en ligne)
  48. Sirantoine, « Baddo, "Daughter of Arthur, King of England": Some Medieval Evidence of the Arthurian Filiation Attributed to a Sixth-Century Visigothic Queen », Viator, vol. 52, no 1,‎ , p. 137–170 (DOI 10.1484/J.VIATOR.5.130885, S2CID 249835361, lire en ligne Inscription nécessaire)

Bibliographie

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Voir aussi

Liens externes

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