Fleet Solid Support Ship Programme
Le programme FSSP (Fleet Solid Support Ship Programme)[1] a pour objectif de livrer jusqu’à trois navires de soutien logistique à la Royal Fleet Auxiliary britannique. Ces navires sont destinés au ravitaillement en mer de fournitures sèches, telles que des munitions, des pièces détachées et divers équipements, au profit des bâtiments de la Royal Navy. Ils doivent être déployés régulièrement avec le groupe aéronaval britannique, afin d’assurer l’approvisionnement des porte-avions de classe Queen Elizabeth et de leurs escorteurs. L’ensemble des trois navires devait initialement entrer en service entre 2028 et 2032[2]. Toutefois, le ministère de la Défense indique par la suite que le premier navire ne sera finalement opérationnel qu’en 2031[3].
Les navires sont proposés pour la première fois par le gouvernement britannique en 2015 dans le cadre de la Strategic Defence and Security Review. Dans la National Shipbuilding Strategy qui suit, le gouvernement exprime son intention de mettre les navires en appel d’offres international afin de renforcer la compétitivité des chantiers navals britanniques. Cette décision est critiquée par certains partis politiques et syndicats, qui y voient un risque de perte d’emplois et de compétences dans la construction navale au Royaume-Uni. À la suite d’une compétition lancée en 2018, le contrat pour les trois navires est attribué à Team Resolute. Le BMT Group (en) fournit la conception, tandis qu'Harland & Wolff et Navantia UK assurent la construction.
En décembre 2025, il est annoncé lors de la cérémonie de découpe de la tôle du premier des trois navires que celui-ci est nommé RFA Resurgent[4].
Contexte
En novembre 2015, le gouvernement britannique publie la Strategic Defence and Security Review, qui prévoit la construction de trois nouveaux navires de soutien logistique devant être livrés d’ici 2025[5]. Ces bâtiments doivent remplacer les navires de soutien de flotte des classes Fort Victoria et Fort Rosalie, devenus obsolètes. Un seul navire, le RFA Fort Victoria, est modernisé en 2017 et devient le seul bâtiment de ce type compatible avec les nouveaux porte-avions de classe Queen Elizabeth, tandis que les autres sont retirés du service[6]. Dans la National Shipbuilding Strategy publiée en 2017, le gouvernement indique que le contrat fera l’objet d’une compétition internationale, mettant en concurrence les entreprises britanniques et étrangères afin de renforcer la compétitivité[7]. Les navires sont également qualifiés de « navires non militaires », ce qui permet leur mise en appel d’offres international dans le cadre du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE)[8].
La stratégie du gouvernement est critiquée par les partis d’opposition et les syndicats, tels que le GMB et la Confederation of Shipbuilding and Engineering Unions, qui estiment qu’elle pourrait entraîner une perte de compétences et d’emplois dans la construction navale britannique. Ils soutiennent que les navires devraient être reclassés comme navires de guerre et donc exemptés du traité[7],[9],[10]. Sir John Parker, dont les recommandations ont servi de base à la National Shipbuilding Strategy, critique également cette approche, qu’il juge « pas la bonne stratégie », et recommande d’envisager des compétitions réservées uniquement aux entreprises britanniques pour les futurs navires financés par la défense[11].
Caractéristiques
Selon un avis de marché de mai 2018, les navires doivent disposer d’une capacité totale de chargement allant jusqu’à 7 000 m³, être capables de naviguer à une vitesse soutenue de 18 nœuds sans ravitaillement, et pouvoir transférer du matériel logistique non en vrac en marche à 12 nœuds, ainsi que des charges unitaires allant jusqu’à 5 tonnes[12]. Dans le cadre de Team Resolute, BMT assure la conception des navires. La dernière version du design prévoit une longueur de 216 mètres, trois postes de ravitaillement, une station de contrôle et de coordination du ravitaillement en mer (RASCO) située au centre du navire, ainsi que des capacités de manutention de conteneurs à l’avant. Les navires doivent atteindre une vitesse de 19 nœuds et offrir 9 000 m² d’espace de chargement pour les approvisionnements. Les hangars peuvent accueillir deux hélicoptères Merlin, avec des installations supplémentaires prévues pour des drones[13].
Notes et références
- ↑ « APPOINTMENT AS SENIOR RESPONSIBLE OWNER FOR THE FLEET SOLID SUPPORT PROGRAMME (FSSP) », GOV.UK, Ministry of Defence (consulté le )
- ↑ « 1,200 new UK jobs pledged as naval shipbuilding anticipates return to Belfast », GOV.UK, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Fleet Solid Support Ships: Procurement Ministry of Defence written question – answered on 27 June 2023 », They Work for you,
- ↑ (en-GB) Allison, « UK cuts steel on new support ship as RFA Resurgent is named », (consulté le )
- ↑ « National Security Strategy and Strategic Defence and Security Review 2015 », GOV.UK (consulté le )
- ↑ « RFA Fort Victoria modified to support the aircraft carriers », NavyLookout, (lire en ligne, consulté le )
- « National Shipbuilding Strategy: The Future of Naval Shipbuilding in the UK », gov.uk, UK Government (consulté le )
- ↑ « Government ‘hiding behind EU rules’ to offshore shipbuilding contracts say union », UK Defence Journal, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Andrew Chuter, « Britain to restart competition for fleet solid support ships, but who's allowed to bid? », DefenseNews, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Fleet Solid Support Ships », House of Commons Library
- ↑ Geoge Allison, « Government's own review backs campaign to build Fleet Solid Support Ships in UK », UK Defence Journal, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « United Kingdom-Bristol: Cargo ships 2018/S 092-209939 Contract notice Supplies », Ted Tenders Electronic Daily,
- ↑ « Ship building returns to Belfast: Harland & Wolff part of team selected as preferred bidders on new MoD contract », Belfast Telegraph, (lire en ligne, consulté le )
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