François Robert (1763-1826)

Pierre-François-Joseph Robert
Portrait de Robert, par Jean-Louis Laneuville
Fonctions
Sous-préfet de Rocroi
Député français
Biographie
Naissance
Décès
(à 63 ans)
Bruxelles
Nationalité
Activités
Conjoint

François Robert, né le à Gimnée dans la principauté de Liège (actuellement dans la province de Namur)[1] et mort le à Bruxelles aux Pays-Bas (actuellement en Belgique), est un juriste, un homme politique de la Révolution française, membre de la Convention, et un homme d'affaires.

Au côté de Nicolas de Condorcet (1743-1794), il est l'un des premiers à souhaiter l'instauration de la république en France[2]. En mai 1790, il épouse Louise-Félicité de Keralio, journaliste, qui est aussi une militante républicaine.

Co-fondateur du Club des cordeliers (juillet 1790), il devient en août 1792, après la chute de Louis XVI, secrétaire de Danton, nommé ministre de la Justice le 11 août, puis est élu député du département de la Seine à la Convention nationale (1792-1795). En janvier 1793, il vote la condamnation à mort de Louis XVI lors de son procès.

Devenu par la suite fournisseur aux armées, il est condamné à l'exil lors de la seconde Restauration (1815) en raison de son vote de 1793.

Biographie

Origines familiales

Il naît dans un territoire particulier du Saint-Empire romain germanique, la principauté épiscopale de Liège, enclavée à l'intérieur des Pays-Bas autrichiens, territoires féodaux (Brabant, Flandre, etc.) appartenant à la maison de Habsbourg de Vienne.

François est le fils de Jean-François Robert et de Catherine Douhomme.

Formation et débuts professionnels

Il fait des études de droit.

Il est successivement avocat et professeur de droit public à la Société philosophique[Laquelle ?].

Débuts de la Révolution française (1789-1792)

Période de l'Assemblée nationale contituante (1789-1791)

En juillet 1789, les états généraux réunis le 5 mai à Versailles deviennent l'Assemblée nationale constituante, qui lance une grande politique de réformes, instaurant notamment la liberté de la presse.

En 1790, François Robert fonde un journal intitulé Le Mercure national[3], qui défend l'idée républicaine. La même année, il publie un libelle, Le Républicanisme adapté à la France.

Membre de la Société des Amis de la Constitution, couramment appelée Club des jacobins, il fait partie en des fondateurs de la Société des Amis des droits de l’homme et du citoyen, le Club des cordeliers.

En avril 1791, il devient président du Club des cordeliers où, sous son influence[réf. nécessaire], les femmes y sont admises.

Au mois de , François Robert tente de fédérer les sociétés populaires au sein d’un comité central[réf. nécessaire]. Il est élu président de ce comité, mais les jacobins refusent de participer à cette opération.

Le , il rédige sur le Champ-de-Mars la pétition demandant la déchéance de Louis XVI, coupable d'avoir tenté de fuir le palais des Tuileries (20-21 juin 1791), avant d'être rattrapé à Varennes (département de la Meuse). Mais ce jour est ensuite marqué par la fusillade des manifestants par la garde nationale de Paris, commandée par La Fayette, et par une vague de répression contre les sans-culottes et leurs soutiens. Louis XVI est donc maintenu sur le trône.

Période de l'Assemblée nationale législative (octobre 1791-août 1792)

Le 1er octobre 1791, la constitution du royaume de France entre en vigueur en même temps que se réunit l'Assemblée nationale légilative, partagée entre les feuillants (modérés) et les girondins (issus du Club des jacobins).

Très vite, les girondins promeuvent une politique belliciste, qui est appuyée par les contre-révolutionnaires. Mais une partie importante des jacobins, notamment Robespierre, s'opposent à ce qu'ils considèrent comme une grave menace pour la révolution.

Durant l'hiver 1791-1792, François Robert s'engage lui aussi contre la politique belliciste de la Gironde.

Finalement, les girondins (Clavière, Roland) entrent dans le gouvernement en mars 1792. Le 20 avril, la guerre est déclarée par la France à l'Autriche, très vite rejointe par la Prusse. Les échecs des armées françaises entraînent une crise politico-militaire grave, marquée entre autrespar le massacre du général Dillon le 29 avril, la journée du 20 juin, par le manifeste de Brunswick du 25 juillet et par la déclaration de la Patrie en danger le 11 juillet.

À la fin du mois de juillet, les républicains s'engagent vers une nouvelle révolution. La date choisie finalement est le 10 août 1792.

Chute de Louis XVI (10 août 1792) et avènement de la république (22 septembre)

Durant la nuit du 9 au 10 août 1792, à la demande de Danton, François Robert représente à l'hôtel de ville de Paris la section du Théâtre français, section de Danton, Marat et des Cordeliers. Une commune insurrectionnelle est mise en place. Robert est élu vice-président de l'assemblée de commissaires.

Le , Danton est nommé ministre de la Justice et François Robert devient son premier secrétaire.

Élu à la Convention nationale le en tant que député de la Seine, il siège dans le groupe des montagnards.

Député à la Convention (1792-1795)

Débuts de la Convention (septembre 1792-janvier 1793)

À la fin du procès de Louis XVI, il vote contre l'appel au peuple, pour la mort, contre le sursis (demandé par les girondins). Louis XVI est donc exécuté le 21 janvier 1793.

Représentant aux armées (février-septembre 1793)

Par un décret du , il est nommé cinquième commissaire près de l'armée de Belgique et de Liège, les Pays-Bas autrichiens étant alors occupés par l'armée française à la suite de la victoire de Jemappes. Mais une vaste coalition se forme alors autour de l'Autriche et de la Prusse, et l'armée française est obligée de battre en retraite.

Robert s'installe donc d'abord à Bruxelles (capitale des Pays-Bas autrichiens), puis rejoint Lille pour organiser la défense du pays.

Retour à la Convention (septembre 1793-septembre 1795)

En , il est destitué de ses fonctions aux armées à la suite d'accusations d'accaparement et revient à Paris. Entretemps, les girondins ont été éliminés (journées du 31 mai et du 2 juin 1793 et le gouvernement est aux mains des montagnards (Robespierre, Saint-Just, etc.).

Il échappe cependant à la Terreur, contrairement à Condorcet (mort en prison le 29 mars 1794), à Danton et Desmoulins, exécutés le 5 avril.

Après la chute de Robespierre (27 juillet 1794/9 thermidor an II), Robert est envoyé par la Convention à Liège d'avril à juin 1795 afin de rétablir l'ordre (victorieuse sur tous les fronts en 1794, la France a en effet annexé les Pays-Bas autrichiens et la principauté de Liège).

Période du Directoire, du Consulat et du Premier Empire (1795-1814)

Il est fournisseur aux armées jusqu'en 1808.

Période des Cent-Jours (1815) et de la seconde Restauration

Lors des Cent-Jours (retour de Napoléon de l'île d'Elbe), François Robert est nommé sous-préfet de l'arrondissement de Rocroi.

Après la défaite de Waterloo et le retour de Louis XVIII sur le trône, Robert, député régicide, est condamné à l'exil 1815.

Il s'établit alors à Bruxelles comme marchand de liqueurs (les anciens Pays-Bas autrichiens faisant alors partie du royaume uni des Pays-Bas).

Mariage et descendance

Le 14 mai 1790, il épouse Louise-Félicité de Keralio (1756-1822), fille de Louis-Félix de Keralio (1731-1793), officier d'Ancien Régime et professeur à l'École militaire (1758-1778) et de Françoise Abeille (1727-1795), femme de lettres, fille de l'ingénieur Joseph Abeille (1673-1756).

Leur fille Adélaïde épouse le musicologue belge François-Joseph Fétis, à qui elle donne un fils, Édouard (1812-1909).

Mort et funérailles

François Robert et l'idée républicaine

Ses écrits sur la question

Le point de vue de l'historien belge Félix Rousseau

Félix Rousseau (1887-1981) a étudié dans Les Cahiers Wallons le parcours de François Robert.

Il attribue le fait qu'il ait précédé les autres Français dans la mise en avant de l'idée républicaine à la nature de l'État liégeois qui, contrairement aux autres principautés des Pays-Bas autrichiens, n'ayant pas de dynastie à sa tête, puisque son chef était un ecclésiastique, l'évêque de Liège, a pu saisir l'unité du corps politique en quelque sorte plus démocratiquement ou rationnellement[pas clair][4].

Publications

Hommages

Son portrait, peint en 1792 par Jean-Louis Laneuville (1756-1826), est exposé au musée du château de Versailles depuis 1835.

Notes et références

  1. ↑ La base Sycomore de l'Assemblée nationale indique « 1762 », mais cette version est minoritaire parmi les sources[réf. nécessaire].
  2. ↑ Claude Nicolet, L'Idée républicaine en France, Paris, Gallimard, collection « Tel », 1994, p. 400.
  3. ↑ Marcel Dorigny, « Le Mercure national et Révolutions de l'Europe. Bref aperçu historique », Archives et documents de la Société d'histoire et d'épistémologie des sciences du langage, Seconde série, n° 1, 1989. pp. 9-11, [www.persee.fr/doc/hel_0247-8897_1989_num_1_1_3413 en ligne] sur le site Persée.
  4. ↑ Félix Rousseau, L'Entre-Sambre-et-Meuse, terre d'avant-garde, in Les Cahiers Wallons, n°7, 1966

Voir aussi

Bibliographie

  • Joseph Henquin, « François Robert dit de Gimnée », dans : Études et recherches historiques du Colonel Henquin, Bruxelles, 1940.
  • A. Wayens, Les Débuts de François Robert de Gimnée à Paris et ceux de la Révolution à Givet, Waulsort (Belgique), 1991.
  • Félix Rousseau, « L'Entre-Sambre-et-Meuse, terre d'avant-garde », Les Cahiers Wallons, n° 7, 1966.
  • Hector Magotte, « Hubert Bonaventure Robert, prêtre et seigneur, monographie d'un ancien curé de Treignes (1755-1809)», Le Guetteur wallon, 47e année, n°2, 1971 [il s'agit d'un parent de François Robert]
  • « François Robert (1763-1826) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]

Liens externes

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