François Sébastien Christophe Laporte

François Sébastien Christophe Laporte
Fonctions
Député du Haut-Rhin
–
(1 an et 17 jours)
Gouvernement Assemblée législative
Député à la Convention nationale
–
(3 ans, 1 mois et 22 jours)
Biographie
Nom de naissance François Sébastien Christophe Delaporte
Date de naissance
Lieu de naissance Belfort (Province d'Alsace)
Date de décès (à 62 ans)
Lieu de décès Belfort (Haut-Rhin)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Gauche
Profession Homme de loi
députés du Haut-Rhin

François Sébastien Christophe Delaporte dit Laporte, né le 15 septembre 1760 à Belfort (généralité de Strasbourg, actuel Territoire de Belfort), mort le 25 mars 1823 dans la même ville[1], est un homme politique de la Révolution française.

Entre 1791 et 1795, il est député du Haut-Rhin à l'Assemblée nationale législative puis à la Convention nationale, où il vote la mort de Louis XVI, où il est représentant en mission dans les départements puis membre du Comité de sûreté générale et du Comité de Salut public.

Biographie

Sébastien Laporte est le dernier fils de Jean François de La Porte et de Marie-Anne Genty, il est le neveu de Joseph de La Porte.

Mandat à la Législative

La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, François Laporte, alors avoué au tribunal de Belfort, est élu député du département du Haut-Rhin, le cinquième sur sept, à l'Assemblée nationale législative[2].

Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. Le 8 août 1792, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette[3].

La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

Le 20 août, François Laporte est élu commissaire aux côtés de Jean-Jacques Bréard (député de Charente-Inférieure) et de François Lamarque (député de la Dordogne) auprès de l'armée du Rhin commandée par la général Luckner[4].

Mandat à la Convention

Le député Montagnard

En septembre 1792, François Laporte est réélu député du Haut-Rhin, le troisième sur cinq, à la Convention nationale[5].

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine. Le 13 avril 1793, il vote contre la mise en accusation de Jean-Paul Marat[6] :

Comme je ne connais pas l'art de juger un homme, quel qu'il soit, sans l'entendre ; comme je ne connais pas l'art tyrannique, de plonger dans les cachots pour étouffer la voix, je déclare que si je votais aujourd'hui pour le décret d'accusation contre Marat, je croirais avoir acquis le droit de demander demain une couronne civique pour Dumouriez. Non.

Le 28 mai, il est absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze[7].

Le représentant en mission

Le 23 décembre 1792, François Laporte est envoyé en mission aux côtés de Nicolas François Blaux (député de Moselle) dans les départements de la Meurthe, de la Moselle et du Bas-Rhin pour y accompagner Jean-Pierre Couturier (député de Moselle), Georges Frédéric Dentzel (député du Bas-Rhin) et Philippe Rühl (député du Bas-Rhin)[8].

Le 12 et le 30 avril, un décret du comité de Salut public nomme François Delaporte, aux côtés de Jean-Louis Deville (député de la Marne), Nicolas Hentz (député de la Moselle) et Jean-Baptiste Milhaud (député du Cantal), commissaires auprès de l'armée des Ardennes[9].

Le 12 juillet, il est envoyé, aux côtés de Jacques Reverchon (député de Saône-et-Loire), dans les départements de l'Ain, du Rhône-et-Loire et de Saône-et-Loire. Le 9 brumaire an II (30 octobre 1793), il est adjoint à ses collègues Antoine-Louis Albitte (député de Seine-Inférieure), Jean-Marie Collot d’Herbois (député de la Seine) et de Joseph Fouché (député de Loire-Inférieure) à Ville-Affranchie pour y faire appliquer les décrets contre l'insurrection fédéraliste. L'historien Michel Biard estime, dans son ouvrage Collot d'Herbois. Légendes noires et Révolution, que les quatre représentants partagent la même responsabilité et qu'ils « furent bien quatre à superviser les exécutions »[10].

Le 9 nivôse (le 29 décembre), il est envoyé aux côtés de Joseph Fouché et de Jean Nicolas Méaulle (député de Loire-Inférieure), dans les départements de la Loire et du Rhône afin d'y organiser le gouvernement révolutionnaire[11].

Le 3 floréal an II (le 22 avril 1794), il est envoyé auprès de l'armée des Alpes[12]. Le 15 prairial (3 juin), il est renouvelé dans ses fonctions aux côtés d'Antoine-Louis Albitte[13].

Le député Thermidorien

Après la chute de Robespierre, François Laporte adhère à la réaction thermidorienne[10] :

Là où Collot d’Herbois entrait dans l’Histoire comme un « boucher », Albitte et Fouché étaient peu inquiétés, tandis que Laporte opérait de salutaires revirements...

Le 1er vendémiaire an III (22 septembre 1794), il est élu secrétaire, aux côtés de Jean Pelet (député de la Lozère) et de Paul Lozeau (député de Charente-Inférieure), sous la présidence d'André Dumont (député de la Somme)[14]. Le 15 vendémiaire (6 octobre), il est élu membre du comité de Sûreté générale aux côtés de Pierre-Louis Bentabole (député du Bas-Rhin), de Jean-François Reubell (député du Haut-Rhin) et de Jacques Reverchon (député de Saône-et-Loire)[15]. Le 12 vendémiaire (3 octobre), François Laporte dénonce les comités de l'an II et les complices de Maximilien de Robespierre, avant que son collègue Louis Legendre (député de la Seine) dénonce nommément ses anciens membres, notamment Collot d'Herbois[16] :

Il existe dans Paris comme dans toutes les grandes villes, une caste d’hommes privilégiés qui se prétendent les patriotes exclusifs, et traitent d’aristocrates tous ceux qui n’ont pas obtenu d’eux des certificats de civisme dans leurs orgies (applaudissements).

Le 15 ventôse an III (le 5 mars 1795), François Laporte est élu membre, aux côtés de Jean-François Reubell (député du Haut-Rhin) et d'Emmanuel-Joseph Sieyès (député de la Sarthe), du comité de Salut public[17].

Sous le Directoire, le département du Haut-Rhin le place au Conseil des Cinq-Cents, en 1796, il donne sa démission pour se charger des fournitures de l'armée. À l'armée d'Italie, il se trouve mêlé à une affaire de détournement de fonds, mais parvient à se disculper[18].

Sous le Consulat et le Premier Empire, il n'exerce aucune fonction politique, il est avocat à Lure.

Au retour en France des Bourbon, il n'est pas inquiété en tant que régicide, il n'est pas exilé.

Sources

Notes et références

  1. ↑ Archives départementales du Territoire de Belfort, « État civil de Belfort, registre des décès de 1814 à 1831, vue 381 / 684, 1 E 10 D 19/1 - 36 » Accès libre, sur https://archives.territoiredebelfort.fr (consulté le )
  2. ↑ Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 34, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  3. ↑ Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 47, séance du 8 août 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr,
  4. ↑ Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 48, séance du 20 août 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  5. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  6. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  8. ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 1 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  9. ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 3 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  10. Michel Biard, « Collot d'Herbois. Légendes noires et Révolution » Accès libre, sur books.openedition.org, (consulté le )
  11. ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 9 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  12. ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 12 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  13. ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 14 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  14. ↑ Baron, Marie-Claude (1945-2002) et Brunel, Françoise (née en 1948), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 97, séance du soir du 1er vendémiaire an III (22 septembre 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  15. ↑ Brunel, Françoise (née 1948) et Monnier, Raymonde, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 98, séance du soir du 15 vendémiaire an III (6 octobre 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  16. ↑ Brunel, Françoise (née en 1948) et Monnier, Raymonde, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 98, séance du 12 vendémiaire an III (3 octobre 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  17. ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 20 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  18. ↑ Remarque : Pour Henri Bardy, en 1797, Sébastien Delaporte était membre des conseils des finances du Conseil des Cinq-Cents et non membre du conseil du Directoire, ni fournisseur de l'armée d'Italie. Cette accusation contre lui a été portée par des Royalistes après 1816 (Bardy, 1862, p. 492).

Voir aussi

Bibliographie

  • Alphonse Rabbe, Claude Vieilh de Boisjolin, François Georges de Sainte-Preuve (publié sous la direction de), « La Porte (Sébastien de) », dans Biographie universelle et portative des contemporains, ou, Dictionnaire historique des hommes vivants et des hommes morts depuis 1788 jusqu'à nos jours qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, t. 3, Paris, F.G. Levrault, (lire en ligne), p. 154
  • Henri Bardy, « Le conventionnel Sébastien Delaporte (né à Belfort le 15 septembre 1760, mort dans cette ville le 25 mars 1823) », Revue d'Alsace, t. 13,‎ , p. 332-339, 386-395, 486-494 (lire en ligne)
  • Yvette Baradel, « François Sébastien Christophe Delaporte (ou Laporte) », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 7, p. 606

Liens externes

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