Françoise Rosay

Françoise Rosay
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Françoise Rosay en 1951 (Studio Harcourt).
Nom de naissance Françoise Gilberte Bandy de Nalèche
Naissance
Paris (France)
Nationalité Française
Décès (à 82 ans)
Montgeron (France)
Profession Actrice

Françoise Rosay, est une actrice française, née le dans le 9e arrondissement de Paris[1] et morte le à Montgeron[2]. Sa carrière cinématographique s'étend sur plus de soixante ans, faisant d'elle un personnage légendaire dans le cinéma français.

Biographie

Enfance

Fille naturelle de Marie-Thérèse Chauvin, comédienne de théâtre connue sous le nom de Sylviac, et du comte Gilbert Bandy de Nalèche, frère d'Étienne Bandy de Nalèche, directeur du Journal des débats, tous deux fils du député creusois Louis Bandy de Nalèche, Françoise Rosay naît sous le nom d'état civil de Françoise Gilberte Chauvin le au 46 rue La Bruyère à Paris 9e[1]. Sa mère la reconnaît le [3] et son père ne la reconnaît que le [1], alors qu'elle est une actrice déjà très connue[4]. Elle prend alors le nom de Françoise Gilberte Bandy de Nalèche à l'état civil[1].

Élevée par sa grand-mère, elle annonce à sa mère, qui est comédienne, qu'elle veut être actrice ; celle-ci lui répond qu'elle est laide, dégingandée et lui prédit qu'elle sera incapable de se tenir sur une scène. Rien de tel pour forger la volonté de Françoise Rosay qui n'en projette pas moins de devenir cantatrice et, après le Conservatoire, travaille au théâtre et va même jouer en Russie à la veille de la guerre[5].

Françoise Rosay porta le même pseudonyme que sa mère, Sylviac, au début de sa carrière, jusque 1911[6]. Son nom d'actrice, « Rosay », est à relier avec le nom de la commune creusoise de Moutier-Rozeille, d'où était originaire sa famille paternelle.

Malgré des relations difficiles[7], la mère et la fille jouèrent à plusieurs reprises ensemble au théâtre, dans sa propre pièce Coiffeur pour dames à la Comédie-Royale en 1909[8] et au cinéma, dans Pension Mimosas.

Débuts au cinéma

Elle débute au cinéma à l'âge de vingt ans dans Falstaff, en 1911, et devient célèbre en jouant les « peaux de vache ». En 1917, elle gagne un prix au Conservatoire de Paris. Elle fait alors ses débuts au palais Garnier dans le rôle-titre de l'opéra Salammbô (1890) d'Ernest Reyer. Elle chante aussi dans Castor et Pollux, tragédie lyrique (1737) de Jean-Philippe Rameau et Thaïs (1894), opéra de Jules Massenet[5].

En 1917, elle rencontre son futur mari à l’opéra de Lyon, le cinéaste Jacques Feyder[5] avec qui elle se marie le [9]. Il la fait tourner dans ses principaux films: La Kermesse héroïque, Le Grand Jeu, Pension Mimosas, etc.

Les trois fils de Françoise Rosay et Jacques Feyder travaillèrent tous dans le cinéma : Marc Frédérix (1919-2004) fut décorateur. Paul Feyder (1922-1999) était réalisateur. Enfin, Bernard Farrel (1926-1999) a été auteur, scénariste, réalisateur et comédien.

Entre-deux guerres

Françoise Rosay en 1930.

Dans l'entre-deux guerres, et sous le régime nazi, elle se rend en Allemagne en 1934 et y tourne un film. Le , elle écrit à Fernand de Brinon pour lui faire attester qu'elle n'est pas juive[10].

Seconde Guerre mondiale

Volksempfaenger, « récepteur du peuple » cher à Goebbels.

De septembre à décembre 1939, elle s'adresse quatre fois à la radio aux femmes allemandes[11] (car elle avait connu les milieux dirigeants nazis en tant que comédienne et le pouvoir propagandiste de la radio nazie) et entre en Résistance[12],[13]. Le (extrait) : « Femmes, je vous adjure de réfléchir. Si vos yeux ne sont pas ouverts aujourd’hui, ils s’ouvriront bientôt. Nul ne peut arrêter la vérité. Elle arrivera jusqu’à vous malgré vos forteresses, malgré les murs de vos prisons, malgré les rigueurs de vos censures… Mais alors femmes allemandes, il sera trop tard. Vos fils seront morts, votre patrie morcelée ; il ne vous restera plus, comme en 1918, qu’à pleurer d’humiliation, à regretter votre aveuglement et à vous reprocher jusqu’au tombeau votre asservissement à des époux égarés. »[11] ; le (extrait) : « Femmes allemandes, je vous plains ; vous avez vécu, vous avez souffert, vous avez mis des enfants au monde en vain… car vous n’avez vécu que pour Hitler, vous souffrez par Hitler, le sort de vos enfants est entre les mains d’Hitler, et HITLER EST UN FOU! »[11] Deux ministres allemands lui répondent par voix radiophoniques[11]. Lorsque les chars allemands arriveront, elle fuira.

Au début de l'occupation allemande, elle entre dans un réseau tout en tournant dans quelques films. Fin 1942, lorsque les Allemands envahissent la zone libre, elle manque d'être arrêtée et parvient à s'enfuir en Tunisie et, de là, gagne Alger[5]. Elle séjourne ensuite à Londres, où on la voit dans différentes réunions de soutien à la France libre[14]. Durant l'année 1943, elle rejoint son mari en Suisse et donne des cours de théâtre au Conservatoire de Genève.

Après guerre

Elle joue en virtuose sur tous les registres, de l'émotion au drame, de la comédie de boulevard à la farce, elle tire des larmes comme elle déclenche les rires. Elle enchaîne les films, passe d'un chef-d'œuvre à l'autre, de Drôle de drame de Marcel Carné à Un carnet de bal de Julien Duvivier, de Macadam de Marcel Blistène à L'Auberge rouge de Claude Autant-Lara.

La mort de Feyder, en 1948, la laisse désemparée. Pour leurs trois fils, Marc, Paul et Bernard, elle trouve le courage de surmonter ce deuil, souffre énormément[15] et reprend sa carrière internationale (elle est parfaitement trilingue en français, anglais et allemand).

Françoise Rosay en 1956 (Studio Harcourt).

Déjà ébauché pour le personnage de Berthe dans Du rififi chez les femmes réalisé par Alex Joffé sorti en 1959, l'actrice endosse le rôle d'une dame âgée à la gouaille parigote et à l'autorité certaine, faisant partie de l'univers des malfrats et autres voleurs. Ainsi, en 1961, dans Le cave se rebiffe réalisé par Gilles Grangier, elle incarne le rôle de Mme Pauline, aux côtés de Jean Gabin et Bernard Blier, composant avec les dialogues savoureux de Michel Audiard ainsi qu'en 1965, dans La Métamorphose des cloportes de Pierre Granier-Deferre, donnant la réplique à Lino Ventura notamment, dans un personnage similaire. Audiard la fait jouer en tête d'affiche de sa première réalisation intitulée Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages en 1968, toujours dans un personnage de mammie autoritaire, appartenant au « milieu ».

Domiciliée à Paris, rue de l'Université, elle meurt le à Montgeron, à l'âge de 82 ans des suites d'une intervention chirurgicale, après une carrière de plus de 60 ans : « Je n'ai pas du tout envie de vivre centenaire, disait-elle, ce ne serait pas poli. » Elle est inhumée au cimetière de Sorel-Moussel dans l'Eure-et-Loir).

Francoise Rosay est faite chevalière de la Légion d’honneur le , au titre de l’industrie et du commerce français[16]. À la fin des années 1960, elle est devenue officière de la Légion d’honneur[17].

Famille

Arrière-arrière petite-fille du général et baron de l'Empire, Gilbert Bandy de Nalèche[18], Françoise Rosay est également la petite-fille de Louis Bandy de Nalèche qui reçut du pape Pie IX le titre de comte romain en 1861[19].

La tombe de la famille Triadou où est inhumée Françoise Rosay, au cimetière de Sorel-Moussel (Eure-et-Loir).

Filmographie

Cinéma

Télévision

Théâtre

Publications

  • Jacques Feyder et Françoise Rosay, Le Cinéma, notre métier, Éditions Pierre Cailler, Genève, 1946. (OCLC 2768592)
  • Françoise Rosay, La Traversée d'une vie, souvenirs recueillis par Colette Mars, Éditions Robert Laffont, collection Vécu, préface de Jean Anouilh, Paris, 1974. (OCLC 1449748)

Distinctions

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

  • Didier Griselain, Françoise Rosay : Une grande dame du cinéma français, 2007. (ISBN 2952787905)
  • Yvan Foucart, Dictionnaire des comédiens français disparus, Mormoiron, Éditions cinéma, 2008, 1185 p. (ISBN 9782953113907)

Liens externes

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