Géran
Géran, né à Soissons dans la deuxième moitié du IXe siècle et mort dans cette même ville, le , est un saint, religieux de l'abbaye de Soissons, élu évêque d'Auxerre au début du Xe siècle.
Biographie
Origines
Géran (La La France pontificale indiquait « ou plutôt Julien »[1]) naît à Soissons[1], dans la deuxième moitié du IXe siècle[2]. Il est le fils d'Otard et Give[1],[2]. Il est élevé par son oncle, Rodoin, évêque de Soissons[1],[2].
Carrière
Prévôt et archidiacre de Soissons, il est remarqué par le vicomte d'Auxerre, Rainard/Raynard ou Renard de Vergy[2]. Ce dernier le fait élire, avec l'accord du duc de Bourgogne, Richard, ainsi que l'archevêque de Sens, Gautier (Vaultier), « par le peuple, les nobles et le clergé », sur la chaire épiscopale, en 909[2], la Gallia Christiana indiquant le [3]. Son prédécesseur, Herfroy, est mort vers le [4]. Le roi concède une consécration a posteriori[2], qui se déroule le de l'année suivante, très probablement à Sens[3].
Cette consécration a lieu avant son entrée à Auxerre[3]. Il figure comme l'un des premiers évêques à être « porté » lors de son entrée[3],[2]. Dans un premier temps par des personnes pieuses[3], puis ensuite par quatre puissants seigneurs, les barons de Donzy, de Saint-Vérain, de Toucy et d'Auxerre[2].
Des tensions font leur apparition avec le vicomte d'Auxerre[2]. Ce dernier le vole et tend à prendre l'ascendance dans le domaine temporel[2]. Il s'empare notamment des possessions épiscopales de Châtel-Censoir, Entrains et Donzy[2].
En raison de ce contexte, il est autant homme d'Église qu'homme de guerre[2]. Il résiste, seul, aux incursions normandes, faisant lever, en 911, le siège d'Auxerre[2]. Il accompagne Richard II de Bourgogne, lors de la bataille de Chartres en 911 et fait lever le siège de la ville[2]. Il participe également à la pacification du Nivernais[2].
En conflit avec le vicomte Renard de Vergy, comte d'Auxerre, qui avait confisqué les terres ecclésiastiques de Gy et de Narçy[3], il prend la route de Soissons pour en obtenir du roi Charles la restitution[2].
Il meurt, peu après son arrivée, le [2]. Son corps est inhumé à Soissons même, par l'évêque de Soissons, Abbon.
Voir aussi
Bibliographie
- Paulin Blondel, Vie des saints du diocèse de Sens et Auxerre, Mosdier, (lire en ligne), p. 177-178.
- Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne., t. II : D.-K., Auxerre, Société généalogique de l'Yonne, .
- Honoré Fisquet, La France pontificale (Gallia Christiana), Métropole de Sens - Sens et Auxerre, Paris, E. Repos, (lire en ligne), p. 265-268.
- Jean Lebeuf, Mémoire concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre, vol. 2, , 569 p. (présentation en ligne), p. 43-44

- Michel Sot (sous la direction), Les gestes des évêques d'Auxerre, vol. 3, t. I, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Classiques de l’Histoire au Moyen Âge », , 400 p. (ISBN 978-2-25134-053-1), « Gerannus episcopus Autisiodorensis, Vita », p. 184-201.
Articles connexes
- Diocèse d'Auxerre
- Saint-Géran, navire de la Compagnie des Indes
Liens externes
- « Saint Géran (909-914) », sur le site auxerre.historique.free.fr.
Références
- Fisquet 1867, p. 265.
- Dugenne 1996, p. 543.
- Fisquet 1867, p. 266.
- ↑ Louis Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule, t. II : L'Aquitaine et les Lyonnaises, Paris, Fontemoing et Cie, , 2e éd., 488 p. (lire en ligne), p. 452.
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