Gitana 18
| Gitana 18 | |
| |
| Type | trimaran |
|---|---|
| Classe | Ultime |
| Fonction | course au large et circumnavigation |
| Gréement | sloop |
| Histoire | |
| Architecte | Guillaume Verdier, Benjamin Muyl, Gitana Team |
| Chantier naval | (CDK Technologies (d)) |
| Fabrication | fibre de carbone |
| Design | Guillaume Verdier, Gitana Team |
| Lancement | 14 février 2026 |
| Équipage | |
| Équipage | conçu pour du solitaire, adaptable en double ou en équipage |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 32 m |
| Maître-bau | 23 m |
| Tirant d'eau | 4,5 m |
| Tirant d'air | 38,4 m |
| Déplacement | 19,5 tonnes |
| Appendice | |
| Hauteur de mât | 33 m |
| Voilure | 630 m2 |
| Vitesse | > 45 nœuds |
| Carrière | |
| Propriétaire | Ariane de Rothschild[1], Gitana Team |
| Pavillon | |
| Port d'attache | Lorient |
| MMSI | 228302110 |
| Coût | ~18 millions €[1] |
Gitana 18 est un voilier trimaran de course au large de classe Ultime du Team Gitana, mis à l'eau le . Il vise à remplacer le Maxi Edmond de Rothschild (Gitana 17) mis à l'eau en 2017 arrivé au terme de son cycle d'exploitation et de développement, prévu initialement entre 5 et 8 ans selon l'évolution de la concurrence[2].
À l'instar de son prédécesseur, il est le seul de sa classe à être conçu par le cabinet Guillaume Verdier et ne partage aucun moule ni plan avec ses concurrents, tous en plans VPLP. Il s'inscrit dans la continuité du programme Gitana de la Fondation Edmond de Rothschild dirigé par Ariane de Rothschild.
Conception
Le bateau est dédié aux courses entre Ultimes, mais aussi à la chasse aux records dont celui du tour du monde à la voile, en solitaire comme en équipage[3].
Gitana 18 vise à être un bateau polyvalent, capable de naviguer en solitaire, en double, ou en équipage[4].
Il est conçu pour atteindre des vitesses supérieures à 45 nœuds et améliorer les performances de son prédécesseur dans des mers formées.
Architectes et Designers
Gitana 18 est le fruit d'une collaboration entre plusieurs acteurs de renom :
- Guillaume Verdier : architecte principal, connu pour ses innovations dans le domaine des trimarans volants.
- Benjamin Muyl[4] : architecte naval, impliqué dans le design team du défi français Orient Express pour la Coupe de l'America.
- le bureau d'études Gitana[5] : une équipe de huit personnes dirigée par Sébastien Sainson[4], fortement impliquée dans la conception.
Construction
Le bateau est construit en fibre de carbone aux chantiers CDK Technologies de Port-la-Forêt et de Lorient, en Bretagne. CDK a été choisi pour sa qualité de fabrication et notamment leur autoclave de très grande dimension permettant de réaliser les flotteurs en un seul morceau[6].
La construction débute en avec le drapage des premiers plis de carbone[7]. La mise à l’eau est effectuée le , après deux ans de construction avec l'objectif d'être prêt en novembre pour la Route du Rhum[8].
Il aura nécessité autour de 200 000 h de travail[1].
Caractéristiques
Après deux ans de construction en secret pur capitaliser sur l'avance prise avec Gitana 17, (50 000 h de conception et 200 000 h de chantier), les caractéristiques de Gitana 18 sont révélées partiellement à la presse le [1] :
- longueur : 32 mètres ;
- largeur : 23 mètres ;
- poids : 19,5 tonnes ;
- tirant d'air : 38,4 mètres ;
- surface de voilure maximum : 630 m2 ;
- six appendices (trois safrans, deux foils, une dérive).
Appendices
Les trois safrans de plus de quatre mètres de long sont conçus en U avec deux « jambes fixes » et un plan porteur horizontal[1]. La partie structurelle est fixe, des volets assurant la direction, leur contrôle nécessite moins d'efforts mécanique du pilote automatique, la moindre amplitude par rapport à un safran plein augmente également la vitesse de réaction.
Les deux foils, en Y escamotables et réglables, s'inspirent de ceux des monocoques AC75 de la Coupe de l'America, et sont fixés sur le pont du flotteur et non dans un puits à l'intérieur des coques[1]. En écartant de plusieurs mètres le point d'application de la force du foil par rapport à l'axe longitudinal, le moment de redressement est plus élevé que sur gitane 17, offrant plus de puissance.
Gréement
Le mât comporte un étage de barres de flèche articulées permettant de modifier la cambrure du mat, d'aplatir la grand-voile à grande vitesse pour moduler rapidement la surpuissance après la phase de décollage ou lors de rafales[1]. La puissance nécessaire pour ce contrôle est de l'ordre de 10 à 20 fois plus faible que celle nécessaire pour contrôler l'écoute de grand-voile, offrant une meilleure efficacité/rapidité de contrôle, particulièrement avantageuse en solitaire.
Réglages
Le bateau est équipé de 500 capteurs[9] faisant remonter les informations à un pilote automatique intelligent, Gitana 17 en utilisait 250. La fréquence d'acquisition des informations est passée de 10Hz sur Gitana 17 à 40 Hz sur Gitana 18[1]. Le volume de données quotidien correspondant à ces capteurs est passé de 216 millions sur Gitana 17 à 1 730 millions sur Gitana 18[10]. Une analyse plus fine des données est accompagnée par un contrôle plus fin des appendices[11],[12] et des réglages du gréement, le nombre de vérins hydrauliques est passé de 18 sur Gitana 17 à 44 sur Gitana 18[13], permettant de multiplier les possibilités de réglage. L'expérience accumulée de traitement en Deep Learning sur les données des années de navigation de Gitana 17, ne peut être appliquée directement à Gitana 18 et il faudra des mois de navigation avant de mettre au point et d'affiner les réglages plus précis, plus rapides et plus sophistiqués sur le nouveau bateau volant. L'échéance de la Route du Rhum 2026 est très proche pour ces premières mises au point.
Fiabilité et résilience
Charles Caudrelier estime que pour la génération de Gitana 17, un ultime qui part sur une transat, arrive avec un potentiel de vitesse amputé de 10%, ce déficit est de l'ordre de 30% sur un tour du monde de 40 jours, augmenter la fiabilité et limiter ce genre de perte est donc un gisement de gain de performance majeur[14],[15]. Thomas Coville attribue une grande partie du succès de record du Trophée Jules Verne 2026 au long processus de fiabilisation de son Sodebo Ultim 3,« le bateaux se rapprochant de leur potentiel maximum »[16], ce qui lui a permis d'arriver jusqu'à la dernière tempête Ingrid en étant à 100 % de son potentiel en foils, dérives, safrans et électronique[17]. La plus longue navigation pour les Classe Ultime date de 2026: le record d'Est en Ouest de Guirec Soudée, un terrain inexploré en terme de fiabilité pour ces bateaux, dimensionnés et optimisés pour des navigations d'une cinquantaine de jours[18].
Pilote automatique
Alors que les évolutions sur le gréement et les appendices offre des gains de performance de l'ordre du 10e de nœud d'une génération de bateaux volants à l'autre, les évolutions sur les pilotes automatiques[19] ont fait espérer un gisement de gain de performance de l'ordre de plusieurs nœuds en exploitant le potentiel de vitesse du bateau en vol sur une plus grande palette de conditions de vent et de mer[20]. Selon les règles actuelles de la Classe Ultime, le pilote automatique controle seulement les safrans. Le contrôle piloté des plans porteurs pour la stabilité longitudinale, latérale, l'assiette en vol, les phases de transitions décollage/retour en archimédien n'est pas (encore) autorisé en course, mais depuis la génération précédente, c'est une évolution qui est étudiée en simulation[21] et qui semble inéluctable dans la foulée de ce qui se fait dans l'aviation depuis des décennies, de ce qui se fait dans la navigation[22] avec les Class America[23] ou dans le transport maritime[24],[25]. Alors que les précédentes générations de pilote automatique se contentaient de corriger les écarts par rapport à la consigne ou aux objectifs de vitesse correspondant aux polaires, les nouveaux pilotes sont développés conjointement aux outils de simulation[26] et de modélisation pour réussir à anticiper les trajectoires pour garder une capacité à contrôler le bateau quand les conditions s'écartent de la mer plate et du vent stable. L'objectif étant de trouver les meilleurs compromis entre gain de performance et contraintes de sécurité. Alors que Gitana 17 volait sur moins d'un quart du tour du monde, l'objectif de la prochaine génération d'ultimes est d'augmenter cette proportion et de passer à des bateaux capables de voler presque en permanence, serait-ce au prix de nouveaux choix de routes plus longues, mais plus propices au vol, et finalement plus rapides comme l'illustre le record du trophée Jules Verne de Coville en 2026[source secondaire nécessaire].
Voir aussi
Articles connexes
- Gitana Team
- Gitana 17 prédécesseur lancé en 2017, renommé Actual Ultim 4 en 2025[27]
Classes de navires participant à des courses similaires :
Événements concernant Maxi Edmond de Rothschild et la Classe Ultime :
- Trophée Jules-Verne
- Transat Jacques-Vabre
- Route du Rhum
- Brest Atlantiques
- Arkéa Ultim Challenge
- Liste de courses à la voile
Records :
Liens externes
Notes et références
Notes
Références
- « Charles Caudrelier présente « Gitana 18 » : « La philosophie de ce bateau, c'est l'avenir » », sur lequipe.fr, (consulté le ).
- ↑ « "À chaque navigation, on pense à Gitana 18" : avant la Finistère Atlantique, Charles Caudrelier évoque son futur Ultim », sur France Bleu, (consulté le ).
- ↑ « Gitana 18, nouvel Ultim typé pour les grandes traversées et la vitesse annoncé pour 2025 », sur Bateaux.com, (consulté le ).
- « Gitana lance la construction d'un nouveau maxi-trimaran », sur Guillaume Verdier, (consulté le ).
- ↑ « Ultim. Le nouveau Gitana 18 « sera un couteau suisse » construit en Bretagne », sur Ouest-France, (consulté le ).
- ↑ « Comment le Gitana Team a décidé de construire un nouvel Ultim », sur Tip and Shaft, (consulté le ).
- ↑ « C’est officiel : pas de Transat Café L’Or pour Gitana 18, la mise à l’eau est reportée à décembre », sur voilesetvoiliers.ouest-france.fr, (consulté le ).
- ↑ « le Gitana 18, bateau de demain, mis à l'eau à Lorient », sur tv5monde.com, (consulté le ).
- ↑ « Gitana 18 : la quête du vol parfait sur les océans », sur spencer.club/, (consulté le )
- ↑ « Gitana 18 présenté », sur ultimboat.com, (consulté le )
- ↑ « Contrôle de tangage à l’aide des foils, cours de la sorbonne », sur asm.ida.upmc.fr (consulté le )
- ↑ « Pilotage automatique des bateaux volants 2020 », sur université Bretagne sud Lab-STICC - Laboratoire des sciences et techniques de l'information, de la communication et de la connaissance (consulté le )
- ↑ « Gitana 18 au scanner », sur sailorz.com, (consulté le )
- ↑ [vidéo] voiles et voiliers, « « Le plus original : les safrans » : les innovations du nouveau Gitana 18 », sur YouTube, (consulté le )
- ↑ « La classe Ultim et ses skippers saluent l’exceptionnelle performance de Sodebo 3 Ultim », sur voileetmoteur.com/, (consulté le )
- ↑ « Sodebo Ultim 3 a démontré une nouvelle fois la fiabilité des Ultim par tous les temps », sur scanvoile.com/, (consulté le )
- ↑ « Les quatre raisons du nouveau record de Thomas Coville et de son équipage sur le Trophée Jules-Verne », sur letelegramme.fr/, (consulté le )
- ↑ [vidéo] voiles et voiliers, « Visite technique de l'Ultim MACSF de Guirec Soudée après son tour du monde à l'envers en 94 jours », sur YouTube, (consulté le )
- ↑ « Pilote automatique Ultim, le Maxi Gitana 18 face aux défis du vol océanique », sur bateaux.com/, (consulté le )
- ↑ [vidéo] bateaux.com, « Développement des pilotes automatiques du Maxi Gitana 18 », sur YouTube, (consulté le ).
- ↑ « simulation numérique des foils, Laboratoire d’Hydrodynamique, Énergétique et Environnement Atmosphérique (LHEEA) de Centrale Nantes et du CNRS », sur ec-nantes.fr/, (consulté le )
- ↑ « Système de contrôle de vol pour foilers », sur austral-eng.com/, (consulté le )
- ↑ « Voler vers les géants du conteneur grâce au savoir-faire de l'America's Cup », sur yacht.de/, (consulté le )
- ↑ « 36th America’s Cup en 2021 : pilotage des foilers », sur ycf-club.fr/, (consulté le )
- ↑ « Piloter un catamaran électrique à foils », sur vplp.fr/, (consulté le )
- ↑ « Gitana 18 : Le pilote automatique intelligent : dompter l'instabilité à 40 nœuds, le pilote WDS », sur spencer.club/, (consulté le )
- ↑ « Gitana 17 devient Actual Ultim 4 : une nouvelle page avec Anthony Marchand pour le trimaran Ultim », sur Bateaux.com, (consulté le ).
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