Gouvernement Joly de Lotbinière
| Gouvernement Boucher de Boucherville I | Gouvernement Joly de Lotbinière | Gouvernement Chapleau | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| 3e législature | 4e législature | ||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 1877 | 1878 | 1879 | 1880 | ||||||||||||||||||||||||||||||||
| Premier ministre | Henri-Gustave Joly de Lotbinière |
|---|---|
| Élection | 1875, 1878 |
| Législature | 3e, 4e |
| Formation | |
| Fin | |
| Durée | 1 an, 7 mois et 23 jours |
| Parti politique | Parti libéral |
|---|---|
| Ministres | 6 |
| Femmes | 0 |
| Hommes | 6 |
| Assemblée législative (1875) |
|
|---|---|
| Assemblée législative (1878) |
|
Le mandat du gouvernement de Henri-Gustave Joly de Lotbinière, devenu premier ministre du Québec à la suite du « coup d'État » de Luc Letellier de Saint-Just, s'étend du au . Il est le premier chef du Parti libéral à gouverner la province et dirige le seul gouvernement minoritaire de l'histoire du Québec avant 2007.
Caractéristiques
Arrivé au pouvoir à la suite du « coup d'État » de Letellier de Saint-Just, Joly de Lotbinière est minoritaire en Chambre. Il déclenche des élections dont les résultats divisent l'Assemblée législative presque à égalité entre libéraux et conservateurs. Le premier ministre parvient à sauver son gouvernement grâce au conservateur indépendant Arthur Turcotte qui accepte la charge de président de l'Assemblée législative. En 1879, les libéraux remportent quatre élections partielles qui leur permettent de renforcer leur majorité mais, à l'automne de la même année, le chef conservateur, Joseph-Adolphe Chapleau, parvient à persuader cinq députés ministériels de changer de camp. Le gouvernement Joly de Lotbinière n'est alors plus qu'en sursis.
Le coup d'État de Letellier de Saint-Just
Le , le lieutenant-gouverneur Luc Letellier de Saint-Just destitue le premier ministre conservateur Charles-Eugène Boucher de Boucherville, invoquant un différend sur la politique ferroviaire et le non-respect de la prérogative vice-royale[1]. Il confie le pouvoir à Joly de Lotbinière, chef de l'opposition libérale, même si celui-ci ne dispose pas de la majorité à l'Assemblée. Les conservateurs dénoncent le geste comme un « coup d'État », tandis que certains libéraux fédéraux le jugent arbitraire en correspondance privée[2].
Les élections de 1878 et le gouvernement minoritaire
Les [[Élections générales québécoises de 1878|élections du ]] donnent un résultat serré : les conservateurs obtiennent 32 sièges contre 31 aux libéraux et 2 aux conservateurs indépendants. Joly réussit néanmoins à former un gouvernement minoritaire grâce à l'appui de deux conservateurs indépendants et à l'élection du conservateur indépendant Arthur Turcotte comme président de l'Assemblée législative[1]. Le gouvernement de Joly survit pendant dix-huit mois dans un équilibre précaire, affaibli par les manœuvres conservatrices et les contestations d'élections qui modifient la composition de la Chambre.
Le projet d'abolition du Conseil législatif
En 1878, le gouvernement Joly tente de faire abolir le Conseil législatif du Québec, dominé par les conservateurs, qui avait bloqué plusieurs projets de loi du gouvernement précédent et demeure hostile au gouvernement libéral. Le projet de loi est adopté par l'Assemblée législative mais rejeté par le Conseil législatif lui-même, à majorité conservatrice, qui refuse de voter sa propre disparition[1].
La chute du gouvernement
À Ottawa, le retour au pouvoir de John A. Macdonald en entraîne la destitution de Letellier de Saint-Just le et son remplacement par le conservateur Théodore Robitaille[3]. Le , cinq députés libéraux font défection et votent en faveur d'une motion de censure. Joly demande la dissolution de la Chambre, mais Robitaille refuse et invite Joseph-Adolphe Chapleau à former le gouvernement[3].
Chronologie
- : le lieutenant-gouverneur Luc Letellier de Saint-Just destitue le gouvernement Boucher de Boucherville[1].
- : assermentation du cabinet Joly de Lotbinière.
- : les conservateurs, majoritaires en Chambre, renversent le gouvernement par 34 voix contre 13. Joly de Lotbinière déclenche des élections générales pour le .
- : dissolution de la 3e législature[1].
- : 31 libéraux, 32 conservateurs et 2 conservateurs indépendants sont élus aux élections. Joly de Lotbinière décide de se maintenir au pouvoir[1].
- : première session de la 4e législature. Joly de Lotbinière fait élire le conservateur indépendant Arthur Turcotte comme président de l'Assemblée législative, réussissant ainsi à sauver son gouvernement.
- : les conservateurs de John A. Macdonald reprennent le pouvoir à Ottawa.
- : mort du trésorier Pierre Bachand. Les libéraux se retrouvent de nouveau minoritaires.
- : le libéral Honoré Mercier remporte l'élection partielle dans la circonscription de Saint-Hyacinthe.
- : début de la deuxième session de la 4e législature.
- : le gouvernement fédéral destitue le lieutenant-gouverneur Luc Letellier de Saint-Just qu'il remplace par Théodore Robitaille[3].
- : reprise de la session. Le Conseil législatif refuse de voter les subsides demandés par le gouvernement.
- : cinq députés libéraux font défection et votent en faveur d'une motion de censure. Joly demande la dissolution de la Chambre[3].
- : Robitaille refuse la dissolution et invite Joseph-Adolphe Chapleau à former le gouvernement[3].
- : Joly de Lotbinière remet sa démission ; Chapleau forme le nouveau cabinet conservateur.
Lois marquantes
- 1878 : projet de loi d'abolition du Conseil législatif du Québec, adopté par l'Assemblée législative sous le gouvernement Joly de Lotbinière, mais rejeté par le Conseil législatif lui-même, à majorité conservatrice, qui refuse de voter sa propre disparition[1].
Composition
Cabinet Joly de Lotbinière (1878-1879)
Le premier ministre cumule la fonction de commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics. À la suite de la mort de Pierre Bachand le , puis à la nomination du libéral Honoré Mercier au cabinet en 1879, plusieurs portefeuilles sont redistribués.
- Premier ministre et président du Conseil exécutif : Henri-Gustave Joly de Lotbinière
- Agriculture et travaux publics : Henri-Gustave Joly de Lotbinière
- Procureur général : David Alexander Ross
- Terres de la Couronne : François Langelier (1878-1879), Félix-Gabriel Marchand (1879)
- Secrétaire et registraire : Félix-Gabriel Marchand (1878-1879), Alexandre Chauveau (1879)
- Solliciteur général : Alexandre Chauveau (1878-1879), Honoré Mercier (1879)
- Trésorier : Pierre Bachand (1878), François Langelier (1879)
- Président du Conseil législatif : Henry Starnes[Note 1]
Notes et références
Notes
- ↑ Siège au Conseil législatif.
Références
- « Coup d'État de 1878 », sur Assemblée nationale du Québec (consulté le )
- ↑ « LETELLIER DE SAINT-JUST, LUC », sur Dictionnaire biographique du Canada (consulté le )
- « ROBITAILLE, THÉODORE », sur Dictionnaire biographique du Canada (consulté le )
Bibliographie
- Jacques Lacoursière, Histoire populaire du Québec, t. III, Septentrion, .
- Paul-André Linteau, René Durocher et Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain, t. I, Boréal Express, .
- Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec.
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