Gouvernement Boucher de Boucherville I

Gouvernement Ouimet Gouvernement Boucher de Boucherville I Gouvernement Joly de Lotbinière
2e législature 3e législature
1873 1874 1875 1876 1877 1878
Gouvernement Boucher de Boucherville I

Québec

Description de cette image, également commentée ci-après
Premier ministre Charles-Eugène Boucher de Boucherville
Élection 1871, 1875
Législature 2e, 3e
Formation
Fin
Durée 3 ans, 5 mois et 14 jours
Composition initiale
Parti politique Parti conservateur
Ministres 6
Femmes 0
Hommes 6
Représentation
Assemblée législative (1871)
46  /  65
Assemblée législative (1875)
43  /  65
Drapeau du Québec

Le mandat du gouvernement de Charles-Eugène Boucher de Boucherville, devenu premier ministre du Québec à la suite de la démission de son prédécesseur Gédéon Ouimet dans la foulée du scandale des Tanneries, s'étend du au . Membre du Conseil législatif proche de l'aile ultramontaine du Parti conservateur, il dirige le Québec depuis le Salon rouge. Son mandat est brutalement interrompu par le « coup d'État » du lieutenant-gouverneur Luc Letellier de Saint-Just, qui le destitue le . Par la suite, Boucher de Boucherville redeviendra premier ministre de 1891 à 1892 (voir Gouvernement Boucher de Boucherville II).

Caractéristiques

Charles-Eugène Boucher de Boucherville appartient à l'aile ultramontaine du Parti conservateur, qui préconise la subordination de l'État aux intérêts de l'Église. Dès le départ, il remplace presque tout le cabinet du gouvernement Ouimet, ne conservant que Joseph Gibb Robertson comme trésorier provincial. Lors de la session de , un comité d'enquête dominé par les conservateurs recommande l'annulation de l'échange de terrains au cœur du scandale des Tanneries, sans toutefois blâmer directement les ministres impliqués[1].

De Boucherville est réélu avec une solide majorité aux élections de 1875 (43 députés conservateurs, 19 libéraux et 3 conservateurs indépendants) et dirige le gouvernement depuis le Conseil législatif où il siège comme conseiller à vie[1].

L'abolition du ministère de l'Instruction publique

Boucherville soustrait l'éducation au contrôle de l'État en abolissant le ministère de l'Instruction publique en 1875 et en confiant le système scolaire à un surintendant soumis au Conseil de l'instruction publique, dominé par les évêques catholiques et des représentants protestants[2]. Gédéon Ouimet, ancien premier ministre, devient le premier surintendant de l'Instruction publique en [1]. Il faudra attendre les années 1960 pour voir un ré-engagement de l'État dans l'éducation.

Les chemins de fer et les difficultés financières

Du point de vue économique, le gouvernement de Boucherville n'hésite pas à étatiser le Québec, Montréal, Ottawa et Occidental (QMO&O) afin de construire le chemin de fer de la rive nord du Saint-Laurent, dont le projet est en veilleuse depuis vingt ans. La dépression économique des années 1870 contraint cependant le gouvernement à emprunter plus de 7 millions de dollars pour les chemins de fer, épuisant ses possibilités de crédit[1]. En , sous les pressions de Joseph-Adolphe Chapleau, le gouvernement modifie le trajet du QMO&O, Terrebonne étant préférée à Montréal comme terminus d'une des lignes.

La construction de l'Hôtel du Parlement

En , le gouvernement lance la construction de l'Hôtel du Parlement de Québec, dont les plans sont confiés à l'architecte Eugène-Étienne Taché. La première phase, soit les trois ailes administratives, s'achève en 1880[3].

Le coup d'État de Letellier de Saint-Just

À la fin de , Boucherville présente un projet de loi obligeant les municipalités situées le long du tracé ferroviaire à respecter leurs engagements financiers. Le lieutenant-gouverneur Luc Letellier de Saint-Just, nommé par le gouvernement libéral fédéral d'Alexander Mackenzie en 1876, juge que cette loi viole « les droits et la justice » et destitue Boucherville le sans consulter Ottawa[4]. Il confie le pouvoir au chef de l'opposition libérale, Henri-Gustave Joly de Lotbinière, bien que celui-ci ne dispose pas de la majorité à l'Assemblée. Les conservateurs dénoncent le geste comme un « coup d'État »[5]. Joly de Lotbinière forme un cabinet et fait dissoudre la législature le en vue des [[Élections générales québécoises de 1878|élections du ]][4].

Chronologie

Lois marquantes

  • 1875 : nouvelle loi électorale instaurant le scrutin secret et la tenue d'élections le même jour dans toutes les circonscriptions.
  • 1875 : Acte pour amender de nouveau la loi concernant l'instruction publique (39 Vict., ch. 15), abolissant le ministère de l'Instruction publique et rétablissant le poste de surintendant, tout en intégrant d'office les évêques catholiques au Conseil de l'instruction publique[2].
  • 1875 : Acte de rapatriement, incitant les Québécois émigrés aux États-Unis à revenir au Québec peupler de nouveaux secteurs.

Composition

Cabinet Boucher de Boucherville (1874-1876)

Boucherville cumule plusieurs portefeuilles en plus d'être premier ministre. Quatre ministres siègent au Conseil législatif plutôt qu'à l'Assemblée législative.

Cabinet Boucher de Boucherville (1876-1878)

En , à la suite de la démission de Robertson, Boucherville remanie presque entièrement son cabinet, y intégrant des conservateurs non liés à l'ultramontanisme dont Joseph-Adolphe Chapleau. Le ministère de l'Instruction publique ayant été aboli en 1875, son portefeuille disparaît du cabinet.

Notes et références

Notes

  1. Siège au Conseil législatif.

Références

  1. « BOUCHER DE BOUCHERVILLE, sir CHARLES », sur Dictionnaire biographique du Canada (consulté le )
  2. « Le Québec après la Confédération, 1867-1960 », sur Bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec (consulté le )
  3. « L'hôtel du Parlement », sur Par ici la démocratie (consulté le )
  4. « Coup d'État de 1878 », sur Assemblée nationale du Québec (consulté le )
  5. « LETELLIER DE SAINT-JUST, LUC », sur Dictionnaire biographique du Canada (consulté le )

Bibliographie

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