Gouvernement Lomer Gouin

Gouvernement Parent Gouvernement Gouin Gouvernement Taschereau
10e lég. 11e législature 12e législature 13e législature 14e législature 15e législature
1903 1904 1905 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921 1922
Gouvernement Lomer Gouin

Québec

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Premier ministre Lomer Gouin
Élection 1908, 1912, 1916, 1919
Législature 11e, 12e, 13e, 14e, 15e
Formation
Fin
Durée 15 ans, 3 mois et 16 jours
Composition initiale
Parti politique Parti libéral
Ministres 9
Femmes 0
Hommes 9
Représentation
Assemblée législative (1908)
58  /  74
Assemblée législative (1919)
74  /  81
Drapeau du Québec

Le mandat du gouvernement de Lomer Gouin, du Parti libéral, devenu premier ministre du Québec à la suite de la démission de son prédécesseur Simon-Napoléon Parent, s'étend du au . Avec ses 15 ans au pouvoir, Gouin dirige le plus long mandat de premier ministre du Québec à ce jour, marqué par la modernisation de l'éducation supérieure, une politique d'industrialisation encadrée, l'effort de guerre et la crise de la conscription.

Caractéristiques

Lomer Gouin n'est pas bien vu par le clergé au début de son mandat car, à l'époque de ses prédécesseurs Marchand et Parent, il n'avait pas caché qu'il désirait une réforme profonde en éducation. Il doit promettre de ne pas rétablir le ministère de l'Instruction publique pour être accepté[1].

La durée de son gouvernement (15 ans) fait contraste avec les gouvernements précédents dont le plus long n'avait duré que 6 ans. Il se démarque aussi de son prédécesseur par son indépendance vis-à-vis du grand frère fédéral. Il remet à la mode le principe de l'autonomie provinciale chère à Mercier et n'hésite pas à critiquer Ottawa lorsque les subsides fédéraux lui semblent trop bas.

Réforme partielle de l'éducation

Sa réforme en éducation n'est que partielle car elle se limite à la fondation des deux écoles techniques de Montréal et Québec et à celle de l'École des hautes études commerciales (HEC) à Montréal en 1907[1]. En 1920, juste avant son départ, le gouvernement Gouin fait adopter la loi créant l'Université de Montréal.

Industrialisation encadrée

Comme celui de Parent, le gouvernement Gouin mise sur l'industrialisation et le libéralisme, mais en y plaçant cependant certaines balises. Il ne vend plus les ressources hydrauliques mais les loue par bail. En 1910, il met l'embargo sur l'exportation de bois à pâte coupé sur les terres publiques : celui-ci doit désormais être transformé en pâte et papier au Québec avant d'être exporté. Cette mesure développe l'industrie des pâtes et papiers dans la province[1].

Le gouvernement Gouin est le premier à faire de la construction de routes pour les automobiles dans les campagnes l'une de ses priorités. Cette mesure encourage la colonisation, qui prend un nouveau départ.

Affaires linguistiques et autonomistes

Au , l'Assemblée législative vote la loi Lavergne sur l'emploi obligatoire de la langue française dans les services d'utilité publique. Lorsque le Règlement 17 annonce en 1912 la quasi-abolition du français dans les écoles de l'Ontario, Gouin réclame justice pour la minorité francophone ontarienne et demande l'abrogation du règlement.

La Première Guerre mondiale et la conscription

En 1914-1918, Gouin se prononce pour l'effort de guerre et l'enrôlement volontaire mais dénonce ouvertement la loi sur la conscription votée à Ottawa en 1917. La motion Francoeur, déposée le par Joseph-Napoléon Francoeur à l'Assemblée, est une menace à peine voilée concernant la séparation du Québec ; Gouin finit par en demander le retrait plutôt que de continuer dans cette voie. Du au , une émeute à Québec contre la conscription fait quatre morts lorsque l'armée tire sur les manifestants.

La transition vers Taschereau

Après la guerre, Gouin commence à préparer le terrain à sa démission. Il accorde plus de responsabilités à son successeur désigné, Louis-Alexandre Taschereau, et lui trace la voie en remportant une victoire écrasante aux élections générales de 1919 avec 70 % du vote populaire (un record inégalé dans l'histoire du Québec). Le , Gouin annonce sa démission ; Taschereau lui succède le lendemain[1].

Chronologie

Lois marquantes

  • 1905 : rétablissement du ministère de la Colonisation et création du ministère du Travail.
  • 1906 : reconnaissance légale des Caisses d'épargne et de crédit (Caisses Desjardins) par la loi provinciale sur les syndicats coopératifs.
  • 1907 : fondation des deux écoles techniques de Québec et Montréal et création de l'école des Hautes Études Commerciales.
  • 1910 : embargo sur l'exportation de bois à pâte coupé sur les terres publiques, devant être transformé en pâte et papier au Québec avant exportation.
  • 1910 : loi Lavergne sur l'emploi obligatoire de la langue française dans les services d'utilité publique.
  • 1919 : loi autorisant les enfants à fréquenter les salles de cinéma.
  • 1920 : loi créant l'Université de Montréal.

Composition

Cabinet Gouin (1905-1907)

Gouvernement Lomer Gouin vers 1905. À partir de la gauche, dans le sens horaire autour de la table : Jules Allard, Louis-Rodolphe Roy, Adélard Turgeon, W.A. Weir, Lomer Gouin, J.C. McCorkill, Auguste Tessier, Jean Prévost.

Conseil des ministres assermenté le  :

Plusieurs remaniements suivent :

Cabinet Gouin (1907-1910)

À la suite du remaniement du  :

Remaniements :

Cabinet Gouin (1910-1919)

À la suite du remaniement du  :

Nominations :

Cabinet Gouin (1919-1920)

À la suite du remaniement du  :

Notes et références

Notes

  1. Leader du gouvernement au Conseil législatif.
  2. Démissionne le pour devenir président de l'Assemblée législative jusqu'en 1906.
  3. Démissionne le pour devenir membre du Conseil législatif.
  4. Succède à Jérémie-Louis Décarie qui démissionne pour devenir juge.
  5. Succède à Jules Allard qui démissionne pour devenir protonotaire.

Références

  1. « GOUIN, sir LOMER », sur Dictionnaire biographique du Canada (consulté le )

Bibliographie

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