Guillaume Colletet

Guillaume Colletet
Fonction
Fauteuil 23 de l'Académie française
-
Biographie
Naissance
Décès
11 ou 19 février 1659
Paris
Activités
Enfant
Autres informations
Membre de

Guillaume Colletet est un poète et essayiste français, né et mort à Paris ( - 11[1] ou [2]). Appartenant au groupe littéraire des Illustres Bergers, il fait partie des premiers membres de l'Académie française.

Biographie

Dans sa jeunesse, il fait partie des Illustres Bergers, groupe de jeunes poètes libertins qui entourent Théophile de Viau ; il est l'auteur du sizain placé en tête du recueil du Parnasse satyrique et qui en dévoile le contenu :

Tout y chevauche, tout y fout,
L'on fout en ce livre par tout,
Afin que le lecteur n'en doute ;
Les odes foutent les sonnets,
Les lignes foutent les feuillets,
Les lettres mêmes s'entrefoutent !

Son fils François Colletet naît en 1628.

En 1629, faisant référence au vin de Suresnes, Guillaume Colletet écrit dans un poème[3] :

« Par le pied du vieux Silène
Bref, par tous les appas de ce vin de Surène. »

[pertinence contestée]

Avocat au Parlement et au Conseil, il fréquente l'Hôtel de Rambouillet et le parti des « barbares »[2]. Il a une bonne réputation en son temps et jouit de la protection de grands personnages, entre autres de Richelieu, dont il est quelquefois le collaborateur, et qui lui donne une fois 600 livres pour six mauvais vers. Il est un des premiers membres de l'Académie française, au fauteuil 23 ; il y entre avant le et y prononce le 18e discours, De l'imitation des anciens[2]. Admirateur de la Pléiade et surtout de Ronsard, il s'engage dans un travail d'histoire de la littérature, notamment par son ouvrage Vie des poëtes françois[4].

Il épouse successivement trois de ses servantes ; son inconduite[pas clair] le réduit à la misère.

On a de lui :

  • des poésies (tragédies, pastorales, etc.), parmi lesquelles on remarque le Banquet des poètes, 1646, et de nombreuses épigrammes ;
  • des traités assez estimés sur la poésie morale, le sonnet, l'églogue, réunis sous le titre d'Art poétique, 1658 ;
  • des traductions, entre autres, celles des Couches sacrées de la Vierge, de Jacopo Sannazaro (De partu Virginis), et de Scévole de Sainte-Marthe.

Très épris de sa dernière femme Claudine Le Hain, il tente de la faire passer aussi pour poétesse, et compose des écrits signés d'elle. Se sentant mourir, il lui rédige une dernière pièce où elle déclare vouloir renoncer à la poésie avec la mort de son époux. Personne n'est dupe, et surtout pas Jean de La Fontaine, qui rime une épigramme à ce sujet.

Vies des poëtes françois

Guillaume Colletet a composé tout au long de sa vie un ouvrage intitulé Vies des poëtes françois par ordre chronologique depuis 1209 jusqu'en 1647 dont le manuscrit, recueil autographe constitué de cinq volumes in-quarto, disparaît dans l'incendie de la Bibliothèque du Louvre, dans la nuit du 23 au 24 mai 1871[5]. Grâce aux travaux de recherche de Léopold Pannier et la publication de son Essai de restitution du manuscrit de Guillaume Colletet[5],[6], nous en connaissons partiellement le contenu.

L'intérêt principal de l'ouvrage réside dans les renseignements rassemblés sur de nombreux contemporains. Malgré l'intérêt suscité par son œuvre, quoiqu'inachevée, personne ne l'a jamais éditée. Léopold Pannier écrit, par exemple, qu'en 1730, le libraire Gabriel Martin a obtenu le privilège pour l'impression mais que l'entreprise n'a pas été achevée[5]. Fort heureusement, le manuscrit a été largement consulté, copié et reproduit notamment au début de certaines nouvelles éditions de poètes. De plus, une copie partielle manuscrite dans laquelle les noms sont rangés par ordre alphabétique, copie probablement du fait de François Colletet[5], a permis de sauver partiellement le contenu de l'ouvrage.

Le nombre de notices que contenait le manuscrit reste incertain. On sait que Colletet n'a pas eu le temps de rédiger des notices sur les plus illustres de ses contemporains tels que Malherbe ou d'Aubigné - mais qu'il y a ajouté sa propre autobiographie[4]. L'article de Léopold Pannier, réédité indépendamment en 1872[7], liste l'ensemble des « Vies publiées, copiées ou analysées » en mentionnant chacune de ses sources. Une deuxième liste fait état des « Vies » non conservées. L'appel lancé par Léopold Pannier, à la fin de son article, a toutefois permis de retrouver d'autres copies manuscrites. C'est le cas notamment de la Vie de François Perrin, publiée par Anatole de Charmasse en 1887.

Œuvres

Éditions posthumes

  • Léopold Pannier, Le manuscrit des Vies des poètes françois de Guillaume Colletet, brûlé dans l'incendie de la Bibliothèque du Louvre. Essai de restitution, Franck, 1872.
  • Guillaume Colletet, Ode sur l'alliance des deux illustres maisons de Béthune et de Séguier, Hachette Livre BNF, , 38 p., éd. 1640 (ISBN 978-2019183943)
  • Guillaume Colletet. Cyminde ou les deux victimes (1642). Seule pièce de théâtre à auteur unique du poète, Éditée et commentée par Bernard J. Bourque, Tübingen, Narr Franco Attempto Verlag, 2022.

Hommage

Plaque du square Guillaume-Colletet.

Un square porte son nom à Villepreux (Yvelines). Guillaume Colletet y possédait un petit domaine, dans le hameau du Val-Joyeux[8]. Le square est inauguré en 2000, en présence de Pierre Rosenberg, également titulaire du fauteuil no 23 de l'Académie française.

Notes et références

  1. BNF, « Colletet, Guillaume (1598-1659) »
  2. « Guillaume COLLETET | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le )
  3. René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 410-422.
  4. Gilles Banderier, « Note biographique sur Guillaume Colletet », Revue belge de Philologie et d'Histoire, vol. 80, no 3,‎ , p. 945–958 (lire en ligne, consulté le )
  5. Léopold Pannier, « Essai de restitution du manuscrit de Guillaume Colletet », sur Gallica, Revue Critique d'histoire et de littérature, (consulté le ), p. 324-338
  6. Paul Bonnefon, « Contribution à un essai de restitution du manuscrit de Guillaume Colletet, intitulé "Vies des poètes françois" », Revue d'Histoire littéraire de la France, vol. 2, no 1,‎ , p. 59–77 (ISSN 0035-2411, lire en ligne, consulté le )
  7. Léopold Pannier, Le Manuscrit des Vies des poètes françois de Guillaume Colletet, brûlé dans l'incendie de la Bibliothèque du Louvre. Essai de restitution., Paris, Françk, (lire en ligne)
  8. Antoine Adam, Histoire de la littérature française au XVIIe, volume 1, 1997, p. 349-352.

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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