Josefina Amalia Villa

| Naissance | León |
|---|---|
| Décès |
(à 87 ans) Madrid |
| Nationalité | |
| Allégeance | |
| Activité |
| Parti politique |
Parti Communiste d'Espagne |
|---|---|
| Idéologie | |
| Conflit | |
| Lieux de détention |
Josefina Amalia Villa López (León, - Madrid, ) est une militante du Parti communiste d'Espagne, infirmière pendant la guerre civile espagnole et détenue politique sous la dictature franquiste. Son témoignage a été essentiel pour la connaissance des prisons franquistes.
Biographie
Josefina Amalia Villa était la fille d'un fonctionnaire du Ministère du Travail originaire des Asturies et né au Mexique. Elle a étudié la philosophie et la littérature à l'Université de Salamanque, où elle a adhéré à la Fédération universitaire scolaire (FUE)[1]. Lorsque la guerre a éclaté elle se trouvait à Madrid où elle était venue passer un mois. Son frère Rafael était dans l'équipe de natation de Salamanque et allait participer aux Olympiades populaires de Barcelone, mais devant la nouvelle situation s'est engagé.
Josefina a exercé comme infirmière, passant une partie de la guerre à Murcie, mais à la fin de la guerre a rejoint Madrid. Elle a réussi à arriver chez des amis de son frère, où elle a été arrêtée, suite à la délation d'un phalangiste, le , et accusée de collaborer avec la République. Le elle a été incarcérée à la prison pour femmes de Ventas. Lors de son arrestation, à la Direction générale de sécurité, elle a été torturée et a eu les tympans perforés[2]. C'est là qu'elle a connu Matilde Landa. Le soir, toutes les deux ont été interrogées par le commissaire Jesús Cabezas. Josefina Villa, lorsqu'elle a appris qui était Landa, a pensé qu'elle allait être exécutée sur-le-champ. Son témoignage et celui d'autres prisonnières ont permis de relater le travail en faveur des détenues réalisé par Landa dans la prison[3],[4].
Cette première fois, Josefina a été arrêtée pour ses antécédents dans le Groupement professionnel de lycéens et la FUE à l'Université. Elle avait eu un affrontement à Salamanque avec le phalangiste Alonso Cardona, qui a suivi sa piste et a ordonné son arrestation en 1939[2]. Elle a été remise en liberté le .
Dans la prison de Ventas elle s'est retrouvée au département des mineures avec Martina Barroso, Ana López Gallego et Victoria Muñoz, qui faisaient partie d'une groupe de femmes connues plus tard comme les Treize Roses. Son témoignage a servi pour reconstituer leurs dernières heures.
Josefina a été mise en liberté provisoire grâce aux influences de relations de son père. Mais le elle a été appelée en conseil de guerre et arrêtée de nouveau à la Direction générale de sécurité. Au bout de deux jours, elle a été transférée à la prison de Ventas, d'où elle est sortie le , devenue alors contact du Parti communiste d'Espagne. Le elle a été arrêtée une troisième fois et cette fois-ci n'en est sortie qu'en 1950.
Elle a été la compagne de Heriberto Quiñones, a qui elle a rendu visite en prison jusqu'à son arrestation deux jours avant le conseil de guerre (Court martiale ?) de Quiñones, qui fut exécuté le . Elle a toujours pensé que le juge d'instruction Jesualdo de la Iglesia avait ordonné son arrestation et son incarcération pour l'empêcher de récupérer et de s'occuper de son cadavre.
Dans la sentence du procès de Josefina, était mentionnée comme circonstance aggravante l'aide qu'elle avait apportée à Quiñones lorsque celui-ci était incarcéré. C'est indiqué ainsi dans son dossier: “[elle] affirme qu'ayant connaissance de sa notoriété politique elle a poursuivi ses relations avec lui [Quiñones], ayant reçu les quatre lettres citées et elle a aussi eu des échanges ordinaires et extraordinaires”.
De 1944 à 1945 elle a été détenue dans la prison pour femmes d'Amorebieta, Biscaye, aménagée dans un collège de carmélites et tenue par les oblates. Ensuite elle a été transférée à la prison de Ségovie et vers 1946 est retourné à Ventas. À Ségovie elle a participé à une grève de la faim qui a eu un grand retentissement, avec d'autres camarades, comme Manolita del Arco[5],[6].
Après sa sortie de prison, elle a travaillé comme infirmière. Elle est morte à Madrid en .
Mémoire historique
Son témoignage, avec celui d'autres détenues, a servi de base pour la recherche et la reconstitution de la vie dans les prisons franquistes.
- Tomasa Cuevas a recueilli les témoignages des détenues dans trois livres publiés à partir de 1985, rassemblés en 2004 sous le titre Témoignages de femmes dans les prison franquistes[7]. Le témoignage de Josefina Amalia Villa ouvre le deuxième tome[8],[9].
- Fernando Hernández Holgado a recueilli son témoignage au cours de plusieurs entretiens réalisés en . Ses souvenirs font partie de son livre Femmes incarcérées: la prison de Ventas de la République au franquisme[10].
- Josefina apparaît mentionnée comme amie de Manuela del Arco dans la biographie romancée de celle-ci, Mémoire du froid[11].
Voir aussi
Notes et références
Notes
Référerences
- ↑ (es) Diario de León, « Despiertan las voces dormidas », Diario de León (consulté le )
- Egido León, « Memoria de la represión: nombres femeninos para la historia », Arenal, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Fernando Hernández Holgado, « La prisión militante: las cárceles franquistas de mujeres de Barcelona y Madrid (1939-1945) »
- ↑ David Ginard i Féron, Matilde Landa : de la Institución de Libre Enseñanza a las prisiones franquistas, Flor del Viento Ediciones, (ISBN 84-96495-01-9, OCLC 60373128, lire en ligne)
- ↑ (es) Andrea Farnós, « Memoria del frío: la mujer que más tiempo pasó en las cárceles franquistas », elconfidencial.com, (consulté le )
- ↑ (es) uncorro, « Presas políticas en la cárcel de Segovia y la huelga de hambre de 1949. » [archive du 24 de octubre de 2021], El Corro, (consulté le )
- ↑ Jorge J. Montes Salguero, Testimonios de mujeres en las cárceles franquistas, Instituto de Estudios Altoaragoneses, Diputación de Huesca, (ISBN 84-8127-150-0, OCLC 57749154, lire en ligne)
- ↑ (es) Nuevatribuna, « La historia de María Lozano, una de las primeras fusiladas por la dictadura franquista en Madrid », Nuevatribuna (consulté le )
- ↑ « Prison of Women », www.sunypress.edu (consulté le )
- ↑ (es) « Fernando Hernández Holgado, Mujeres encarceladas. La prisión de Ventas: de la República al franquismo, 1931-1941 » (consulté le )
- ↑ Miguel Martínez del Arco, Memoria del frío, Hoja de Lata, (ISBN 978-84-16537-87-7, OCLC 1269240241, lire en ligne)
- Portail des femmes et du féminisme
- Portail de la politique espagnole
- Portail du communisme
- Portail de Castille-et-León
- Portail de Madrid et de sa communauté
- Portail de la prison
- Portail des soins infirmiers
- Portail de l’Espagne