Victoria Muñoz García

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Victoria Muñoz García, née en à Madrid et morte dans la même ville le , est l'une des Treize Roses, treize femmes républicaines espagnoles fusillées le devant les murs extérieurs du cimetière de La Almudena après la fin de la guerre d'Espagne, avec quarante-trois hommes.
Tous ont été accusés d'appartenir aux Jeunesses socialistes unifiées (JSU) ou au Parti communiste d'Espagne (PCE)[1].
Biographie
Victoria Muñoz naît à Madrid, où elle passe sa vie. Elle adhère aux JSU en 1936, à l'âge de 15 ans. À la fin de la guerre, un ami, Julián Muñoz Tárrega, la convainc de faire partie de la réorganisation des JSU, et elle intègre un groupe dirigé par Sergio Ortiz dans le secteur de Chamartín de la Rosa[2]. Ana López Gallego, Elena Gil Olaya, Luisa Rodríguez de la Fuente et Martina Barroso font aussi partie de ce groupe. Victoria est la sœur de Gregorio Muñoz dit « Goyo », responsable militaire du secteur[1].
Lorsque ce secteur est démantelé à la suite de délations, son frère Gregorio Muñoz est jugé avec sept autres détenus lors d'une procédure d'exécution sommaire, numéro 13 896, puis est fusillé le matin du , quelques heures après le conseil de guerre. Son frère Juan Muñoz est mort au commissariat de la suite des tortures subies[1],[3],[4].
Victoria est incarcérée le à la prison pour femmes de Ventas. Elle est placée au département de mineures créé à l'initiative de María Sánchez Arbós, détenue de la prison, avec Ana López Gallego et Martina Barroso[5],[3].
Dans le dossier numéro 30 426, un témoin, sans faire allusion à Victoria Muñoz, mentionne que, au domicile de la pianiste Blanca Brisac Vázquez (autre membre des Treize Roses), est en préparation une tentative de complot contre le général Franco le jour de la parade de la Victoire. Toutefois, cette circonstance, considérée aujourd'hui comme incertaine, ne fait pas l'objet d'une accusation. L'assassinat de Victoria est considéré comme un acte de représailles pour l'attentat commis par trois autres militants des JSU contre le commandant de la garde civile et membre du service d'information et police militaire franquiste, Isaac Gabaldón, sa fille et le conducteur José Luis Díez Madrigal. Pourtant, Victoria n'a jamais été accusée de cet attentat, pas plus qu'aucune des Roses, puisqu'elles étaient déjà incarcérées lorsqu'il a eu lieu[6].
Elle est condamnée à mort « parce qu'il a été prouvé qu'elle faisait partie des groupes clandestins des JSU »[1].
La sentence de l'affaire judiciaire, en date du , est approuvée ce même jour par l'audit de guerre, dans le texte duquel il est stipulé que l'exécution des peines de mort demeurait en suspens jusqu'à la réception du « reçu » (feu vert) de Franco, chef de l'État. La sentence est cependant exécutée le sans attendre ce reçu, qui n'est signé que le . Les instances de grâce n'ont pas été suivies par la directrice Carmen Castro[3],[7].
Voir aussi
Références
- Carlos Fonseca, Trece rosas rojas : [la conmovedora historia de trece mujeres fusiladas en Madrid, RBA, (ISBN 84-473-4002-3, OCLC 803886782, lire en ligne)
- ↑ (es) « Quienes eran » (consulté le )
- (es) Fernando Hernández Holgado, « La prisión militante: las cárceles franquistas de mujeres de Barcelona y Madrid (1939-1945) », eprints.ucm.es, (consulté le )
- ↑ (es) « Victoria Muñoz García » (consulté le )
- ↑ « Cárcel de ventas » [archive du 27 de febrero de 2021], carceldeventas.madrid.es (consulté le )
- ↑ Fernando Hernández Holgado, La prisión militante las cárceles franquistas de mujeres de Barcelona y Madrid (1939-1945), Universidad Complutense de Madrid, (ISBN 978-84-695-0327-0, OCLC 929343024, lire en ligne)
- ↑ (es) Tomasa Cuevas, Presas: mujeres en las cárceles franquistas, Icaria Editorial, (ISBN 978-84-7426-830-0, lire en ligne)
Liens externes
- Documentaire Que mon nom ne s'efface pas de l'histoire (Les Treize Roses Rouges).
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