L'Émeute (journal)

| Format | |
|---|---|
| Langue | |
| Fondateur |
Claude Grillot Léon Domergue Vincent Berthout |
| Genre | |
| Date de création |
9 décembre 1883 |
| Date de fin |
20 janvier 1884 |
| Date de dissolution | |
| Lieu de publication | |
| Pays |
L'Émeute est un journal anarchiste publié à Lyon entre et . Il succède au Drapeau noir, interdit une semaine plus tôt et précède Le Défi.
Alors que Lyon est un centre important du mouvement anarchiste à cette période, ceux-ci commencent à y établir des organes de presse qui se succèdent entre les interdictions et la répression importante les touchant. Suite à l'interdiction du Drapeau noir, leur organe de presse, ils refondent un nouveau journal, intitulé L'Émeute, qui peut tirer pendant environ un mois avant d'être interdit à son tour.
Il fait partie de la première période de presse anarchiste lyonnaise, comportant une série de journaux proches les uns des autres et se succédant entre les interdictions, dont Le Droit social, L'Étendard révolutionnaire, La Lutte, Le Drapeau noir, L'Émeute, Le Défi, L'Hydre anarchiste, L'Alarme ou encore Le Droit anarchique.
Histoire
Situation de l'anarchisme à Lyon et publications successives
Lyon et la région lyonnaise de manière générale deviennent vite un pôle important de l'anarchisme[1] - les anarchistes y forment une Fédération révolutionnaire lyonnaise[1],[2]. Les anarchistes lyonnais évoluent dans un climat de répression et de surveillance de la part des autorités françaises[1],[3]. En 1878, ils décident toutefois de se doter d'un journal et fondent une société, le Droit social, destinée à réunir des fonds pour la fondation d'un journal éponyme[3]. Malheureusement pour eux, la loi oblige alors à faire un cautionnement - c'est-à-dire un dépôt de fonds auprès des autorités - pour avoir le droit de publier, ce qui rend alors une telle initiative difficile pour des raisons financières mais aussi pratiques, les journaux anarchistes ayant tendance à être rapidement interdits en France[3],[4].
En 1882, après la nouvelle loi sur la liberté de la presse de 1881, la situation évolue avec la suppression de ce cautionnement, et le Droit social est fondé à Lyon en [3]. Il est très surveillé par les autorités françaises ; chaque numéro est analysé avec parcimonie, le commissaire spécial de Lyon cherche à découvrir les auteurs précis de chaque article et les autorités engagent des poursuites nombreuses contre les gérants successifs du journal, qui change plusieurs fois de nom[3]. Il s'arrête le [3] et est remplacé par L'Étendard révolutionnaire entre août et [1].

Ce journal est ensuite interdit à la suite de l'attentat de l'Assommoir et son gérant, Antoine Cyvoct, condamné à mort pour un des articles du journal[1]. Le mouvement anarchiste en France et plus spécifiquement à Lyon sont ensuite durement visés par la répression qui culmine en lors du procès des 66[1]. À Lyon même, plusieurs anarchistes établissent un nouvel organe de presse, intitulé La Lutte[5]. Celui-ci est rapidement poursuivi, comme les précédents, et interdit[5]. Peu après, le journal Le Drapeau noir, qui prend la suite de La Lutte, est fondé en et s'étend jusqu'à , où il subit le même sort que ses prédécesseurs[6].
L'Émeute
L'interdiction du titre précédent étant prise le , les anarchistes lyonnais refondent un nouveau titre, L'Émeute, le [7]. Dans son premier numéro, il indique les raisons l'ayant poussé à choisir ce titre, en écrivant[7]:
Nous sommes partisans de l’émeute, parce que nous sommes des indisciplinés, et que les émeutes ont toujours été le fait des impatients et des indisciplinés ; nous sommes partisans de l’émeute, parce qu’avec elle, le travailleur pourra s’essayer à l’initiative et que nous sommes convaincus que les sages qui se donnent pour spécialité de réglementer et de guider les révolutions auront soin de s’en tenir à l’écart.
Le journal fait explicitement référence aux titres précédents dans son quatrième numéro et annonce que son but est la révolution sociale anarchiste[7].
Le lieu d'impression se situe au 52 rue Ferrandière, à Lyon[7]. L'historien René Bianco identifie plusieurs auteurs, bien que les articles ne soient pas signés ; il s'agirait de Vincent Berthout, Léon Domergue et Claude Grillot[7].
Le journal s'étend sur sept numéros, du au [1], avant d'être interdit à son tour et de laisser place à l'organe de presse suivant, Le Défi[7],[8].
Liens externes
Références
- Vincent Banssillon, « Lyon, capitale de l’anarchisme – 1860/1890 (5/5) », sur Histoires lyonnaises, (consulté le )
- ↑ Chambost 2017, p. 65-87.
- « Surveillance et répression de la presse anarchiste : Le commissariat spécial près de la préfecture du Rhône (1870-1914) », sur Bibliothèque municipale de Lyon (consulté le )
- ↑ Anne-Sophie Chambost, « « Nous ferons de notre pire… »1. Anarchie, illégalisme … et lois scélérates », Droit et Cultures, no 74, , p. 65–87 (ISSN 0247-9788 et 2109-9421, DOI 10.4000/droitcultures.4264, lire en ligne, consulté le )
- René Bianco, « La Lutte : organe anarchiste », sur Le Bianco (consulté le )
- ↑ René Bianco, « Le Drapeau noir : organe anarchiste », sur Le Bianco (consulté le )
- René Bianco, « L’Émeute : organe anarchiste », sur Le Bianco (consulté le )
- ↑ René Bianco, « Le Défi : organe anarchiste », sur Le Bianco (consulté le )
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