Menkhâourê Senââib
| Menkhâourê Senââib | |
Stèle de Senaib, exposée au Musée égyptien du Caire | |
| Période | Deuxième Période intermédiaire |
|---|---|
| Dynastie | XIIIe, XVIe, XVIIe dynastie ou Dynastie d'Abydos |
| Fonction principale | roi |
Menkhâourê Senââib est un souverain égyptien de la Deuxième Période intermédiaire.
Attestation
Le roi n'est connu que par une seule stèle en calcaire « d'une qualité exceptionnellement grossière »[1] trouvée à Abydos et maintenant au Musée égyptien (CG 20517). La stèle donne une partie de la titulature du roi (nom de Sa-Rê, nom de Nesout-bity et nom d'Horus) et le montre portant une coiffe courte à uræus(forme archaïque de la couronne Khépresh) et adorant le dieu Min-Horus-Nakht[2].
Position chronologique
Dans son étude de la Deuxième Période intermédiaire, Kim Ryholt développe l'idée proposée à l'origine par Detlef Franke[3] selon laquelle, à la suite de l'effondrement de la XIIIe dynastie avec la conquête de Memphis par les Hyksôs, un royaume indépendant centré sur Abydos est né en Moyenne-Égypte. La dynastie d'Abydos désigne ainsi un groupe de roitelets locaux régnant pendant une courte période en Moyenne-Égypte. Ryholt note que Menkhâourê Senââib n'est attesté que par sa stèle d'Abydos et peut donc appartenir à cette dynastie[4],[5]. Cette conclusion n'est partagée ni par Jürgen von Beckerath[6],[7], ni par Claude Vandersleyen[8], qui situent Menkhâourê Senââib dans la XIIIe dynastie. Detlef Franke revient sur cette idée de dynastie d'Abydos, la qualifiant de hautement improbable, et rattache ce roi à la fin de la XIIIe dynastie[9].
Quant à Julien Siesse, ce dernier pense que Menkhâourê Senââib est à situer dans la XVIe dynastie, car rien ne vient confirmer l'existence d'une dynastie d'Abydos, plusieurs rois attribués à cette dynastie par Ryholt ont commandé des stèles par le même atelier que celle de Sekhemrê-Ouahkhâou Râhotep, roi thébain, ce qui paraît peu vraisemblable s'ils sont de dynasties différentes. S'il convient que la scène représentée sur la stèle est populaire à la fin de la XIIIe dynastie à Abydos, il rappelle qu'elle est également attestée pour un roi qui est dans les recherches les plus récentes généralement classé dans la XVIe ou la XVIIe dynastie : le roi Sekhemrê-Ouahkhâou Râhotep. Siesse ajoute d'ailleurs que d'un poit de vue stylistique, la stèle de Senââib est plus proche de celle de Râhotep que de celles de la XIIIe dynastie, notamment la coiffe courte à uræus, certes déjà apparue mais de manière très sporadique sous la XIIIe dynastie, mais très fréquente sous les XVIe et XVIIe dynasties[10]. Enfin, le nom de couronnement du roi, Menkhâourê, est apparenté à un type présent durant les XVIe et XVIIe dynasties : Sekhemrê-Ouahkhâou (Râhotep), Sekhemrê-Neferkhâou (Oupouaoutemsaf) et Sekhemrê-Ouadjkhâou (Sobekemsaf), ce qui lui permet d'estimer que Senââib est proche chronologiquement de ces rois. Julien Siesse privilégie la XVIIe dynastie car Senââib et Souadjenrê Nebiryraou possède le même nom d'Horus Séouadjtaouy, or ce dernier étant dans la XVIe dynastie, Senââib devait faire partie de la XVIIe dynastie, or les rois avaient la volonté à l'époque de se distinguer par leurs noms d'Horus[11],[10].
Titulature
Notes et références
- ↑ Ryholt 1997, p. 163.
- ↑ Siesse 2019, p. 105-106.
- ↑ Franke 1988, p. 259.
- ↑ Ryholt 1997, p. 163-166.
- ↑ Baker 2008, p. 379.
- ↑ von Beckerath 1964, p. 68–69 et 262 (XIII M).
- ↑ von Beckerath 1999, p. 104-105 (XIII j).
- ↑ Vandersleyen 1995, p. 662.
- ↑ Franke 2008, p. 277-278 et 287.
- Siesse 2019, p. 103.
- ↑ Siesse 2015, p. 85-93.
Bibliographie
- (de) Jürgen von Beckerath, Untersuchungen zur politischen Geschichte der zweiten Zwischenzeit in Ägypten, Glückstadt, Augustin, ;
- (de) Jürgen von Beckerath, Handbuch der Agyptischen Konigsnamen, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, coll. « Münchner Ägyptologische Studien (MÄS) » (no 49), , 2e éd. (1re éd. 1984), 314 p. (ISBN 3-8053-2591-6, lire en ligne) ;
- Claude Vandersleyen, L'Égypte et la Vallée du Nil : De la fin de l'Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire, t. 2, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 710 p. (ISBN 978-2130465522) ;
- (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, coll. « Carsten Niebuhr Institute Publications » (no 20), , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
- (en) Darrell D. Baker, The Encyclopedia of the Pharaohs : Volume I : Predynastic to the Twentieth Dynasty 3300–1069 BC, Stacey International, , 587 p. (ISBN 978-1-905299-37-9) ;
- (de) Detlef Franke, « Zur Chronologie des Mittleren Reiches. Teil II: Die sogenannte Zweite Zwischenzeit Altägyptens », dans Orientalia, vol. 57, No. 2, Peeters Publishers, coll. « NOVA SERIES », (JSTOR https://www.jstor.org/stable/43075561), p. 113-138 ;
- (en) Detlef Franke, « The Late Middle Kingdom (Thirteenth to Seventeenth Dynasties): The Chronological Framework », Journal of Egyptian History, no 1 (2), , p. 267-287 (DOI 10.1163/187416608786121310) ;
- (en) Julien Siesse, « Throne Names Patterns as a Clue for the Internal Chronology of the 13th to 17th Dynasties (Late Middle Kingdom and Second Intermediate Period) », GM, no 246, , p. 75-98 (lire en ligne) ;
- Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674).
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