Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf

Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf
Image illustrative de l’article Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf
Relief du roi Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf provenant du temple de Montou (Médamoud)
Période Deuxième Période intermédiaire
Dynastie XIIIe ou XVIe ou XVIIe dynastie
Fonction principale roi
Prédécesseur Sekhemrê-Ouahkhâou Râhotep
Dates de fonction -1619 à -1603 (selon D. Franke)
-1566 à -1559 (selon K. S. B. Ryholt)
Successeur Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf ?
Famille
Père Sekhemrê-Ouahkhâou Râhotep ?
Conjoint Noubemhat
Enfant(s) ♂ Sobekemsaf (Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf ?)
♀ Sobekemheb
♂ Antefmosé ?

Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf Ier est un roi de la XIIIe, XVIe ou XVIIe dynastie, installée à Thèbes.

Attestations

Attestations contemporaines

Le roi est attesté par plusieurs documents[1] :

De plus, un coffre à vases canopes et un scarabée provenant d'un matériel funéraire d'un roi et portant le nom de Sobekemsaf lui sont attribués du fait que celui de Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf a été complètement ravagé par les pilleurs de tombes de la fin du Nouvel Empire, comme reporté sur le Papyrus Abbott[5],[6].

Sept documents mentionnent un roi Sobekemsaf, sans qu'il soit possible de manière certaine de les attribuer à Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf ou à Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf[7] :

  • une stèle découvete à Thèbes,
  • une statue découverte dans la cachette de Karnak,
  • une double-statue fragmentaire dédiée à Mout et peut-être originaire de Karnak ; elle est conservée au British Museum (EA 69536)[8],
  • une statuette dédiée à Montou découverte dans la cachette de Karnak et conservée au Musée égyptien du Caire (JE 37420 = CG 42029) ; Ryholt suggère qu'elle devait à l'origine être érigéee à Tôd[7],
  • une statuette du « fils du roi » Antefmosé, loué par un roi Sobekemsaf, sans provenance connue et conservée au British Museum (EA 13329)[9],[10],
  • un sceau-scarabée en jaspe et or et conservé au Metropolitan Museum of Art (MMA 26.7.86)[11]
  • un graffiti conservé au Ouadi el-Shatt el-Rigal (graffiti no 490 de Petrie)[12].

Attestation postérieure

Le roi est attesté dans la liste de Karnak, à la position 54[13].

Famille

Selon la stèle de son gendre Amény, le roi a pour une épouse une reine nommée Noubemhat, avec qui il a une fille nommée Sobekemheb, épouse de cet Amény. Un autre fils est attesté, nommé Sobekemsaf, mais le nom de sa mère n'est pas connue ; ce rio Sobekemsaf pourrait être le futur roi Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf. Il est peut-être le père du « fils du roi » Antefmosé.

Sur une stèle fragmentaire en trois morceaux découverte à Coptos au nom du roi Sekhemrê-Ouahkhâou Râhotep, un nom finissant par ...f est écrit mais fait l'objet d'un débat entre les égyptologues. Marcel Marée propose par exemple qu'il soit associé au nom Sobekemsaf, qui ferait donc de Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf le fils de Râhotep[14].

Position chronologique

Après les Antef

L'égyptologue danois Kim Ryholt a daté le règne de Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf après ceux des trois Antef (qu'il classe comme suit : Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa VI, Noubkheperrê Antef VII et Sekhemrê-Herouhermaât Antef VIII). Il a d'abord remarqué qu'un « fils du roi » Antefmosé est loué par un roi Sobekemsaf pour son rôle lors d'une fête de Sokar sur la statuette au British Museum (enregistrement no EA 13329). Selon Ryholt, ce nom d'Antefmosé est basilophore et donc le roi Sobekemsaf qui l'a loué doit avoir été un successeur du roi Antef auquel le nom Antefmosé fait référence. De plus, comme le fils et présumé successeur de Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf s'appelait également Sobekemsaf plutôt qu'Antef, Ryholt en a conclu que ce roi devait avoir régné après les rois Antef[15].

Deuxièmement, Ryholt a suggéré que Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf ait régné après Noubkheperrê Antef car si Sobekemsaf a effectué de vastes travaux de restauration au temple de Montou (Médamoud), il n'y a aucune trace de Noubkheperrê Antef à cet endroit. Pour Ryholt, cela peut suggérer que ce temple n'a été restauré et remis en service qu'après le règne de Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf. Par conséquent, Ryholt a conclu que Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf a régné après Noubkheperrê Antef et devrait être numéroté Sobekemsaf II[15].

Avant les Antef

Roi de la XIIIe dynastie

Claude Vandersleyen voit quant à lui Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf comme un roi de la XIIIe dynastie. Il note que le prince Sobekemsaf de la statue du Caire est décrit comme étant justifié, et donc probablement décédé lors de l'érection de la statue. Ainsi, ce prince Sobekemsaf ne pourrait être le roi Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf. Il place Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf en tant que roi de la XIIIe dynastie du fait du nombre et de la qualité des objets datés de son règne[16],[17],[18].

Roi de la XVIIe dynastie, prédécesseur de Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf

À l'opposé, Daniel Polz, qui a redécouvert la tombe de Noubkheperrê Antef à Dra Abou el-Naga en 2001, affirme que ce roi a régné très tard dans la XVIIe dynastie. Cela signifie que Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf n'aurait pas pu régner entre la lignée des rois Antef et les trois derniers rois de la XVIIe dynastie (Senakhtenrê Iâhmes, Seqenenrê Tâa et Ouadjkheperrê Kames). D'après les inscriptions trouvées sur un chambranle de porte découvert dans les vestiges d'un temple de la XVIIe dynastie à Gebel Antef sur la route Louxor-Farshut, on sait aujourd'hui que Noubkheperrê Antef et, par implication, son frère Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa étaient les fils d'un des deux rois Sobekemsaf. Ce roi était très probablement Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf II puisque le fils de Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf était également nommé Sobekemsaf[19]. L'interprétation de la lignée par Ryholt a également été acceptée par l'égyptologue britannique Aidan Mark Dodson[20].

Polz accepte également ce point de vue mais il a placé Noubkheperrê Antef juste avant les trois derniers rois de la XVIIe dynastie dans son livre de 2003[21]. Depuis lors, il a inséré Sekhemrê-Herouhermaât Antef comme successeur de courte durée de Noubkheperrê Antef avant Senakhtenrê Iâhmes mais son hypothèse reste essentiellement la même[22] : Polz soutient que Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf était le père de Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf. En effet, le fils de ce roi est connu, d'après la statue d'Abydos, pour avoir également porté le nom de Sobekemsaf et est désigné comme le successeur de ce roi sur la même statue[22]. Polz affirme qu'il s'agit là de la reconstitution la plus plausible des relations entre les deux rois portant le nom de Sobekemsaf au cours de la XVIIe dynastie. Ainsi, Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf serait Sobekemsaf Ier, Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf serait Sobekemsaf II et le fils et successeur du précédent, tandis que Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa et Noubkheperrê Antef seraient les petits-fils de Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf.

L'hypothèse de Polz et le placement de Noubkheperrê Antef comme l'un des derniers rois de la lignée de Sobekemsaf-Antef sont également soutenus « par la preuve de la boîte de Minemhat, qui était gouverneur de Coptos » en l'an 3 de Noubkheperrê Antef. Cette boîte faisait partie de l'équipement funéraire d'un Hornakht (anciennement connu sous le nom de Aqhor dans la littérature scientifique ancienne) qui vivait sous Seqenenrê Tâa. Bien que personne ne sache exactement quand Hornakht est mort, le fait que son équipement funéraire contenait une boîte qui appartenait à Minemhat suggère que Noubkheperrê Antef et Seqenenrê Tâa ont régné prochement dans le temps et que leurs règnes ne devraient pas être séparés par l'intrusion de divers autres rois de la XVIIe dynastie, tels que Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf qui est attesté par une inscription de l'an 7[23],[24]. Detlef Franke pense également qu'ancun Sobekemsaf n'a pu régné après Noubkheperrê Antef, qui est le mieux attesté des trois Antef[25].

En outre, Polz a soutenu que le rejet par Ryholt des preuves de la statue du Caire CG 386 - qui nomme le fils du roi Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf comme étant également Sobekemsaf - en ne donnant aucune indication sur la séquence des dirigeants thébains connus de la XVIIe dynastie, est intenable[22]. Alors que Ryholt reconnaît dans son livre de 1997 sur la Deuxième Période intermédiaire qu'Anthony Spalinger a suggéré que le prince Sobekemsaf a le titre supplémentaire de prophète et peut être identique à Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf[26], Ryholt écrit simplement cela : « Cette identification n'est pas possible avec [mon] arrangement actuel des deux rois Sobekemsaf selon lequel un Sobkemsaf, Sekhemrê-Shedtaouy, régnait avant le groupe [des rois] Antef et l'autre, Sekhemrê-Ouadjkhâou, après eux »[27].

Polz note que bien que Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf ait régné à une époque de la Deuxième Période intermédiaire où il existe peu de sources documentaires, on ne peut pas simplement accepter la théorie de Ryholt selon laquelle le fils de Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf et successeur désigné n'a pas succédé à son propre père comme prochain roi simplement parce que l'hypothèse de Ryholt ne permettait pas à un autre Sobekemsaf de suivre Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf sur le trône en raison de sa théorie de la succession des rois de la XVIIe dynastie[27],[22]. En effet, Polz souligne plutôt qu'il est plus logique de considérer Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf comme un prédécesseur de la lignée des rois Antef ; son fils connu, le prince Sobekemsaf sur la statue du Caire CG 386, serait alors le futur roi Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf et père de deux des trois rois Antef : Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa et Noubkheperrê Antef d'après un chambranle de porte trouvé sur la route Louxor-Farsut en 1992-93[22].

Marcel Marée et Julien Siesse placent quant à eux Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf à la toute fin de la XVIe dynastie ou au tout début de la XVIIe dynastie, car le nom de Nesout-bity du roi, de la forme Sekhemrê-x-khâou et commune avec deux autres rois (Sekhemrê-Ouahkhâou Râhotep et Sekhemrê-Neferkhâou Oupouaoutemsaf), est datable de cette période[28],[29],[30].

Titulature

Notes et références

  1. ↑ Ryholt 1997, p. 395-396.
  2. ↑ Dodson et Hilton 2004, p. 119.
  3. ↑ Ryholt 1997, p. 395.
  4. ↑ Davies 1981, no 45.
  5. Ryholt 1997, p. 396.
  6. ↑ Dodson 1994, p. 41.
  7. Ryholt 1997, p. 401.
  8. ↑ (en) « Double statue fragmentaire (EA 69536) »
  9. ↑ Vernus 1986, 16 [67].
  10. ↑ (en) « La statuette EA 13329 au British Museum »
  11. ↑ (en) « Sceau-scarabée au Metropolitan Museum of Art »
  12. ↑ Petrie 1888, Pl. XVI [490].
  13. ↑ Siesse 2019, p. 34.
  14. ↑ Marée 2010, p. 263-264.
  15. Ryholt 1997, p. 170.
  16. ↑ Vandersleyen 1993, p. 189–191.
  17. ↑ Vandersleyen 1995, p. 662.
  18. ↑ Vandersleyen 2010, p. 108-125, 169-170.
  19. ↑ Ryholt 1997, p. 169-170.
  20. ↑ Dodson 2000, p. 51.
  21. ↑ Polz et Seiler 2003.
  22. Polz 2007, p. 25-34 & 50.
  23. ↑ Winlock 1924, p. 258 et note 1.
  24. ↑ Schneider 2006, p. 187.
  25. ↑ Franke 2008, p. 279.
  26. ↑ Spalinger 1984, 1032.
  27. Ryholt 1997.
  28. ↑ Marée 2010, p. 264.
  29. ↑ Siesse 2015, p. 85-93.
  30. ↑ Siesse 2019, p. 103.

Bibliographie

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Liens externes

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