Paolistes

Paolistes
Image illustrative de l’article Paolistes
Logotype officiel.
Présentation
Chef Pascal Paoli
Fondation 1755
Disparition 1796
Siège Corte
Religion Catholicisme
Allégeance Drapeau de la Corse République corse (1755-1769)
Monarchie constitutionnelle française (1791-1792)
Première République (France) (1792-1793)
Royaume de Corse (1794-1796)
Alliés Drapeau de la Corse Parti français (1755-1768 puis 1789-1793)
Drapeau de la Grande-Bretagne. Royaume de Grande-Bretagne
Club des Jacobins (1790-1793)
Drapeau du Royaume de France Armée des émigrés (1794-1796)
Adversaires Drapeau de la République de Gênes République de Gênes (1755-1768)
Drapeau de la Corse Parti français (1768-1789 puis 1793-1796)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France (1768-1789)
Première République française (1793-1796)
Forces armées Drapeau de la Corse Armée de la République corse (1755-1789)
Drapeau du Royaume de Grande-Bretagne Armée britannique
  • Armée royale corse (1794-1796)
Positionnement Syncrétisme idéologique (1755-1769)
Droite (1794-1796)
Idéologie 1755-1794
Nationalisme corse
Philosophie des Lumières
Nationalisme d'État
Centralisation
Catholicisme libéral
Libéralisme politique[1]
Dirigisme[1]
Républicanisme[1] (1755-1789)
Monarchisme constitutionnel (après 1789)
Indépendantisme (1755-1789)
Autonomisme (1789-1793)
1794-1796
Nationalisme corse
National-conservatisme
Libéral-conservatisme
Conservatisme traditionaliste
Catholicisme politique
Cléricalisme[2]
Anti-athéisme[2]
Monarchisme
Autoritarisme
Contre-révolutionnaire[2]
Anglophilie[2],[3]

Les paolistes furent durant le XVIIIe siècle une faction politique corse de partisans du Général de la nation Pascal Paoli et de ses idées.

Idéologie

Initialement

Les paolistes étaient des nationalistes corses prônant les idées de la philosophie des Lumières. Les idées paolistes initiales furent les suivantes :

Durant le Royaume anglo-corse

Sous le Royaume anglo-corse, la Corse est sous protectorat britannique. Les paolistes, influencés par les britanniques conservent en grande partie leurs idées initiales mais y intègrent aussi des éléments plus conservateurs :

  • Les paolistes protègent les Prêtres réfractaires, abrite des exilés monarchistes français et est très proche du clergé corse. De plus, certains acquis de la révolution française sont supprimés sous le régime royal.
  • Droit de propriété : La Constitution du royaume de Corse rédigée par Charles André Pozzo di Borgo et Bonfiglio Guelfucci permet à la caste aristocratique de l'Ancien Régime de récupérer et de bénéficier de leur propriété foncière.
  • Cléricalisme : La consulta generale de Corte proclame le , que les liens politiques et sociaux liant la France et la Corse sont rompus en critiquant le régime révolutionnaire français avec son « système universel de désorganisation de tout principe de société, de violence, de rapine sur toutes les propriétés individuelles et spécialement d'adjuration forcée de toute religion, de tout culte, l'athéisme prêché avec impiété et commandé avec une atroce résolution »[2]
  • Autoritarisme : Du fait que le Parti français soit extrêmement renforcé par la présence de Garde nationaux corses pro-républicains, puis des rébellions menée par des anciens paolistes aillant fait défection pour la France républicaine obligeant le régime anglo-corse à prendre des mesures pour lutter contre les rebelles.

Histoire

Sous la République corse

Le Paolisme est l'idéologie forgée par Pascal Paoli, le Général de la nation corse de 1755 à 1769.

Dès l'élection de Pascal Paoli en tant que Général de la nation, en pleine guerre d'indépendance, les paolistes font face à une opposition organisée, les Matristes, partisans de Marius Emmanuel Matra, le neveu de Jean-Pierre Gaffory, un ancien Général de la nation. Matra est élu Général de la nation par les rivaux de Paoli.

En parallèle, l'état corse, embryonnaire, la République corse, est proclamée et des institutions sont formées par les paolistes, toutefois la guerre civile corse débute entre paolistes et matristes qui dura deux ans et se soldera par la victoire de Paoli[6],[7].

Les paolistes tiennent alors la majeure partie de territoire corse à l'exception des côtes, toujours sous contrôle de la République de Gênes qui tentent parfois des incursions sur le territoire, ils doivent toutefois composer avec le Parti français, une autre faction corse, tout aussi hostile aux Génois, mais qui prônent un rapprochement avec le Royaume de France qui sert alors de médiateur à certaines occasions, et ce malgré le fait que la France soit alliée de Gênes.

Malgré leurs maigres moyens, les paolistes parviennent à instaurer une certaines stabilité, mettent en place des tribunaux, une armée nationale, instaure le droit de vote (malgré qu'il n'y ait jamais eu d'élection à cause de la guerre), Pascal Paoli fait l'objet d'un culte de la personnalité et son pouvoir est fort. La République corse fonde le port de l'Île-Rousse qui servira de ravitaillement.

En parallèle, les forces armées de la République corse repoussent les incursions génoises tout au long de la guerre d'indépendance.

En 1768, le Royaume de France et la République de Gênes signent le Traité de Versailles stipulant que la France puissent prendre le contrôle temporaire de la Corse, l'armée royale française, avec l'aide du Parti français commencent la Conquête française de la Corse, certains paolistes font alors défection et rejoignent les français.

La République corse disparaît alors après la bataille de Ponte-Novo, les forces françaises prennent alors le contrôle de la Corse de façon définitive et Pascal Paoli ainsi que plusieurs de ses partisans s'exilent, tandis que d'autres collaborent avec le Royaume de France. Enfin une résistance s'organise dans les montagnes sous l'impulsion de plusieurs chefs de guerres Corses opposés aux français.

Après la révolution française

Après le retour triomphal de Pascal Paoli en Corse, les paolistes se rallient à la France révolutionnaire sous l'impulsion du Général.

Paoli est alors le gouverneur de la Corse et dirige les forces locales. Les paolistes travaillent mains dans la mains avec la France révolutionnaires.

Toutefois, lors de l'Expédition de Sardaigne, Paoli s'oppose fermement à l'opération et ses partisans sont alors accusés d'avoir sabotés l'opération, aillant entraînés la mort de nombreux soldats français d'origine corse. Paoli est alors dénoncé par les Bonaparte, constituant alors le second point de rupture entre les paolistes et le parti français pro-républicains.

De plus, le général Paoli, après l'exécution de Louis XVI, sympathise indirectement avec les royalistes, alors que la France sombre dans la terreur, et la rupture entre paolistes d'un côté et le parti français allié au régime républicain est consommée. Le Général est également accusé de protéger les Prêtres réfractaires et trois hommes dont Christophe Saliceti sont envoyés par la convention[8].

En réaction, le conseil général de Corse vote à l'unanimité son soutien à Pascal Paoli[8].

Alliance britannique et chute des paolistes

Durant la formation du Royaume anglo-corse, la population, enthousiaste à la formation d'un État autonome soutien initialement le projet du nouvel état. George III du Royaume de Grande-Bretagne devient Roi de Corse.

Le nouveau régime garde les fondamentaux idéologiques du paolisme, mais est bien plus réactionnaire que sous la République corse. Les principes du Royaume de Corse sont alors en opposition idéologique radicale aux Jacobins[2].

Toutefois la relation entre les Corses et les britanniques se tendent rapidement et des insurrections éclates, renforçant le parti français devenant de plus en plus puissants pour plusieurs raisons : c'est un britannique, Gilbert Elliot qui est nommé Vice-roi de Corse, les britanniques effacent les acquis de la Révolution française qui avaient été bénéfique pour les Corses.

De nombreux anciennes figures paolistes, lassés par les actions des britanniques, se soulèvent et rejoignent le Parti français, menant à des attaques sur les forces de Samuel Hood. De plus, des généraux Corses alliés de la République française mènent des opérations pour reprendre l'île et l'intégrer à la France.

Enfin, l'exil forcé de Pascal Paoli en Grande-Bretagne, évincé par les britanniques, finit définitivement par faire triompher le parti français, les relations entre les britanniques et l'église corse se détériorent, les britanniques usent de la torture contre l'opposition, les paolistes restants quittent la Corse pour la Grande-Bretagne, tandis que d'autres figures paolistes de premier plan font défection vers le parti français et une révolte décisive éclate, forçant les britanniques à quitter la Corse précipitamment.

La réputation des paolistes en ressort, perçus comme aillant vendus la Corse aux britanniques par les uns, aillant perdus le contrôle pour d'autres. L'alliance avec les britanniques aillant ainsi indirectement provoqué une vassalisation progressive et incontrôlable de la Corse à l'Empire britannique ainsi que l'usage de l'autoritarisme par ceux-ci eurent raison du mouvement paoliste, discrédité par des Corses qui gardent toutefois le souvenir du Général Paoli comme un héros.

Ironie de l'histoire, après la débâcle britannique, c'est Antoine Gentili, ancien chef de guerre paoliste rallié à la France républicaine, qui reprend la Corse, scellant le rattachement définitif de la Corse à la république française[9],[10].

Héritage

Le mouvement paoliste initial et ses idées devient une référence pour le mouvement nationaliste corse, qu'il soit autonomiste ou indépendantiste et les nationalistes corses se référent à l'héritage de la constitution corse et aux acquis de la République corse.

Les idées de Pascal Paoli sont considérées comme révolutionnaires pour son époque, notamment l'établissement d'un État de droit, la constitution basée sur les Lumières et le suffrage universel masculin, ainsi que le droit de vote des femmes, pour les femmes cheffes de clans.

En outre, les idées paolistes ont, en outre, influencés la Révolution américaine.

En 1814, le Traité de Bastia, signé entre des paolistes et William Cavendish-Bentrick fut censé donner la souveraineté de la Corse à l'Empire britannique dans le but de restaurer le Royaume anglo-corse, mais le traité fut rejeté par la Couronne britannique elle-même qui soutenait que la Maison d'Orléans de France ait la mainmise sur la Corse. De plus, la population corse rejetait le traité[10].

Figures paolistes

Bibliographie

Références

  1. ANTOINE-BAPTISTE FILIPPI, « La Corse, au temps du libéralisme latin », (consulté le )
  2. Antoine Casanova, Caractères originaux et cheminements de la Révolution en Corse, dans Annales historiques de la Révolution française, 1985, no 260, 140-172 p. (lire%20en%20ligne) lire en ligne)
  3. (en) Elisa A. Carrillo, « The Corsican Kingdom of George III », The Journal of Modern History, vol. 34, no 3,‎ , p. 254-274 (ISSN 0022-2801, e-ISSN 1537-5358, lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  4. N. Tommaseo. "Lettere di Pasquale de Paoli" (in Archivio storico italiano, 1st series, vol. XI).
  5. (it) Gioacchino Volpe, Storia della Corsica italiana, Massa, Eclettica Edizioni, (ISBN 9788832165609)
  6. Edward Boyle, Biographical Essays, 1790–1890, , Chapter 5, Pasquale Paoli (ISBN 0-8369-0237-8)
  7. Robert Colonna d'Istria, Histoire de la Corse : Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », (1re éd. 1995), 315 p. (ISBN 979-10-210-3853-0, DOI 10.3917/talla.colon.2019.01 Inscription nécessaire, lire en ligne Inscription nécessaire). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  8. "Pascal Paoli: Père de la patrie corse" par Antoine-Marie Graziani aux Editions Taillandier, en 2002 puis réédité en 2020 [1]
  9. Jean-Noël Poiron, « Les généraux corses de la Révolution et du Premier Empire », (consulté le )
  10. (en) Desmond Gregory, The Ungovernable Rock: The Anglo-Corsican Kingdom : A History of the Anglo-Corsican Kingdom and Its Role in Britain's Mediterranean Strategy During the Revolutionary War, 1793-1797, Associated University Press, (lire en ligne), pp. 182-183
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