Nirim
| Nirim נִירִים | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| District | District sud |
| Démographie | |
| Population | 620 hab. (2010) |
| Géographie | |
| Coordonnées | 31° 20′ 06″ nord, 34° 23′ 45″ est |
| Divers | |
| Date de création | 6 octobre 1946 |
| Localisation | |
Nirim est un kibboutz du sud d'Israël.
Histoire
Le kibboutz est créé en 1946 par des membres du mouvement Hashomer Hatzair.
Le , il est attaqué par l'Armée égyptienne, lors de la bataille de Nirim (en).
Déplacement à la frontière de Gaza
L’accord d’armistice israélo-égyptien (24 février 1949) autorisait Israël à implanter six avant-postes militaires le long de la bande de Gaza. Au lieu de cela, il construit six colonies agricoles habitées par des colons armés dans ce qui était prévu pour être une zone-tampon, un no man's land[1].
Dès avril 1949, le kibboutz de Nirim, créé à Dangour en 1946, est déplacé à proximité du hameau palestinien d’al-Ma'in, expulsé 11 mois auparavant[2],[3].
La maison blanche, la seule maison restante du hameau, est habitée pendant neuf mois par les colons, jusqu’au moment où le kibboutz commence à être construit, au sommet d’une colline à 113 mètres d’altitude, à 3 kilomètres au nord. Le nouveau Nirim est officiellement fondé en janvier 1950, quand l’adduction d‘eau est achevée[4]. Sa construction se fait à l‘emplacement d’un verger palestinien, arraché pour l’occasion[5]. Les plans du kibboutz de Nirim, sa maison de la culture, le réfectoire commun du kibboutz voisin de Magen sont dessinés par Shmuel Mestechkin, le concepteur du système Tour et Muraille ayant servi à coloniser de manière fortifiée une partie de la Palestine dans les années 1930[6]. Le plan de Nirim obéit à des considérations militaires : forme pentagonale (pour faciliter les tirs de flanquement de l’enceinte), miradors aux angles, tranchées reliant les habitations au périmètre de défense pour éviter les déplacements exposés[7]. Une fois les sites fortifiés, les habitations sont construites. La fusion entre les fonctions militaires et civiles est complète[2]. Le cimetière est implanté à la place de l’école, rasée complètement[8].
L‘agriculture est un moyen pour Israël d‘effacer la présence palestinienne : le labour se fait dans le sens opposé au labour palestinien ; les champs sont redessinés ; les labours effacent les maisons, les chemins, les cimetières. Sur la carte israélienne imprimée à cette époque, le wadi al-Seba est rebaptisé Nahal Habesor, les villages palestiniens sont marqués de la mention "abandonné"[1]. Au début des années 1950, ce qui était al-Ma‘in a disparu[9].
La maison blanche est toujours utilisée par l’armée qui y installe un avant-poste[4]. Une jeune fille palestinienne, dont l’identité est inconnue, est violée pendant des semaines en août 1949[3]. Capturée le long de la frontière, elle est ramenée au poste, douchée, ses cheveux coupés, et son sort décidé par un vote des soldats : viols collectifs et assassinat. Une vingtaine de soldats ont participé, ainsi que l’officier. Condamnés à des peines légères, ils ont été absous en appel[10].
Lors de la signature des accords d’armistice de 1949, le hameau d‘al-Ma'in est situé en-dehors de la zone accordée à Israël ; la bande de Gaza fait alors 555 km². Afin de l’aider à contrer les retours de réfugiés, un accord de février 1950 entre Israël et l’Égypte crée une nouvelle ligne, dite de modus vivendi, quelques kilomètres à l‘intérieur de la bande de Gaza. Au final, cette zone de 190 km² est annexée à Israël, avec le hameau et ses terres, réduisant la bande de Gaza à 365 km²[11],[12] et permettant l'installation de 4 kibboutz. Cette ligne qui devient la frontière est marquée par un petit fossé de 30 cm de profondeur, avec des petits champs d‘agriculture familiale intensive à l’ouest (Gaza), et de vastes parcelles d’agriculture mécanisée à l‘est (Israël)[10],[9].
Nirim sert de base aux raids sur Gaza depuis les années 1950[13].
- Militarisation de la frontière près de Gaza.
-
Enfants jouant dans une vaste tranchée de défense à Nirim. -
Garde des troupeaux en armes (1950). -
Maqam cheikh Nouran transformé en mirador (1956).
Depuis 2023 : base pour le génocide
Le 7 octobre 2023, Nirim et les trois autres kibboutz implantés sur les terres de Ma’in Abu Sitta sont attaqués par les Gazaouis. À Nirim, huit Israéliens sont tués et cinq pris en otage ; à Ein HaShlosha, il y a quatre morts ; à Magen, les Israéliens utilisent leurs armes et résistent à l’attaque ; à Nir Oz, il y a 47 morts et 76 otages, ce qui est le plus lourd bilan de toute l’enveloppe de Gaza[9].
Après le 7 octobre, la maison blanche d'al-Ma'in est à nouveau investie par l’armée israélienne, qui s’en sert de base pour ses raids dans la bande de Gaza et y commettre ses opérations du génocide de Gaza[2].
Activités du kibboutz
- agriculture
- élevage laitier
- surveillance de la frontière de Gaza
Notes et références
- E. Weizman, op. cit., p. 1957.
- Eyal Weizman (directeur de la publication), « Return To Al-Ma’in », Forensic Architecture, 13 juin 2025, consulté le 10 mai 2026.
- E. Weizman, op. cit., p. 1958.
- E. Weizman, op. cit., p. 1932.
- ↑ E. Weizman, op. cit., p. 1938.
- ↑ Eyal Weizman, Ungrounding. The Architecture of Genocide, Fern Press, 2026, (ISBN 978-1-91171733-1), p. 1936.
- ↑ Return To Al-Ma’in - Film, 26'20" à 28'10".
- ↑ E. Weizman, op. cit., p. 1939.
- E. Weizman, op. cit., p. 1935.
- E. Weizman, op. cit., p. 1932-1933.
- ↑ Salman Abu Sitta, « I could have been one of those who broke through the siege on October 7 », Mondoweiss, 4 janvier 2024.
- ↑ « Beer Sheba Tribal Lands », Palestine Land society, consultée le 10 mai 2026.
- ↑ Return To Al-Ma’in - Film, 29'.
Liens externes
- (he) Site officiel
- Portail d’Israël
- Portail de l'agriculture et de l'agronomie

