Régiment d'Orléans
| Régiment d'Orléans | |
Uniforme et drapeau du régiment d'Orléans en 1772 | |
| Création | 1634 |
|---|---|
| Dissolution | 1791 |
| Pays | |
| Branche | Infanterie |
| Rôle | Infanterie de ligne |
| Fait partie de | 44e régiment d'infanterie |
| Ancienne dénomination | Régiment de Mazarin-Italien Régiment d'Anjou-Étranger |
Le régiment d'Orléans est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1642 sous le nom de « régiment de Mazarin-Italien » devenue sous la Révolution le 44e régiment d’infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations
- 1642 : création du régiment de Mazarin-Italien
- : renommé régiment d'Anjou-Étranger
- : renommé régiment d'Orléans
- 1791 : renommé 44e régiment d’infanterie de ligne
Colonels et mestres de camp
- : comte César Degli Oddi
- : marquis Nicolas Jules Buffalini
- : Louis Gausselin comte d'Anisy
- : N. Gausselin comte d'Anisy
- : N. marquis de Beaufort
- : Simon François du Caylar de Toiras marquis d'Aubijoux[1],[Note 1]
- : Jean-Baptiste comte de Clermont-Tonnerre
- : Claude Alexis comte de Bailleul[Note 2]
- : Louis Antoine, marquis de Brancas[2],[Note 3]
- : Joseph de Lesquen, marquis de La Villemeneust[Note 4]
- : N. Le Clerc marquis de Juigné
- : Louis Georges de Clermont-Gallerande, comte de Clermont[Note 5]
- : comte Henri de Bourdeille
- : Charles Auguste de La Cour, comte de Balleroy[Note 6]
- : Charles Olive Floris Campet comte de Saujon
- : Gilbert de Chauvigny, comte de Blot[Note 7]
- : Anne André Marie de Crussol comte de Montausier
- : Augustin Jean Louis Antoine du Prat comte de Barbançon
- : Jacques Anne Joseph Le Prestre comte de Vauban
- : Charles de La Châteigneraie de Sainte-Foix de Chateignier
- : Jean-Charles Gerbous de La Grange
- : Jean-Joseph Doyen de Félix
Historique des garnisons, combats et batailles
Origine
Guerre de Trente Ans
Le régiment d'Orléans, d'origine italienne, avait appartenu au cardinal Mazarin, qui l'avait levé dans les premiers mois de 1642 avec l'intention de l'offrir au roi et à Richelieu pour l'expédition de Roussillon et qui fut commandé par le comte Degli Oddi. Le , selon la Gazette de France relatant les nouvelles du camp devant Perpignan, le roi a passé en revue le régiment italien du cardinal Mazarin, qu'il a trouvé très beau. Cette date est retenue comme celle de son intégration dans l'infanterie française. Ce corps fit ses débuts de façon éclatante lors du siège de Perpignan, où il eut l'honneur d'être logé dans le quartier du roi. Après la prise de la ville, il y resta quelques mois en garnison, puis, à la fin de la campagne, fut envoyé passer l'hiver en Bourgogne.
En , il envoie 600 hommes pour ravitailler Poligny. Ce détachement se distingue lors d'un combat acharné. En juillet, le régiment rejoint sous Thionville l'armée du duc d'Enghien et participe activement au siège de la ville. Le le régiment s'empare d'un retranchement palissadé construit par les assiégés sur le glacis et, après avoir repoussé ses défenseurs, s'y installe fermement, déjouant le lendemain une grande sortie ennemie.
Il entama la campagne de 1644 en prenant plusieurs petites places au Luxembourg. Lorsque Fribourg fut menacé, il suivit le duc d'Enghien, accourant au secours de la ville. Mais l'armée arriva trop tard : Fribourg avait capitulé et l'ennemi s'était retranché derrière des défenses redoutables. Il fallut trois jours de combats acharnés pour le déloger. Durant ces journées, le régiment se montra digne des meilleurs corps français.
Après la prise de Philippsbourg, Worms, Spire et Mayence, rapidement soumises par les armées réunies d'Enghien et de Turenne, le régiment vint prendre ses quartiers d'hiver en Lorraine en . Il alla alors remplacer au siège de La Mothe le régiment écossais de Douglas, appelé en Flandre. Le 30, un secours de troupes lorraines tenta d'entrer dans la place : après un combat acharné, le régiment parvint à les repousser en désordre dans la campagne. Pendant ce siège, le comte Degli Oddi, qui commandait d'autres régiments et n'avait jamais servi à la tête de celui-ci, fut remplacé par le marquis Bufalini, parent du cardinal Mazarin et capitaine aux Gardes françaises, qui dirigeait l'une des quatre compagnies de ce corps d'élite ayant participé à la réduction de La Mothe. Le , le régiment prit officiellement rang dans l'infanterie française, Mazarin s'en étant déclaré colonel et l'ayant placé sous le titre de « régiment Mazarin-Italien ».
Régiment de Mazarin-Italien (1645-1651)
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Régiment de Mazarin-Italien
Guerre de Trente Ans
Après la défaite de Mariendal, durant la guerre de Trente Ans, le duc d'Enghien rassemble ses régiments et s'enfonce en Allemagne. Le « régiment Mazarin-Italien », traverse le Rhin le à Spire, et le , il participe à la victoire de Nordlingen. Il est présent lors de l'attaque acharnée du village d'Alerheim, où l'infanterie est repoussée à plusieurs reprises. Le marquis Nicolas Jules Buffalini, mestre de camp du régiment, y accomplit des exploits remarquables : saisissant un drapeau, il se précipite au cœur de la mêlée, suivi par soixante soldats qui y trouvent tous la mort. Grièvement blessé, Buffalini est fait prisonnier et est échangé dès le soir même.
Le , le « régiment Mazarin-Italien », composé de neuf compagnies totalisant environ 1 400 à 1 500 hommes et commandé par le marquis Nicolas Jules Buffalini, le régiment fut passé en revue par le roi Louis XIV à Compiègne. De là, il partit pour le siège de Longwy, où il ouvrit la tranchée le avec les Gardes suisses. Le 8, il prit d’assaut un retranchement sur le chemin couvert, repoussa l’ennemi et le poursuivit jusqu’au pont-levis du donjon, traversant toute la ville. Le 10, l'unité s’empara d’une demi-lune, et la place capitula le 12. Trois jours plus tard, le régiment mit en déroute 200 Lorrains de la garnison d’Arlon. Après ces exploits, le « régiment Mazarin-Italien » arriva en Flandre et participa aux sièges de Mardyck et de Dunkerque.
En 1647, le régiment fut mis en garnison au Catelet et confié à Louis Gausselin comte d'Anisy, qui s’était distingué comme lieutenant-colonel du régiment Français du cardinal.
En , le régiment fut renforcé par l’arrivée d’une importante recrue commandée par des officiers issus de la haute noblesse italienne. Il se distingua au siège d’Ypres, combattit en seconde ligne à Lens et prit ses quartiers d'hiver dans l’Artois. En novembre, cent mousquetaires du régiment anéantirent près d’Auchy-les-Moines un détachement de la garnison espagnole d’Aire.
La Fronde
À la fin de 1648, les premiers troubles de la Fronde appelèrent le régiment aux abords de Paris.
Il participa le à la prise de Brie-Comte-Robert, puis reprit la route de Flandre pour prendre part au siège de Condé.
En 1650, il servit sous le maréchal du Plessis-Praslin, fut envoyé à Mouzon et contribua à la défense de la place, partageant avec le régiment de Montausier la garde des extérieurs. Attaqué le par des forces nombreuses, il dut céder, se replia dans une demi-lune et reprit le combat. Après la capitulation de Mouzon, il se retira à Donchery pour rallier l’armée. Détaché à nouveau durant le siège de Rethel afin de s’emparer de Château-Porcien, il entra dans la ville le jour même.
En , le cardinal Mazarin renforça son régiment avec trois compagnies corses, mais cela ne l’empêcha pas de devoir quitter le royaume peu après et de se retirer à Cologne. Le corps fut alors confié à Philippe de France, duc d'Anjou et frère de Louis XIV, qui prit, par brevet du , le titre de « régiment d'Anjou-Étranger ». À partir de ce moment, le régiment commença à recruter en France.
Régiment d'Anjou-Étranger (1651-1660)
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Régiment d’Anjou-Étranger
La Fronde, guerre franco-espagnole et guerre des faucheurs,
En 1651, le « régiment d'Anjou-Étranger » combat en Lorraine et se distingue au siège de Chastel, où Louis Gausselin comte d'Anisy est blessé d’une balle en repoussant une sortie.
En 1652, le régiment part dans le Berry pour soumettre les places fidèles au prince de Condé. Il passe la majeure partie de l’année devant Montrond, qu’il finit par investir le , restant le temps nécessaire pour en raser les fortifications. En novembre, dans le cadre de la guerre franco-espagnole il est envoyé au Roussillon et placé en garnison à Collioure.
En , engagé dans la guerre des faucheurs, il traverse en Catalogne, participe au siège de Gérone et subit une lourde défaite lors du combat de Bordils, le .
Rétabli à vingt compagnies en 1654, il participe au siège de Villefranche-de-Conflent, se distingue aux côtés du régiment de Normandie lors de l’assaut de la demi-lune, et contribue ensuite à la prise de Puycerda.
En 1655, on le retrouve à la prise du Cap de Creus.
Le , avec les régiments de Champagne et de Normandie, il prend d’assaut le château de Boraçan.
En , il force les Espagnols à lever le siège d'Urgell et continue à servir en Catalogne jusqu’à la paix des Pyrénées.
Régiment d'Orléans (1660-1791)
Le , à la mort de Gaston, frère de Louis XIII, Philippe de France hérita du titre de duc d'Orléans. Le , le « régiment d'Anjou-Étranger » et un autre régiment du Duc d'Anjou (Français) levé en 1647 pour le duc d'Anjou furent réunis en un seul corps, qui prit le nom de « régiment d'Orléans » qu'il a toujours conservé jusqu'à la Révolution. On ignore quels furent les premiers drapeaux du régiment avant qu'il appartienne au frère de Louis XIV. De 1660 jusqu'à la Révolution, ils arboraient deux quartiers bleus et deux quartiers feuille-morte, sans armoiries ni ornements. Il est supposé que ces deux couleurs symbolisaient la fusion du « régiment d'Anjou-Étranger » et du régiment d'Anjou-Français.
Pendant les années calmes qui suivirent le traité des Pyrénées, le « régiment d'Orléans », réduit à six compagnies, resta cantonné à Villers-Cotterêts, sur les terres de l'apanage de son chef. En , il participa au camp de Compiègne.
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Régiment d'Orléans
Guerre de Dévolution
En 1667, il joua un rôle très actif dans la conquête de la Flandre. Il ouvrit la tranchée devant Lille avec le régiment de Picardie, chargé de l’attaque à gauche. Le , ces deux régiments prirent ensemble le chemin couvert et s’y installère.
En , le « régiment d'Orléans » se trouvait avec l'armée de Franche-Comté et, tandis que le gros des troupes assiégeait Besançon, il investissait Salins, qui se rendit dès la première sommation.
Guerre de Hollande
Porté à 30 compagnies en 1671, le régiment est engagé dans la guerre de Hollande, et fait la campagne de 1672 avec le duc d'Orléans avec lequel il se signale à la prise de Zutphen, place devant laquelle il ouvre la tranchée avec les régiments de Normandie et de Turenne.
En , il accompagne le maréchal de Turenne dans le comté de La Marck et il participe à la réduction d'Unna, de Kamen et d'Altena. De retour aux Pays-Bas, il participe au siège de Maëstricht.
En 1674, il entame la campagne en Franche-Comté, assiste aux sièges de Besançon et de Dôle, puis rejoint l’armée de Flandre et combat à Seneffe. Fin août, envoyé sur le Rhin, il se distingue à Ensheim. Placé en réserve avec les régiments de Bourbonnais, de Languedoc, de Churchill et de Montmouth, il est lancé par Turenne contre les bois de la droite, où les Impériaux s’étaient retranchés. Après un combat acharné, ils emportent les retranchements, s’emparent de six pièces de canon et repoussent l’ennemi. Attaqués à leur tour par sept bataillons de Lunebourg, ils livrent l’un des affrontements les plus sanglants, avant de rejeter leurs adversaires au-delà d’Ensheim. Cette même année, le « régiment d'Orléans » est aussi présent à Mulhouse.
En 1675, le régiment ouvre la campagne à Turckheim, puis après un repos à Colmar, il reprend les armes en mars, prend Neubourg le 10, combat à Offenbourg le , puis à Altenheim, et participe à la levée des sièges d'Haguenau et de Saverne.
En 1676, passé à l'armée de Flandre, il sert aux sièges de Condé et de Bouchain, agit sur la Meuse, contribue à la prise du château de Bouillon et de Marche-en-Famenne, puis termine la campagne en portant secours à Deux-Ponts et prend ses quartiers d'hiver à Metz.
Rappelé en Flandre en 1677, il participe au siège de Valenciennes, puis quitte l’armée du roi au moment où celle-ci investit Cambrai pour aller renforcer l'armée de Monsieur devant Saint-Omer, où il prend part à la bataille de Cassel. En juin, il rejoint le maréchal de Créqui au camp de Nomény, entre Nancy et Pont-à-Mousson, se distingue le 4 à l'affaire de Morville[3] et le 29 au combat de Sainte-Barbe, près de Metz, contre le duc de Lorraine, qui est défait. Plus tard, en Alsace, le « régiment d'Orléans » combat le à Kokersberg lors de la défaite du prince de Saxe-Eisenach, puis franchit le Rhin à Brisach pour participer à l’investissement de Fribourg, ouvrant la tranchée avec le régiment de Picardie, dont les deux bataillons restent en garnison.
En 1678, toujours aux côtés du régiment de Picardie, le « régiment d'Orléans » se trouve aux combats de Seckengin et d'Offenbourg, ainsi qu’à la prise de Kehl. Il participe ensuite au blocus de Strasbourg et à la prise des forts de Zolhaus et de l'Ill. Le , alors que le maréchal Créqui marche contre le duc de Lorraine à Leimersheim, le « régiment d'Orléans » reste à Wörth pour protéger les convois. Le 30, ses forces sont réduites à dix compagnies. Quelques jours plus tard, le marquis Simon François du Caylar de Toiras d'Aubijoux[1], mestre de camp du régiment, est tué en duel par le comte Antoine Charles de Simons de Bois-David[4], colonel du régiment de Champagne, pour avoir médit d'une dame.
Resté en Alsace, le « régiment d’Orléans », participa en 1679 à la bataille de Minden, dernier épisode de cette guerre.
Guerre des Réunions
En 1681, alors qu'il était en garnison à Brisach, Louis XIV décida de prendre possession de Strasbourg. Un détachement de 300 hommes fut envoyé, rejoint par des troupes des régiments de Picardie et Royal, pour descendre le Rhin et occuper la ville le .
En 1684, appelé au siège de Luxembourg, le régiment s’installa au village de Hent et occupa les hauteurs de Pfaffenthal le jour de l’ouverture de la tranchée.
Guerre de la Ligue d'Augsbourg
En 1688, le « régiment d'Orléans », engagé dans la guerre de la Ligue d'Augsbourg participa à la campagne du Palatinat et fut envoyé en garnison à Mayence.
L’année suivante, il reçut un renfort qui porta ses effectifs à deux bataillons, comme avant la paix de Nimègue, et prit part à la défense de Mayence. Le , les grenadiers du régiment, effectuèrent une sortie vigoureuse, repoussant les ennemis de leurs positions. Le , il se distingua encore dans la défense du chemin couvert.
En 1690, il faisait partie de l’armée de la Meuse et participe à la bataille de Fleurus.
En 1691, il se trouve au siège de Mons et à la défense des lignes d'Espierres.
En 1692, il contribue à la conquête de Namur et joue un rôle important dans la victoire de Steenkerque. Placé à gauche des dragons, il reste inébranlable à son poste, laissant sur le champ de bataille neuf officiers, dix sergents et 164 soldats, avec 224 hommes blessés. Il termine cette campagne par le bombardement de Charleroi.
La campagne de 1693 débute par la prise d'Huy, suivie du siège de Château-Picard. Le , les grenadiers du « régiment d'Orléans » s’emparent d’une tour couvrant la brèche à revers, et le château capitule le jour même. À Neerwinden, le régiment combat aux côtés du régiment de Piémont autour d’un village pris et repris à plusieurs reprises. Cette année-là, il participe aussi au siège de Charleroi et continue de marcher avec l’armée de Flandre jusqu’à la paix de Ryswick.
Guerre de Succession d'Espagne
En 1701, à l'ouverture de la guerre de Succession d'Espagne, le « régiment d'Orléans » rentre dans les Pays-Bas et deux bataillons sont envoyés par le maréchal de Boufflers pour défendre la place de Louvain[5]..
Au début de 1702, il se rend à Kaiserswerth, sous les ordres du marquis de Brancas, colonel du Régiment[2], alors que l’ennemi entreprend le siège de la ville. La défense de Kaiserswerth, durant cinquante-neuf jours de tranchées ouvertes, reste l’un des plus beaux faits d’armes du régiment. Le , il attaque le quartier des Hollandais, leur inflige la perte de 200 hommes et détruit leurs travaux. Après la capitulation, en , les deux bataillons du « régiment d'Orléans » réduit à un bataillon [6] fut envoyé à Venlo pour se rétablir, puis rejoignit bientôt sur le Rhin l’armée du duc de Bourgogne.
Le « régiment d’Orléans » entama la campagne de 1703 en Flandre, où il à la bataille d'Ekeren. Il rejoignit ensuite le corps que Armand de Pracomtal mena sur la Moselle pour surveiller les mouvements du prince de Hesse-Cassel, qui cherchait à empêcher le siège de Landau. Il prit part à la bataille du Speyerbach et à la conclusion du siège de Landau. En décembre, il se mit en route pour l’Espagne.
Arrivé en février 1704 à la frontière portugaise, il contribua à la rapide conquête de Salvaterra (pt), Segura (pt), Idanha-a-Nova, Portalegre et Castelo de Vide.
En 1705, un détachement participa au siège de Gibraltar. À la fin de cette année, le « régiment d'Orléans » suivit le régiment de Berwick dans les Alpes pour le siège de Nice.
Rappelé en Espagne au début de 1706, il fut engagé au siège de Barcelone. Le , après un combat acharné, il repoussa une sortie de la garnison dans le chemin couvert et fit prisonnier un bataillon du régiment anglais de la Reine, qu’il parvint à isoler lors de sa retraite.
En 1707, après la levée du siège de Barcelone, le « régiment d'Orléans » resta quelque temps au camp d’Espinosa avant de participer à la prise de Carthagène. Lors de la bataille d'Almansa, ses deux bataillons occupaient l’extrême gauche de la deuxième ligne, derrière le régiment de La Couronne. Pendant la grande charge menée contre le centre des Alliés, ils furent pris de flanc par une brigade hollandaise et contraints de reculer, mais cette retraite fut de courte durée. Le régiment de Berwick arriva avec quatre escadrons et, tandis qu’il engageait les Hollandais, le « régiment d'Orléans » reprit l’offensive, pénétra dans les rangs ennemis et les tailla en pièces. Le régiment de Nassau, considéré comme le meilleur de l’armée alliée, fut anéanti. En octobre, le régiment servait aux côtés du duc d’Orléans, propriétaire depuis 1701 et devenu régent du royaume, lors du siège de Lérida. L’assaut du fut mené par les grenadiers des régiments d'Auvergne et « d'Orléans », soutenus en réserve par le reste du « régiment d’Orléans ».
En 1708, le corps participa à la reddition de plusieurs petites places et prit part au siège de Tortose.
La campagne de 1709 en Espagne fut insignifiante ; en juillet, le « régiment d'Orléans » se rendit en Dauphiné.
En 1710, il passa sur le Rhin, demeura dans les lignes de la Lauter et hiverna à Saverne.
L’année suivante, il servit en Alsace puis hiverna en Franche-Comté.
En , il occupa Brisach et Neubourg.
En 1713, il se distingua devant Landau : dans la nuit du 2 au , après la prise d’un réduit, une sortie ennemie échoua et, au moment de la retraite, l’explosion d’une mine ensevelit en partie les « régiments d'Orléans » et de Saintonge. Les survivants, engagèrent un combat rapproché et repoussèrent l’ennemi, au prix de 40 morts et de nombreux blessés. Le régiment prit aussi part à la prise de Fribourg.
En 1714, il retourna en Catalogne pour le siège de Barcelone et subit de lourdes pertes lors de l’assaut du , durant lequel le mestre de camp du régiment, le marquis Joseph de Lesquen de La Villemeneust fut grièvement blessé.
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de 1720 à 1734
Guerre de Succession de Pologne
En 1727, le « régiment d'Orléans », qui appartenait depuis 1723 à Louis, fils du régent, faisait partie du camp de la Saône.
En 1733, dans le cadre de la guerre de Succession de Pologne, il partit en Italie et prit part à la conquête des places du Milanais.
En 1734, il participa aux sièges de Novare, Tortone et Serravalle, ainsi qu’au combat de Colorno, à la bataille de Parme, où il appuya les efforts du régiment de Picardie, et à la bataille de Guastalla, où, avec le régiment du Dauphin, il défendit le pont du Pô. Il termina cette campagne par la prise de La Mirandole et passa l’hiver dans les retranchements de Guastalla.
En 1736, il contribua à la conquête des places du Modénais et du Mantouan, puis rentra en France en septembre. Il occupa ensuite les quartiers de l’île de Ré et de La Rochelle.
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1734 à 1762
Guerre de Succession d'Autriche
En , le « régiment d'Orléans » se mit en route pour rejoindre l’armée de Bavière pour participer à la guerre de Succession d'Autriche. Arrivé sur les bords du Danube, il fut stationné à Amberg. De là, il partit pour la Bohême, prit part au combat de Sahay, campa sous Prague et participa à la longue défense de la ville aux côtés des régiments de Navarre et de Piémont. Lorsque les Autrichiens abandonnèrent leurs tranchées, le , la brigade d’Orléans, encore parmi les plus valides, fut chargée de les poursuivre et de surveiller les mouvements de leurs troupes légères. En octobre, le régiment fut envoyé à Kaursim, à la frontière de la Saxe, avec deux régiments de hussards et quatre de dragons, pour faciliter la jonction de l’armée de Westphalie avec celles de Bavière et de Bohême. Cette mission lui épargna les terribles souffrances des derniers jours de l’occupation de Prague et de la retraite.
De retour en France en , il comptait encore plus de 600 hommes sous les drapeaux. Il rejoignit alors l’armée du maréchal de Noailles et, avec le régiment d'Auvergne, fut chargé de garder Seligenstadt sur le Main, dont il fortifia les abords et se trouva à la bataille de Dettingen. Après la déroute, le régiment se retrancha à Sarrelouis.
En 1744, appelé en Flandre, il participa aux sièges de Menin, d'Ypres et de Furnes, puis passa le reste de l’année au camp de Courtrai.
L’année suivante, il se trouva au siège de Tournai, chargé de garder les tranchées durant la bataille de Fontenoy. Il prit ensuite part aux sièges d'Audenarde, de Termonde et d'Ath, avant de passer l'hiver à Dunkerque.
En , il quitta brièvement cette ville pour occuper Gand lors du siège de Bruxelles. Au début de la campagne, il repartit de Dunkerque pour le siège de Namur, puis combattit à Raucoux. Sa brigade attaqua avec audace les retranchements du village, remportant un succès total : drapeaux, canons et nombreux prisonniers témoignèrent de la victoire.
Au début de la campagne de 1747, le « régiment d'Orléans » se trouvait au camp de Malines. Cette année-là, il participa à la bataille de Lauffeld et prit part à la dernière attaque du village, où le mestre de camp Charles Auguste de La Cour, comte de Balleroy fut de nouveau blessé. Le régiment quitta rapidement le camp de Tongres pour se diriger vers Berg-op-Zoom. Le , le 1er bataillon et tous les grenadiers lancèrent l’assaut contre le bastion de droite. Après la prise de Berg-op-Zoom, le régiment fut envoyé à Zandvliet pour attaquer le fort Frédéric, ouvrant la tranchée le et s’en emparant le . Ils prirent également les forts Lillo et de la Croix, puis campèrent à Braxshoten pour le reste de l’année.
La guerre se termina en 1748 devant Maëstricht.
Période de paix
De retour en France, il fut affecté en garnison à Villers-Cotterêts.
Le , il devint la propriété de Louis-Philippe d'Orléans, petit-fils du régent, et fut envoyé à Orléans la même année.
Le , il se distingua lors du grand incendie qui ravagea les maisons de l'ancien pont.
En 1755, il fut appelé au camp de Richemont-sur-Moselle.
En 1756, il servit sur les côtes de Bretagne.
Guerre de Sept Ans
Envoyé en Allemagne en 1757, pour participer à la guerre de Sept Ans, le « régiment d'Orléans » participa à la prise de Cassel et à la conquête de la Hesse. Il rejoignit le Hanovre avec le maréchal de Richelieu et resta au camp d’Halberstadt du au . Lorsque l’armée força le passage de l’Aller le , il fut chargé de créer une diversion sur le pont de Lachtehausen (de).
De retour sur le Rhin en 1758, il s’installa au camp de Rheinberg. Le , 300 hommes et 100 chevaux du régiment, occupèrent un poste en avant de l’abbaye de Kamp. Attaqué à deux heures du matin par un important détachement venu des hauteurs d’Alpen, ils le repoussa. Le , le « régiment d'Orléans » prit part à la sanglante bataille de Krefeld. Le , il se distingua lors de l’attaque du camp de Bork, où le mestre de camp, le comte Gilbert de Chauvigny de Blot est blessé.
En 1759, le régiment se trouva à l’avant-garde avec le comte de Saint-Germain, se faisant remarquer à la prise de Münster et à la bataille de Minden.
Pendant toute la campagne de 1760, il marcha aux côtés du régiment d'Auvergne partageant la gloire acquise à Corbach, à Sachsenhausen et à Clostercamps.
En 1761, il se distingua à Villingshausen et lors du siège de Meppen.
Lors de la réorganisation des corps d'infanterie français de 1762, le régiment conserve ses deux bataillons.
L'ordonnance arrête également l'habillement et l'équipement du régiment comme suit[7]
Habit, collet, revers, culotte et veste blancs, parements rouges, pattes ordinaires garnies de quatre boutons, autant sur la manche, quatre au revers et quatre dessous : boutons jaunes et plats, avec le no 27. Chapeau bordé d'or. Il possédait également 6 drapeaux, dont un blanc Colonel, et 5 d’Ordonnance, « bleux & feuille morte par opposition, & croix blanches »[8].
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de 1762 à 1767 -
de 1767 à 1776 -
de 1776 à 1779
Période de paix
À la paix, le « régiment d'Orléans » fut mis en garnison à Sedan. Il se rendit ensuite à Givet et Charlemont en , à Valenciennes en , au Quesnoy en , à Dunkerque en , à Landrecies et Avesnes en , à Tours en , puis à Lorient, Port-Louis et Belle-Île en , à La Rochelle en , à Metz en novembre 1771, à Alais, Béziers et Saint-Hippolyte en , à Bordeaux en , à Blaye en , à Arras en , puis à Béthune et Saint-Venant en octobre suivant.
En 1779, il fut affecté à la garde des côtes de Normandie et de Bretagne, stationnant successivement à Alençon, Bayeux et Brest.
Il quitta Brest en pour Poitiers, puis rejoignit Lille en , Dunkerque en , Douai en . En 1785, il appartient à Louis-Philippe-Joseph, duc d'Orléans, père du roi Louis-Philippe.
En il se trouve à Valenciennes et au Quesnoy en . Pendant son séjour au Quesnoy, le régiment fut largement déserté par ses officiers qui émigrèrent[9]. En même temps, un bataillon temporairement détaché à Maubeuge eut des affrontements sanglants avec le régiment suisse de Rheinach qui partageait avec lui la garnison de Maubeuge.
34e régiment d'infanterie de ligne ci-devant Orléans (1791-1793)
L'ordonnance du fait disparaître les diverses dénominations, et les corps d'infanterie ne sont désormais plus désignés que par le numéro du rang qu'ils occupaient entre eux. Ainsi, 101 régiments sont renommés. Les régiments sont toutefois largement désignés avec le terme ci-devant, comme 44e régiment d'infanterie ci-devant Orléans.
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Grenadier du 44e régiment d’infanterie de ligne de 1791 à 1796
Guerres de la Révolution
En , le régiment fut envoyé à Arras, puis, en mai, le 2e bataillon partit pour Lorient, d’où il s’embarqua le pour la Martinique. Ce bataillon avait laissé son dépôt à Quimper et, dès juillet, dut y réprimer de graves troubles provoqués par des membres réfractaires du clergé, troubles qui furent les premiers signes de l'incendie qui allait embraser les provinces de l'Ouest.
- 1er bataillon
Lorsque les Autrichiens envahirent la Flandre, le 1er bataillon se réfugia à Lille et participa activement à la défense de la ville puis à la bataille de Valmy. Après la levée du siège, il entra en Belgique, puis, après la déroute de Neerwinden, fut envoyé vers l’armée de la Moselle pour participer à l'expédition de Trèves. Il se trouvait au camp de Hornbach le lorsque les Autrichiens attaquèrent ce poste. Malgré la désertion, dès les premiers coups de feu, du colonel du régiment Jean-Joseph Doyen de Félix, le bataillon fit preuve d’un courage héroïque et sauva l’avant-garde de l’armée. Dans son rapport à la Convention, le général de Schauenburg déclara : « 1er bataillon du 44e s’est conduit avec autant de bravoure que son chef a montré de lâcheté. »
Passé en 1794 à l’armée des Ardennes sous le commandement du général Jourdan, le bataillon se distingua au siège de Charleroi, où 200 hommes assurèrent avec grand succès le service de sapeurs.
Peu après, le 1er bataillon du 44e régiment d'infanterie de ligne (ci-devant Orléans) est amalgamé dans la 87e demi-brigade de première formation, et affecté à l'armée de Sambre-et-Meuse, avec :
Sous le commandement de Michel Silvestre Brayer, elle intégra, le , la formation de la 78e demi-brigade de deuxième formation. Elle servit ensuite dans les armées d'Allemagne et d'Italie, participa aux campagnes de Rome et de Naples, défendit Gênes, puis fut incorporée en 1803 au 2e régiment d'infanterie de ligne.
- 2e bataillon
Le 2e bataillon du 44e régiment d'infanterie ci-devant Orléans n’est pas revenu des Antilles, mais son dépôt, resté en Bretagne, y a servi avec vigueur. Il est notamment mentionné pour ses actions aux combats de Sablé et de Craon en 1795. Le général Aubert-Dubayet déclara à propos du combat de Craon : « Le 44e régiment, qui s’est déjà si souvent distingué, a contribué très efficacement au succès de la journée ». Ce dépôt rejoignit directement, le , l’armée du Rhin et Moselle au sein de la 44e demi-brigade de deuxième formation.
Ainsi disparaît pour toujours le 44e régiment d'infanterie ci-devant Orléans, partageant le sort de tous ces vieux régiments qui depuis deux siècles avaient défendu si intrépidement la patrie contre toutes les coalitions.
Notes et références
Notes
- ↑ brigadier le , † en duel par le comte Antoine Charles de Simons de Bois-David, colonel du régiment de Champagne, pour avoir médit d'une dame.
- ↑ brigadier le , †
- ↑ brigadier le , maréchal de camp le , lieutenant-général le , maréchal de France le , †
- ↑ brigadier le , †
- ↑ brigadier le , maréchal de camp le , †
- ↑ brigadier le , maréchal de camp le , lieutenant-général le , †
- ↑ brigadier le , déclaré maréchal de camp en par brevet expédié le
Références
- Bermond du Caylar (de) - Languedoc
- Charles Sevin de Quincy , « Histoire militaire du règne de Louis le Grand », tome 3, 1726, p. 728.
- ↑ La guerre de Hollande – Batailles de 1677 - La canonnade de Morville.
- ↑ Antoine Simon de Boisdavid, seigneur de Boisdavid et de Carantilly
- ↑ Lieutenant général de Vault, « Mémoires militaires relatifs à la guerre d'Espagne sous Louis XIV », tome 1, 1835, p. 436.
- ↑ Sourches t7
- ↑ Ordonnance du roi, concernant l'infanterie françoise : du 10 décembre 1762
- ↑ Cinquième abrégé général du militaire de France, sur terre et sur mer, Pierre Lemau de La Jaisse, Paris, 1739
- ↑ Histoire de l'infanterie en France par Belhomme T3 p. 464
Annexes
Sources et bibliographie
- Jacques de Quincy, Histoire militaire du règne de Louis le Grand, vol. 3, (Paris), , 825 p..
- Lieutenant général de Vault, Mémoires militaires relatifs à la guerre d'Espagne sous Louis XIV, vol. 1, Imprimerie Royale (Paris), , 910 p. (lire en ligne).
- Chronologie historique-militaire, par M. Pinard, tomes 3, 6, 7 et 8, Paris 1761, 1763, 1764 et 1778
- Louis Susane, Histoire de l'ancienne infanterie française, vol. 5, Paris, (lire en ligne), p. 156-183.
Article connexe
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