Radio Télévision Dounia

Radio Télévision Dounia

Présentation
Pays Niger
Siège social Niamey
Propriétaire Abibou Garba
Langue Francais
Historique
Création 2007
Diffusion hertzienne
RDS 89 MHz
Diffusion câble et Internet
Câble 527,25 MHz

La Radio Télévision Dounia est un groupe de presse privé basé à Niamey, la capitale du Niger. Il diffuse des programmes d'information et de divertissement dans la région de Niamey grâce à des relais situés dans plusieurs provinces. Figurant parmi les rares chaînes privées du Niger, il est la seule source d'information télévisée nigérienne en dehors de Tele-Sahel, la chaîne publique.

Historique

La Radio Télévision Dounia est un groupe de presse privé fondé à Niamey par Abibou Garba. Elle commence ses activités le , avec des émissions radiophoniques sur la fréquence 89 MHz et télévisées sur 527,25 MHz[1].

Dans un paysage audiovisuel dominé par la chaîne publique Télé Sahel, Dounia s’impose comme l’un des principaux médias privés du pays, proposant des programmes d’information, de débats et de divertissement. Elle développe progressivement une audience au-delà de Niamey grâce à des relais en région[2],[3].

À partir de 2008, dans un contexte de tensions politiques croissantes, le groupe Dounia fait face à plusieurs mesures de restriction de la part des autorités, notamment du Conseil supérieur de la communication (CSC), marquant une période difficile pour son fonctionnement.

Contexte

Entre 2008 et 2009, plusieurs médias nigériens ont fait l’objet de mesures restrictives dans un contexte de tensions politiques et de surveillance accrue de la presse [4]. Le Conseil supérieur de la communication (CSC), organe de régulation des médias, a pris plusieurs décisions concernant des chaînes de télévision et des stations de radio privées, notamment Dounia TV et Sahara FM.

Mesures administratives et réglementaires

En , le CSC a suspendu les activités de Dounia TV, basée à Niamey, pour une durée d’un mois. Le , Sahara FM, principale station de radio d’Agadez, a été fermée pour une durée indéterminée après la diffusion d’interviews de personnes affirmant avoir été victimes d’exactions attribuées aux forces gouvernementales [5].

Dans la continuité de ces mesures, Dounia TV a également été avertie par la Commission de la fonction publique (CFC) qu’elle risquait une fermeture en raison de la diffusion d’images montrant des interventions policières violentes lors d’une manifestation à Niamey. Par ailleurs, la chaîne a été accusée d’accorder une couverture importante aux partisans de la faction de Hama Amadou au sein du Mouvement national pour la société de développement MNSD-Nassara[6].

Le , le Conseil supérieur de la communication (CSC) a suspendu les activités de Dounia TV et Radio à la suite de la diffusion d’une déclaration appelant à la démission du président Mamadou Tandja. Selon le CSC, le groupe aurait diffusé des contenus assimilés à une « incitation des forces de sécurité à la révolte » contre les autorités[7].

Cette décision intervient dans un contexte marqué par la déclaration de l’état d’urgence le même jour, après l’échec du président Tandja à prolonger son mandat. Une organisation de défense de la presse a indiqué que plusieurs membres du CSC se seraient désolidarisés de la décision, estimant qu’elle n’avait pas été prise de manière collégiale mais par le seul président de l’institution[7].

Arrestations et poursuites judiciaires

À la suite de la diffusion de l’émission « Le Cercle des confrères », consacrée à la visite du président français Nicolas Sarkozy au Niger, plusieurs personnes ont été arrêtées le , dont le directeur de Dounia TV, Habibou Garba, le rédacteur en chef Seyni Amadou, ainsi que le militant de la société civile Elhadj Idi Abdou. Ils ont été accusés de « diffusion de fausses informations »[8].

Lors de cette émission diffusée le , Elhadj Idi Abdou avait qualifié la visite présidentielle d’« escale technique » visant à faciliter « le pillage des ressources du Niger ». Ces accusations étaient passibles de peines d’un à deux ans d’emprisonnement ainsi que d’amendes comprises entre 100 000 et 1 000 000 de francs CFA[9].

Dounia Media a également fait l’objet d’une procédure pour diffamation déposée par des membres du MNSD-Nassara à l’Assemblée nationale du Niger, à la suite de propos tenus par un membre de l’opposition lors d’une émission.

Répression et critiques

Après la proclamation de l’état d’urgence par le président Mamadou Tandja le , dans le cadre de la crise constitutionnelle nigérienne[10], Dounia TV a été le premier média fermé par les autorités. Le , la Conseil Supérieur de la Communication CSC a annoncé la suspension de l’ensemble de ses programmes pour « diffusion d’appels à l’insurrection contre les forces de sécurité », en lien avec la diffusion de déclarations du chef de l’opposition Mahamadou Issoufou.

Le , une organisation de défense de la liberté de la presse a indiqué que plusieurs membres du conseil d’administration du Conseil supérieur de la communication (CSC) avaient contesté la décision de suspension, dénonçant une procédure jugée unilatérale et un manque de consultation. Selon cette source, la décision aurait été prise sans consultation formelle du conseil[11].

Par ailleurs, Reporters sans frontières a dénoncé un « harcèlement répété » à l’encontre du groupe Dounia dans un communiqué publié à la suite des arrestations du [8].

Notes et références

  1. ↑ « RADIO ET TELEVISION DOUNIA », sur IDND | Plateforme de Référencement (consulté le )
  2. ↑ « DOUNIA TV », sur MEDIABUY COMMUNICATION - FZCO (consulté le )
  3. ↑ (fr) « Radio Television Dounia - Centres commerciaux », sur www.goafricaonline.com (consulté le )
  4. ↑ « Attaques contre la presse en 2008: Niger », sur Committee to Protect Journalists, (consulté le )
  5. ↑ « Homepage | RSF », sur rsf.org, (consulté le )
  6. ↑ (en-US) Mick Stern, « Attacks on the Press in 2008: Niger », sur Committee to Protect Journalists, (consulté le )
  7. « Niger: CSC’s president closes Dounia radio and TV station | Pambazuka News », sur www.pambazuka.org (consulté le )
  8. « Le groupe de presse Dounia sous la pression des autorités judiciaires, son directeur général accusé de "diffusion de fausses nouvelles" | RSF », sur rsf.org, (consulté le )
  9. ↑ « IFJ.org - Africa - IFJ Calls on the Government of Niger to End the Arrests and Intimidation of Journalists » [archive du ], sur africa.ifj.org (consulté le )
  10. ↑ M. R. Downing, J. W. Bloom et K. G. Mann, « Comparison of the inhibition of thrombin by three plasma protease inhibitors », Biochemistry, vol. 17, no 13,‎ , p. 2649–2653 (ISSN 0006-2960, PMID 79421, DOI 10.1021/bi00606a030, lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ (en) « Radio and TV broadcaster Dounia suspended for one month without explanation | RSF », sur rsf.org, (consulté le )
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