Rivière-Saint-Paul

Rivière-Saint-Paul
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Géographie
Pays
Province
Région administrative
Municipalité régionale
Municipalité
Coordonnées
51° 28′ 14″ N, 57° 42′ 45″ O
Démographie
Population
147 hab. ()
Identifiants
Code postal
G0G 2P0
Carte

Rivière-Saint-Paul (en anglais : Saint Paul's River) est un village situé dans le territoire de la municipalité de Bonne-Espérance dans Le Golfe-du-Saint-Laurent, au Québec (Canada).

Lieu fréquenté au fil des millénaires par plusieurs peuples autochtones et européens, le village actuel prend racine autour d'un poste de traite établi au début du xviiie siècle, puis d'un site de transformation du poisson. Les pêcheries sont encore au cœur des activités économiques et culturelles au xxie siècle.

Toponymie

Le village est nommé d'après la rivière au bord de laquelle il est établi, la rivière Saint-Paul, elle-même nommée d'après une concession accordée à Jean-Amador Godefroy de Saint-Paul[1].

En 1913, le lieu est connu sous le nom de Village Saint-Paul. Le nom Rivière-Saint-Paul est officialisé par la Commission de géographie en 1956[1].

Géographie

Situation

Rivière-Saint-Paul est situé dans la municipalité de Bonne-Espérance, en Basse-Côte-Nord au Québec (Canada)[1]. Implanté à 70 km à l'ouest de la frontière avec le Labrador, le village se trouve à l'extrémité orientale du Québec[2].

Les localités les plus proches sont Vieux-Fort, à 24 km à l'ouest et Middle Bay, à 24 km à l'est[3].

Topographie

Le village est implanté sur des pics rocheux et le sol meuble y est rare[4].

Hydrographie

Le village est implanté aux abords de l'estuaire de la rivière Saint-Paul, au fond des baies des Esquimaux et de Sébastopol[1],. La rivière est riche en saumons[5].

Climat

Le climat à Rivière-Saint-Paul est de type continental subpolaire. Selon la classification Köppen-Geiger, le village est situé dans une zone climatique continentale humide avec des étés courts et froids (Dfc)[6].

Lourdes-de-Blanc-Sablon
Normales climatiques 1991 - 2020
(51° 27′ N, 57° 11′ O, altitude 37,2 m ; 36 km à l'est)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne −7,1 −7 −2,8 2 7,8 12,5 15,9 17,1 13,3 7,7 2,3 −3,1 4,9
Moyenne −11,8 −11,5 −6,9 −1,4 3,8 8,4 12,1 13,4 9,4 4,4 −1,1 −7 1
Minimale moyenne −16,4 −16 −11 −4,8 −0,3 4,2 8,3 9,6 5,4 1 −4,5 −11 −3
Précipitations
Hauteur (mm) 76,5 81,2 91,2 53,2 66,9 78,3 93,9 91,2 101,7 85 83,8 98,4 1 001,1
dont pluie (mm) 12,3 6,9 11,9 21,2 63,5 79,4 92,8 86,6 102,1 77,1 58,9 31,7 644,2
dont neige (cm) 66,2 70 73,9 32,4 6,8 0,1 0 0 0 3,9 24,2 68,3 354,9
Source : Environnement et Changement climatique Canada[7]


Démographie

Évolution démographique
1941 1946 1951 1956 1961 1966 1971 1976 1981
103n.d.809512174442418468
1986 1991 1996 2001 2006 2011 2016 2021 -
256461n.d.479182[note 1]413[note 2]414[note 2]421[note 2]-
(Sources : Statistique Canada et Bureau fédéral de la statistique, population des localités non constituées et des localités désignées; Villeneuve 2003, p. 9)

Aménagement du territoire

Un périmètre d'urbanisation[note 3] a été identifié au schéma d'aménagement et de développement de la MRC de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent et correspondant aux limites du noyau villageois. Le schéma d'aménagement identifie par ailleurs plusieurs risques : inondations par embâcle de glace, érosion côtière et avalanche[8].

Économie

Rivière-Saint-Paul est le plus important port de pêche de la Basse-Côte-Nord après Lourdes-de-Blanc-Sablon. En 2012, 33 permis de pêche commerciale et 43 navires de pêche y sont recensés. Une usine transforme la ressource à même le village[9].

Si autrefois, la morue était la ressource la plus capturée, le homard est l'espèce la plus lucrative en 2025. Le crabe des neiges, le turbot, le flétan, le hareng constituent aujourd'hui les principales prises débarquées au quai[10],[11]. La ferme de la Baie-du-Saumon opère une aquaculture de pétoncles dans la baie des Saumons, en plus d'un restaurant et d'un site d'hébergement[11].

En , le taux de chômage est de 11,1 %[12].

Histoire

Époque précolombienne

L'occupation des environs remonte à 8 500 ans avant aujourd'hui. Les populations de l'Archaïque ancien et de l'Archaïque qui vivent de la chasse et de la cueillette doivent migrer lors de l'époque néo-glaciaire[13].

Les Paléoesquimaux de la culture de Dorset s'établissent vers 2 500 ans avant aujourd'hui. Ils s'alimentent en chassant (le phoque et le caribou, entre autres) et se déplacent notamment en traîneau à chien. Vers l'an 1150, l'arrivée des Thuléens et le déplacement du gibier entraîne la disparition des Dorsétiens de la Basse-Côte-Nord[13].

Contact avec les Européens

Au xvie siècle, des Bretons fréquentent les environs pour y pêcher la morue tandis que des Basques chassent la baleine[13]. Des tuiles basques et d'autres artéfacts européens ont d'ailleurs été retrouvées dans des sites archéologiques inuit près du village, montrant une relation partenariale établie entre les pêcheurs européens et les autochtones d'Amérique[14]. Les Innus fréquentent les environs également au milieu du deuxième millénaire[13].

Les baleiniers délaissent la Basse-Côte-Nord vers 1620 tandis que les Inuits quittent au xviiie siècle[13].

Colonisation

En 1706, une concession est accordée à Jean-Amador Godefroy de Saint-Paul, bien qu'un poste de traite avait été établi par des Français avant 1701. Les Godefroy de Saint-Paul exploitent l'établissement jusqu'en 1781. Par la suite, la concession est transigée à Nathaniel et Philip Lloyd, puis à William Grant en 1805 et à Lymburner et Associés en 1808. En 1823, Louis Chevalier achète une part de la concession pour y opérer une usine de transformation du saumon, qui demeure en opération pendant une soixantaine d'années. À cette époque, le village compte une vingtaine de familles[1].

Municipalisation

En 1963, une loi crée la municipalité de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent, qui, à l'origine, comprend le village de Rivière-Saint-Paul. La municipalité de Bonne-Espérance est détachée de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent en 1990[15].

Effondrement des stocks de morue

L'effondrement de la pêcherie de morue de Terre-Neuve et le moratoire qui s'est ensuivi en 1992 a porté un dur coup à l'activité économique du village, avec pour conséquences une hausse du chômage et un exode de la population. Les pêcheurs ont dû se réorienter vers d'autres ressources, comme le crabe des neiges, et l'usine de transformation a dû être modernisée en conséquence[10].

Services

Transports

Transport terrestre

Le village est traversé par un segment de la route 138 qui n'est pas relié directement au reste du réseau routier québécois. Cette section isolée longue de 72 km relie Vieux-Fort à Blanc-Sablon et la frontière du Labrador, où elle connecte avec la route 510[16].

La route blanche est un lien hivernal entretenu par le ministère des Transports permettant de se déplacer entre les localités de la Basse-Côte-Nord par motoneige. Aucune marchandise n'y est cependant transportée. Lorsque le Relais Nordik est hors service en raison des glaces, les denrées périssables sont acheminées par la route, via le Labrador[17].

Transport maritime

Le port est administré par l'Eastern Lower North Shore Harbour Authority. L'administration portuaire s'occupe de l'entretien des quais flottants destinés aux pêcheurs et aux plaisanciers[18].

Les marchandises sont manutentionnées au port en eau profonde de Blanc-Sablon, desservi par le transporteur maritime Relais Nordik, affrété par la Société des traversiers du Québec. Le Relais Nordik effectue la desserte maritime des localités de la Basse-Côte-Nord, ainsi que celle de l’île d’Anticosti à partir de Rimouski et Sept-Îles. Cette desserte permet l'approvisionnement en marchandises et en pétrole sur une base hebdomadaire, de mai à janvier[17].

Transport aérien

Le village compte un héliport, notamment destiné à des fins de transport médical[19].

L'aéroport de Lourdes-de-Blanc-Sablon est situé à proximité[19].

Loisirs, culture et vie communautaire

Le village compte plusieurs sites archéologiques qui témoignent des échanges entre les Inuits et les Basques au xvie siècle et xviie siècle[14],[20]. Le musée Whiteley retrace l'histoire de la localité et de William Henry Whiteley (en), inventeur du piège à morue[21],[22].

La bibliothèque de l'école secondaire Saint Paul est aussi un équipement culturel d'importance[23].

Éducation

La localité compte une école secondaire anglophone qui accueille les élèves de Vieux-Fort et de Blanc-Sablon[24].

Santé

Un centre local de services communautaires dispense des soins infirmiers aux habitants de Rivière-Saint-Paul. La médecine générale est pratiquée à l'hôpital de Blanc-Sablon tandis que les soins de spécialité sont offerts par des médecins itinérants[25].

Équipements publics

Le village est desservi par son propre réseau d'aqueduc, rénové en pouvant fournir de l'eau potable jusqu'à 472 personnes[26]. L'aqueduc. approvisionné à partir du lac Birchy, alimente l'ensemble du village, à l'exception de l'usine de transformation des pêches, qui possède sa propre conduite[27],. Des travaux terminés en 2010 ont permis de moderniser le réseau et le traitement, tandis que des problèmes de contamination et de turbidité affectaient l'eau distribuée[28],[29].

Un réseau d'égout est aussi présent[30].

Commerces et services

Un magasin général assure l'approvisionnement des villageois en denrées et en biens. Des casse-croûtes sont en opération pendant l'été[11]. Un établissement de chambres d'hôtes peut accueillir la clientèle touristique[31].

Notes et références

Notes

  1. ↑ À partir de 2006, le territoire de recensement ne comprend qu'une partie du village.
  2. Estimation à partir des données en soustrayant la population de Baie-du-Milieu de l'aire de diffusion 24980036.
  3. ↑ Au Québec, un périmètre d'urbanisation comprend les secteurs d'une municipalité régionale de comté (ou d'un territoire équivalent) qui sont déjà urbanisés et ceux dans lesquels elle entend implanter les nouveaux secteurs d’expansion urbaine. Voir Ministère des Affaires municipales et de l'Habitation, « Périmètres métropolitains, périmètres d'urbanisation et zones prioritaires d'aménagement et de réaménagement », dans La prise de décision en urbanisme, La prise de décision en urbanisme (guide), Québec, gouvernement du Québec, (lire en ligne).

Références

  1. Commission de toponymie du Québec, « Rivière-Saint-Paul », Banque de noms de lieux du Québec, sur toponymie.gouv.qc.ca, gouvernement du Québec, (consulté le )
  2. ↑ Villeneuve 2003, p. 5.
  3. ↑ Villeneuve 2003, p. 8.
  4. ↑ Villeneuve 2003, p. 6.
  5. ↑ Roberts 2012.
  6. ↑ « Climat du Québec » [PDF], sur environnement.gouv.qc.ca,
  7. ↑ Environnement et Changement climatique Canada, « Données des normales climatiques canadiennes pour 1991-2020 : Lourdes-de-Blanc-Sablon », sur climat.meteo.gc.ca, Gouvernement du Canada (consulté le ).
  8. ↑ Roberts 2022.
  9. ↑ Roberts 2022, p. 38.
  10. Villeneuve 2003, p. 10.
  11. (fr-CA) Stéphanie Bérubé, « La renaissance d’un village du bout du monde », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. ↑ Statistique Canada Gouvernement du Canada, « Tableau de profil, Profil du recensement, Recensement de la population de 2021 », sur www12.statcan.gc.ca, (consulté le )
  13. Roberts 2022, p. 8.
  14. Louis Lessard, « Découverte de quatre sites basques qui redéfinissent la relation avec les Inuit », sur Radio-Canada, (consulté le )
  15. ↑ Roberts 2022, p. 1.
  16. ↑ Roberts 2022, p. 122.
  17. Roberts 2022, p. 144.
  18. ↑ Roberts 2022, p. 134.
  19. Roberts 2022, p. 136.
  20. ↑ Roberts 2022, p. 75.
  21. ↑ « Whiteley Museum », sur whiteleymuseum.com (consulté le )
  22. ↑ Roberts 2022, p. 109.
  23. ↑ Roberts 2022, p. 110.
  24. ↑ Roberts 2022, p. 152.
  25. ↑ Roberts 2022, p. 147.
  26. ↑ Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, « Réseaux municipaux de distribution d'eau potable », sur www.environnement.gouv.qc.ca, gouvernement du Québec, (consulté le )
  27. ↑ Roberts 2022, p. 158.
  28. ↑ Villeneuve 2003, p. 34.
  29. ↑ (fr-CA) Radio-Canada, « Nouveau réseau d'aqueduc », sur Radio-Canada.ca, (consulté le )
  30. ↑ Roberts 2022, p. 160.
  31. ↑ Roberts 2022, p. 47.

Annexes

Articles connexes

  • Brador (Québec)

Bibliographie

  • Andrea Roberts, Maude Barabé, Nathalie Martin, Jean-François Viens, Julie Lakis et Aurélie Lépinoux, Schéma d'aménagement et de développement, Chevery, MRC du Golfe-du-Saint-Laurent, , 242 p. (lire en ligne)
  • Jean-Pierre Villeneuve, Alain Mailhot et Michel Nepton, Étude de la problématique de l'approvisionnement en eau potable de sept localités de la Cote-Nord, Sainte-Foy, Institut national de recherche scientifique, , 123 p. (ISBN 978-2-89146-796-4, lire en ligne), p. 5

Liens externes

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