Stèle de la donation
| Type |
Stèle avec inscriptions hiéroglyphiques documentant la vente d'une charge de gouverneur. |
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| Localisation |
La stèle de la donation d'Ahmès-Néfertary est une des stèles[note 1] du pharaon Ahmôsis, premier souverain de la XVIIIe dynastie, datée d'avant l'an 22 du règne comme l'indique la graphie du signe du croissant de lune avec un demi disque[1].
Découverte et recherche
La stèle, en calcaire, a été découverte en trois fragments à l'intérieur du troisième pylône du temple d'Amon-Rê à Karnak. Ces fragments ont été découverts respectivement par H. Chevrier en 1935 et 1948 puis L. Habachi en 1956[2].
Les trois fragments de la stèle ont été publiés ensemble pour la première fois, avec une première traduction, par Ibrahim Harari en 1959[3]. Par la suite, deux chercheurs français, Michel Gitton[4],[5] et Bernadette Menu[6],[7],[8],[9], ont publié un certain nombre d'articles et d'ouvrages portant sur l'interprétation du texte ; ces deux chercheurs avaient une interprétation distincte de la stèle, comme le souligne Gitton lui-même en 1984[10] ainsi que Menu dans son ouvrage posthume de 2024[9].
Description générale
La stèle en calcaire est assez grande, bien que les dimensions n'ont pas été publiées ; elle a la particularité d'être plus large que longue, avec toute la partie inférieure qui est restée vierge. Il est donc possible que cette stèle était à l'origine un élément de paroi[2].
Sur le tiers gauche de la partie supérieure de la stèle, on voit « le dieu parfait, seigneur des Deux Terres, Nebpehtyrê (Ahmôsis), doué de vie comme Rê, éternellement », coiffé du Pschent, offrant à « Amon-Rê, seigneur des trônes des Deux Terres, seigneur du ciel, qu'il daigne accorder toute vie, durée, pouvoir et toute joie » et tenant par la main « le fils aîné du roi, (issu) des chairs du dieu, Ahmosé vivant », et suivi de son épouse, la reine Ahmès-Néfertary, la main gauche sur l'épaule droite du roi, avec le détail des grandes prérogatives politiques et religieuses de cette dernière : « La fille de roi, la sœur du roi, l'épouse du dieu, la grande épouse du roi, Celle pour qui l'on agit chaque fois qu'elle ordonne, Celle qui est à la tête des Deux Terres, Ahmès-Néfertary, vivante[11]. »
Le texte principal se trouve quant à lui sur les tiers de droite et central de la partie supérieure de la stèle.
Interprétations
Le texte décrit la vente ou la création de la charge de deuxième prophète d'Amon. Dans l'interprétation de Michel Gitton, la fonction de deuxième prophète d'Amon est vendue par Ahmès-Néfertary en échange d'un prix, versé par le roi, consistant en biens affectés à la fonction d'épouse du dieu, ainsi qu'en vêtements et accessoires cérémoniels[4],[5]. Dans l'interprétation de Menu, le roi a vendu fictivement à la reine la fonction de deuxième prophète d'Amon, ce qui lui permet d'avoir un statut public[note 2],[9] ; le prix échangé contre cette fonction est fortement et artificiellement sous-évalué par le roi[12] et est versé par lui-même à la reine, avantageant donc cette dernière triplement[12].
Comme le souligne Menu, la cassure de la stèle à l'endroit précis où le texte indique la nature exacte de l'échange empêche les chercheurs de savoir de manière absolument certaine laquelle de ces deux interprétations est la bonne[13].
Notes et références
Notes
- ↑ Voir aussi : sa grande stèle de Karnak à la gloire d'Amon sur laquelle Ahmôsis Ier accomplit l'éloge de sa mère Iâhhotep Ire, une autre stèle érigée à Abydos honorant sa grand-mère Tétishéri.
- ↑ À la suite d'une étude de Katalin Anna Kothay sur le terme néméhyt, Menu considère que la reine était une veuve, peut-être du roi défunt Ouadjkheperrê Kames, remariée au roi Ahmôsis et donc était à la charge de la maisonnée royale (Menu 2024, p. 393).
Références
- ↑ Barbotin 2008, p. 91.
- Barbotin 2008, p. 204.
- ↑ Harari 1959.
- Gitton 1976.
- Gitton 1979.
- ↑ Menu 1971.
- ↑ Menu 1977.
- ↑ Menu 1982, p. 205-207, 214.
- Menu 2024, p. 390-395 et 504-508.
- ↑ Gitton 1984, p. 30-31, note 5.
- ↑ Barbotin 2008, p. 206.
- Menu 2024, p. 394.
- ↑ Menu 2024, p. 393.
Bibliographie
- Ibrahim Harari, « Nature de la stèle de donation de fonction du roi Ahmosis à la reine Ahmès-Néfertari », ASAE, no 56, , p. 139-201 et planches I-II ;
- Bernadette Menu, « Quelques remarques à propos de l'étude comparée de la stèle Juridique de Karnak et de la stèle d'Ahmes Néfertary », Revue d'égyptologie, no 23, , p. 155-163 ;
- Michel Gitton, « La résiliation d'une fonction religieuse : nouvelle interprétation de la stèle de donation d'Ahmès Néfertary », BIFAO, no 76, , p. 65-89 ;
- Bernadette Menu, « La stèle d'Ahmès Néfertary dans son contexte juridique et historique », BIFAO, no 77, , p. 89-100 (lire en ligne) ;
- Michel Gitton, « Nouvelles Remarques sur la Stèle de Donation d'Ahmes Néfertary », BIFAO, no 79, , p. 327-333 ;
- Bernadette Menu, Recherches sur l'histoire juridique, économique et sociale de l'ancienne Égypte, Versailles, auto-édition, , ix & 348 ;
- (en) Michel Gitton, Les divine éspouses de la 18e dynastie, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Centre de Recherches d'Histoire Ancienne 61 / Annales Littéraires de l'Université de Besançon 306 », (lire en ligne) ;
- Christophe Barbotin, Âhmosis et le début de la XVIIIe dynastie, Pygmalion, (ISBN 978-2-85704-860-2) ;
- Bernadette Menu, Histoire économique et sociale de l'ancienne Égypte, vol. I, t. 2 : Les fondaments de l'économie, Paris, CNRS Editions, , 554 p. (ISBN 9782271149770).
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