VIIe congrès du Front national
| VIIe congrès du Front national | ||||||||
| ||||||||
| Type | Congrès | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Édition | 7e | |||||||
| Localisation | Versailles (Yvelines) | |||||||
| Organisateur | Front national | |||||||
| Date | 1er au 3 novembre 1985 | |||||||
| Résultat | Réélection de Jean-Marie Le Pen. | |||||||
| ||||||||
Le VIIe congrès du Front national se tient du 1er au à Versailles, ville « symbole du passé historique de la France » comme la présente Jean-Marie Le Pen à la tribune[1].
Ce congrès marque le lancement de la campagne des législatives de 1986 pour le parti.
Contexte
Le , Jean-Marie Le Pen fait, avant le VIIe congrès, sa deuxième apparition dans l’Heure de Vérité devant 17 millions de téléspectateurs (record d’audience). Le parti obtient également quelques jours avant le congrès des bons résultats dans une cantonale partielle en Haute-Savoie en obtenant 22%.
En amont du congrès, le Front national annonce plusieurs ralliements importants : le président de la Cour d’assises de Paris André Giresse ; Henri Yrissou, inspecteur des finances et ancien directeur de cabinet d'Antoine Pinay ; et le président Valabregue, ancien vice-président gaulliste de l’Assemblée nationale[2].
Elections internes

Des modifications sont apportées aux statuts : dorénavant le président du parti est élu par le congrès et non plus par le comité central. Le samedi 2, le président du Front national est réélu par acclamation par les congressistes. Jean-Marie Le Pen ironise alors en disant : « Une unanimité presque soviétique, à une différence près : chez nous, il n’y a pas de Goulag ! »[3].
Comme lors des précédents congrès, des listes confectionnées par Jean-Pierre Stirbois circulent. Elles tentent d’écarter les proches du duo Le Pen-Le Chevallier. Il reproche à ce dernier de vouloir faire du FN « le creuset de toutes les tendances de la droite au prix de tous les compromis »[4].
Le président du FNJ Carl Lang arrive en tête du comité central avec 17 130 voix suivi par Roger Holeindre avec 17 030 voix[5]. Dans les 10 premiers nous retrouvons ensuite Olivier d’Ormesson, Bernard Antony, Pierre Durand, Michel Collinot, Jean-Pierre Stirbois, Michel de Camaret, Yves de Verdilhac, et Jean-François Jalkh[6].
Déroulement du congrès
À l’ouverture du congrès, Jean-Marie Le Pen commence par l’accueil des invités étrangers : une délégation de l’Alliance nationale de Berne, de Vigilance de Genève, de l'EPEN grec et du MSI représenté par son secrétaire général Giorgio Almirante et son épouse[1].
Le congrès du Front national se déroule à huis clos, sauf lors des discours du président Jean-Marie Le Pen. Lors de son discours, Le Pen donne rendez-vous à tous « ses détracteurs » en , espérant un « petit chelem ». Il annonce en ce sens qu’il « faudra désormais compter avec la droite populaire, nationale et sociale. Le Front national a bouleversé profondément et définitivement la vie politique. Notre objectif est de conquérir le pouvoir, et nous appliquerons en France une politique de salut public pour faire rayonner sur le monde le message d'humanisme que l'Europe porte en elle depuis deux mille ans »[7].

La 2e journée du congrès est consacrée au travail des dix « forums » et à l’adoption d’un programme en vue des prochaines élections législatives et régionales. Les forums traitent de sujets variés comme « la priorité et la dignité des Français face à l’emploi » ou encore « la France, moteur de l’Europe »[1].
C’est à l’occasion de ce congrès que le programme électoral des législatives intitulé « Pour la France » et axé sur la préférence nationale est officiellement diffusé pour faire concurrence à la plateforme RPR-UDF, marquée elle aussi par « l’ultra conservatisme néo-libéral »[2].
Jean-Pierre Stirbois développe à la tribune l’idée que le FN doit attirer l’électorat populaire. Son ambition est de parvenir à faire voter « dans 17 mois, tous ensemble, tous ceux qui ont déjà voté une fois dans leur vie pour le Front national ». Deux principes dominent : donner une assise électorale de plus en plus large au FN et développer son discours social. Le programme est adopté à la quasi-unanimité. Celui-ci se polarise sur ce qu’il qualifie de « problèmes essentiels que sont : le chômage, l’insécurité, la dénatalité, l’immigration, l’étatisme bureaucratique, la fiscalité et le laxisme moral »[8].
L’après-midi est réservé à l’intervention des différents rapporteurs des commissions permanentes du Front national qui soumettent aux congressistes les travaux de leurs groupes. C’est ainsi que Jean-Claude Martinez pour la politique générale et les institutions, Michel de Poncins pour l’économie et les finances, Gérard Prioux pour l’immigration, Germaine Burgaz pour la famille, Martial Bild pour la culture, le colonel Champagne pour la défense et Olivier d’Ormesson pour la politique extérieure se succèdent à la tribune[1].
Analyses
Pour l’historienne Valérie Igounet, le FN ne se contente pas lors de ce congrès de confirmer sa nouvelle stratégie électorale de rassemblement des déçus de la droite, il affirme vouloir s’ouvrir à d’autres catégories sociales (ouvriers, agriculteurs, employés) et les appelle à rejoindre le FN qui défendrait « un système de création de richesses pour tous et non un système qui ne favoriserait que les riches ». Selon elle, les médias et la classe politique perçoivent alors le FN comme un mouvement franchissant une étape supplémentaire vers sa reconnaissance[4].
Pour le politologue Pascal Perrineau, ce congrès intervient alors que le Front national réalise une nouvelle percée sur le plan national le avec 10,95 % des suffrages exprimés lors des élections européennes. Ce score lui ayant permis d'avoir dix élus au Parlement européen. Cela marquant « la véritable « entrée en politique » du Front national[9].
Références
- « Le congrès de l’espoir », National Hebdo, no 68, 8 au 15 novembre 1985, p. 6
- Géraud Durand, Enquête au cœur du Front national, Jacques Grancher, , 249 p. (ISBN 2-7339-0514-7), p. 64
- ↑ « Le congrès de l’espoir », National Hebdo, no 68, 8 au 15 novembre 1985, p. 6-7
- Valérie Igounet, Le Front national de 1972 à nos jours, Seuil, , 495 p. (ISBN 978-2-02-107826-8), p. 175
- ↑ Roland Gaucher, La montée du FN, Jean Picollec, , 446 p. (ISBN 2-86477-164-0), p. 138
- ↑ « Le congrès de l’espoir », National Hebdo, no 68, 8 au 15 novembre 1985, p. 10
- ↑ « M. Le Pen veut " conquérir le pouvoir " pour appliquer " une politique de salut public " », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ Valérie Igounet, Le Front national de 1972 à nos jours, Seuil, , 495 p. (ISBN 978-2-02-107826-8), p. 176
- ↑ Pascal Perrineau, La France au Front : Essai sur l'avenir du Front national, Fayard, , 229 p. (ISBN 978-2-213-68103-0), p. 21
- Portail des années 1980
- Portail de la politique française
- Portail du conservatisme
- Portail de Versailles
