VIe congrès du Front national
| VIe congrès du Front national | ||||||||
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| Type | Congrès | |||||||
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| Édition | 6e | |||||||
| Localisation | Paris | |||||||
| Organisateur | Front national | |||||||
| Date | 7 au 9 mai 1982 | |||||||
| Résultat | Réélection de Jean-Marie Le Pen. | |||||||
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Le VIe congrès du Front national se tient les , et . Le parti célèbre ses dix ans d’existence, au Palais des Congrès de la Porte Maillot. Il s’agit du premier congrès du FN après l’élection présidentielle de 1981, où Jean-Marie Le Pen n’a pas obtenu les 500 parrainages nécessaires pour se présenter.
Contexte
Le parti est dans un contexte politique compliqué à l’aube du congrès et ses résultats politiques ne décollent pas : 0,2 % aux législatives de juin 1981 et des scores semblables aux cantonales de mars 1982 où le parti avait investi des candidats sur 60 cantons. Alors que le parti prépare pour le sa 4e fête nationale de Jeanne d’Arc place de la Concorde, le FN se revendique de 1500 militants, néanmoins 150 adhérents sont à jour de cotisations[1].
Déroulement du congrès
300 militants du parti participent, vendredi et samedi , au sixième congrès, dont les travaux à huis clos, sont essentiellement consacrés à l'examen de la situation « catastrophique » créée, selon les dirigeants du parti, depuis l'arrivée au pouvoir de la « coalition socialo-communiste »[2].
Le Congrès fait figure de pré-lancement de la campagne des municipales de mars 1983. Le parti souhaite placer celles-ci sous le signe de la victoire de la « vraie droite : l’opposition nationale ». Lors du congrès, Jean-Marie le Pen développe un discours sur le déclin et la décadence. Ses accusations visent les hommes de l’ancienne majorité tout autant que les socialistes qui pour lui « partagent une grande part des responsabilités dans la décadence du pays »[3].
Elections internes
Le congrès, renouvelle le comité central du parti avec 55 candidats pour les 40 postes à pourvoir. Le bureau politique du parti est également renouvelé, Jean-Marie Le Pen est reconduit par acclamation à la présidence. Les vice-présidents sont : Dominique Chaboche, Henri David, Germaine Burgaz ; Jean-Pierre Stirbois devient secrétaire général. On retrouve aussi Michel Bayvet ( trésorier) Pierre Durand (trésorier adjoint), André Dufraisse et Alain Jamet (fédérations), Roland Gaucher (propagande), Jean-François Jalkh (FNJ) et Michel Collinot (Presse)[2].

Conséquences politique et historique du VIe congrès
Le , François Mitterrand prononce un discours à Orléans dans lequel il énonce que « l’unité nationale, ce n’est pas l’uniformité, c’est le pluralisme des opinions, le choc des idées. » Cette phrase fait réagir Jean-Marie Le Pen qui dénonce un « blocus médiatique » à son encontre, alors que la presse ne manifeste un intérêt que très sporadique pour le VIe congrès[4].
Opposé à ce blocus médiatique, et mettant en avant le pluralisme démocratique devant régner sur les ondes prôné tant par le Parti Socialiste que par François Mitterrand, Jean-Marie le Pen s’adresse alors à son ami de l’UNEF, le socialiste Guy Penne, chargé de mission à l’Elysée. Il lui transmet le une lettre pour le Président de la République lui demandant d’intervenir en sa faveur auprès des responsables de la télévision. Lettre à laquelle, le président répondra dès le , sur les conseils de Michel Charasse, en annonçant demander à Georges Fillioud, alors ministre des communications d’agir rapidement auprès des présidents des différentes chaines[5],[6].
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Dans sa réponse, François Mitterrand juge cet incident « regrettable », et qu’il ne « devrait plus se reproduire » avec l'application prochaine de la réforme de l'audiovisuel qui « a notamment pour objet de donner à un organisme indépendant tous les moyens de veiller au respect des obligations du service public, particulièrement en matière de pluralisme »[7].
Pour le politologue Pascal Perrineau, le calcul du Président de la République correspond à la volonté de créer un « contre feu » et de faire diversion face aux difficultés que rencontre le gouvernement Mauroy et est également une volonté tactique de « diviser l’adversaire » en confrontant la droite parlementaire à un dilemme sur l’attitude à adopter face à cette nouvelle composante[8].
Pour le politologue Laurent de Boissieu, le parti réaffirme à l’occasion de ce congrès son organisation unitaire en s'attaquant aux nationalistes-révolutionnaires, l’ancien secrétaire général Alain Renault et l’équipe de Militant, qui, pour s’opposer à la montée en puissance de Jean-Pierre Stirbois dans le contexte de la préparation de la présidentielle de 1981, ont formé début 1982, avec le MNR (Malliarakis) et l’Œuvre française (Sidos) un éphémère « Regroupement nationaliste »[9].
Références
- ↑ Valérie Igounet, Le Front national de 1972 à nous jours, Seuil, , 495 p. (ISBN 978-2-02-107826-8), p. 130-131
- A. R., « M. Jean-Marie Le Pen : le rideau de fer est déjà de l'autre côté du Finistère », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ Joseph Lorien, Karl Criton et Serge Dumont, Le système Le Pen, EPO, , 336 p. (ISBN 2872620133), p. 179
- ↑ Valérie Igounet, Le Front national de 1972 à nous jours, Seuil, , 495 p. (ISBN 978-2-02-107826-8), p. 131
- ↑ Géraud Durand, Enquête au cœur du Front national, Jacques Grancher, , 249 p. (ISBN 2-7339-0514-7), p. 47-48
- ↑ Roland Gaucher, La montée du FN, Jean Picollec, , 446 p. (ISBN 2-86477-164-0), p. 56
- ↑ A. R., « M. Mitterrand donne raison à M. Le Pen », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ Pascal Perrineau, Le Symptôme Le Pen, Radiographie des électeurs du Front National, Fayard, , 264 p. (ISBN 221359984X), p. 41
- ↑ Laurent de Boissieu, « Rassemblement national : ces congrès qui ont marqué l’histoire du parti », La Croix, (lire en ligne)
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