17e législature du Québec

16e législature 17e législature 18e législature
Gouvernement Taschereau
1927 1928 1929 1930 1931

17e législature du Québec
[Note 2] - [Note 1]
1re session : -
2e session : -
3e session : -
4e session : -
Image illustrative de l’article 17e législature du Québec
Gouvernement
Type Parti libéral majoritaire
Premier ministre Louis-Alexandre Taschereau
[Note 3]-[Note 1]
Conseil des ministres Taschereau (1928-1931)
Assemblée nationale
Composition Voir l'évolution de la composition
Président Hector Laferté (PLQ)
[1]-
  Télesphore-Damien Bouchard (PLQ)
[1]-
Leader du gouvernement Louis-Alexandre Taschereau (PLQ)
-
Chef de
l'opposition
Arthur Sauvé (PC)
[2]-
  Camillien Houde (PC)
[3]-

La 17e législature du Québec est formée à la suite des élections générales québécoises de 1927, tenues le . Le Parti libéral du Québec, dirigé par Louis-Alexandre Taschereau, remporte une victoire écrasante avec 75 sièges sur 85, contre 9 pour le Parti conservateur et 1 pour le Parti ouvrier.

Cette législature est marquée par la création de la Commission des accidents du travail du Québec (1928), l'interdiction d'accès aux cinémas pour les enfants de moins de 16 ans à la suite de l'incendie du Laurier Palace, le krach de 1929 et le début de la Grande Dépression, ainsi que par la transition à la tête de l'opposition conservatrice d'Arthur Sauvé à Camillien Houde.

Contexte politique

Élection de 1927

Louis-Alexandre Taschereau, premier ministre du Québec, remporte 75 sièges sur 85 aux élections de 1927.

L'élection du consolide la domination libérale au Québec. Le Parti libéral du Québec de Louis-Alexandre Taschereau obtient 60,7 % des voix et fait élire 75 députés sur 85, soit 13 de plus qu'en 1923. Le Parti conservateur d'Arthur Sauvé est réduit à 9 sièges, tandis que William Tremblay conserve le siège du Parti ouvrier dans Maisonneuve[2]. Vingt-six des 85 députés siègent pour la première fois.

Opposition affaiblie

Camillien Houde, maire de Montréal, devient chef du Parti conservateur et de l'opposition à compter de l'été 1929.

Avec seulement 9 députés, l'opposition conservatrice peine à exercer une surveillance parlementaire efficace. Arthur Sauvé dirige le parti pour une dernière fois lors des deux premières sessions avant de céder sa place. Au congrès conservateur de l'été 1929, Camillien Houde, maire de Montréal depuis le , lui succède comme chef du parti et prend la tête de l'opposition à compter de la 3e session[3]. Des figures conservatrices en devenir se démarquent, notamment Maurice Duplessis, député de Trois-Rivières, reconnu pour son éloquence, et Paul Sauvé, fils d'Arthur, élu dans Deux-Montagnes lors d'une élection partielle en 1930[4],[5].

Réformes et réalisations

Commission des accidents du travail (1928)

Lors de la 1re session, le gouvernement crée la Commission des accidents du travail du Québec (projet de loi 49) afin de régler les réclamations des travailleurs accidentés sans recours aux tribunaux. La loi met également les frais médicaux et d'hospitalisation à la charge de l'employeur, augmente les frais funéraires de 50 à 125 dollars et accorde une indemnité des deux tiers du salaire en cas d'incapacité permanente[2]. La 4e session renforce ce régime en instaurant une assurance collective obligatoire gérée par la Commission, couvrant intégralement les frais médicaux, l'hospitalisation et le transport des accidentés[4].

Réglementation des cinémas (1928)

À la suite de l'incendie du Laurier Palace du , qui a coûté la vie à 78 enfants, le gouvernement adopte le projet de loi 3, interdisant l'accès aux cinémas aux enfants de moins de 16 ans et imposant la fermeture dominicale des salles de spectacle. Ce projet, inspiré du rapport du juge Louis Boyer, est adopté par 57 voix contre 5[2].

Radiodiffusion provinciale (1929)

Lors de la 2e session, le gouvernement fait adopter la Loi sur la radiodiffusion (projet de loi 41), dotée d'un budget de 200 000 dollars, afin de contrer l'influence de la radio américaine et d'offrir une programmation canadienne-française. Cette initiative donne naissance à l'émission L'heure provinciale, diffusée sur les ondes de CKAC jusqu'en 1939[6].

Éducation des enfants juifs (1930)

La 3e session voit l'adoption du projet de loi 39, reconnaissant le droit à l'éducation confessionnelle juive. Après des négociations avec le clergé catholique, une entente entre la communauté protestante et la communauté juive rend toutefois cette loi caduque dès 1931[3].

Mesures contre le chômage (1930-1931)

Devant la montée du chômage provoquée par la Grande Dépression, le gouvernement adopte lors de la 4e session le projet de loi 2, une convention fédérale-provinciale attribuant 2 850 000 dollars d'aide au Québec. Les coûts sont répartis entre les municipalités, le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial. Le premier ministre Taschereau crée également une Commission du chômage composée d'hommes d'affaires bénévoles, remplacée en 1931 par le Service du chômage dirigé par Ivan Vallée[4].

Infrastructure : programme de ponts

La 4e session autorise la construction de sept ponts, dont celui de Caughnawaga-LaSalle (futur pont Mercier), ainsi que des ponts à Sorel, Pierreville, Belœil, Chicoutimi et à l'île d'Orléans[4].

Événements marquants

Krach boursier et Grande Dépression (1929-1931)

La foule se presse devant la Bourse de New York après le krach de 1929 du , qui déclenche la Grande Dépression.

Le krach de 1929, survenu le , frappe durement l'économie québécoise. L'industrie des pâtes et papiers, déjà en difficulté en raison de la surproduction, s'effondre. Le taux de chômage parmi les syndiqués atteint 20 % en juin 1931, tandis que Montréal compte 30 000 sans-emploi. Le premier ministre Taschereau considère la crise comme une phase cyclique du capitalisme, une position que l'opposition conteste vigoureusement[3],[4],[7].

Attentat manqué contre le premier ministre (1929)

Le , un bâton de dynamite est découvert dans le bureau du premier ministre Taschereau à l'Assemblée législative. La mèche s'est éteinte d'elle-même. Taschereau déclare à la Chambre qu'« une bonne Providence a bien voulu souffler sur la mèche ». Aucun suspect n'est arrêté[6].

Décès du lieutenant-gouverneur Lomer Gouin (1929)

Le , le lieutenant-gouverneur Lomer Gouin, ancien premier ministre du Québec, décède d'une crise d'angine au Parlement, moins de trois mois après son entrée en fonction. Henry George Carroll lui succède[6].

Émeute à Québec (1930)

Le , une tentative d'empêcher Camillien Houde de prononcer un discours à l'aréna de Québec dégénère en émeute. Des partisans libéraux tentent de perturber l'assemblée, mais sont repoussés par les partisans conservateurs[4].

Lois marquantes

Construction du pavillon principal de l'Université de Montréal sur la montagne. Le gouvernement Taschereau accorde une subvention d'un million de dollars en 1929 pour la reconstruction de l'université.
  • 1928 : Loi créant la Commission des accidents du travail du Québec[2]
  • 1929 : Loi sur la radiodiffusion provinciale[6]
  • 1929 : Programme de voirie de 17 millions de dollars sur 6 ans[6]
  • 1929 : Subvention d'un million de dollars pour la reconstruction de l'Université de Montréal[6]
  • 1930 : Loi sur l'éducation des enfants juifs[3]
  • 1930 : Loi augmentant le nombre de sièges à l'Assemblée de 85 à 90[3]
  • 1931 : Loi sur l'aide aux chômeurs (convention fédérale-provinciale)[4]
  • 1931 : Loi réformant le régime des accidents du travail (assurance collective)[4]
  • 1931 : Modifications au Code civil sur les droits de la femme mariée[4]

Chronologie

1927

1928

1930

1931

  •  : ouverture de la 4e session de la 17e législature;
  • Adoption de la loi sur l'aide aux chômeurs;
  • Adoption de la réforme des accidents du travail;
  • Rejet du suffrage féminin (47 contre 21) et de l'admission des femmes au Barreau (34 contre 32);
  • Autorisation de la construction de sept ponts;
  •  : prorogation de la 4e session;
  •  : dissolution de la législature[Note 1];
  •  : 18e élections générales québécoises. Victoire du Parti libéral du Québec de Louis-Alexandre Taschereau.

Évolution des chambres

Assemblée législative

Conseil législatif

Conseil exécutif

Cabinet Taschereau (1928-1931)

Louis-Alexandre Taschereau demeure premier ministre à la suite des élections du et dirige le gouvernement jusqu'à la dissolution de la législature[8].

Sièges par parti politique

Affiliation Députés
     Libéral 75
     Conservateur 9
Parti ouvrier 1
 Total
85
 Majorité gouvernementale
65


Liste des députés

  • Les caractères gras indiquent que la personne a été membre du conseil des ministres durant la législature.
  • Les caractères en italique indiquent les personnes qui ont été chefs d'un parti politique durant la législature.
Députés ayant siégé durant la 17e législature du Québec
Nom Parti Circonscription Élection
     Hector Authier Libéral Abitibi 1923
     Georges-Étienne Dansereau Libéral Argenteuil 1927
     Joseph-Édouard Perrault Libéral Arthabaska 1925
     Joseph-Émery Phaneuf Libéral Bagot 1916
     Joseph-Hugues Fortier Libéral Beauce 1921
     Joseph-Édouard Fortin (1929) Libéral 1929
     Louis-Joseph Papineau Libéral Beauharnois 1927
     Antonin Galipeault Libéral Bellechasse 1909
     Robert Taschereau (1930) Libéral 1930
     Cléophas Bastien Libéral Berthier 1927
     Pierre-Émile Côté Libéral Bonaventure 1924
     Carlton James Oliver Libéral Brome 1923
     Alexandre Thurber Libéral Chambly 1923
     William-Pierre Grant Libéral Champlain 1925
     Edgar Rochette Libéral Charlevoix et Saguenay 1927
     Honoré Mercier fils Libéral Châteauguay 1907, 1908
     Gustave Delisle Libéral Chicoutimi 1923
     Jacob Nicol Libéral Compton 1921
     Andrew Ross McMaster (1929) Libéral 1929
     Arthur Sauvé Conservateur Deux-Montagnes 1908
     Paul Sauvé (1930) Conservateur 1930
     Ernest Ouellet Libéral Dorchester 1917
     Hector Laferté Libéral Drummond 1916
     Cyrille Baillargeon Libéral Frontenac 1923
     Gustave Lemieux Libéral Gaspé 1912
     Aimé Guertin Conservateur Hull 1927
     Andrew Philps Libéral Huntingdon 1913
     Martin Beattie Fisher (1930) Conservateur 1930
     Lucien Lamoureux Libéral Iberville 1923
     Joseph-Édouard Caron Libéral Îles-de-la-Madeleine 1902
     Amédée Caron (1928) Libéral 1928
     Victor Marchand Libéral Jacques-Cartier 1925
     Lucien Dugas Libéral Joliette 1927
     Nérée Morin Libéral Kamouraska 1920
     Pierre Gagnon (1927) Libéral 1927
     Pierre Lortie Libéral Labelle 1923
     Émile Moreau Libéral Lac-Saint-Jean 1919
     Walter Reed Libéral L'Assomption 1908
     Joseph-Olier Renaud Conservateur Laval 1919
     Alfred-Valère Roy Libéral Lévis 1916
     Élisée Thériault Libéral L'Islet 1916
     Adélard Godbout (1929) Libéral 1929
     Joseph-Napoléon Francoeur Libéral Lotbinière 1908
William Tremblay Parti ouvrier Maisonneuve 1927
     Joseph-William Gagnon Libéral Maskinongé 1927
     Louis-Joseph Thisdel (1930) Libéral 1930
     Joseph-Arthur Bergeron Libéral Matane 1923
     Joseph Dufour Libéral Matapédia 1919
     Lauréat Lapierre Libéral Mégantic 1916
     Alexandre Saurette Libéral Missisquoi 1919
     Joseph-Ferdinand Daniel Libéral Montcalm 1917
     Joseph-Léonide Perron (1929) Libéral 1929
     Charles-Abraham Paquet Libéral Montmagny 1919
     Louis-Alexandre Taschereau Libéral Montmorency 1900
     Aldéric Blain Conservateur Montréal-Dorion 1927
     Ernest Poulin Libéral Montréal-Laurier 1919, 1927
     Anatole Plante Libéral Montréal-Mercier 1927
     Joseph Henry Dillon Libéral Montréal-Sainte-Anne 1924
     Joseph Gauthier Libéral Montréal-Sainte-Marie 1921, 1927
     Camillien Houde (1928) Conservateur 1923, 1928
     Charles Ernest Gault Conservateur Montréal-Saint-Georges 1907
     Alfred Leduc Libéral Montréal-Saint-Henri 1927
     Irénée Vautrin Libéral Montréal-Saint-Jacques 1919, 1927
     Joseph Cohen Libéral Montréal-Saint-Laurent 1927
     Peter Bercovitch Libéral Montréal-Saint-Louis 1916
     Pierre-Auguste Lafleur Conservateur Montréal-Verdun 1923
     Joseph-Euclide Charbonneau Libéral Napierville-Laprairie 1923
     Joseph-Alcide Savoie Libéral Nicolet 1923
     Désiré Lahaie Libéral Papineau 1922
     Wallace McDonald Libéral Pontiac 1919
     Édouard Hamel Libéral Portneuf 1920
     Pierre Gauthier (1927) Libéral 1927
     Joseph Samson Libéral Québec-Centre 1927
     Joseph-Ephraim Bédard Libéral Québec-Comté 1927
     Louis-Alfred Létourneau Libéral Québec-Est 1908
     Oscar Drouin (1928) Libéral 1928
     Joseph Ignatius Power Libéral Québec-Ouest 1927
     Jean-Baptiste Lafrenière Libéral Richelieu 1923
     Avila Turcotte (1929) Libéral 1929
     Stanislas-Edmond Desmarais Libéral Richmond 1923
     Louis-Joseph Moreault Libéral Rimouski 1923
     Cyril-Améric Bernard Libéral Rouville 1923
     Télesphore-Damien Bouchard Libéral Saint-Hyacinthe 1912, 1923
     Alexis Bouthillier Libéral Saint-Jean 1919
     Joseph-Auguste Frigon Libéral Saint-Maurice 1927
     Charles-Édouard Cantin Libéral Saint-Sauveur 1927
     William Stephen Bullock Libéral Shefford 1912
     Armand-Charles Crépeau Conservateur Sherbrooke 1924
     Avila Ferland Libéral Soulanges 1916, 1927
     Alfred-Joseph Bissonnet Libéral Stanstead 1913
     Joseph-Édouard Piché Libéral Témiscamingue 1927
     Léon Casgrain Libéral Témiscouata 1927
     Athanase David Libéral Terrebonne 1916
     Maurice Duplessis Conservateur Trois-Rivières 1927
     Hormisdas Pilon Libéral Vaudreuil 1901
     Félix Messier Libéral Verchères 1927
     Charles Allan Smart Conservateur Westmount 1912
     Cyrénus Lemieux Libéral Wolfe 1921
     David Laperrière Libéral Yamaska 1923


Autres députés élus

D'autres députés ont été élus lors d'élections partielles durant cette législature :

Notes et références

Notes

  1. Date de dissolution. Les élections ont lieu le .
  2. ↑ Date d'ouverture de la 1re session. Les élections ont eu lieu le .
  3. ↑ Demeure premier ministre à la suite des élections du .

Références

  1. « Orateurs et présidents depuis 1867 », sur Assemblée nationale du Québec.
  2. Maurice Pellerin, « 17e législature, 1re session - Introduction historique », sur Assemblée nationale du Québec.
  3. « 17e législature, 3e session - Introduction historique », sur Assemblée nationale du Québec.
  4. « 17e législature, 4e session - Introduction historique », sur Assemblée nationale du Québec.
  5. ↑ « Maurice Le Noblet Duplessis », sur Dictionnaire biographique du Canada (consulté le ).
  6. « 17e législature, 2e session - Introduction historique », sur Assemblée nationale du Québec.
  7. ↑ Martin Petitclerc, « Mesures d'urgence et politiques sociales au temps de la Grande Dépression », Cap-aux-Diamants, no 144,‎ , p. 4-8 (lire en ligne).
  8. ↑ « Les cabinets ministériels depuis 1867 », sur Assemblée nationale du Québec.

Voir aussi

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