5e législature du Québec

4e législature 5e législature 6e législature
Gouvernement Chapleau Gouvernement Mousseau Gouvernement Ross Gouvernement Taillon I Gouvernement Mercier
1881 1882 1883 1884 1885 1886 1887

5e législature du Québec
-
1re session : -
2e session : -
3e session : -
4e session : -
5e session : -
Image illustrative de l’article 5e législature du Québec
Gouvernement
Type Parti conservateur majoritaire
Premier ministre Joseph-Adolphe Chapleau
-
  Joseph-Alfred Mousseau
-
  John Jones Ross
-
Conseil des ministres Chapleau
Mousseau
Ross
Assemblée nationale
Composition Voir l'évolution de la composition
Président Louis-Olivier Taillon (PC)
-
Leader du gouvernement Joseph-Adolphe Chapleau (PC)
-
  Joseph-Alfred Mousseau (PC)
-
  Louis-Olivier Taillon (PC)
-
Chef de
l'opposition
Henri-Gustave Joly de Lotbinière (PLQ)
-

La 5e législature[1] du Québec est élue lors des élections générales québécoises de 1881 tenue le . La législature dure jusqu'au au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale.

Le gouvernement conservateur de Chapleau est reporté au pouvoir avec un mandat majoritaire. Moins d'un an après sa réélection, Joseph-Adolphe Chapleau, quittant pour aller sur la scène fédérale, laisse la place à Joseph-Alfred Mousseau. Le gouvernement Mousseau reste au pouvoir du au . Mousseau démissionne et le lieutenant-gouverneur nomme le président du conseil législatif John Jones Ross pour le remplacer.

Contexte politique

Départ de Chapleau

Joseph-Adolphe Chapleau, réélu aux élections générales québécoises de 1881, quitte la politique provinciale moins d'un an plus tard. Son dernier geste politique majeur est la vente du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa & Occidental : le tronçon ouest est cédé au gouvernement fédéral et le tronçon est à un syndicat dirigé par Louis-Adélard Senécal, organisateur financier du Parti conservateur. La transaction suscite de vives critiques, car elle dépouille la province de sa plus importante propriété au profit d'intérêts fédéraux et montréalais[2]. Le , Chapleau permute avec Joseph-Alfred Mousseau : Chapleau devient secrétaire d'État dans le cabinet Macdonald à Ottawa, tandis que Mousseau lui succède comme premier ministre du Québec[3].

Gouvernement Mousseau

Joseph-Alfred Mousseau, vers 1880, premier ministre du Québec du au .

La province dont hérite Mousseau est profondément divisée. La vente du chemin de fer a engendré deux factions rivales au sein du Parti conservateur : les « castors » ultramontains et les « sénécalistes » proches de Chapleau[2]. Les ultramontains considèrent Mousseau comme « l'ombre de Chapleau » et refusent toute réconciliation[2]. En , les libéraux remportent l'élection partielle de Lévis avec l'appui des castors, confirmant l'affaiblissement du gouvernement. En , Mousseau démissionne sur le conseil des chefs conservateurs fédéraux et est nommé juge à la Cour supérieure du Québec[2].

Gouvernement Ross

John Jones Ross en 1873, premier ministre du Québec à partir du .

Le lieutenant-gouverneur choisit John Jones Ross, président du Conseil législatif, pour succéder à Mousseau. Ross, qui siège à la chambre haute plutôt qu'à l'Assemblée, laisse la direction des travaux parlementaires à Louis-Olivier Taillon[4]. Son gouvernement se distingue par une gestion financière rigoureuse, équilibrant le budget à partir de 1886, et par l'adoption de l'Acte des manufactures (1885), première loi québécoise réglementant les conditions de travail dans les usines[5].

Louis Riel en 1884. Sa pendaison à Regina le déclenche une crise politique majeure au sein du gouvernement Ross.

La pendaison de Louis Riel le provoque cependant une rupture au sein du parti : Ross, ayant appuyé la position des conservateurs fédéraux, est qualifié de « complice des chevaliers du gibet » par les ultramontains[4]. Cette crise mène à la formation du Parti national d'Honoré Mercier, coalition de libéraux et de conservateurs dissidents, qui remporte les élections d'octobre 1886[4].

Lois marquantes

Une locomotive du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa & Occidental, nommée Lotbinière. La vente du réseau en 1882 marque la fin de la principale propriété publique du Québec.
  • 1882 : Vente du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa & Occidental (QMO&O), cédant le tronçon ouest au gouvernement fédéral et le tronçon est à un syndicat privé dirigé par Louis-Adélard Senécal, ce qui dépouille la province de sa plus importante propriété publique[2]
  • 1885 : Acte des manufactures (48 Vict., ch. 32), première loi québécoise réglementant les conditions de travail dans les usines, interdisant l'emploi des garçons de moins de 12 ans et des filles de moins de 14 ans, et limitant la journée de travail à 10 heures[6]
  • 1885 : Loi concernant les asiles d'aliénés (48 Vict., ch. 34), réformant la surveillance des établissements psychiatriques en imposant la nomination d'un surintendant médical et de médecins internes pour chaque asile de la province[7]

Sessions

On compte cinq sessions à l'intérieur de la 5e législature[8] :

  • 1re session : au
  • 2e session : au
  • 3e session : au
  • 4e session : au
  • 5e session : au

Discours du budget

Cinq discours[9] :

Statistiques et faits saillants

  • Députés en fonction qui se représentaient à cette élection : 52 sur 65 (80 %)
  • Nombre de ceux-ci qui furent réélus : 39 sur 52 (75 %)
  • Autres députés avec expérience parlementaire : 5
  • Nombre de nouveaux députés (pourcentage de renouvellement de l'Assemblée) : 26 sur 65 (40 %)
  • Députés élus sans opposition: 16
  • Députés qui ne terminèrent pas leur mandat : 16 (deux députés sont morts en fonction, trois élections ont été annulées sans que le député dépouillé de son poste ne gagne la reprise de l'élection, et 11 députés ont démissionné. De plus, trois députés élus pour compléter un mandat écourté n'ont pas terminé le leur.)
  • Députés qui firent partie du Cabinet : 10
  • Plus jeune député : Jean-Baptiste-Trefflé Richard, 25 ans
  • Plus vieux député : William Sawyer, 66 ans
  • Âge moyen : 46 ans
  • Le nombre de séances (en jours) pour les quatre sessions : 255 jours[10].


Conseil exécutif

Cabinet Chapleau (1881-1882)

Cabinet Mousseau (1882-1884)

Cabinet Ross (1884-1886)

Sièges par parti politique

Affiliation Députés
     Conservateur[Note 1] 50
     Libéral/Parti national 14
     Conservateur indépendant 1
 Total
65
 Majorité gouvernementale
36

Liste des députés

  • Les caractères gras indiquent que la personne a été membre du conseil des ministres durant la législature.
  • Les caractères en italique indiquent les personnes qui ont été chefs d'un parti politique durant la législature.
Liste des députés ayant siégé durant la 5e législature du Québec
Député Parti Circonscription
     William Owens Conservateur Argenteuil
     Antoine Casavant Conservateur Bagot
     Jean Blanchet Conservateur Beauce
     Célestin Bergevin Conservateur Beauharnois
     Narcisse-Henri-Édouard Faucher De Saint-Maurice Conservateur Bellechasse
     Joseph Robillard Conservateur Berthier
     Louis-Joseph Riopel (1881-1882) Conservateur Bonaventure [Note 2]
     Henri-Josué Martin (1882-1886) Conservateur
     William Warren Lynch Conservateur Brome
     Michel-Dosithée-Stanislas Martel Conservateur Chambly
     Robert Trudel Conservateur Champlain
     Onésime Gauthier Conservateur Charlevoix
     Édouard Laberge (1881-1883) Libéral Châteauguay [Note 3]
     Joseph-Émery Robidoux (1884-1886)
     Élie Saint-Hilaire Conservateur indépendant Chicoutimi-Saguenay
     William Sawyer Conservateur Compton
     Charles Champagne (1881-1882) Conservateur Deux-Montagnes [Note 4]
     Benjamin Beauchamp (1882-1886)
     Nicodème Audet Conservateur Dorchester
     William John Watts (1881-1886) Libéral Drummond-Arthabaska [Note 5]
     Joseph-Éna Girouard (1886)
     Edmund James Flynn Conservateur Gaspé
     Louis Beaubien Conservateur Hochelaga
     Alexander Cameron Libéral Huntingdon
     Alexis-Louis Demers Libéral Iberville
     Narcisse Lecavalier (1881-1882) Conservateur Jacques-Cartier[Note 6]
     Joseph-Alfred Mousseau (1882-1884)
     Arthur Boyer (1884-1886) Libéral
     Vincent-Paul Lavallée (1881-1885) Conservateur Joliette [Note 7]
     Joseph-Norbert-Alfred McConville (1885-1886)
     Charles-Antoine-Ernest Gagnon Libéral Kamouraska
     Léon-Benoît-Alfred Charlebois Conservateur La Prairie
     Joseph Marion Conservateur L'Assomption
     Louis-Onésime Loranger (1881-1882) Conservateur Laval [Note 8]
     Pierre-Évariste Leblanc (1882-1883)
     Amédée Gaboury (1883-1884) Libéral
     Pierre-Évariste Leblanc (1884-1886) Conservateur
     Étienne-Théodore Pâquet (1881-1883) Conservateur Lévis [Note 9]
     François-Xavier Lemieux (1883-1886) Libéral
     Charles Marcotte Conservateur L'Islet
     Henri-Gustave Joly de Lotbinière (1881-1885) Libéral Lotbinière[Note 10]
     Édouard-Hippolyte Laliberté (1886)
     Édouard Caron Conservateur Maskinongé
     George Irvine (1881-1884) Libéral Mégantic[Note 11]
     John Whyte (1884-1886)
     Elijah Edmund Spencer Conservateur Missisquoi
     Jean-Baptiste-Trefflé Richard Conservateur Montcalm
     Louis-Napoléon Fortin (1881-1883) Conservateur Montmagny[Note 12]
     Nazaire Bernatchez (1883-1886) Libéral indépendant
     Louis-Georges Desjardins Conservateur Montmorency
     George Washington Stephens (père) Libéral Montréal-Centre
     Louis-Olivier Taillon Conservateur Montréal-Est
     James McShane Libéral Montréal-Ouest
     François-Xavier Paradis Conservateur Napierville
     Charles-Édouard Houde (1881-1883) Conservateur Nicolet[Note 13]
     Louis-Trefflé Dorais (1883-1886) Conservateur indépendant
     Louis Duhamel Conservateur Ottawa
     Thomas Bryson (1881-1882) Conservateur Pontiac[Note 14]
     William Joseph Poupore (1882-1886)
     Jean-Docile Brousseau Conservateur Portneuf
     Pierre Garneau Conservateur Québec-comté
     Rémi-Ferdinand Rinfret Libéral Québec-Centre
     Joseph Shehyn Libéral Québec-Est
     Félix Carbray Conservateur Québec-Ouest
     Léon Leduc Conservateur Richelieu
     Jacques Picard Conservateur Richmond-Wolfe
     Louis-Napoléon Asselin Conservateur Rimouski
     Étienne Poulin Conservateur Rouville
     Honoré Mercier (père) Libéral Saint-Hyacinthe
     Félix-Gabriel Marchand Libéral Saint-Jean
     François-L. Desaulniers Conservateur Saint-Maurice
     Isidore Frégeau Conservateur Shefford
     Joseph Gibb Robertson Conservateur Sherbrooke
     William Duckett Conservateur Soulanges
     John Thornton Conservateur Stanstead
     Georges-Honoré Deschênes Conservateur Témiscouata
     Joseph-Adolphe Chapleau (1881-1882) Conservateur Terrebonne[Note 15]
     Guillaume-Alphonse Nantel (1882-1886)
     Sévère Dumoulin (1881-1883) Conservateur Trois-Rivières[Note 16]
     Arthur Turcotte (1884-1886) Conservateur indépendant
     Émery Lalonde (père) (1881-1882) Conservateur Vaudreuil [Note 17]
     François-Xavier Archambault (1882-1884)
     Alfred Lapointe (1884-1886)
     Abraham Bernard Libéral Verchères
     Jonathan Saxton Campbell Würtele Conservateur Yamaska

Autres députés élus

D'autres députés ont été élus lors d'élections partielles tenues durant cette législature :

Notes et références

Notes

  1. ↑ Conservateurs sous l'étiquette de diverses coalitions.
  2. ↑ Louis-Joseph Riopel a démissionné en 1882 après avoir été élu à la Chambre des Communes. Henri-Josué Martin a été élu le .
  3. ↑ Édouard Laberge est mort le . Joseph-Émery Robidoux a été élu le .
  4. ↑ Charles Champagne a démissionné le . Benjamin Beauchamp a été élu le .
  5. ↑ William-John Watts a démissionné le . Joseph-Éna Girouard a été élu le .
  6. ↑ Narcisse Lecavalier a démissionné le . Joseph-Alfred Mousseau a été élu le . Il démissionna le . Arthur Boyer a été élu le .
  7. ↑ Vincent-Paul Lavallée a démissionné le . Joseph-Norbert-Alfred McConville a été élu le .
  8. ↑ Louis-Onésime Loranger a démissionné le . Pierre-Évariste Leblanc a été élu le . Cette élection a été annulée le . Amédée Gaboury a été élu le , mais cette élection a aussi été annulée le . Pierre-Évariste Leblanc a été réélu le .
  9. ↑ Étienne-Théodore Pâquet a démissionné le . François-Xavier Lemieux a été élu le .
  10. ↑ Henri-Gustave Joly de Lotbinière a démissionné le . Édouard-Hippolyte Laliberté a été élu le .
  11. ↑ George Irvine a démissionné le . John Whyte a été élu le .
  12. ↑ Un jugement de la Cour supérieure rendu le a déclaré Louis-Napoléon Fortin défait et Nazaire Bernatchez élu.
  13. ↑ L'élection de Charles-Édouard Houde a été annulée le . Louis-Trefflé Dorais a été élu le .
  14. ↑ Thomas Bryson est mort en fonction le . William-Joseph Poupore a été élu le .
  15. ↑ Joseph-Adolphe Chapleau a démissionné le . Guillaume-Alphonse Nantel a été élu le .
  16. ↑ L'élection de Sévère Dumoulin a été annulée le . Arthur Turcotte a été élu le .
  17. ↑ Émery Lalonde a démissionné en 1882. François-Xavier Archambault a été élu le . Cette élection a été annulée le . Alfred Lapointe a été élu le .

Références

  1. ↑ Assemblée nationale du Québec, « Législature », Encyclopédie du parlementarisme québécois,
  2. « MOUSSEAU, JOSEPH-ALFRED », sur Dictionnaire biographique du Canada (consulté le )
  3. ↑ « Chapleau, Joseph-Adolphe », sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté le )
  4. « ROSS, JOHN JONES », sur Dictionnaire biographique du Canada (consulté le )
  5. ↑ « John Jones Ross », sur Assemblée nationale du Québec (consulté le )
  6. ↑ « L'Acte des manufactures », sur Par ici la démocratie (consulté le )
  7. ↑ « Les asiles d'aliénés de la province de Québec : réponse à « Quelques considérations sur la loi de 1885 » (48 Victoria, chapitre 34) », sur Internet Archive (consulté le )
  8. ↑ Assemblée nationale, « Session », Encyclopédie du parlementarisme québécois,
  9. ↑ Bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec, « Discours du budget », Documents produits par le gouvernement du Québec
  10. ↑ Assemblée nationale du Québec, « Les législatures et leurs sessions depuis 1867 » (consulté le )

Voir aussi

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