Aéroport de Bastia-Poretta

Bastia-Poretta
Image illustrative de l’article Aéroport de Bastia-Poretta
Vue générale du bâtiment de l'aéroport.
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Ville Lucciana
Coordonnées 42° 33′ 03″ nord, 9° 29′ 05″ est
Altitude 8 m (26 ft)
Informations aéronautiques
Code IATA BIA
Code OACI LFKB
Nom cartographique BASTIA
Type d'aéroport civil
Gestionnaire Chambre de commerce et d'industrie de Bastia et de la Haute-Corse
Site web aéroport Site officiel
Pistes
Direction Longueur Surface
16/34 2 520 m (8 268 ft) béton bitumineux

L'aéroport de Bastia Poretta (code IATA : BIA • code OACI : LFKB) est un aéroport du département de la Haute-Corse. Il est situé à 16 km au sud de Bastia, à Lucciana.

Historique

Logo de l'aéroport de Bastia - Poretta.
L'aéroport de Bastia en 1978

Après la libération de la Corse en 1943, l'aérodrome a servi de base aérienne à la Twelfth Air Force de l'United States Army Air Forces, mais aussi aux No. 451 et No. 3 Squadrons de la Royal Australian Air Force, au No. 630 Squadron de la Royal Air Force ainsi qu'à des aviateurs de la France libre.

Il est alors l'un des 17 terrains d'aviation que compte ce qui fut surnommé le USS Corsica[1]. Les aviateurs du Commonwealth ayant péri lors de leur service depuis ce terrain d'aviation reposent maintenant au Biguglia War Cemetery[2].

Contrairement à ce que mentionne la stèle située à l'entrée de l'aérogare actuelle, ce n'est pas de Poretta que décollera Antoine de Saint-Exupéry pour sa dernière mission[3] mais du terrain juste au Nord, qui s'appelait Bastia-Borgo.

En 1947, l'aéroport voit passer plusieurs lignes commerciales régulières, c'est le début de l'aviation civile à Bastia.

La piste d'atterrissage est réalisée en 1954.

En 1959, la chambre de commerce et d'industrie de Bastia devient officiellement le concessionnaire de l'aéroport civil.

Dans les années 1960, Bastia est le poumon économique et industriel de la Corse par voie aérienne. L'aéroport de Bastia-Poretta surclasse nettement Ajaccio et les autres terrains insulaires en matière de fret et ceci s'explique par sa proximité immédiate avec la plaine orientale (en plein essor agricole à l'époque) et le dynamisme des commerçants bastiais. L'aéroport sert de plaque tournante pour exporter les productions locales (agrumes, primeurs) et importer les produits manufacturés et la presse quotidienne depuis le continent (notamment via les liaisons avec Marseille, Nice et Nîmes)[4].

L'aéroport de Bastia est la principale porte d'entrée des grands réseaux de villages de vacances (notamment le Club Méditerranée et les structures implantées sur la côte orientale). L'aéroport reçoit d'intenses chaînes de vols charters estivaux mais également des liaisons régulières utilisées par les travailleurs corses se rendant sur le continent (notamment vers la région marseillaise et les grands centres industriels) et le retour des familles[4].

C'est Air France qui a le monopole des liaisons régulières avec le continent (Marseille, Nice et Paris) jusqu'au 23 juin 1973 où Air Inter obtient le droit de desserte de Bastia en co-exploitation avec Air France[5].

D'autres compagnies françaises de "troisième niveau" atterrissent à Bastia. Europe Aéro Service (EAS) s'impose à Bastia, notamment pour les vols de nuit. C'est EAS qui gère les vols réguliers de fret (primeurs) et l'acheminement des journaux depuis Nîmes ou Perpignan. Rousseau Aviation / Touraine Air Transport (TAT) commencent à pointer le bout de leur nez sur des lignes transversales régionales[4].

Dans ce boom touristique de la Haute-Corse, de grandes compagnies charters allemandes et britanniques de l'époque comme Condor ou LTU International Airways qui acheminent massivement les clients étrangers vers les complexes de vacances de la plaine orientale, court-circuitant le réseau régulier d'Air France[4].

En 1971, La piste mesure 2 100 mètres de long sur 50 mètres de large. L'aérodrome est classé en catégorie B (liaison de moyenne distance).

Le 1er mai 1971, Air Alpes inaugure une liaison régulière directe entre l'aéroport de Toulon-Hyères et Bastia-Poretta.

Ventilation par ligne du trafic régulier de 1971 en nombre de passagers[4]
Destination Ajaccio % Bastia % Calvi % Total Corse %
Marseille 107 032 18,9 110 867 19,5 17 661 3,1 235 560 41,5
Nice 72 991 12,9 72 431 12,8 21 810 3,9 167 232 29,7
Toulon 2 296 0,4 2 609 0,4 — — 4 905 0,8
Paris 89 795 15,8 67 649 11,9 2 101 0,4 159 545 28,1
TOTAL 271 114 48 253 556 44,6 41 572 7,4 567 242 100

La piste est allongée à 2 510 mètres en 1986.

En 1992, l'aérogare est agrandie portant la capacité d'accueil annuelle à 1,5 millions de passagers.

En 2005, des travaux sont entrepris notamment en modernisant le traitement des passagers (gestion et filtrage) et des bagages.

En 2009, Bastia rentre dans le cercle des aéroports français millionnaires en accueillant pour la première fois 1 011 820 passagers.

Des travaux sont entrepris entre 2015 et 2016 pour agrandir la salle d'embarquement de 600 m² et moderniser l'aérogare.

En 2017, Bastia - Poretta obtient la certification européenne EASA permettant d'accueillir des avions plus gros comme les Boeing 747/777 ou Airbus A 350.

En 2018; Bastia - Poretta accueille 1 525 159 passagers.

Une nouvelle salle d'embarquement et un nouveau parking pour voitures sont réalisés en 2020-2021.

Trafic

Cet aérodrome est ouvert au trafic commercial national et international, régulier ou non, aux avions privés, aux IFR et aux VFR.

Il accueille tout type d’aéronef pouvant aller de l'avion de tourisme et d’école au Boeing 777 - utilisé par Air France depuis Paris-Orly en passant par les moyens courriers - famille A320 et Boeing 737 et court courrier - ATR72.

Cet aéroport accueille parfois des avions de la sécurité civile ainsi que de l’armée de l’air tel que l’A400M ou le A330 MRTT.

C'est le deuxième aéroport de Corse en nombre de passagers après l'Aéroport d'Ajaccio Napoléon Bonaparte et le quinzième aéroport français en 2013.

Le cap du million de passagers a été dépassé en 2009. La croissance de l'aéroport est positive, on note une évolution de +34 % entre 2000 et 2013.

En 2018, l'aéroport obtient plus de 1,5 millions de passagers annuels.

Localisation

Cet aéroport est situé à 16 km au Sud de Bastia, sur les communes de Lucciana et de Borgo. Il est géré par la Chambre de commerce et d'industrie de Bastia et de la Haute-Corse.

Compagnies et destinations

CompagniesDestinations
Drapeau de la France Air Corsica
Drapeau de la France Air France
Drapeau de l'Autriche Austrian
Drapeau de la Suisse EasyJet Switzerland
Drapeau du Royaume-Uni EasyJet
Drapeau de l'Allemagne Eurowings
Drapeau de l'Allemagne Lufthansa
Drapeau du Luxembourg Luxair
Drapeau de la France Transavia France
Drapeau des Pays-Bas Transavia
Drapeau de l'Espagne Volotea

Un grand nombre de destinations ne sont ouvertes que pour les périodes de vacances, notamment du mois d’Avril au mois d'Octobre. Cependant, les compagnies Air France et Air Corsica assurent des vols réguliers toute l'année.

Actualisé le 08/01/2026[6].

Évolution du nombre de passagers

Évolution du nombre de passagers[7]
Année Nombre de passagers Variation Mouvements
2000 841 921 33 444
2001 877 438 en augmentation + 4,2 % 34 317
2002 831 810 en diminution - 5,2 % 33 816
2003 844 540 en augmentation + 1,5 % 37 020
2004 834 792 en diminution - 1,2 % 32 005
2005 829 568 en diminution - 0,6 % 34 615
2006 822 823 en diminution - 0,8 % 43 055
2007 860 046 en augmentation + 4,5 % 33 735
2008 933 695 en augmentation + 8,6 % 34 563
2009 1 011 820 en augmentation + 8,4 % 35 601
2010 1 007 408 en diminution - 0,4 % 35 687
2011 1 025 346 en augmentation + 1,8 % 38 318
2012 1 003 728 en diminution - 2,1 % 35 353
2013 1 126 096 en augmentation + 12,2 % 35 983
2014 1 162 840 en augmentation + 3,3 % 35 772
2015 1 191 904 en augmentation + 2,5 % 35 517
2016 1 287 609 en augmentation + 8 % 38 770
2017 1 400 197 en augmentation + 8,8 % 39 243
2018 1 525 152 en augmentation + 10,7 % 41 249
2019 1 559 492 en augmentation + 2,3 % 41 684
2020 812 424 en diminution - 47,9 % 24 929
2021 1 200 201 ▲ +47,73 % 30 018
2022 1 489 038 ▲ +24,07 % 37 020
2023 1 500 305 ▲ +0,76 % 30 299
2024 1 490 617 ▼ −0,65 % 20 679
2025 1 532 265 ▲ +2,79 % 20 700

Attentat et fusillade

  • Le vendredi 22 mars 1974 à 4 heures du matin, une Caravelle d'Air Inter qui stationnait sur l'aéroport de Bastia a été détruite. L'attentat est revendiqué par un groupe qui se dénomme " Justizia Paolina " du nom du patriote corse du dix-huitième siècle Pascal Paoli[8]. Ce groupe, qui s'inscrivait dans la mouvance nationaliste radicale naissante de l'époque proteste contre l'État français. L'affaire a donné lieu à un très long feuilleton judiciaire. Air Inter a poursuivi l'État pour « faute de sécurité » dans la protection de l'aéroport. Bien que le tribunal ait d'abord condamné l'État en 1974 à payer la somme de 11.503.676,66 Francs (2 653 940 euros en 2025) à la compagnie, le Conseil d'État a finalement annulé cette décision en 1982, estimant que la préfecture ne pouvait pas anticiper ce type de sabotage au vu de la situation générale de l'époque[9].
  • Le 5 décembre 2017, une fusillade éclate sur le parking de l’aéroport de Bastia. De retour sur le vol Paris - Bastia, Antoine Quilichini est tué sur le coup, Jean-Luc Codaccioni détenu de la prison de Borgo, de retour d’une permission à Paris, décède une semaine plus tard des suites de ses blessures. 29 balles de kalach AK74 ont été retrouvées sur la scène de crime[10]. Cette fusillade s’inscrit dans une lutte fratricide au sein du gang mafieux de la Brise de mer pour venger notamment l’assassinat des pères de plusieurs des accusés[11]. Le procès se tient à Aix-en-Provence en juin 2024 (Cour d'Assises des Bouches du Rhône). Dix-sept personnes sont jugées. Des peines allant de trois ans d’emprisonnement à 30 ans de réclusion criminelle avec 20 ans de sûreté ont été prononcées où fait rarissime, les principaux accusés ont refusé de comparaître et récusé leurs avocats, n’ayant ainsi pas de défense[12]. En mai 2026, la cour d’assises d’appel des Bouches-du-Rhône réexamine le procès de 1ère instance (11 personnes sont jugées)[13].

Accident

Le , l'avion Boeing 307 immatriculé F-BELZ de la compagnie Air-Nautic transporte 22 joueurs du club de basket-ball de Bastia (plus ses 3 membres d'équipage) entre Bastia et Nice via Ajaccio. Le Boeing heurte la paroi Sud du Monte Renoso à 2 300 mètres d'altitude, au-dessus de Ghisoni. Il était un peu plus de 13 heures, les conditions atmosphériques étant très mauvaises, les colonnes de secours ne parvinrent à atteindre l'épave que deux jours plus tard, le . Il n'y avait aucun survivant. Tous les corps ne furent pas identifiés. Une stèle en mémoire des 25 disparus se trouve dans le cimetière de Bastia et une autre à l'extérieur de l'église de Ghisoni[14]. Cette catastrophe fit une victime supplémentaire, un légionnaire de l'équipe de secours qui fit une chute mortelle en se rendant sur l'emplacement de l'impact sur la paroi rocheuse[15].

Galerie

Photographies

Vues aériennes

Références

  1. ↑ Dominique Taddei et Michel Martraix, USS Corsica: décembre 1943-avril 1945, Albiana, (ISBN 978-2-84698-006-7)
  2. ↑ « Biguglia War Cemetery »
  3. ↑ « Sur les traces de Saint-Exupery en Corse », sur Antoine de Saint Exupéry, (consulté le )
  4. Les liaisons aériennes de la Corse (1972), le géographe Jean-Michel Spill.
  5. ↑ anciensairinter.com/crbst_20.html Histoire Air Inter. Les anciens d'Air Inter.
  6. ↑ « Guide horaire 2018 », sur www.bastia.aeroport.fr (consulté le ).
  7. ↑ « Union des Aéroports Français », sur aeroport.fr (consulté le ).
  8. ↑ « Une Caravelle d'Air inter est détruite au sol par un attentat à Bastia Après les promesses », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  9. ↑ Conseil d'Etat, 10/ 8 SSR, du 10 février 1982, 16137, mentionné aux tables du recueil Lebon - Légifrance
  10. ↑ « "À deux doigts d'un drame encore plus grand" : "L'audace" du tireur du double assassinat de Bastia Poretta interroge la cour d'Assises spéciale des Bouches-du-Rhône », sur France 3 Corse ViaStella,
  11. ↑ « Vengeance dans un clan mafieux et « baiser de la mort » aux assises d’Aix », sur 20 Minutes,
  12. ↑ « Double assassinat Bastia-Poretta : 30 ans de réclusion criminelle pour « le maître d’œuvre » », Le Monde.fr,‎
  13. ↑ « Double assassinat de Bastia-Poretta : au procès des « parrains juniors » corses, vendetta et « protection » de l’État », sur leparisien.fr,
  14. ↑ Almanach Bastiais, décembre 2005
  15. ↑ Le trait d'union journal de la Légion étrangère, no 40, octobre 2000, pages 18 à 20

Liens externes

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