Allées Paul-Feuga

Allées Paul-Feuga
Image illustrative de l’article Allées Paul-Feuga
Les allées Paul-Feuga vers le pont Saint-Michel vues depuis la station de tramway.
Situation
Coordonnées 43° 35′ 34″ nord, 1° 26′ 36″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Haute-Garonne
Métropole Toulouse Métropole
Ville Toulouse
Quartier(s) Carmes (nord) • Saint-Michel (sud)
Début Pont Saint-Michel
Fin no 1 place du Parlement et no 11 place Auguste-Lafourcade
Morphologie
Route N 113a (1933-1978)
N 133 (1978-2007)
Longueur 210 m
Largeur 60 m
Transports
Métro de Toulouse Métro Ligne B du métro de Toulouse : Palais-de-Justice (à proximité)
Tramway de Toulouse  Tramway Ligne T1 du tramway de Toulouse : Palais-de-Justice
Liste des lignes de bus de Toulouse​​​​​​​​​​​​​​​ Bus 66
L444 (à proximité)
Odonymie
Anciens noms Allée Saint-Michel-Prolongée (1892-1933)
Allée Albert-Thomas (1933-1940)
Nom actuel 14 novembre 1940
Nom occitan Alèas Pau Feuga
Histoire et patrimoine
Création 1890-1892
Lieux d'intérêt Maison Seube
Protection Côté nord : Site patrimonial remarquable (1986)
Notice
Archives 315552777627
Géolocalisation sur la carte : Toulouse
(Voir situation sur carte : Toulouse)
Allées Paul-Feuga
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Allées Paul-Feuga

Les allées Paul-Feuga (en occitan : alèas Pau Feuga) sont une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès

Description

Les allées Paul-Feuga sont une voie publique. Elles se situent à la limite des quartiers des Carmes, au nord, et Saint-Michel, au sud.

La chaussée compte une voie de circulation automobile dans chaque sens. Elle appartient à une zone 30 et la vitesse y est limitée à 30 km/h.

Voies rencontrées

Les allées Paul-Feuga rencontrent les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

  1. Pont Saint-Michel
  2. Boulevard du Maréchal-Juin (d)
  3. Rue de la Chaussée - accès piéton (g)
  4. Rue des Menuisiers - accès piéton (d)
  5. Rue Caussade - accès piéton (d)
  6. Rue des Sabots (d)
  7. Avenue Maurice-Hauriou (g)
  8. Place du Parlement (g)
  9. Espace Jean-Étienne-Duranti
  10. Place Auguste-Lafourcade (d)

Transports

Les allées Paul-Feuga sont desservies par la ligne de bus 66. Elles abritent également la station Palais-de-Justice, terminus de la ligne de tramway Ligne T1 du tramway de Toulouse. À l'est, sur la place Auguste-Lafourcade, débouche la station Palais-de-Justice, sur la ligne de métro Ligne B du métro de Toulouse, et s'arrêtent les bus de la ligne de Linéo L4. Enfin, au nord, l'avenue Maurice-Hauriou est parcourue par la ligne de bus 44.

Il existe plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse le long des allées Paul-Feuga ou des voies les plus proches : les stations no 68 (1 bis allées Jules-Guesde) et no 69 (11 allées Paul-Feuga).

Odonymie

Portrait de Paul Feuga en 1925 (Le Cri de Toulouse, bibliothèque municipale).

Les allées, aménagées entre 1890 et 1892 dans le prolongement des allées Saint-Michel (actuelles allées Jules-Guesde), furent naturellement désignées commes les allées Saint-Michel-Prolongées[1]. En 1933, la municipalité socialiste d'Étienne Billières, voulut honorer Albert Thomas (1878-1932)[2]. Enseignant, journaliste et homme politique socialiste, il adhère à l'Union sacrée pendant la Première Guerre mondiale, et devient ministre de l'Armement entre 1915 et 1917. Après la guerre, il conserve des fonctions politiques – il est député du Tarn de 1919 à 1921. Mais, surtout, il devient, de 1920 à 1932, directeur général du Bureau international du travail (BIT) à Genève.

Le , la nouvelle municipalité, sous influence vichyste, décida de changer les noms de plusieurs voies toulousaines : ainsi celui d'Albert Thomas fut changé pour celui de Paul Feuga (1863-1939)[3]. Proche des milieux républicains et radicaux, il commence sa carrière politique comme conseiller municipal de Toulouse. Il mène, après la Première Guerre mondiale, la liste de Bloc national, d'union du centre et de la droite, et devient maire de Toulouse de 1919 à 1925. Il est également conseiller général de la Haute-Garonne de à 1925, puis sénateur de la Haute-Garonne de 1924 à 1933. Ses obsèques avaient suivies par de nombreuses personnes[3].

Histoire

Moyen Âge et période moderne

Époque contemporaine

Conséquence de la reconstruction du pont Saint-Michel que l'inondation de 1875 avait emporté, le prolongement des allées Saint-Michel (actuelles allées Jules-Guesde) figure dans les projets dès 1878. En fait, ce projet était ancien, mais on avait toujours hésité à démolir le grand nombre d'immeubles constituant le quartier du port Garaud, que l'avenue devait traverser en détruisant. L'inondation de 1875 ayant assuré cette destruction, le projet prit corps et fut réalisé en même temps que le nouveau pont, l'ensemble étant inauguré le [4].

Dans les années 1970 un autopont entre ces deux allées et passant par-dessus le carrefour avec la grande-rue Saint-Michel et la place du Parlement est construit[5]. Le milieu de la voie est un accès routier au carrefour.

En 1993, l'autopont est détruit pour laisser sa place à un tunnel à 2x2 voies[5]. Il se trouvera au centre des allées, permutant donc avec les anciens autoponts.

En 2013, les allées sont complètement transformées par l'arrivée du tramway. La partie centrale qui était jusqu'alors un tunnel suivi d'une large voie de circulation à 2x3 voies, laisse sa place aux voies du tram, placées sur de la verdure et longée par une piste cyclable. Les voies du nord et du sud, jusqu'alors des double-voies en sens-unique, laisse respectivement leur place à une route à double-sens jouxté d'une voie permettant le stationnement, et une zone piétonne[6].

Patrimoine et lieux d'intérêt

no 1 : la maison Seube.
  • no  1 : maison Seube. Logo monument historique Inscrit MH (1981, façades et toitures ; escalier à balustres avec sa cage ; deux cheminées du rez-de-chaussée ; cheminée du 1er étage ; cheminée du 2e étage) et Logo monument historique Patrimoine XXe siècle[7].
    La maison, qui s'élève à l'angle des allées Paul-Feuga et de la rue de la Chaussée, bénéficie d'un emplacement remarquable, visible depuis le pont Saint-Michel. Les plans semblent en avoir été dressés par l'architecte Joseph Rocher, aidé par le peintre Henri Rachou, et par la commanditaire elle-même, Mme Seube, et ses trois filles, anciennes élèves de l'école des Beaux-Arts de Paris. L'architecture est représentative d'un éclectisme de pastiche, modèle imaginaire de maison toulousaine, tout en intégrant des éléments sculptés originaux. À la suite d'un incendie en 1980, la maison reste inhabitée pendant plusieurs années, et y gagne une réputation de maison hantée. Elle est cependant inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques et restaurée.
    La maison présente un plan en L. La différence de niveau entre les allées Paul-Feuga et la rue de la Chaussée permet la mise en place d'un important niveau de soubassement en assises de brique et de galets. Au niveau des allées, la porte d'entrée proviendrait, d'après Paul Mesplé, d'une maison médiévale de Bruniquel. Elle possède un encadrement en pierre, sculpté de baguettes croisées et surmonté d'un arc en accolade couronné de pinacles et de choux frisés. Les différents niveaux sont percés de fenêtres caractéristiques des styles roman, gothique et Renaissance à Toulouse. Les fenêtres jumelées s'inspirent des formes de la fin du XIIIe siècle. Elles sont voûtées d'arcs outrepassés brisés qui retombent au centre sur une colonnette décorée d'une base et d'un chapiteau. De plus, celles du 1er étage sont surmontées d'un arc de décharge brisé et évidé d'un simple oculus rond. Les autres fenêtres sont inspirées des ouvertures du XVe siècle et ont des traverses et des linteaux en pierre, ornés d'un cordon mouluré se terminant par des culots sculptés. Le 2e étage est surmonté couronné de faux mâchicoulis. Le comble à surcroît est percé de mirandes. Les élévations sont surmontées d'un avant-toit soutenu par des aisseliers sculptés. À l'intérieur, les cheminées étaient faites avec des sarcophages paléochrétiens, et les murs décorés d'inscriptions latines[8],[9],[10].
  • no  2 : immeuble (1954, Pierre Glénat)[11].
  • no  11 : immeuble (deuxième moitié du XIXe siècle)[12].

Notes et références

  1. Salies 1989, vol. 2, p. 431.
  2. Salies 1989, vol. 2, p. 511.
  3. Salies 1989, vol. 1, p. 468.
  4. Salies 1989, vol. 1, p. 469-470.
  5. David Saint-Sernin, « [En images] Il n’y a pas si longtemps, les voitures roulaient sur des toboggans à Toulouse », Actu Toulouse,‎ (lire en ligne).
  6. Philippe Emery, « Ligne G : terminus à Palais de Justice », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne)
  7. Notice no PA00094580, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. Papillault 2016, p. 172.
  9. « Ça fout les jetons ! », sur le site des archives municipales de Toulouse, février 2021.
  10. Notice no IA31124757, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
  11. Notice no IA31109759, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
  12. Notice no IA31124858, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.

Voir aussi

Bibliographie

  • Pierre Salies, Dictionnaire des rues de Toulouse, 2 vol., éd. Milan, Toulouse, 1989 (ISBN 978-2-8672-6354-5).
  • Rémi Papillault (dir.), Laura Girard et Jean-Loup Marfaing, Guide d'architecture du XXe siècle en Midi toulousain, coll. « Architectures », Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2016 (ISBN 978-2-8107-0469-9).

Articles connexes

Liens externes

  • icône décorative Portail de Toulouse
  • icône décorative Portail de l’architecture et de l’urbanisme
  • icône décorative Portail de la protection du patrimoine