Dikson (brise-glace)
| Dikson (Диксон) | |
Le Dikson à Arkhangelsk en juillet 2018 | |
| Type | brise-glace |
|---|---|
| Histoire | |
| Chantier naval | Wärtsilä |
| Fabrication | acier |
| Commandé | Avril 1980[3] |
| Quille posée | 6 janvier 1981[4] |
| Lancement | 9 juillet 1982 |
| Commission | 17 mars 1983[1] |
| Statut | en service |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 92,0 m (plate-forme de remorquage incluse) |
| Longueur de coque | 88,5 m |
| Longueur de flottaison | 78,5 m |
| Maître-bau | 21,2 m |
| Tirant d'eau | 6,8 m |
| Déplacement | 6583 tonnes |
| Propulsion | 4 moteurs Wärtsilä 8R32 de 2390 kW 2 arbres d'hélice Hélices à pas variable |
| Vitesse | 16,5 nœuds (30,6 km/h) |
| Profondeur | 10,5 m |
| Carrière | |
| Propriétaire | Compagnie maritime de Mourmansk (1983 à 1986)[5] Northern Shipping Company (1986 à 2006)[5] Rosmorport (2006 à présent)[6] |
| Pavillon | |
| Port d'attache | Mourmansk Arkhangelsk Arkhangelsk |
| Port d'enregistrement | Port d'Arkhangelsk (en) |
| Indicatif | UHRL |
| MMSI | 273912100[6] |
| IMO | 8009208 |
| Coût | 400 millions de marks finlandais (en 1980, pour trois navires)[3] |
Le Dikson (en russe : Диксон) est un brise-glace russe et le dernier navire d’une série de trois brise-glaces subarctiques construits au chantier naval de Wärtsilä à Helsinki en Finlande entre 1982 et 1983. Ses navires jumeaux sont le Mudyug (reconstruit en 1986) et le Magadan.
Conception
Le Dikson mesure 88,5 mètres de longueur hors tout et a une largeur de 21,2 mètres à son point le plus large[1]. Cependant, la plate-forme de remorquage augmente la longueur totale du navire à 92,0 mètres tandis que ses côtés inclinés réduisent la largeur de la coque à 20,0 mètres à la ligne de flottaison[2]. Lorsqu’il est à pleine charge, le brise-glace a un tirant d'eau maximal de 6,8 mètres et un déplacement de 6583 tonnes[1]. Le navire est de classe de glace LL4, il est destiné aux opérations principalement dans les ports et les régions côtières[7]. L’épaisseur maximale de la coque dans la zone de l’étrave est de 35 millimètres[2].
Contrairement à la plupart des brise-glaces, le Dikson dispose d’un système de propulsion diesel-mécanique. Ses quatre moteurs principaux Wärtsilä 8R32 à vitesse moyenne de 2390 kilowatts (3210 ch) et 8 cylindres sont couplés par paires, via des boîtes de réduction à double entrée/sortie unique à un étage Lohmann & Stolterfoht Navilus, à des arbres d'hélice entraînant des hélices Kamewa à quatre pales en acier inoxydable de 4 mètres de diamètre)[8]. Afin de protéger les moteurs principaux des grandes variations de couple lors des opérations de brise-glace et d’empêcher les hélices de s’arrêter lorsque les pales entrent en contact avec la glace, chaque arbre possède un volant d'inertie de 11,5 tonnes pour augmenter l'inertie rotative de la transmission[9],[10],[11]. La capacité de brise-glace du navire est encore renforcée par un système de bulles d’air Wärtsilä (WABS) lubrifiant la coque ainsi qu’un système de gestion active de la gîte[2]. L’alimentation électrique à bord est générée par trois moteurs diesel auxiliaires Wärtsilä-Vasa 624TS équipés d’alternateurs de 960 kVA[8].
La traction au point fixe du Dikson est de 914 kilonewtons (93 tf) lorsqu’il fonctionne avec une puissance de propulsion continue de 7000 kilowatts (9400 ch)[11]. Cependant, pour une exploitation à court terme, le brise-glace peut utiliser sa puissance maximale de 9100 kilowatts (12200 ch) pour générer une traction de 1400 kilonewtons (140 tf)[2],[8]. Le navire atteint une vitesse de service de 16,5 nœuds (30,6 km/h) en eaux libres[1] et peut maintenir une vitesse continue de 2 nœuds (3,7 km/h) lorsqu’il brise une glace plate d’un mètre d’épaisseur[12].
Historique
Développement et construction
En 1977, Wärtsilä a commencé à développer un nouveau concept de brise-glace en étroite collaboration avec des experts de l’Union soviétique. Bien que le constructeur naval finlandais ait livré plus de brise-glace que tout autre chantier naval au monde, ils étaient tous des navires diesel-électriques, alimentés par des moteurs électriques de propulsion entraînant des hélices à pas fixe. Dans les nouveaux brise-glaces, cette transmission spécialisée assez coûteuse fut remplacée par une transmission mécanique moins coûteuse et plus efficace, où les moteurs diesel principaux seraient reliés à des hélices à pas variable via une boîte de vitesses réductrice. Un vaste programme de recherche a été lancé par Wärtsilä Arctic Design and Marketing (WADAM) afin de garantir la viabilité du nouveau concept et d’éviter les problèmes rencontrés par les brise-glaces de classe Polar de la United States Coast Guard, récemment mis en service[9],[13].
En avril 1980, Wärtsilä et l’Union soviétique ont signé un contrat de construction navale de 400 millions de marks finlandais pour la construction de trois brise-glaces destinés à escorter les navires dans les ports subarctiques gelés. Les navires, dont le premier devait être livré fin 1982 et les deux suivants en 1983, seraient stationnés en mer de Barents, en mer d'Okhotsk et en mer Baltique[3].
Le Dikson, troisième et dernier brise-glace de classe Mudyug, a été mis sur cale au chantier naval de Hietalahti le 6 janvier 1981[4], en même temps que le deuxième navire de la série, le Magadan, et lancé le 9 juillet 1982. Le navire a été livré le 17 mars 1983[14].
Carrière

Bien qu’initialement conçu principalement pour les eaux subarctiques, le Dikson fut confié à la Compagnie maritime de Mourmansk et initialement envoyé dans son port éponyme en mer de Kara pour escorter des navires transportant du minerai depuis Doudinka le long du fleuve Ienisseï[14]. En 1986, le brise-glace a été transféré à la Northern Shipping Company et transféré à Arkhangelsk en mer Blanche. En 2006, le Dikson a été transféré à Rosmorport, l’organisme exécutif qui gère les biens de l’État et aide au transport des navires. Le Dikson est toujours en service en 2023[5],[4].
Événements
Le Dikson fut l’un des nombreux brise-glaces impliqués dans la crise maritime dans l’Arctique oriental soviétique, où des conditions de glace sans précédent causèrent une perturbation majeure à la navigation à la fin de la saison de navigation 1983[15].
En 2012, le Dikson a été utilisé pour réaliser des cartographies sismiques dans la mer de Barents. À cette fin, le brise-glace a été équipé en Norvège d’une flûte sismique et d’équipements associés[16],[17].
En 2019, le Dikson a remorqué la centrale nucléaire flottante russe Akademik Lomonosov jusqu’à Pevek[18]. Le convoi quitta Mourmansk le 23 août et navigua 2640 milles marins (4890 km) le long de la route maritime du Nord jusqu’à son arrivée à destination le 10 septembre, en avance sur la date prévue[19].
En 2022, le Dikson a rejoint l'Arktika, le Polar King, l'Inzhenier Trubin, le Sevmorput et le Kapitan Dranitsyne pour livrer les matériaux de construction d’un projet de mine de cuivre dans la ville de Pevek. L’Arktika escorta le reste des navires de la flotte dans la mer de Barents fin février[20].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Dikson (icebreaker) » (voir la liste des auteurs).
- (ru) « DIKSON RS: 812471 IMO: 8009208 », sur Онлайн информация (consulté le ).
- (ru) I.B. Petrovich, Z.V. Andreevich et G.E. Mikhailovich, Проектирование ледоколов, p. 126-127.
- « 8009208 », sur Maritime Portal (consulté le ).
- (ru) « Диксон » (consulté le ).
- « 8009208 », sur Equasis (consulté le ).
- ↑ « Key to the Register of Ships », sur Trans-Service Maritime Agency (consulté le ).
- « Diesel-mechanical transmission for Soviet sub-Arctic icebreakers (Mudyug, Magadan and Dikson) », Shipbuilding and Marine Engineering, no 106, , p. 153 (lire en ligne).
- Kalle Id et Bruce Peter, Innovation and Specialisation - A History of Shipbuilding in Finland, Nautilus, (ISBN 9788790924683), p. 92.
- (ru) A. Olano-Erenya et N. V. Strelnikov, « The geared diesel icebreaker Mudyug », Sudostroenie, no 7, , p. 3 (lire en ligne).
- ↑ Understanding Soviet Naval Developments, Fifth Edition, Office of the Chief of Naval Operations, Department of the Navy, (lire en ligne), p. 77.
- ↑ William Barr et Edward A. Wilson, « The Shipping Crisis in the Soviet Eastern Arctic at the Close of the 1983 Navigation Season », Arctic, vol. 38, no 1, , p. 1-17 (lire en ligne).
- ↑ (en-GB) Atle Staalesen, « Russian icebreaker to Kirkenes for upgrade », sur Barents Observer, (consulté le ).
- ↑ (en-US) « WGP Completes 2D Survey in Russian High Arctic », sur Offshore Energy, (consulté le ).
- ↑ (en) « March to Pevek », sur Rosatom Newsletter, (consulté le ).
- ↑ (en-US) caroline, « Russia's floating plant arrives at final destination ahead of schedule », sur Nuclear Engineering International, (consulté le ).
- ↑ (en-GB) Atle Staalesen, « After two months in the ice, a nuclear-powered convoy breaks its way towards open waters », sur The Independent Barents Observer, (consulté le ).
Liens externes
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