Magadan (brise-glace)

Magadan (Магадан)
illustration de Magadan (brise-glace)

Type brise-glace[1],[2]
Histoire
Chantier naval Wärtsilä Drapeau de la Finlande Finlande (Chantier naval de Hietalahti)
Fabrication acier
Commandé Avril 1980[3]
Quille posée 6 janvier 1981[4]
Lancement 16 avril 1982[4]
Commission 30 décembre 1982[4],[5]
Statut en service
Caractéristiques techniques
Longueur 92,0 m (plate-forme de remorquage incluse)
Longueur de coque 88,5 m
Longueur de flottaison 78,5 m
Maître-bau 21,2 m
Tirant d'eau 6,5 m
Déplacement 6210 tonnes
Propulsion 4 moteurs Wärtsilä 8R32 de 2390 kW
2 arbres d'hélice
Hélices à pas variable
Vitesse 16,5 nœuds (30,6 km/h)
Profondeur 10,5 m
Carrière
Propriétaire Compagnie maritime d’Extrême-Orient (1982 à 2017)[4]


Rosmorport (2017 à présent)[6]

Pavillon Drapeau de la Russie Russie
Port d'attache Vladivostok Drapeau de l'URSS Union soviétique (1982 à 1992)
Vladivostok Drapeau de la Russie Russie (1992 à présent)
Indicatif UIFQ
MMSI 273145900[6]
IMO 8009193
Coût 400 millions de marks finlandais (en 1980, pour trois navires)[3]

Le Magadan (en russe : Магадан) est un brise-glace russe et le deuxième navire d’une série de trois brise-glaces subarctiques construits au chantier naval de Wärtsilä à Helsinki en Finlande entre 1982 et 1983. Ses navires jumeaux sont le Mudyug (reconstruit en 1986) et le Dikson.

Conception

Le Magadan mesure 88,5 mètres de longueur hors tout et a une largeur de 21,2 mètres à son point le plus large[1]. Cependant, la plate-forme de remorquage augmente la longueur totale du navire à 92,0 mètres tandis que ses côtés inclinés réduisent la largeur de la coque à 20,0 mètres à la ligne de flottaison[2]. Lorsqu’il est à pleine charge, le brise-glace a un tirant d'eau maximal de 6,5 mètres et un déplacement de 6210 tonnes[1]. Le navire est de classe de glace LL4, il est destiné aux opérations principalement dans les ports et les régions côtières[7]. L’épaisseur maximale de la coque dans la zone de l’étrave est de 35 millimètres[2].

Contrairement à la plupart des brise-glaces, le Magadan dispose d’un système de propulsion diesel-mécanique. Ses quatre moteurs principaux Wärtsilä 8R32 à vitesse moyenne de 2390 kilowatts (3 210 ch) sont couplés par paires, via des boîtes de réduction à double entrée/sortie unique à un étage Lohmann & Stolterfoht Navilus, à des arbres d'hélice entraînant des hélices Kamewa à quatre pales en acier inoxydable de 4 mètres de diamètre)[8]. Afin de protéger les moteurs principaux des grandes variations de couple lors des opérations de brise-glace et d’empêcher les hélices de s’arrêter lorsque les pales entrent en contact avec la glace, chaque arbre possède un volant d'inertie de 11,5 tonnes pour augmenter l'inertie rotative de la transmission[9],[10],[11]. La capacité de brise-glace du navire est encore renforcée par un système de bulles d’air Wärtsilä (WABS) lubrifiant la coque ainsi qu’un système de gestion active de la gîte[2]. L’alimentation électrique embarquée est générée par trois moteurs diesel auxiliaires Wärtsilä-Vasa 624TS équipés d’alternateurs de 960 kVA[8].

La traction au point fixe du Magadan est de 914 kilonewtons (93 tf) lorsqu’il fonctionne avec une puissance de propulsion continue de 7000 kilowatts (9400 ch)[11]. Cependant, pour une exploitation à court terme, le brise-glace peut utiliser sa puissance maximale de 9100 kilowatts (12200 ch) pour générer une traction de 1400 kilonewtons (140 tf)[2],[8]. Le navire atteint une vitesse de service de 16,5 nœuds (30,6 km/h) en eaux libres[1] et peut maintenir une vitesse continue de 2 nœuds (3,7 km/h) lorsqu’il brise une glace plate d’un mètre d’épaisseur[12].

Historique

Développement et construction

En 1977, Wärtsilä a commencé à développer un nouveau concept de brise-glace en étroite collaboration avec des experts de l’Union soviétique. Bien que le constructeur naval finlandais ait livré plus de brise-glace que tout autre chantier naval au monde, ils étaient tous des navires diesel-électriques, alimentés par des moteurs électriques de propulsion entraînant des hélices à pas fixe. Dans les nouveaux brise-glaces, cette transmission spécialisée assez coûteuse fut remplacée par une transmission mécanique moins coûteuse et plus efficace, où les moteurs diesel principaux seraient reliés à des hélices à pas variable via une boîte de vitesses réductrice. Un vaste programme de recherche a été lancé par Wärtsilä Arctic Design and Marketing (WADAM) afin de garantir la viabilité du nouveau concept et d’éviter les problèmes rencontrés par les brise-glaces de classe Polar de la United States Coast Guard, récemment mis en service[9],[13].

En avril 1980, Wärtsilä et l’Union soviétique ont signé un contrat de construction navale de 400 millions de marks finlandais pour la construction de trois brise-glaces destinés à escorter les navires dans les ports subarctiques gelés. Les navires, dont le premier devait être livré fin 1982 et les deux suivants en 1983, seraient stationnés en mer de Barents, en mer d'Okhotsk et en mer Baltique[3].

Le Magadan, deuxième navire de la série, a été mis sur cale au chantier naval de Hietalahti le 6 janvier 1981, avec le dernier navire, le Dikson, et lancé le 16 avril 1982, en même temps que le navire de tête, le Mudyug. Le brise-glace a été livré le 30 décembre 1982, légèrement en avance sur le calendrier[4],[5].

Carrière

Le Magadan a été livré à la Far East Shipping Company (FESCO) en 1982 et a depuis opéré en Extrême-Orient russe où, pendant les mois d’hiver, le brise-glace escorte des navires dans la mer d’Okhotsk jusqu’à sa ville éponyme[5]. En 2016, le Magadan a été transféré à Rosmorport et il est encore en service en 2023[14],[15].

Événements

Le Magadan fut l’un des nombreux brise-glaces impliqués dans la crise maritime dans l’Arctique oriental soviétique, où des conditions de glace sans précédent causèrent une perturbation majeure à la navigation à la fin de la saison de navigation 1983[16].

En mars 1999, le Magadan a mené une opération de sauvetage pour escorter des navires transportant des fournitures vers des colonies isolées du Kamtchatka, dangereusement en pénurie de carburant[17].

En 2000, le Magadan a été utilisé pour remorquer des navires de guerre désarmés de la marine russe jusqu’à Alang, en Inde, pour leur démolition[18].

En août 2003, le Magadan a participé à un exercice de sauvetage conjoint russo-japonais-coréen en mer du Japon. Le rôle du brise-glace lors de l’exercice Vostok-2003 était de simuler un navire civil signalant un incendie à bord[19].

En mars-avril 2006, le Magadan a été affrété pour une expédition conjointe russo-américaine afin de dénombrer la population de morses près de l’île Saint-Laurent[20].

Le 18 décembre 2011, le Magadan était l’un des deux navires qui ont remorqué la plate-forme auto élévatrice Kolskaya qui a chaviré et coulé dans la mer d’Okhotsk. 53 personnes ont été déclarées mortes ou disparues à la suite de l’accident[21].

Notes et références

  1. (ru) « MAGADAN RS: 810245 IMO: 8009193 », sur Онлайн информация (consulté le ).
  2. (ru) I.B. Petrovich, Z.V. Andreevich et G.E. Mikhailovich, Проектирование ледоколов, p. 126-127.
  3. « Kolme jäänmurtajaa neuvostoliittoon », Navigator, Oy Laivastolehti, no 5,‎ , p. 34 (ISSN 0355-7871).
  4. « 8009193 », sur Maritime Portal (consulté le ).
  5. « Satamakäyttöön », Navigator, Oy Laivastolehti, no 5,‎ , p. 10 (ISSN 0355-7871).
  6. « 8009193 », sur Equasis (consulté le ).
  7. « Key to the Register of Ships », sur Trans-Service Maritime Agency (consulté le ).
  8. « Diesel-mechanical transmission for Soviet sub-Arctic icebreakers (Mudyug, Magadan and Dikson) », Shipbuilding and Marine Engineering, no 106,‎ , p. 153 (lire en ligne).
  9. Kalle Id et Bruce Peter, Innovation and Specialisation - A History of Shipbuilding in Finland, Nautilus, (ISBN 9788790924683), p. 92.
  10. « KaMeWalle potkurien suurtilaus », Navigator, Oy Laivastolehti, no 1,‎ , p. 46 (ISSN 0355-7871).
  11. (ru) A. Olano-Erenya et N. V. Strelnikov, « The geared diesel icebreaker Mudyug », Sudostroenie, no 7,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  12. Understanding Soviet Naval Developments, Fifth Edition, Office of the Chief of Naval Operations, Department of the Navy, (lire en ligne), p. 77.
  13. « Uusi murtajatyyppi », Navigator, Oy Laivastolehti, no 9,‎ , p. 16 (ISSN 0355-7871).
  14. (en) « Four icebreakers fall under economic jurisdiction of FSUE Rosmorport », sur PortNews, (consulté le ).
  15. « Kapitan Khlebnikov and Magadan icebreakers returned to the seaport of Vladivostok after the end of the icebreaking period in the seaport of Vanino », sur Rosmorport, (consulté le ).
  16. (en) William Barr et Edward A. Wilson, « The Shipping Crisis in the Soviet Eastern Arctic at the Close of the 1983 Navigation Season », Arctic, vol. 38, no 1,‎ , p. 1-17 (lire en ligne).
  17. « Russian Far East: Ice-breaker to help supply Kamchatka District with fuel », sur ITAR-TASS news agency, (consulté le ).
  18. « Russian shipping lines susee icebreakers as "impossible luxury" », sur ITAR-TASS news agency, (consulté le ).
  19. (en) « The joint Russian-Japanese-Korean exercises start in the Sea of Japan » [archive du ], sur Pravda.RU, (consulté le ).
  20. (en) « Ice breaker MAGADAN research expedition in the Bering Sea is completed » [archive du ], sur Fesco Transport Group, (consulté le ).
  21. (en-GB) Trude Pettersen, « Largest accident in Russian oil sector », sur Barents Observer, (consulté le ).
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