Gouvernement Ouimet
| Gouvernement Chauveau | Gouvernement Ouimet | Gouvernement Boucher de Boucherville I | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| 2e législature | 3e législature | ||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 1872 | 1873 | 1874 | 1875 | ||||||||||||||||||||||||||||||||
| Premier ministre | Gédéon Ouimet |
|---|---|
| Élection | 1871 |
| Législature | 2e |
| Formation | |
| Fin | |
| Durée | 1 an, 6 mois et 25 jours |
| Parti politique | Parti conservateur |
|---|---|
| Ministres | 6 |
| Femmes | 0 |
| Hommes | 6 |
| Assemblée législative (1871) |
|
|---|
Le mandat du gouvernement de Gédéon Ouimet, devenu premier ministre du Québec à la suite de la démission de son prédécesseur Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, s'étend du au . Brièvement à la tête du gouvernement, Ouimet est emporté par le scandale des Tanneries qui force la démission successive de plusieurs de ses ministres à l'été 1874.
Caractéristiques
Le Parti conservateur, au pouvoir, est alors divisé en deux ailes : l'« école de Cartier », dans la même lignée que celle du Parti conservateur fédéral de John A. Macdonald, et l'aile ultramontaine, qui désire que l'action des politiciens soit soumise en tous points à la doctrine de l'Église. Ouimet appartient sans conteste à la première aile, qui admet l'intervention ponctuelle de l'État dans certains secteurs.
Le gouvernement Ouimet est le premier gouvernement québécois à négocier un emprunt d'envergure, soit 4 millions CAD. C'est une banque britannique qui autorise le prêt.
Ouimet succède à Chauveau et conserve essentiellement le même cabinet, avec quelques ajustements ministériels mineurs[1].
Le scandale des Tanneries
Le gouvernement Ouimet est ébranlé à l'été 1874 par le scandale des Tanneries. Le Montreal Herald révèle que le gouvernement a échangé un terrain du village des Tanneries, évalué à plus de 200 000 dollars, contre la ferme Leduc, d'une valeur estimée à 38 000 dollars, au profit du spéculateur John Rollo Middlemiss. Le journaliste Clément-Arthur Dansereau, proche de Joseph-Adolphe Chapleau, aurait touché une commission de 65 000 dollars[1]. Le ministre Louis Archambeault est lui aussi soupçonné d'avoir accepté un pot-de-vin, peu après l'échange, la banque Jacques-Cartier ayant reçu un dépôt de 65 000 dollars à son crédit.
Le procureur général George Irvine démissionne le , blâmant l'échange des Tanneries. Le président du Conseil législatif, John Jones Ross, démissionne à son tour le , déplorant lui aussi la transaction. Lorsque Joseph Gibb Robertson annonce sa démission le , Ouimet, incapable de reconstituer son cabinet, remet sa démission le lendemain[1].
L'abolition du double mandat
Depuis 1867, le double mandat permet à un élu de siéger simultanément aux parlements provincial et fédéral. Après le Nouveau-Brunswick (1867), l'Ontario (1872) et le Parlement fédéral (1873), l'Assemblée législative du Québec adopte la loi de Félix-Gabriel Marchand abolissant cette pratique le . Seuls quatre des douze doubles mandataires choisissent de conserver leur siège québécois, les autres préférant Ottawa[2]. L'abolition provoque une vague de démissions et d'élections partielles qui modifie sensiblement la composition de l'Assemblée durant le mandat d'Ouimet.
Chronologie
- : assermentation du cabinet Ouimet devant le lieutenant-gouverneur René-Édouard Caron.
- : Ouimet annonce l'obtention d'une subvention aidant à créer une école de formation pour les ingénieurs. L'École polytechnique de Montréal ouvre ses portes en .
- : adoption de la Loi abolissant le double mandat (37 Vict.), interdisant à un élu de siéger simultanément aux parlements provincial et fédéral[2].
- : le scandale des Tanneries éclate. Le Montreal Herald révèle l'échange du terrain des Tanneries (évalué à plus de 200 000 dollars) contre la ferme Leduc (évaluée à 38 000 dollars) au profit de John Rollo Middlemiss[1].
- : le procureur général George Irvine démissionne, blâmant l'échange des Tanneries[1].
- : le président du Conseil législatif, John Jones Ross, démissionne à son tour, déplorant lui aussi la transaction.
- : Joseph Gibb Robertson annonce sa démission, entraînant celle de tout le gouvernement.
- : Gédéon Ouimet remet sa démission, incapable de reconstituer son cabinet[1].
Lois marquantes
- 1874 : Loi abolissant le double mandat (37 Vict.), adoptée le , interdisant à un élu de siéger simultanément aux parlements provincial et fédéral[2].
Composition
Ouimet conserve essentiellement le cabinet de Chauveau avec quelques ajustements. Le premier ministre cumule les fonctions de ministre de l'Instruction publique et de secrétaire et registraire, comme son prédécesseur.
- Premier ministre et président du Conseil exécutif : Gédéon Ouimet
- Agriculture et travaux publics : Louis Archambeault[Note 1]
- Procureur général : George Irvine
- Terres de la Couronne : Pierre Fortin
- Instruction publique : Gédéon Ouimet
- Secrétaire et registraire : Gédéon Ouimet
- Solliciteur général : Joseph-Adolphe Chapleau
- Orateur du Conseil législatif : John Jones Ross[Note 1]
- Trésorier : Joseph Gibb Robertson
Notes et références
Notes
- Siège au Conseil législatif.
Références
- « OUIMET, GÉDÉON », sur Dictionnaire biographique du Canada (consulté le )
- « Double mandat », sur Assemblée nationale du Québec (consulté le )
Bibliographie
- Jacques Lacoursière, Histoire populaire du Québec, t. III, Septentrion, .
- Paul-André Linteau, René Durocher et Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain, t. I, Boréal Express, .
- Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec.
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