La Docherie

La Docherie
La Docherie
Panorama de La Docherie vu du terril Saint-Charles.
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Charleroi
Ville Charleroi
Démographie
Gentilé Dochard, -arde[1]
Population 5 896 hab. (2001)
Densité 2 808 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 25′ 31″ nord, 4° 24′ 20″ est
Superficie 210 ha = 2,1 km2
Transport
Bus Logo TEC CharleroiTEC : Lignes 85, 86, 172 et Midi-Docherie
Localisation
Localisation de La Docherie
Carte des 55 quartiers de Charleroi.
La Docherie porte le numéro 24.
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La Docherie
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La Docherie

La Docherie ou Marchienne-Docherie (en wallon El Dochriye) est un quartier de Marchienne-au-Pont, une des quinze sections de la ville de Charleroi, située en Belgique.

Toponymie

L'origine du nom Docherie reste floue mais plusieurs hypothèses ont été avancées. Une première est que le nom viendrait du latin « Docere » qui signifie instruire et qui serait lié au fait d'un ermite savant aurait habité dans le bois local. Une autre hypothèse serait que « Docherie » viendrait du vieux français « Dochard » qui voudrait dire « porteur de bois »[2].

Géographie

La Docherie se situe sur le flanc de la colline qui est séparée par le quartier de Gohyssart. Les communes limitrophes sont : Dampremy, Monceau-sur-Sambre, Roux, Jumet, Lodelinsart et Marchienne-Centre.

Le point culminant se situe dans la partie supérieure du cimetière, à 185 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui en fait un des endroits les plus hauts de la province du Hainaut et qui, de là, offre un panorama inégalé dans la direction de Goutroux et de Mont-sur-Marchienne[3].

Quartiers

Quartiers et lieux-dits

  • Le Fond Beghin, également appelé Pont Beghin, il tire son nom de la propriété voisine appartenant à l'ancienne famille Beghin, qui fut ensuite occupée par la famille Rouard. Avant la construction du canal de Charleroi, le pont qui enjambe le canal et le Piéton portait ce nom[Note 1], le Pont aux Scouffes, il était construit en bois[4].
  • Le Pélon, lieu-dit qui se situe à la rue de Jumet près de la petite église une rue porte son nom.
  • Bayemont, nom de la colline à cheval sur Jumet. Le nom viendrait de « noir mont », « bail » ou « baye » signifie en ancien français, un endroit clôturé d'une barrière[3] et autrefois la colline était clôturée de barrières[5].
  • Bierrau, lieu-dit qui se trouve près du canal Charleroi-Bruxelles en bas de la rue de Jumet, une gare se trouvai dans ce lieu-dit.
  • Les Bailles, anciennes parcelles agricoles situées entre les rues Jaumet, du Chemin de Fer et le Piéton[6].
  • Fond Bernard, les prairies se trouvent entre le sentier de La Docherie, la rue Léon Dubois, Jumet et le canal[6].
  • Naye-à-Bois, ce nom désignait l’endroit où les bateliers pouvaient trouver le bois et les planches nécessaires aux réparations[7].

Les cités

Panorama vers la cité de l'Égalité depuis le terril Bayemont-Saint-Charles.
  • La cité ouvrière. Construite en 1925 par les Habitations marchiennoises, la cité regroupant les rues Jean Jaurès[Note 2] Victor Hachez se démarque par l'originalité du style des maisons. Bien que de nombreux locataires aient fini par devenir propriétaires de leur logement, peu de modifications ont été effectuées, du moins à l'extérieur. Par exemple, la rue Jaurès présente plusieurs de ces maisons qui conservent encore leur apparence d'origine[8].
  • La cité Hachez.
  • La cité des Cerisiers, construite en 1954 par les Habitations Marchiennoises[9].
  • Cité Peetermans, nom donné à Louis Peetermans, échevin des finances et président des Habitations Marchiennoises[10].
  • La cité de Bayemont, des logements pour les familles d'ouvriers construits par la Société Bayemont-Docherie[6].
  • La cité de l'Égalité, appelée en hommage aux révolutionnaires français[11] la cité a été construite en 1980[12].
  • La cité des Acacias.

Hydrographie

Le Piéton

Le Piéton est un affluent de la Sambre, prenant sa source au fond de Marchienne-Docherie pour rejoindre Dampremy, longeant ainsi la partie ouest de l'abrupt[13]. Le Piéton a été dévié pour l'élargissement du canal Charleroi-Bruxelles en 1950.

Saiwe des Bailles

Ruisseau désormais asséché qui serpentait autrefois dans les prairies des Bailles, en contrebas de la rue de Jumet[6].

Le canal Charleroi-Bruxelles

Histoire

À l'époque carolingienne, les bois de La Docherie et de Jumet étaient des territoires de chasse intégrés au domaine royal de Marchienne-au-Pont. Du haut Moyen Âge jusqu'au XVIIIe siècle, la colline de La Docherie faisait partie de la seigneurie de Marchienne[3].

En 1595, un texte raconte que le bailli de Marchienne demanda qu’on inflige une amende à Jean le Chausteur pour avoir empiété sur le chemin menant à la maison « Dopcherie »[14][15]. À l’époque, cette maison se trouvait probablement dans les bois. « Dopcherie » viendrait à l’origine d’un nom de famille qui, plus tard, donna son nom au hameau, et dont le « p » disparut à l’oral dès le siècle suivant[16][2].

Le premier peuplement de la colline de Bayemont s’est installé sur un terrain défriché, situé entre le Piéton et le bois, et qui, comme l’indiquent deux cartes du XVIIIe siècle, portait le nom de « Docherie », à l’emplacement de ce qui deviendra plus tard le « Fond Beghin »[16]. Le bois de Bayemont s’appelait le « Bois du Prince » jusqu’en 1810, puis « Bois Impérial », et en 1814, il devint le « Bois Royal »[17]. Sous le régime hollandais, ce bois s’appelait « bois Royal », et la rue Royale tient son nom en souvenir de cet endroit[18].

Le « pont au Scouffe », qui permettait de franchir le Piéton en face du hameau Docherie, était devenu branlant. Vu l’urgence, un accord a été conclu entre les bourgeois de Marchiennes et les houilleurs du hameau. Quelques années plus tard, il sera reconstruit en briques avec un appareillage de pierres et sera appelé indifféremment pont au Scouffe ou « pont Ruau »[19].

Depuis bien longtemps, le charbon a été découvert dans le bois Dochard. Il est extrait de manière artisanale dans des « cayats », petits puits rudimentaires où l'on descend dans une sorte de grand chaudron suspendu à un treuil. Lorsque les verreries, pour chauffer leurs vastes bassins, ou la métallurgie, pour produire du coke, deviendront de grands consommateurs de houille, certains cayats se transformeront en puits de plus en plus profonds[20].

Le , une société appelée « Bois de Bayemont » fut fondée. Elle renouvela ses titres de possession aux dates suivantes, en fonction des changements de gouvernements : le , le et le . À cette dernière date, une deuxième concession, située sous le hameau même, fut intégrée à la société. Une troisième concession existait déjà en 1756 sous le nom de « Chauw-à-Roc », qui comprenait plusieurs cayats, dont l’un était creusé dans le parc de l’actuelle Résidence Saint-Vincent[21].

Après le siège de Charleroi mené par le général Jourdan en 1794, le , l’armée autrichienne repoussa une fois de plus les Français, avec des conséquences pour la population locale. Des combats eurent lieu dans le bois de Bayemont, dans le hameau de La Docherie et dans la région environnante[22]. Le de la même année, avec la même détermination, l’armée française repassa la Sambre pour le même objectif. Les mêmes dispositions furent reprises : d’Auvelais à Marchiennes, les bourgs de la région furent occupés, tandis que Charleroi assiégée subissait un bombardement[22].

La forteresse de Charleroi se rendit le après un bombardement intensif. Mais le , après une brève ascension à Marchienne, Jourdan ordonna que l’aérostat militaire nommé l’Entreprenant soit transporté au cœur de la bataille en préparation. Le ballon traversa le hameau pour se diriger vers Gohyssart, puis vers le moulin de Jumet[22]. Le , à l’aube, le général autrichien Cobourg lança ses troupes à l’assaut sur tout le front, espérant percer à plusieurs endroits. Les bataillons hollandais et belges se regroupèrent devant Marchienne pour protéger le parc d’artillerie et le pont, en cas de retraite. Les hommes du comte de Latour prirent position dans le bois de Monceau, où ils installèrent des batteries pour canonner Marchienne. D’autres troupes hollando-belges s’emparèrent du bois de Bayemont et du hameau de Docherie[23].

Prévenu de ces revers, le général français Kléber ordonna au chef de brigade Bernadotte de dégager le bois de Bayemont et le hameau. Une fois le terrain repris, il fit installer des canons sur le versant ouest de la colline de Bayemont pour frapper les batteries et les troupes de Latour positionnées dans le bois de Monceau. Le soir venu, Cobourg, ayant appris la capitulation de Charleroi, choisit de replier ses forces vers Bruxelles[23].

En 1815, les troupes des généraux français Reille et Drouet d'Erlon passèrent par le pont Ruau et le chemin de Jumet pour rejoindre Gosselies, puis se diriger vers Waterloo. Après la défaite de l'armée napoléonienne, les soldats en déroute refluaient vers la frontière française, empruntant en sens inverse les mêmes itinéraires[23].

L'indépendance de la Belgique en 1830 marque le début d'un développement industriel généralisé, particulièrement en Wallonie. Dans la région de Charleroi, cela contribue à la richesse et à la renommée du Pays noir. La Docherie n'échappe pas à ce phénomène. Rapidement, des puits s'ouvrent sur son territoire, produisant de plus en plus de cette précieuse houille. Le creusement de puits de charbonnage et l'exploitation industrielle du sous-sol entraînent rapidement un besoin de routes pour transporter tout ce que consomme et produit le charbonnage, ainsi que de logements pour les ouvriers. En 1840, le bois est défriché, des chemins et des rues sont tracés, et des maisons sont construites. C'est le début de l'explosion géographique et démographique de La Docherie[20].

La route du Port, qui relie Charleroi à Monceau-sur-Sambre et les anciennes usines de la Providence.

En 1834, les frères Auguste et Henri Goffart arrivèrent dans le Pays Noir, attirés par les opportunités créées depuis l’inauguration du canal Charleroi-Bruxelles (le ). Ils fondèrent les établissements métallurgiques de Monceau et, pour les approvisionner, achetèrent les concessions houillères du Bois de Bayemont[21]. En 1851, la société des Hauts-Fourneaux de Monceau et celle de Bayemont-Docherie fusionneront pour ne former qu'une seule entité[24].

Le , une explosion de grisou se produisit au puits de Saint-Henri, causant la mort de 13 personnes[21][25].

C'est en 1840 que La Docherie prend véritablement vie en devenant un hameau peuplé et dynamique. À cette époque, le canal Charleroi-Bruxelles y passe déjà. Ce canal, inauguré en 1832, marque aussi l'année où la construction du pont Beghin est décidée, ouvrant ainsi la route vers Gosselies. Ce pont donnera, par extension, son nom à tout un quartier[Note 3][20].

Le , vers h du soir, un câble s’est rompu au puits Saint-Auguste, précipitant la cage au fond et causant la mort de cinq personnes[26].

Le , un incendie surprit neuf ouvriers dans un puits de Chauw-à-Roc, causant la mort de six personnes, dont une femme. Le , un coup de grisou éclata dans la même galerie, renversant un wagonnet, arrachant les portes d’aérage et provoquant un éboulement qui fit trois ouvriers brûlés vifs et neuf blessés[27][28]. En 1845, un ouvrier tomba dans le puits de Saint-Auguste, et un autre mineur fut écrasé par une pierre tombée du toit d’une galerie de Sainte-Suzanne[27].

Le , vers h du matin, un coup de grisou survient au puits Saint-Auguste, qui était situé au milieu de la rue de Jumet, et blesse dix personnes par brûlures[29].

Au puits Sainte-Suzanne, le grisou a causé 10 morts en 1846, 3 en 1849, et un coup d'eau en 1854. Le , une autre explosion de grisou empêche 25 mineurs de remonter du puits. Au puits Saint-Henri en 1858, 3 ouvriers perdent la vie suite à la rupture d'un câble[30].

Vue de nuit de la cité de l'Égalité.

En 1853, la population compte 721 habitants (3167 pour l'ensemble de Marchiennes). C'est également cette année-là que, pour la première fois, deux conseillers communaux sont élus parmi les éligibles Dochards. En 1893, soit seulement quarante ans plus tard, plus de 6000 habitants sont recensés[20].

En 1859, le choléra apparut dans la région, sans susciter beaucoup d’inquiétude chez les habitants. En 1866, il revint en causant de lourds dégâts et la peur s’empara alors de la population[31]. En 1893, le choléra faisait encore des ravages, se propageant surtout entre le canal et la rue Royale[32]. Les premières personnes touchées par la maladie provenaient du puits Saint-Théodore, situé non loin de la rue de Jumet. De là, malgré les moyens énergiques employés pour l’endiguer, le choléra s’étendit un peu partout dans le hameau de La Docherie[33].

L’éclairage, installé en 1877, se composait de cent vingt-sept quinquets à pétrole que le préposé allumait au crépuscule et éteignait à 23 h, sauf six qui restaient allumés jusqu’à l’aube[34].

Le , les soldats allemands arrivèrent et affrontèrent les soldats français en contrebas de l'orphelinat. Les Français battirent en retraite et furent poursuivis au-delà du canal, en direction de Monceau[35]. Le , des avions allemands survolèrent la zone et larguèrent des bombes dans les environs de la rue du Cimetière[36] (actuellement rue du Curé Robert). Il y a eu de nombreux dégâts aux bâtiments, mais les sœurs et les riverains n'ont pas été touchés[36].

L’ancien quartier du Fond Beghin, démoli lors de l’élargissement du canal dans les années 1950.

En 1939, une batterie de DAC, servie par des soldats français d’origine sénégalaise, fut installée entre Gohyssart et La Docherie. Une nuit de mai, par erreur, les servants tirèrent sur une cible imaginaire, et les projectiles retombèrent sur le quartier de la cité Hachez. Les maisons subirent des dégâts, plusieurs habitants furent blessés ou tués, et l’émoi gagna toute la population des alentours[37].

Le , dans leur avancée rapide, des soldats allemands venant de Jumet ont poursuivi, dans La Docherie, des Saphis français, avec toute l'horreur des combats de rue[38]. Un obus allemand a explosé une maison dans la rue Destrée, causant la mort d'une personne et blessant plusieurs autres[38].

L'émergence de nouvelles sources d'énergie et les défis liés à l'extraction de la houille ont marqué le déclin, puis la fermeture des charbonnages : Saint-Charles dans les années 1950, Naye-à-Bois en 1959, Belle-Vue en 1960 et Saint-Théodore en 1972[39].

Patrimoine et culture

Patrimoine

L'église Saint-Pierre (1868, 1893 pour le clocher)[40],[41],[42].

Églises

L'église Saint-Pierre

Construite en 1868, elle est dédiée à Saint-Pierre[43] en hommage à Pierre Parent[Note 4], qui a financé sa construction. Lors de son inauguration, le premier titulaire canonique, Victor Van Achter, occupe ce poste jusqu’en 1878. À cette époque, l’église n’a ni tour, ni clocher, ni cloches. Une dizaine d’années après sa construction, des fissures apparaissent sur les murs, entraînant un procès contre les Sociétés d'Amercœur et de Bayemont en 1881[44].

Ce procès s’éternise pendant onze ans, jusqu’en 1892. Entre-temps, la paroisse est élevée au statut de vicariat en 1889. C’est le vicaire Marcquebreucq qui entendra le tribunal de Charleroi condamner les Charbonnages à financer les réparations en 1892. Enfin, en 1893, la tour et le clocher sont ajoutés, avec trois cloches portant les noms de leurs marraines (donatrices) et leur tonalité musicale : Charlotte (MI bémol), Marie-Barbe (FA) et Augustine (SOL)[44].

La « petite église »
Chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs (1936)[45]. Aujourd'hui église orthodoxe.

La chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs[46], située rue Emile Gantois, la seconde église de La Docherie a été consacrée le dimanche . Les reliques des saints martyrs Maxime et Félicien se trouvaient dans l'ancien autel en pierre[47]. Aujourd'hui c'est devenu une église orthodoxe.

Ancien couvent des Ursulines

Rue du Curé Robert (ex-rue du Cimetière).

Orphelinat

L'orphelinat Saint-Joseph, rue Favette, était géré, depuis sa fondation, par une communauté religieuse. L'établissement se laïcisa en 1965 et devint la « Maison Saint-Joseph »[48]. Son rôle social a quelque peu évolué, toutefois, ce sont toujours des jeunes mineurs d'âge déshérités qui y sont logés. L'orphelinat est une des plus anciennes constructions publiques de La Docherie[49].

Monuments

  • Le monument des déportes érigé en 1934[50] en mémoire des déportés de 1916[51], rue du Jeu de balle.
  • Le monument aux « Mamans ». Qui se trouve près de l'école de La Docherie.

Culture

Ducasses

Aujourd'hui disparues, à La Docherie, avais cinq ducasses parmi lesquelles ont note notamment : la ducasse Saint-Pierre qui était organisée le dernier dimanche de juin, la ducasse du Pélon qui était organisée le deuxième dimanche de juillet, la ducasse de la Cité (rue du Jeu de Balle) qui était organisée la semaine du , la ducasse du Fond Beguin qui était organisée le et la ducasse Saint-Charles qui était organisée le dernier dimanche d'août[52].

Groupe folklorique

En 1946, fut créé un groupe folklorique « Les Vis du Timp Passé del Docherie ». Les participants portaient des costumes inspirés de la Belle Époque. Les femmes étaient vêtues d’un large chapeau tuyauté, d’un chemisier gris fermé par un ruban noir, d’une jupe sombre et d’un parapluie. Les hommes arboraient une casquette grise, un sarrau bleu, un nœud papillon noir, un pantalon gris et une canne. Ainsi costumés, ils défilaient dans les rues au son d’une fanfare. L’année suivante, leur sortie principale eut lieu lors de la première fête de quartier de la Cité Hachez, organisée par un comité fondé par Flamant et Pierlot. Cette ducasse se distingua notamment par un orchestre comique utilisant des ustensiles domestiques et par l’« enterrement de la tarte ». Vers 1950 apparurent les géants Adonis et Mélanie, inspirés des concierges de l’école V. Hachez et proclamés mayeur et mayoresse de la fête. Les festivités se poursuivirent jusqu’en 1966, année où les têtes des géants furent déposées dans un musée de Charleroi[53].

Enseignement

En , la Convention Républicaine adopta un décret instaurant des écoles primaires dans les municipalités. Cependant, comme de nombreux hameaux ruraux, La Docherie ne fut pas concernée par cette loi. Ce n’est qu’en 1850 que la société houillère de Bayemont ouvrit une école primaire mixte, avec M. Virlet comme unique instituteur. Située près du charbonnage Saint-Charles, elle devint plus tard l’école Saint-Louis, rue Dubois. L'année suivante, le Conseil Communal de Marchienne prit en charge cette classe en la subventionnant[54].

École Libre de La Docherie :

  • École fondamentale Saint-Pierre[55], rue du Curé Robert. Construite en 1903[55].
  • École fondamentale Saint-Louis[56], rue Léon Dubois. Construite en 1925[57].

Écoles communales :

  • École communale Victor Hachez[Note 5], rue Victor Hachez.
  • École communale La Docherie[Note 5], rue des Dochards. Construite en 1973[58], et remplacent les bâtiments de 1875[42].

Galerie

Lieux publics

Cimetière de Marchienne-Docherie, l'entrée principale.

Cimetière

Le cimetière fut créé entre 1872 et 1873 et fut agrandi au début XXe siècle et en 1997[6].

Parc

Il y a un parc à la rue de Jumet.

Économie

Exploitations minières

Les charbonnages de Monceau-Bayemont

La Société Bois de Bayemont à La Docherie et « Chauw à Roc », ont été fondées en 1750, étaient mentionnées au XIXe siècle parmi les 63 sociétés charbonnières du bassin de Charleroi[24]. En 1851, la société des Hauts Fourneaux de Monceau et Bayemont Docherie fusionnera pour ne former qu'une seule entité[24].

Vue panoramique depuis le terril Bayemont-Saint-Charles.

Le charbonnage de Monceau-Bayemont regroupait trois concessions : celle du bois de Marchiennes, appelée « Bayemont », celle située au sud-est de la première, dans le hameau de La Docherie jusqu'au Piéton, et enfin celle du Bois de Monceau ou de Chauw-à-Roc, au nord-est de la précédente[59]. Cette société, appelée « Du Bois de Bayemont », après avoir solidement établi ses titres de propriété par des actes successifs en date du et du , fit une demande de maintien de concession, qui fut accordée le par le roi Guillaume des Pays-Bas[60].

Par arrêté royal de la même date, la société du Bois de Bayemont, constituée, obtenait une extension de concession pour la partie appelée le hameau de La Docherie, couvrant une superficie de 49 hectares et 29 ares, délimitée au nord par le « Bois de Bayemont » et à l'ouest et au sud par la rivière du Piéton[60].

La troisième partie, appelée concession du bois de Monceau ou de Chauw-à-Roc, semble avoir été le site d'anciennes exploitations, comme en témoigne le congé accordé le par l'abbé de Lobbes aux sieurs Albert et Alexandre Daubresse, propriétaires à Roux. Ce congé leur permettait d'extraire la veine dite Chauw-à-Roc ainsi que deux autres veines surplombant ladite Chauw, situées sous le territoire de Jumet[60]. En 1838, ils cédèrent leurs droits à Henri Houtart, maître verrier à Jumet, qui agissait en son nom propre ainsi qu'au nom de la société charbonnière de Chauw-à-Roc[61].

Vue vers Marchienne-au-Pont.

Autrefois et pendant une longue période, ces concessions étaient exploitées dans les veines supérieures par des cayats ou puits peu profonds, établis sur des parties remises à divers forfaiteurs, parmi lesquels on comptait principalement Baudoux, Gobbe, Foulette, Daubresse, Wautelet et les Gantois. Ces derniers détenaient des droits de remise sur la partie nord de la concession du Bois de Bayemont, qu'ils cédèrent à Wautelet et Wilmart, droits qui furent ensuite rachetés par la société de Monceau[61].

Ces puits et cayats étaient souvent situés près de la route reliant Marchiennes à Jumet, ainsi que des chemins de vidange du Bois de Bayemont[62]. Une fosse appelée numéro 1, équipée d'une machine à chevaux et connue sous le nom de puits Saint-Auguste, avait été creusée le long de la route de Jumet, atteignant une profondeur de 168 mètres selon un plan établi en 1813 par Jacques Joseph Motte, arpenteur à Dampremy. Parallèlement, la machine numéro 2 avait été installée au puits Saint-Charles, à l'extrémité sud du Bois de Bayemont, près du chemin de Bayemont. Dans la concession de Chauw-à-Roc, plusieurs cayats et puits se trouvaient à des profondeurs allant de 14 à 27 mètres, voire 40 mètres pour celui appelé « Daubresse »[63].

Au cours de l'année 1836, des circonstances particulières poussèrent M. Goffart à créer, en collaboration avec la Banque de Belgique, une société anonyme appelée les Hauts-fourneaux de Monceau. À cette société, ils apportèrent les hauts-fourneaux et fonderies déjà construits ainsi que les terrains qu'ils occupaient, le charbonnage de Bayemont-Docherie, et les concessions de minerai de fer et de castine[64].

La nouvelle société, cherchait à développer et optimiser les activités liées au charbon. Lors de la toute première réunion du conseil d’administration, une décision majeure fut adoptée : aucune extraction ne serait désormais confiée à des cayats à forfait sans consultation préalable ni approbation formelle du conseil. La machine installée sur le puits de Saint-Henri fut approuvée, et les droits détenus par les sieurs Wautele et Wilmarth sur le gisement Gantois, situé au nord de la concession, furent rachetés[65].

L'escalier qui mène au terril Saint-Théodore ouest.

En 1837, la société entreprit de bâtir à la Houillère des logements pour les ouvriers, des commerces, ainsi que la résidence du directeur des travaux. De plus, il fut décidé d’abandonner complètement le puits de Sainte-Suzanne. Aux alentours de 1839–1840, le charbonnage de Bayemont-Docherie exploitait quatre fosses : Saint-Henri, Saint-Auguste, Saint-Charles et Sainte-Suzanne[65].

En 1844, la société de Monceau entreprit la construction d’une ligne de chemin de fer reliant les fosses à la station d’embarquement du quai, ainsi qu’au réseau ferroviaire de l’État via la station de Marchiennes, permettant aussi des connexions pratiques avec les établissements voisins[65].

Ce raccordement a été cédé en 1864 à la compagnie du Centre, avant de passer sous le contrôle de la société des Bassins-Houillers et de la société de Construction. Il fut ensuite repris par l'État belge, qui l'a exploité. Plusieurs puits ont été creusés dans la concession de Bayemont-Docherie, mais à faible profondeur, dans le but d'exploiter certaines parties des veines supérieures[65].

Dès 1847, la société de Monceau cherchait à acquérir des parts dans la société du charbonnage de Chauw-à-Roc. Une fois ces parts obtenues en , elle demanda la fusion des deux charbonnages en une seule concession, ce qui fut accordé par un arrêté royal en . En 1861, après des accords avec les sociétés voisines de Monceau-Fontaine, des Propriétés Réunies et de Sacré-Madame pour ajuster ses limites, un arrêté royal du fixa définitivement les frontières du charbonnage de Monceau Bayemont[66].

En 1873, la société de Monceau céda ses établissements métallurgiques à une nouvelle société. Elle se concentra uniquement sur son activité charbonnière, modifia ses statuts et adopta le nom de Société Anonyme des Charbonnages de Monceau-Bayemont et Chauw-à-Roc[66].

Charbonnages disparus

  • Puits Saint-Charles[24] rue Léon Dubois[67][Note 6], il sera encore en activité jusqu'en 1966[68].
  • Puits Saint-Théodore[24][Note 7], celui-ci était situé à cheval sur Dampremy et restera encore en activité jusqu'au début des années 1970[69]il était mentionné en 1750[70].
  • Puits Saint-Auguste[24][Note 8], rue de Jumet[67], il sera laissé à l'abandon pour être utilisé dans la descente des bois d'étançonnage du charbonnage de « La Blanchisserie », situé à Dampremy[70].
  • Puits Saint-Henri[24][Note 9], rue Vandermeulen[67],[Note 10].
  • Puits Sainte-Suzanne[24][Note 11], au bas de la rue de Finlande, il sera abandonné en 1867 en raison d’un manque d’aération et servira ensuite d’exhaure, recueillant les eaux des autres puits[67].
  • Puits Sainte-Marie[70],[Note 10].
  • Puits Sainte-Cécile[24],[70],[Note 10].
  • Puits Saint-Gustave[24],[70],[Note 10].
  • Puits Saint-Louis[70],[Note 10].

Transports en commun

Bus

Le quartier est desservi par les lignes TEC : 85, 86, 172 et Midi-Docherie[Note 12].

Loisirs et tourisme vert

Terrils

Panneau d'indication près du terril Saint-Théodore ouest.
Le terril de Bayemont-Saint-Charles.

Le paysage carolorégien post-industriel est ponctué par de nombreux terrils qui sont désormais colonisés par une flore parfois abondante et deviennent des refuges de biodiversité. L'on trouve ainsi des pelouses pionnières, friches fleuries, mares temporaires, roselières, zones boisées, etc. Un réseau de sentiers entretenus relie un certain nombre de terrils et constitue un corridor écologique. Ces terrils sont traversés par le Réseau RAVeL qui permet des promenades à pied, à cheval ou équipé d'un vélo. La Maison du Tourisme du Pays de Charleroi organise régulièrement des promenades guidées (dont une promenade photo le long du chemin de halage)[71]. Parmi les terrils les plus représentatifs, l'on trouve la chaîne des terrils de la porte ouest (Saint-Théodore ouest et Bayemont). À leur sommet, l'on découvre différents panoramas de la métropole carolorégienne, des anciennes industries et charbonnages qui soit ont été préservés soit sont en cours de réaffectation[72].

Un grand itinéraire de randonnée balisé GR 412, la Boucle noire, a été tracé dans les années 2000. Il chemine sur 22 km en passant par les terrils, où la nature a repris ses droits[73],[74] et par le chemin de halage en bord de Sambre le long des anciens sites industriels de Marchienne-au-Pont. Le long du chemin de halage, l'on chemine ainsi à côté de l'ancienne aciérie de Carsid[75] et du haut fourneau numéro 4 qui a été préservé ainsi que trois cheminées, symboles de la sidérurgie à Charleroi[76],[77],[78].

La Docherie possède les terrils de :

Sports et vie associative

Sports

Clubs et disciplines

Basketball : L'Union Sportive Docherie a été fondée sous le nom de « Les Vautours » en 1928[50][80], Football : Racing Club de Marchienne-Docherie[36] (disparu), AS Docherie fondé en 2008 et disparu en 2009[81].

Infrastructures sportives

Le hall sportif de La Docherie inauguré en 1972[39],[58][82], rue de Jumet, stade de La Docherie, rue de Jumet.

Vie associative

Personnalités

Léon Robert en 1936.
  • Victor Hachez. Docteur connu du quartier pour consulter gratuitement les enfants et les femmes d'hommes malades.
  • L'abbé Léon Robert (1858-1951). En 1892, à l'âge de 34 ans, l'abbé Léon Robert prend en charge la paroisse de La Docherie, connue pour être une paroisse difficile. Il décède le [83],[84]. La rue du cimetière porte aujourd'hui son nom[85].
  • Jean Ester (1920-1946). Pilote d'avion, il décède le à Gander, au Canada. Né à Roux, il s'installe en 1921 au numéro 184 de la rue qui porte aujourd'hui son nom, où une plaque est apposée sur sa maison[86].
  • Emile Van Aelst (1933-2010) écrivain de la langue wallonne[87].
  • Pierre Bauwens (1869-1942), bourgmestre faisant fonction de Marchienne-au-Pont[88],[89] de 1931 à 1933. Une rue porte son nom.
  • Louis Peeterman fut échevin des finances et président des « Habitations marchiennois »[90].
  • Pierre Parent, fut bourgmestre de Marchienne-au-Pont[18],[91] (1847-1848).
  • Maxime Felon, président de la société de logements sociaux « La Sambrienne »[92], et depuis 2024 échevin des fêtes, du folklore, des associations patriotiques, du protocole et du patrimoine[93],[94], il réside.

Notes et références

Notes

  1. Le pont et le quartier ont été rayés de la carte lors de sa construction.
  2. Devenu à la suite de la suppression d'homonymes dans la ville de Charleroi, rue du Jeu de Balle.
  3. Ce quartier a été rasé pour l'agrandissement du canal.
  4. Il fut bourgmestre de Marchienne-au-Pont de 1847 à 1848.
  5. Cette école fait partie du réseau d'enseignement de la Ville de Charleroi.
  6. Emplacement du puits, (50° 25′ 18,3″ N, 4° 24′ 49,3″ E ).
  7. Emplacement du puits, (50° 25′ 01,1″ N, 4° 24′ 57,1″ E ).
  8. Emplacement du puits, (50° 25′ 25,2″ N, 4° 25′ 04,5″ E ).
  9. Emplacement du puits, (50° 25′ 38,7″ N, 4° 24′ 56″ E ).
  10. Servait de puits d'exhaure.
  11. Emplacement du puits, (50° 25′ 16,5″ N, 4° 24′ 21″ E ).
  12. Cette ligne de bus sillonne le quartier et passe dans les quartiers limitrophes de Gohyssart et Dampremy.
  13. Situation du terril Saint-Théodore, (50° 25′ 04,7″ N, 4° 24′ 50,4″ E )
  14. Situation du Bayemont-Saint-Charles (50° 25′ 11,1″ N, 4° 24′ 14,1″ E )
  15. Situation du Naye-à-Bois (50° 25′ 42,3″ N, 4° 24′ 01,1″ E )
  16. Le terme « couloute » vient du wallon « coloûte », qui signifie « couleuvre ».

Références

  1. Jean Germain, Guide des gentilés : les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française, (lire en ligne)
  2. Van Aelst 1993, p. 12.
  3. Amand, p. 3.
  4. Albert Moret, Les origines de Dampremy, , 163 p., p. 18
  5. Robert Arcq, Jumet en flânant, Editions Spites, , 232 p., p. 17
  6. Amand, p. 18.
  7. Van Aelst 1993, p. 31.
  8. Van Aelst 1990, p. 58.
  9. Van Aelst 1993, p. 204.
  10. Van Aelst 1993, p. 30.
  11. Van Aelst 1993, p. 50.
  12. Van Aelst 1993, p. 188.
  13. Albert Moret, Les origines de Dampremy, , 163 p., p. 24
  14. Masset 1893, p. 12.
  15. Masset 1893, p. 510.
  16. Amand, p. 4.
  17. Van Aelst 1993, p. 13.
  18. Amand, p. 14.
  19. Amand, p. 4-5.
  20. Van Aelst 1993, p. 15.
  21. Amand, p. 11.
  22. Amand, p. 5.
  23. Amand, p. 6.
  24. Boudart et Bertrand 1988, p. 30.
  25. Masset 1893, p. 562.
  26. Masset 1893, p. 565.
  27. Amand, p. 12.
  28. Masset 1893, p. 564.
  29. Van Aelst 1993, p. 39.
  30. « Succession d’accidents miniers à Saint-Suzanne (Marchienne) | Connaître la Wallonie », sur connaitrelawallonie.wallonie.be (consulté le )
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  94. « Charleroi : voici les membres du nouveau Collège communal et leurs attributions | Télésambre », sur www.telesambre.be, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • n.c. (Ministère de la Communauté Française, Administration du Patrimoine Culturel), Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 20 : Wallonie, Hainaut, Arrondissement de Charleroi, Liège, Pierre Mardaga, éditeur, , 602 p. (ISBN 2-87009-588-0 et 978-2-8700-9588-1, OCLC 312155565, lire en ligne)
  • Gérard Amand, La Docherie au passé recomposé : 125e anniversaire de la paroisse Saint-Pierre, 88 p.
  • Joseph Boudart et Jo Bertrand, Souvenir de Marchienne-au-Pont : Première partie, , 72 p. — Édité en 1987 au profit de la restauration du Château de Cartier.
  • Joseph Boudart et Jo Bertrand, Souvenir de Marchienne-au-Pont : Deuxième partie, , 77 p. — Édité en 1988 au profit de la restauration du Château de Cartier. Pages numérotées de 73 à 150.
  • Pierre-Antoine Masset, Histoire de Marchienne-au-Pont, Malines, Paul Ryckmans, , 686 p. (BNF 30902908, lire en ligne) — Reproduction anastaltique par les éditions Cultures et civilisation en 1975 à Bruxelles.
  • Michel Poulain (dir.), Ville de Charleroi : Atlas géostatistique des quartiers, Charleroi,
  • Émile Van Aelst, Les fantômes de La Docherie, , 152 p.
  • Émile Van Aelst, Gens de La Docherie, , 207 p.
  • Gwanaëlle Vernans, La vie quotidienne à La Docherie : Un quartier populaire de Wallonie de années 20' à 60', Charleroi/Bruxelles, Couleur livres, , 165 p. (ISBN 2-87003-430-X)
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