Goutroux
| Goutroux | |||||
L'église Saint-Benoît Labre datant de 1895. | |||||
| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Région | |||||
| Communauté | |||||
| Province | |||||
| Arrondissement | Charleroi | ||||
| Commune | Charleroi | ||||
| Code postal | 6030 | ||||
| Code INS | 52011L | ||||
| Zone téléphonique | 071 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Goutroussien(ne)[1] | ||||
| Population | 2 873 hab. (1/1/2025[2]) | ||||
| Densité | 1 064 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 50° 24′ 49″ nord, 4° 21′ 44″ est | ||||
| Superficie | 270 ha = 2,70 km2 | ||||
| Localisation | |||||
Localisation de Goutroux dans la commune de Charleroi | |||||
| Géolocalisation sur la carte : Belgique
Géolocalisation sur la carte : Belgique
Géolocalisation sur la carte : Région wallonne
Géolocalisation sur la carte : Hainaut
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Goutroux (en wallon Goutrou) est une section de la ville belge de Charleroi située en Région wallonne dans la province de Hainaut.
Avant la fusion des communes belges de 1977, Goutroux était une commune à part entière.
Toponymie
Goutroux, probablement forme germanique de « Gotte-rode » ce qui veut dire « essart de Gotton »[3].
Géographie
Situation
Goutroux est une localité située à environ 6 kilomètres à l’ouest de la ville de Charleroi. Son territoire couvre une superficie de 264 hectares 31 ares et s’étend sur près de trois kilomètres d’est en ouest. La commune est délimitée à l’ouest par Fontaine-l’Évêque, au nord par Souvret, au sud par Landelies, et à l’est par Courcelles et Monceau-sur-Sambre[4]. Plus petite section de la ville de Charleroi, Goutroux est la plus boisée et comptant la plus forte proportion de maisons récentes[Note 1].
Géographie et relief
Le relief de Goutroux présente un caractère relativement accidenté, en particulier dans sa partie méridionale, le long du cours de l’Ernelle. L’altitude varie sensiblement selon les points du territoire[4]:
- 120 mètres au niveau de l’ancienne ligne du chemin de fer du Centre (actuellement le RAVeL),
- 150 mètres à proximité de l’église,
- 170 mètres à la Maison du Peuple[Note 2], rue de Leernes,
- 187 mètres rue Van Petegem,
- et un point culminant atteignant 188 mètres, l’un des plus élevés de la région.
Nature du sol et sous-sol
Le sol présente une composition variée[5]:
- Au nord du plateau et dans le secteur du Pont-à-Vaches[Note 3], l’argile domine ;
- À l’ouest de la rue de Leernes, jusqu’à l’ancienne voie ferrée du charbonnage (actuellement le RAVel), le sol est majoritairement sableux ;
- Dans le quartier dit de l’Amérique, l’argile côtoie un sol plus rocailleux, constitué de grès et de pierres calcaires affleurantes.
Le sous-sol renferme des couches de charbon demi-gras, témoignant de l’activité minière historique de la région[5].
Quartiers
- Morgnies. Le toponyme Morignies (var. Morigny, Morgny, Morgnies, Morigniez, Morrennies, etc.) apparaît dès 1158, lorsqu’Henri II, évêque de Liège, cite les dîmes de Gozee, Landelies, Alne et Morrennies. Les formes médiévales se multiplient ensuite : silva de Morignies (1171), Morigniez (1495), Morgnies (1650), Morigny (début XIXe siècle). Les cartes de Frickx (1706), Beaurain (1674) et Jaillot (1741) mentionnent un bois de Morgny. Au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, plusieurs documents précisent les limites du lieu‑dit, notamment l’affiche de vente de 1809, qui décrit une prairie de Morigny, une terre de Morigny et un bosquet de haie de Morigny, situés entre Landelies, Marchienne[Note 4] et la vallée de l’Hernel. Un calvaire, attesté avant 1810 et visible sur la carte de Ferraris, se dressait à proximité. La tradition locale y plaçait un lieu d’embuscade de brigands, ce qui expliquerait la découverte de nombreux squelettes lors de la destruction de la butte. Certains y ont vu l’origine d’une interprétation populaire du nom comme « lieu de mort », bien que cette étymologie soit infondée. Les toponymistes rattachent généralement les noms en ‑gnies / ‑ignies / ‑egnie à un anthroponyme gallo‑romain ou franc suivi du suffixe celtique ‑acos latinisé en ‑acum, devenu ‑iacus, puis ‑ies. Morignies pourrait ainsi signifier « domaine de Morinius » ou d’un nom apparenté. Plusieurs formes anciennes (Morennies, Morinies, Morennis, Moregni) évoquent également un lien avec la famille seigneuriale de Rumigny, influente dans la région. Un Jean de Rumigni ou de Morengni est cité en 1303 dans le cartulaire de Saint‑Lambert de Liège. Cette hypothèse suggère que les bois de Morgny auraient appartenu à cette lignée[6].
- La Bretagne. Le nom Bretagne apparaît dans les registres de Landelies après 1870 et ne désigne l’ensemble du village qu’à partir de 1889. Localement, il s’appliquait d’abord au quartier nord de Goutroux. L’explication traditionnelle un hameau éloigné « aussi loin que la Bretagne » reste hypothétique. Une autre piste repose sur l’installation, en 1857, de deux familles dans un secteur alors inhabité : François Piérard, surnommé Carjetan, et Cayetan Hudlot, originaire d’Yves‑Gomezée. Le sobriquet Carjetan, proche de formes toponymiques bretonnes en Ker / Car / Caer, aurait pu susciter des associations populaires avec la Bretagne. Le nom Hudlot, perçu comme étranger, a pu renforcer cette impression. Les archives montrent que Hudlot fut le premier occupant de cette zone, suivis de Piérard et de nouveaux arrivants dès 1863. La maison construite par Piérard, longtemps connue comme la « maison de Carjetan », est considérée comme la première habitation du quartier. L’absence de constructions antérieures dans la parcelle du prince de Rheina‑Wolbeck, ainsi que la présence de ces familles perçues comme « venues d’ailleurs », suggèrent que l’appellation Bretagne dérive probablement de l’arrivée de Cayetan Hudlot, dont le prénom et l’origine ont pu être interprétés comme bretons[7]’[8].
Lieux-dits
- Amérique. Le toponyme Amérique n’apparaît dans aucun document officiel ancien et semble avoir été utilisé de manière moqueuse. La première mention connue remonte à 1894, sous la plume de Pierre Masset[9], qui emploie le terme pour désigner un quartier de Goutroux. Selon la tradition locale, l’appellation aurait été introduite par le garde forestier Louviaux, à une époque où l’on parlait fréquemment de l’Amérique. Les premiers habitants installés dans cette zone boisée, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, étaient des défricheurs vivant dans des conditions rudimentaires. Leur situation évoquait, par analogie humoristique, celle des pionniers américains. Cette interprétation est renforcée par un témoignage de 1909, dans lequel A. Deltenre décrit les habitations du hameau constructions en torchis ou en gazon comme rappelant « un campement d’Indiens du Far West ». L’image pittoresque de ces installations aurait contribué à fixer durablement le surnom Amérique pour ce secteur de Goutroux[10]’[11].
- Le Pont-à-Vaches. Le nom Pont‑à‑Vaches apparaît dans les archives en 1894, lorsque le Conseil communal de Landelies évoque l’« amélioration du chemin du Pont‑à‑Vaches au hameau de La Bretagne ». Selon Vincent, le terme vache n’apparaît que dans des toponymes récents. Dès 1857, les parcelles du secteur sont désignées comme « bois de la 1re et 2e coupe de la Taille à vaches ». Le mot taille anciennement fonds renvoie ici à un vallon boisé. L’appellation ferait référence aux épisodes de 1794 et 1830, lorsque des fermiers des environs auraient conduit leur bétail dans ces ravins pour se mettre à l’abri. Un récit de L. Goffin décrit notamment la panique de 1830, durant laquelle les habitants de Marchienne et Monceau, craignant l’arrivée de troupes hollandaises, se réfugièrent avec leurs vaches dans les bois de la Pairotte et de Goutroux. Le toponyme renvoie également à la configuration du lieu : un ravin traversé par un ruisseau, franchi autrefois à gué. Pierre Masset[9] mentionne en 1894 le « Pont des Vaches, ravin au milieu duquel coule un ruisseau ». Le vallon fut partiellement comblé en 1910 lors du dépôt de terres issues du terril du Cadet, puis entièrement remblayé jusqu’au chemin de fer (actuellement le RAVeL) après l’installation de l’égouttage. Le ruisseau demeure toutefois indiqué sur les cartes de l’IGM[12]’[13].
- La borne des Quatre Seigneuries. Située le long du chemin de Fontaine à Roux, à la limite de Monceau et Goutroux, la borne des Quatre Seigneuries est une pyramide tronquée d’environ 70 cm de haut, datant de plus de cinq siècles. Ses quatre faces portent les initiales des anciennes juridictions : L pour Landelies (sud), M pour Marchienne (nord), F‑L pour Fontaine‑l’Évêque (ouest), M pour Monceau (est). La borne est mentionnée dès 1467 dans la Charte de Monceau comme « bonne qui fait le département de quatre seigneurs », à savoir le prince‑évêque de Liège, le seigneur de Monceau, celui de Fontaine et celui de Landelies. Un document du XVIIIe siècle décrit encore un « gros hêtre à quatre faces » marquant la même limite. L’existence de quatre seigneuries s’explique par les possessions féodales antérieures à 1794 : la famille de Fontaine détenait notamment Landelies aux XIIIe – XIVe siècles, tandis que le prince‑évêque de Liège était le « vrai seigneur de Marchienne ». Une carte jointe à la concession minière de Monceau‑Fontaine (1846) confirme la convergence des quatre territoires à cet emplacement. La borne, aujourd’hui très altérée probablement en raison de la pollution est accompagnée de deux autres bornes minières du XIXe siècle (MF pour Monceau‑Fontaine et MT pour Martinet). Le secteur fut également le théâtre d’un affrontement entre Kléber et le prince d’Orange en 1794, lors de la campagne de Fleurus. D’autres bornes voisines portent les inscriptions M et LAN‑DEL‑IS, marquant les limites entre Goutroux, Fontaine et Landelies[14]’[15].
- Bornes de Berwinsart. Le dénombrement ancien situe Berwinsart au nord de Goutroux, entre Fontaine‑l’Évêque, Souvret et le Sart d’Hainaut. Le suffixe ‑sart indique un terrain essarté, c’est‑à‑dire défriché. La première partie du nom dérive d’un radical celtique bebro / beber / bever, désignant le castor, autrefois présent dans les régions gauloises. Ce radical est fréquent dans la toponymie de l’Entre‑Sambre‑et‑Meuse, notamment dans des hydronymes tels que Beverna, Bebronna, Breuvanne, Berwinne ou Bievene, tous signifiant « ruisseau de castor ». Le dénombrement mentionne d’ailleurs une borne « au‑dessus d’un ruisseau », confirmant l’association à un cours d’eau. Une rivière Berwinne existe encore aujourd’hui, se jetant dans la Meuse à Navagne‑lez‑Visé. Le nom Biesme, affluent de la Sambre et commune homonyme, dérive également de Bever, attesté sous la forme Beverna au XIIe siècle[16].
Cités
Goutroux compte des cités construites par le charbonnage pour héberger les employés, ainsi que des cités édifiées après la guerre :
- au nord, la cité du Charbonnage ainsi que la Nouvelle Cité ;
- au centre de la localité, la cité du Foyer, construite par le Foyer Moncellois ;
- au sud, la cité Terrienne.
Hydrographie
De vastes nappes aquifères se trouvent à faible profondeur, alimentant de nombreuses sources et ruisselets. Certains terrains, autrefois marécageux, ont été assainis grâce aux travaux d’égouttage. Le plateau de la Bretagne et la crête longeant la rue de Leernes constituent la ligne de partage des eaux entre les bassins versants du Piéton et de l’Ernelle[5].
La source de la Fontaine dite du bosquet de la rue Dieudonné Unique est située dans le vestige d’un petit massif boisé encore visible aujourd’hui. Jusqu’aux années 1960, elle fournissait de l’eau potable à plusieurs riverains ainsi qu’à certains habitants de la rue des Liserons, témoignant de son rôle local dans l’approvisionnement domestique avant la généralisation des réseaux modernes. De cette source naît un ruisselet qui s’écoule en direction du bois Briquelet. Après avoir traversé ce secteur, il rejoint le ruisseau de Judonsart, contribuant ainsi au réseau hydrographique secondaire du bassin du Piéton. En raison de sa situation jugée dangereuse pour les passants, la fontaine a été ultérieurement protégée par un couvercle en béton, mesure destinée à sécuriser l’accès tout en préservant le point d’eau[17]’[18].
L’« étang Marcelle »[Note 5] s’est formé au début du XXe siècle, à la suite de l’exploitation d’une briqueterie et d’une sablonnière, et est alimenté par les sources locales. Il se trouvait juste en face de l’église. Dès 1872, une sablonnière était déjà mentionnée sur la carte de l’État-Major[17]’[19]. Cet étang fut drainé et comblé et il n'existe plus[19].
Goutroux est traversé par trois ruisseaux :
- au nord, le ruisseau de Judonsart qui se jette dans le Piéton à Monceau-sur-Sambre. Le toponyme Judonsart est traditionnellement interprété comme la combinaison de Judon forme ancienne associée à Jude, « Juif » et de sart, issu du latin sartum, désignant un terrain essarté, défriché ou déboisé. L’ensemble renverrait donc à l’idée d’un « quartier des Juifs », selon un schéma toponymique fréquent dans les régions d’Ancien Régime où les sarts désignaient des zones nouvellement mises en culture. Le ruisseau de Judonsart prend sa source à l’étang de la ferme Beyart[Note 6]. Il descend ensuite vers le fond à vaches, où il reçoit deux petits affluents issus du bois voisin. Le cours d’eau franchit ensuite la ligne de chemin de fer par un aqueduc, puis atteint le territoire de Monceau. Dans cette section, il traverse le champ de Judonsart et porte localement le nom de « ri à sorcières », avant de se jeter dans le Piéton, affluent de la Sambre. Les formes anciennes du toponyme sont bien documentées : 1418 : mention de la « voye de Gedonsart », voie rurale desservant le secteur, le : référence à une « maison, cense et tenure nommez jedonsart », attestant l’existence d’une exploitation agricole portant ce nom. Ces occurrences confirment l’ancienneté du toponyme et sa stabilité morphologique, malgré des variations orthographiques courantes dans les documents médiévaux et modernes[17]’[18] ;
- au sud, le ruisseau de l'Ernelle qui marque la frontière avec Landelies et Monceau et se jette dans la Sambre[20],[21]. Le nom est d'origine celtique et désigne les cours d'eau ainsi que les villages où ils prennent leur source[22];
- à l'est, le ruisseau du Samin qui est un affluent de l'Ernelle. Sa source ainsi que le vallon qu’il entaille portent le nom traditionnel de « Fond del Biche », toponyme ancien attestant vraisemblablement la présence passée de cervidés dans ce secteur, selon un schéma comparable aux appellations rurales telles que taille au renard ou taille au loup. Après sa naissance au Fond del Biche, le ruisseau reçoit un petit affluent longeant le Bois Louviaux, puis s’oriente vers le parc du domaine de Monceau. Il y alimentait autrefois l’étang des Raspes, aujourd’hui disparu. Le nom Samin appartient à une famille de toponymes hydronymiques d’origine celtique, apparentée à Samme, Somme et Sambre. Le radical samo signifierait « repos », associé à -inus, désignant des eaux courantes. L’ensemble renverrait à l’idée de « rivière aux eaux calmes ». La carte de 1845 mentionne la zone de la source sous la forme « fontaine de Goutroux », située à proximité de la première ferme du hameau. Le plan Popp de Monceau signale par ailleurs un « chemin des Samains », longeant le parc jusqu’à l’actuelle rue R. Neffe. Cette appellation pourrait résulter d’une transformation populaire de « chemin dou Samin », hypothèse cohérente avec la toponymie locale. Dans ses travaux, Perre Masset[9] a proposé une francisation du terme samin en « sarmant », interprétation critiquée par A. Carlier[23], qui y voit une altération injustifiée de la forme originelle[17]’[19].
Bois et tailles
- Bois de Goutroux[Note 7]. Le bois de Goutroux, autrefois intégré à la vaste forêt Charbonnière[Note 8], a connu plusieurs appellations au fil des siècles. À mesure que les territoires environnants furent défrichés, il prit successivement les noms de bois de Morrennies, bois de Morgny, puis bois de Langelie à la fin du XVIIIe siècle. Sous le régime napoléonien, il fut désigné comme Forêt Nationale puis Bois Impérial, avant de devenir le bois de Landelies, et finalement le bois de Goutroux, aujourd’hui considérablement réduit. Historiquement, le bois de Morgny englobait plusieurs secteurs voisins : à l’est, sur Monceau, les bois de la Pairotte, du Briquelet (du nom d’un garde) et du Rognac ; à l’ouest, sur Fontaine‑l’Évêque, le bois de la Charbonnière (el grand bos), qui s’étendait « entre Landelies, Trazegnies et le bois de Luge » (ou Lusse, Luxque), selon des mentions datées de 1693 à 1809[24].
- Bois de L'Espesse. Anciennement rattaché à Monceau, le bois de l’Espesse se situe aujourd’hui sur le territoire de Goutroux. Son nom dériverait du latin spissus (« épais »), à l’origine des formes spès et espès, signifiant « bois dense ». Les attestations anciennes confirment cette évolution : 1483 : bos des espèche, 1502 : alle spesse, 1631 : bois de Lespesse, 1747 : description féodale d’un « bois nommé communément le bois de l’Espesse », relevant du seigneur de Landelies et couvrant environ trente‑trois bonniers. Au XIXe siècle, le lieu apparaît encore sous la forme taille à l’Espesse (plan Popp, 1857), longeant l’actuelle rue du Parc. En wallon, il est désigné comme taye à l’espesse[24]’[25].
- Bois Este Ditte / Host Dithe[Note 9]. Les formes Bois d’Este Ditte (1535) et Bois Host Dithe (1557) apparaissent dans les dénombrements anciens. Selon A. Carlier[23], ce bois se situait au sud‑est, à la limite de Monceau et Goutroux. Il correspond probablement au bois de Hosce (ou Oste, Oston), du nom de Hosce d’Ittre, seigneur de Trazegnies, qui possédait une partie de Monceau en 1422[24].
- Bois devant Goutroux. Mentionné comme bois de la taille devant Goutroux dans une affiche de vente de 1809, puis dans des actes de 1857‑1865, ce bois occupait les parcelles 49 et 50 du plan Popp. Il s’étendait entre le bois de l’Espesse et la première ferme de Goutroux, d’où son nom « devant Goutroux ». Il fut ensuite appelé Bos Louviaux, du nom du garde particulier Alphonse Louviaux[24]’[26].
- Taille à Ceindre / Taille à Cendres. La taille à ceindre (1857), devenue taille à cendres en 1865, longeait la limite de Fontaine‑l’Évêque, dans le quartier de l’Amérique. L’origine du nom est incertaine : il pourrait dériver du wallon cintes (« cendres »), en lien avec une pratique d’essartage consistant à brûler les résidus de coupe pour fertiliser temporairement le sol avant reprise de la forêt[24]’[27].
- Bois de Peffuts. Attesté dans les actes de 1857‑1865 sous la forme taille à Peffuts, le bois de Peffuts subsiste partiellement aujourd’hui. Situé entre la rue de Leernes (à l’est) et Fontaine-l’Évêque (à l’ouest), il doit son nom aux peffuts, fusains noirs dont les rameaux servaient à fabriquer des lacets pour piéger les grives[24]’[27].
- Bois-Taille à Bornes. La taille à Bornes, attestée dans les actes de 1857‑1865, correspond au triangle formé par le pont dit « Chufflot », la voie ferrée et la cité Jh. Henry. On y trouve deux anciennes bornes armoriées (Pierre Masset[9] en mentionne trois) marquant la limite entre Monceau et Goutroux. Ces bornes, hautes d’environ 75 cm, portent : à l’ouest, les armes des Corswarem (« d’hermine à deux fasces de gueules »), à l’est, celles des Gâvre (« au lion de gueules »). Elles datent de la période comprise entre 1667, année du relief de Monceau par Pierre‑Eugène de Gâvre, et 1734, date à laquelle les Corswarem adoptèrent des armoiries écartelées Looz‑Diest[28]’[29].
- Taille du Renard. La taye du R’naud désigne un ravin situé entre le cimetière et la rue de la Bretagne. Le nom rappelle l’existence, à la fin du XIXe siècle, d’un terrier de renard dans ce secteur[28]’[27].
- Taille aux Loups. Mentionnée en 1927 dans un document communal, la taye à leus se situait près de la source d’un ruisseau de Goutroux, probablement dans les environs de la ferme de Goutroux selon A. Carlier[23]. L’appellation renvoie à la présence ancienne de loups, encore signalés dans la région au XIXe siècle : une louve fut abattue à Marcinelle en 1839, et des battues sont attestées dans les bois voisins. La faune locale comprenait également chevreuils et sangliers jusqu’au XVIIIe siècle, et un sanglier isolé fut encore aperçu à Goutroux au XXe siècle[28]’[27].
- Cron Chêne / Cron Kaisnes. Le Cron Chêne, cité dans la charte de Monceau (1467) et dans les dénombrements de Landelies, était un chêne tordu servant de borne entre Monceau et Goutroux, dans le bois Briquelet, le long de l’ancien chemin reliant Marchienne à Sart‑d’Hainaut. Selon A. Wauters, il existait encore en 1862, mais il fut probablement supprimé lors de la construction du chemin de fer. Les arbres‑bornes (chêne, charme, hêtre) étaient fréquemment utilisés comme limites, jugés plus fiables que des pierres facilement déplaçables. Des conflits de limites sont attestés dès 1171, où Guidon de Fontaine fut accusé d’avoir détourné un ruisseau frontière[28]’[30].
- Gros Chêne. Un autre chêne remarquable, situé à la limite de Goutroux et Fontaine, servait également de repère. Isolé des autres arbres et placé le long d’un ancien chemin carrossable reliant Monceau‑Hameau à Souvret‑Stoquy, il figure sur le plan Popp. A. Deltenre signale qu’il apparaissait encore sur une carte militaire exposée à Versailles, relative aux combats de 1794[28]’[30].
Démographie
| 1801 | 1846 | 1900 | 1947 | 1977[Note 10] | 2001 |
|---|---|---|---|---|---|
| Avec Landelies | 1 089 | 1 676 | 3 752 | 3 174 | |
De 1950 jusqu'à 1970, Goutroux a doublée sa population par la construction de cités sociales par la Société des Charbonnages de Monceau-Fontaine, la Petite propriété terrienne et le Foyer moncellois[33].
Histoire
Origines jusqu'à l'Époque contemporaine
Fouilles archéologique de la Préhistoire et de l'antiquité
Hormis la première cense et les bornes armoriées des quatre seigneuries, Goutroux ne conserve que peu de traces matérielles antérieures au XIXe siècle. Quelques découvertes isolées, souvent attribuées à Monceau, furent néanmoins signalées à la fin du XIXe siècle : en 1877, un fragment de silex poli et un coffret contenant des bijoux furent mis au jour lors des travaux du puits no 14 de Monceau‑Fontaine. Une hache polie trouvée au ruisseau du Pont‑à‑Vaches fut également présentée à la Société archéologique de Charleroi. Ces indices suggèrent une fréquentation ancienne du site, sans toutefois attester d’une occupation durable. Les voies anciennes traversant le territoire notamment le diverticulum Philippeville‑Nivelles et la route préhistorique Marcinelle‑Spiennes‑Obourg indiquent plutôt un lieu de passage. Des boulets de canon découverts en 1890 près de la « Place d’Armes[Note 11] » rappellent par ailleurs la présence des batteries françaises lors du siège de Charleroi en 1794[34]’[35].
Les limites de la commune sont en revanche entourées de sites d’occupation importants. À l’ouest, près de l’ancien railway vers Forchies, des sépultures franques furent découvertes en 1856. Au nord de Monceau, des fouilles menées en 1868 mirent au jour les vestiges d’un vaste établissement belgo‑romain (tuiles, poteries, murs, médailles). À proximité de l’Ernelle, une villa romaine fut dégagée en 1865. D’autres découvertes romaines cimetière, poteries, monnaies, urnes furent faites à Fontaine‑l’Évêque (Calvaire Mascaux) et au confluent de l’Ernelle à Monceau. Les rives de la Sambre et le gué d’Hameau ont livré des traces d’occupation préhistorique et romaine (outils, pilotis, bijoux, fragments de nasse en poterie). Enfin, sur la rive droite de la Sambre, la grotte de Genly (Montigny‑le‑Tilleul) a fourni des restes humains du type de l’homme de Spy ainsi que des ossements d’animaux préhistoriques comme des cerfs, des hyènes des cavernes, des rhinocéros et des éléphants[34]’[36]. Au nord de Monceau, au Rognac, près de la borne des « Quatre Seigneuries », des fouilles ont révélé des carreaux rouges, des murs, diverses poteries, médailles, tessons et colliers, laissant imaginer une importante construction belgo-romaine[34]’[37].
La région faisait autrefois partie de la Forêt charbonnière[Note 8], barrière naturelle séparant Nerviens et Aduatiques. Ce souvenir toponymique subsiste dans le Bois de la Charbonnière, la rue de la Charbonnière et le nom ancien du ruisseau Yernelle sur certaines cartes. Après la conquête romaine, le territoire des Aduatiques fut intégré à la Civitas Tongrensium, rattachée à la Germanie seconde, puis organisée selon les cités ecclésiastiques. La ligne de démarcation entre Germanie seconde et Belgique seconde constitua une frontière durable, divisant le Hainaut pendant treize siècles. À l’époque franque, le pays fut réparti en pagi et comitatus ; Goutroux se situa à la limite des pagi Lomacensis et Hainoensis, sur la frontière entre les évêchés de Liège et de Cambrai. Les paroisses frontalières de Chimay à Petit‑Rœulx marquèrent la bordure du diocèse de Liège. Lors de l’érection de la principauté épiscopale, Landelies et ses environs se retrouvèrent en lisière du Pays de Liège[5]’.
Conflits durant l'époque médiévale et au Temps modernes
Selon les observations du comte de Ferraris, Goutroux se situe dans une zone topographiquement favorable aux mouvements de troupes. Sa position à la frontière de la principauté de Liège et du comté de Hainaut, à proximité des territoires du Brabant et de Namur, en fit un lieu de passage fréquent lors des conflits de succession médiévaux. La proximité de la Sambre et de plusieurs axes de communication renforça encore ce rôle stratégique. Le , l’armée de Guillaume de Bavière, comte de Hainaut, traversa la région en direction des limites liégeoises pour secourir son frère assiégé à Maastricht. En 1660, une mission d’ingénieurs espagnols inspecta la vallée de la Sambre entre Maubeuge et Pont‑de‑Loup, ce qui mena à la construction des premières fortifications de Charleroi, alors simple hameau de Dampremy. Cette militarisation accrue plaça davantage Goutroux sur les itinéraires empruntés par les armées. Les cartes du chevalier de Beaurain montrent que Goutroux (notamment le bois de Morgny) se trouvait dans la zone de manœuvre des troupes françaises au XVIIe siècle. Le , plusieurs colonnes de l’armée traversèrent les environs, empruntant les chemins de Forchies, Roux, Courcelles et Trazegnies. Le 23 juillet, un camp fut établi entre le bois de la Marche et la cense de Chauffour, protégé par les ruisseaux du Piéton et de Trazegnies. Le lendemain, les forces de Luxembourg franchirent la Sambre et prirent position entre Fontaine‑l’Évêque et les bois environnants, assurant la couverture du flanc droit de l’armée[38].
Le 22 août, le prince de Condé fit repasser la Sambre à son armée, organisée en trois colonnes. La colonne de droite traversa les bois de la Marche, longea Fontaine‑l’Évêque et Leernes, passa par Landelies puis franchit la Sambre. La colonne centrale, venue de Forchies et du Sart du Hainaut, rejoignit Marchienne‑au‑Pont avant de gagner le camp. La colonne de gauche, regroupant l’infanterie et la cavalerie, passa par Trazegnies, Rianwelz et Roux, puis franchit la Sambre sur un pont de bateaux à Marchienne. La cavalerie stationnée à Lierne s’y incorpora. Le , après l’évacuation de Charleroi, les troupes françaises se redéployèrent entre Anderlues, Binche et Péronnes. Les colonnes issues de Gosselies et de Marchienne traversèrent successivement Courcelles, Trazegnies, Rianwelz, Forchies et Piéton avant de rejoindre Carnières, en passant notamment près du château de Monceau et par le bois de Goutroux. Lors de la bataille de Fleurus, le , l’armée de Sambre‑et‑Meuse, commandée par Jourdan, occupait un vaste front allant de Velaine à Landelies. Kléber tenait la gauche entre la Sambre, Forchies et Trazegnies, contrôlant le ruisseau du Piéton. Le centre, autour de Gosselies, était tenu par Morlot, tandis que la droite, sous Marceau, s’appuyait sur le bois de Campinaire. L’offensive des coalisés, menée par le prince d’Orange, força les Français à combattre sur leurs positions. Plusieurs villages Fleurus, Heppignies, Wagnelée, Lambusart furent pris puis repris au prix d’engagements très violents. Sur la gauche, Kléber repoussa Wartensleben au‑delà du Piéton et poursuivit l’ennemi en direction de Trazegnies. Sur la droite, les combats autour de Lambusart furent décisifs : après de violentes contre‑attaques, les Français rétablirent la situation. La bataille, l’une des plus acharnées de la campagne, se déroula sur un arc d’environ dix lieues et opposa près de 80 000 hommes de chaque côté. Bien que Fleurus n’y jouât qu’un rôle secondaire, le nom s’imposa par tradition militaire. Cette victoire marqua la fin effective de l’ordre féodal dans la région[39].
Les documents anciens indiquent la présence d’habitants à Goutroux dès le XVIIIe siècle, voire plus tôt, bien qu’aucune tradition locale n’en conserve le souvenir. Ce silence pourrait s’expliquer par l’ancienneté de la construction d’origine ou par l’usage ultérieur du bâtiment comme logement de gardes forestiers entre 1809 et 1865. La seule habitation attestée au milieu du XVIIIe siècle est une ferme exploitée en 1765 par un nommé Bataille, mentionnée dans un acte de relief de la cour féodale de Liège. Sur la carte de Ferraris (vers 1770), elle apparaît sous le nom de « maison de Goutrous », unique bâtisse du territoire à cette époque. Sous le régime français, un extrait du bureau des hypothèques (1803) confirme l’existence de la petite ferme de Goutroux, comprenant alors 11 bonniers de prairies. Les états des biens de la maison de Looz‑Corswarem (1801) citent également une maison et jardin dits Goutroux, situés dans le bois du même nom, alors devenu forêt nationale en 1807. Les documents d’expropriation de 1809 mentionnent encore la cense de Goutroux, décrite avec précision. Sa localisation exacte reste difficile à établir en raison de l’imprécision des cartes anciennes, mais la carte de Ferraris la place au sud‑est du village, près de l’actuel passage à niveau. Les cartes du début du XIXe siècle permettent d’identifier cette exploitation à la ferme Vanderwalle, rue Capouillet. Une carte de 1844 nomme explicitement l’emplacement « Goutroux », tandis que la ferme Beyart voisine y apparaît comme « Neuve Ferme », ce qui confirme l’antériorité de l’exploitation de Capouillet. Le plan Heuseling de 1845 renforce cette identification en mentionnant la fontaine de Goutroux dans le même secteur[40].
Un plan conservé aux Archives de l’État à Mons, dressé sous le régime français (arrêté du 12 brumaire an II), confirme de manière précise l’identification de la ferme Vanderwalle comme étant la maison de Goutrous figurant sur la carte de Ferraris et la cense de Goutroux décrite dans l’affiche de vente de 1809. Ce document ne montre en effet qu’une seule ferme, correspondant à la maison, au verger et à l’enclos de « Gotteroux », soit les 6 bonniers exploités par Bataille en 1765, puis par le garde forestier Jean Marchand en 1809. Le nom de Bataille apparaît régulièrement dans les sources du XVIIIe siècle : droits seigneuriaux de 1783, vente de bois en 1773, et même registres de 1751. Les cartes anciennes montrent que Goutroux se limitait strictement à cette petite exploitation, dont l’étendue varie entre 6 et 11 bonniers selon les périodes. Les toponymes Fontaine de Goutroux, Chemin de Fontaine à Goutroux ou Chemin de Morigny à Goutroux confirment cette délimitation[41].
En 1894, un plan relatif à la vente du terrain de l’église mentionne encore le Chemin de Goutroux, reliant les écoles à la ferme. À Monceau, la rue de Goutroux probablement l’ancienne voie de Goutroux mène directement au bas du sentier Capouillet, c’est‑à‑dire vers l’emplacement de l’ancienne exploitation. La ferme Vanderwalle constitue la plus ancienne habitation connue de Goutroux. Avant le XIXe siècle, Goutroux n’était qu’un lieu‑dit très restreint, seul espace défriché du territoire, probablement nommé d’après une source ou un ruisseau (gout‑eau). La clairière et sans doute une première fermette existaient avant 1502, date à laquelle la « voie de Goutroux » est déjà attestée. La date exacte de construction du bâtiment actuel demeure inconnue ; la métairie primitive a pu être reconstruite ou agrandie au fil du temps. Ce qui est certain, c’est que cette ancienne ferme seigneuriale est restée, jusqu’au milieu du XXe siècle, propriété des descendants des seigneurs de Landelies, les comtes de Marotte de Montigny[41].
Défrichage du territoire actuel de Goutroux
Après le décès d’Antoine Bataille en 1791, la cense de Goutroux passa successivement entre les mains de Pierre Bataille (1801) puis de Jean Marchand, garde forestier et fermier attesté en 1801 et 1809. Vers 1820, une seconde ferme fut construite par Nicolas Beyart, dotée d’un vaste ensemble de bâtiments agricoles et d’environ 30 ha de terres, selon un acte de 1857. Jusqu’en 1856, la quasi‑totalité du territoire appartenait à Thérèse‑Charlotte de Looz‑Corswarem. Son héritage fut partagé en 1857 : au nord, à la comtesse Constance de Lannoy de Clervaux et au prince Napoléon de Rheina‑Wolbeck, au sud, à Louise et Octave de Leusemans. À cette époque, seules trois fermes existaient : la ferme Vanderwalle (ancienne cense), la ferme Beyart et une troisième exploitation au sentier Capouillet, mentionnée dans le cadastre Popp au nom de Marie‑Josèphe Beghin, épouse Lechien. Vers 1858, Goutroux restait largement boisé (environ 170 ha). Les propriétaires commencèrent alors à louer des parcelles à défricher, attirant des familles venues de diverses régions. Beaucoup vivaient dans des habitations précaires et se déplaçaient selon les opportunités de travail agricole ou industriel. Les premiers habitants fixes se concentraient surtout : au nord, le long du chemin Roux-Fontaine, au sud, près du parc de Monceau et du sentier vers Morgnies[42].
Parmi les premiers installés figure Augustin André (1861), ouvrier agricole originaire de Braine‑le‑Comte, dont la famille conserva le sobriquet local des Mau Stitchi. D’autres pionniers sont cités dans les registres : Charles Lechien, François Piérard, ainsi que de nombreuses familles arrivées entre 1860 et 1865. À partir de 1866, les héritiers Rheina‑Wolbeck établirent des baux de longue durée imposant le défrichement et la construction d’une maison en dur d’une valeur minimale de 1 500 francs. Ces contrats favorisèrent l’implantation durable de familles le long de la rue de Fontaine à Roux et, ponctuellement, près du siège no 14 des charbonnages de Monceau‑Fontaine. Ainsi se dessine, vers 1865‑1870, la première structure d’habitat dispersé de Goutroux, issue du défrichement progressif et de l’installation d’ouvriers agricoles et saisonniers[43].
Les parcelles louées au milieu du XIXe siècle variaient entre 45 ares et 1,70 ha. Certains locataires, comme Jean Devaux, disposaient déjà de matériaux ou d’une construction préalable, tandis que les clauses imposant une maison d’au moins 1 500 francs représentaient un investissement considérable pour des familles vivant souvent du travail journalier. Plusieurs nouveaux arrivants possédaient toutefois des biens ailleurs, ce qui montre que tous n’étaient pas démunis. La nature du sol influença les matériaux utilisés : au nord, l’argile permit l’implantation de briqueteries et la construction en brique ; au sud, les terrains pierreux favorisèrent l’usage de pierres locales, encore visibles dans quelques murs anciens. Les premières habitations, souvent rudimentaires, furent ensuite transformées ou agrandies, comme la ferme d’Augustin André[44].

Les pionniers vivaient principalement de l’agriculture, de l’élevage et de petites activités complémentaires : travail dans les houillères et usines voisines, campagnes de briques ou de betteraves, artisanat, voiturage. Entre 1860 et 1870, les registres mentionnent notamment 6 cultivateurs, 3 ouvriers agricoles, 3 journaliers, 2 houilleurs, 2 forgerons, 1 carrier[Note 12] et 1 briquetier. Les enfants participaient souvent au travail minier ou industriel[Note 13]. La crise économique de 1861‑1867 baisse des salaires, chômage, hausse du prix des denrées, conflits sociaux entraîna un afflux de familles cherchant à se sécuriser par la culture et le défrichement de parcelles. Les grèves de 1867 dans le bassin de Charleroi illustrent ce climat de tension. Entre 1861 et 1870, la population de Landelies‑Goutroux passa de 710 à 1 220 habitants, l’essentiel de la croissance provenant de Goutroux. Dès 1870, la majorité des familles qui marqueront durablement le village étaient installées, et la carte d’état‑major de 1872 montre déjà une cinquantaine d’habitations. Plusieurs évolutions accélérèrent la croissance du hameau : la construction de la ligne de chemin de fer d'Haine‑Saint‑Pierre à Marchienne en 1864[Note 14]’[Note 15], les successions et ventes des propriétés Looz‑Corswarem, Lannoy et Leusemans, l’installation du puits no 14 des charbonnages de Monceau‑Fontaine sur la parcelle de J.-B. Cuinié (vers 1876). La création du puits entraîna des travaux importants, l’arrivée de l’ingénieur Isaac, la construction de maisons ouvrières et d’une école libre, transformant profondément la vie locale. Dès lors, Goutroux devint une communauté ouvrière structurée, distincte de Landelies, et entra dans une phase d’expansion durable[45].
Époque contemporaine
Début de l'exploitation houillère

Au début du XIXe siècle, la production de charbon de bois est lancée grâce aux ressources forestières pour alimenter en combustible les nouvelles industries se développant à proximité. Durant la deuxième moitié du XIXe siècle et le XXe siècle, l'exploitation du bois est remplacée par celle de charbon de houille à la suite de l'ouverture de mines. La Société des Charbonnages de Monceau-Fontaine y exploite le puits no 14[46]’[Note 16]. Dans ce charbonnage, deux puits permettaient l'extraction et l'aérage des travaux. La population de Goutroux devient alors majoritairement ouvrière[47] se distinguant de Landelies, resté relativement agricole. Outre la distance pour rejoindre le centre de Landelies, les habitants du hameau se sentaient défavorisés notamment au niveau de l'instruction et des moyens de communication. Ainsi, ce n’est qu’en 1891 que l’école de Goutroux est construite[48].
Début de l'autonomie de Goutroux
Les premiers colons de Goutroux restèrent longtemps socialement et administrativement distincts des Landelins de souche, qui voyaient ces nouveaux habitants comme des étrangers. En 1873, le conseil communal de Landelies proposa de céder le hameau à Monceau‑sur‑Sambre contre 20 000 francs, proposition restée sans suite. Une pétition de 1888 réclamant l’érection en commune distincte fut alors rejetée au motif des coûts élevés (chemins, église, écoles, administration) et d’un prétendu intérêt spéculatif de certains promoteurs. Après plusieurs tentatives, les habitants obtinrent une représentation communale[Note 17] : J.-B. Cuinié fut élu conseiller en 1891, puis, en 1895, Cuinié et J.-B. Van Petegem siégèrent au conseil. Une nouvelle demande de séparation, déposée en 1894, reçut un avis favorable et aboutit à la loi du 14 avril 1896 érigeant le hameau de la Bretagne en commune de Goutroux (limite : ruisseau de l’Ernelle). La commune fut dotée d’un conseil de 7 membres ; J.-B. Cuinié fut nommé bourgmestre par arrêté royal le . Les services communaux et le bureau de bienfaisance furent progressivement organisés (secrétaire, receveur, garde‑champêtre) et un médecin fut attaché au bureau en 1897[49]’[50]. Suite à la proclamation de l'autonomie de la nouvelle commune de Goutroux au reste du territoire de Landelies dont il était prolongée vers le nord. Il est désormais érigé en commune à part entière. Symbolisant ce nouveau statut, la commune se dote d'une église (l'Église Saint-Benoît Labre) et d'une chapelle (la chapelle Notre-Dame de Walcourt). La commune compte alors 968 habitants[48].
Au tournant du XXe siècle, Goutroux restait un hameau pauvre, dépourvu de finances et de voirie carrossable. Les déplacements se faisaient encore par des sentiers privés (piedsentes) menant à la rue des Liserons et à la route Mons–Charleroi. L’absence totale d’éclairage obligeait les habitants à circuler avec une lampe-tempête et, la nuit, à marcher en groupe dans les chemins étroits. L’isolement, surtout en hiver, renforçait l’impression d’insécurité. Malgré ces conditions difficiles, les habitants se montrèrent particulièrement actifs. L’existence d’un point d’arrêt ferroviaire sur la ligne du Centre facilita les communications, avec une dizaine de trains quotidiens dans chaque direction. L’administration communale entreprit alors l’élargissement et l’amélioration des sentiers, ainsi que la création de chemins carrossables reliant les différents quartiers. L’initiative privée joua aussi un rôle : des voituriers apportaient chaque dimanche des pierres pour stabiliser le « chemin de la ferme ». La première rue pavée fut la rue de Leernes, autour de laquelle se construisirent progressivement des maisons ouvrières de type 1900. L’essor démographique fut rapide : 968 habitants en 1897, 1 137 en 1903, 1 321 en 1910, pour 317 maisons. Pour répondre à cette croissance, un bureau de poste dépendant de Fontaine‑l’Évêque fut ouvert en 1910, en face de l’église. Le premier facteur, Vincent Loonen, distribuait le courrier quotidiennement, y compris les dimanches et jours fériés. Les tarifs postaux étaient alors de 2 centimes pour une lettre et 1 centime pour une carte. Ce début de siècle marque ainsi la transition de Goutroux : d’un hameau isolé et forestier vers un village structuré, doté de services et d’une population en expansion[51]. La commune se développe alors et électrifie ses habitations en 1930-1931 avant la voirie en 1936[48].
Le Première Guerre mondiale
L’annonce de la guerre et la mobilisation surprirent la population. Le , des cavaliers français bivouaquèrent brièvement dans le quartier de la Bretagne ; ils avaient quitté les lieux le lendemain matin. Le , après des escarmouches autour de Monceau et de l’Éspinette, des unités allemandes pénétrèrent dans la région. Des colonnes traversèrent Goutroux, imposant le couvre‑feu et procédant à des arrestations et des perquisitions. Plusieurs maisons furent incendiées et des civils furent tués lors des opérations militaires et des répressions qui suivirent. Parmi les victimes figurent A. Vandekerkhove, A. Mouchard et F. Capouillet, ce dernier exécuté et identifié après la guerre. Des civils furent contraints de servir de boucliers humains lors des manœuvres et certains furent menacés d’exécution avant d’être finalement relâchés. Des témoignages rapportent des scènes de pillage, des blessés et des exécutions sommaires dans les communes voisines. Les combats locaux, notamment la bataille de l’Éspinette et de Leernes, opposèrent des forces françaises réduites à des unités allemandes supérieures en nombre et en armement. Les Allemands utilisèrent des positions élevées autour du puits no 14 pour observer et diriger leurs mouvements. Après ces journées d’août, la région connut quatre années d’occupation marquées par réquisitions (chevaux, matériaux), rationnement, amendes et hébergements forcés de troupes dans des bâtiments publics ou privés. L’occupation entraîna des privations durables, des tracasseries administratives et des réquisitions matérielles. Les écoles et autres locaux furent parfois réquisitionnés pour loger des soldats, et la vie quotidienne resta perturbée jusqu’à la fin du conflit[52]’[53].
Le , les jeunes gens de plus de 17 ans furent convoqués aux ateliers Germain de Monceau‑sur‑Sambre ; trois d’entre eux Jules Delestienne, Constant Peeters et Grégoire Joachar furent déportés pour le travail obligatoire à Güben, en Allemagne. La pénurie de charbon, due aux réquisitions allemandes, entraîna la fermeture des écoles en février 1917 lors d’un hiver particulièrement rigoureux. Le , 40 réfugiés de Saint‑Quentin furent accueillis à Goutroux, hébergés et aidés par les habitants jusqu’à la fin de la guerre. Comme partout en Belgique occupée, un comité local de secours et de ravitaillement fut mis en place sous l’égide du Comité national et des organisations humanitaires internationales. Il assura la distribution de vivres, vêtements, lait, repas scolaires, ainsi que l’organisation d’un service médical gratuit et de parcelles de culture. Une coopérative, les Magasins communaux de l’arrondissement de Charleroi, fut créée en 1916, à laquelle Goutroux participa. Le rationnement était strict : pain : 240 à 330 g/jour, sucre, miel, confiture : ¹⁄₂ kg/mois, riz ou féculents : ¹⁄₄ kg, pommes de terre : 60 kg/an. La flambée des prix au marché noir fut spectaculaire : la farine, le beurre, la viande, le sucre ou le café virent leurs prix multipliés par dix à vingt entre 1914 et 1918. Le , la retraite allemande s’accompagna de destructions : incendie de wagons de munitions à Monceau‑Formation et Courcelles, explosions visibles depuis Goutroux. Les derniers soldats traversèrent le village le 13 novembre, annonçant la fin des hostilités. Le 17 novembre, des troupes australiennes célébrèrent la paix avec la population. Sur les 42 mobilisés originaires de Goutroux (36 Belges et 6 Français), 10 furent tués au front. Deux civils, Vincent Loonen et Alfred Deltenre, jouèrent un rôle actif dans la résistance locale, transmettant renseignements et aidant soldats et jeunes gens à franchir la frontière. Après les cérémonies officielles, la population retrouva progressivement une vie normale et marqua la fin de la guerre par des fêtes populaires, symbole d’un retour à la liberté après quatre années de privations[54]’[55].
L'entre-deux-Guerres
Après la Première Guerre mondiale, la réduction du temps de travail à 8 heures favorisa l’essor des sociétés de loisirs. Les cercles dramatiques wallons connurent un succès notable : Philanthropie et Agrément au Salon de la Place de l’Église, et Les Disciples de Jules des Essarts au Salon Romain[Note 18], où jouèrent notamment les auteurs locaux Louis Palm et Jean‑Baptiste Adriansens. Le football s’implanta également dès 1921, avec une première équipe active au quartier de l’Amérique, puis transférée à la Bretagne sur un terrain loué symboliquement à la Société de Monceau‑Fontaine. Les années 1920 virent la multiplication de sociétés patriotiques, politiques, ouvrières et d’entraide, témoignant d’une structuration progressive de la vie communautaire. La modernisation matérielle resta lente. Le téléphone n’apparut qu’à partir de 1928[Note 19], d’abord au Salon Romain puis dans quelques habitations[Note 20]. En 1930‑1931, l’électrification générale transforma enfin le quotidien : disparition des lampes à pétrole, amélioration du confort domestique et allègement du travail ménager. Pour les 1 500 habitants de l’époque, il s’agissait d’un progrès majeur[56]’[57].
La Seconde Guerre mondiale
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Goutroux disposait de tranchées‑abris près de la maison communale et d’une sirène manuelle actionnée par la Défense passive. Le , des unités françaises traversèrent le village en direction du front, mais l’avancée allemande, appuyée par des attaques aériennes massives, provoqua rapidement l’effondrement des défenses. Dès le 14 mai, l’ordre fut donné aux hommes de 16 à 35 ans de rejoindre Ypres par leurs propres moyens, entraînant un vaste mouvement d’exode vers le nord de la France. La progression allemande et les bombardements entraînèrent la fuite d’une grande partie de la population[Note 21]. Des unités françaises en retraite, désorganisées, procédèrent à des arrestations arbitraires dans plusieurs communes. À Goutroux, des civils furent emmenés jusqu’à Epinois, où un tribunal improvisé fonctionna avant d’être abandonné lors du repli précipité des troupes françaises. Les détenus purent alors regagner leurs foyers. Les premiers soldats allemands arrivèrent à Goutroux le [Note 22]. Le quartier de la Bretagne fut consigné et certaines habitations réquisitionnées. Malgré une attitude initialement correcte, l’occupation s’installa rapidement : réquisitions de logements, organisation d’un ravitaillement d’urgence et retour progressif des habitants évacués. Plusieurs familles ne revinrent jamais, victimes des bombardements sur les routes de l’exode. Dès la fin de 1940, l’occupant imposa une politique plus dure : réquisitions de métaux, charbon, bétail et denrées, déportation de travailleurs, dont Raymond Neffe, mort à Dresde en 1944. En août 1942, Goutroux fut intégré au Grand Charleroi[Note 23], placé sous administration collaborationniste[Note 24]. Le ravitaillement, beaucoup plus difficile que durant 1914‑1918, fut marqué par des rations très faibles et un pain de mauvaise qualité. Le « Secours d’hiver » apporta une aide limitée, insuffisante pour compenser les pénuries[58]’[59].
Durant l’occupation, le marché noir prospéra : la farine atteignit 90 francs/kg, les pommes de terre 15 francs, le lard 500 francs, le beurre 600 francs, alors que leurs prix de 1940 n’étaient que de quelques francs. À partir du printemps 1944, les bombardiers alliés visèrent les gares de Roux‑Monceau et Marchienne‑Zone, provoquant l’arrivée de nombreux sinistrés à Goutroux. Quelques bombes tombèrent également au sud de l’Ernelle. La population vécut dans une crainte constante des attaques aériennes. Le village abrita des réfractaires au travail obligatoire et des prisonniers soviétiques évadés, qui rejoignirent les groupes de résistance locaux. Ceux‑ci menèrent diverses actions : diffusion de presse clandestine, distribution de fausses cartes d’identité, réquisitions de vivres et matériel, sabotages (ligne aérienne du puits no 14, voie Marchienne‑Fontaine, wagons‑citernes, cabine électrique de l’Ernelle), combats contre les derniers détachements allemands dans les bois de Goutroux et de la Charbonnière en septembre 1944, aboutissant à la capture de 82 prisonniers. Un résistant, Gabriel Mary, fut grièvement blessé et amputé[60]’[61].
Les blindés américains atteignirent la région par les routes de Trazegnies‑Marchienne et de Mons, accueillis avec enthousiasme. La guerre se prolongea toutefois jusqu’en 1945, marquée par l’offensive des Ardennes et le passage des V1 et V2. Des habitants de Goutroux engagés dans l’armée libératrice participèrent aux combats en Allemagne. L’un d’eux, Omer Lurkin, de la Brigade Piron, mourut de ses blessures en décembre 1945. Le , la capitulation allemande mit fin aux hostilités. Les prisonniers militaires et civils rentrèrent au pays, accueillis chaleureusement. Les restrictions alimentaires, en revanche, persistèrent encore plusieurs années, certaines étant toujours en vigueur en 1947[62]’[63].
Depuis la Libération jusqu'à aujourd'hui
Après la Seconde Guerre mondiale, Goutroux connut une croissance rapide et une modernisation progressive. Plusieurs cités ouvrières furent construites : au nord, par la Société de Monceau‑Fontaine, au sud, par la Petite Propriété Terrienne, au centre, par le Foyer Moncellois. Le nombre total d’habitations atteignit environ 1 000 logements[64]. Après la Libération, Goutroux connut une forte expansion. La population passa de 1 707 habitants (1945) à 2 800 (1965), culmina à 3 550 (1970) avant de redescendre à 3 079 en 1976. Cette croissance accompagna la construction de nouvelles cités d’habitation et l’extension progressive du village. Plusieurs écoles furent édifiées pour répondre aux besoins croissants : école gardienne rue de Leernes (1954) ; école gardienne et classe primaire rue Delestienne (1962) ; groupe scolaire central (douzaine de classes, réfectoire, préau) en 1962 ; école gardienne[Note 25] rue de Morgnies (1965). À partir de 1962, deux lignes d’autobus relièrent Goutroux au reste de la région. Le village bénéficia également de la distribution d’eau, de la collecte des immondices, de la télédistribution, de l’égouttage (encore partiel lors de la fusion des communes) et de l’amélioration de la voirie. En l’espace de 80 ans, Goutroux passa d’un hameau isolé et peu équipé à une localité moderne, dotée d’infrastructures scolaires, de services publics et d’un habitat développé[65].
À partir des années 1970, s'amorce le déclin des sociétés charbonnières. Fermé le [66]’[67], le charbonnage de Monceau-Fontaine est rasé en 1974. À l’approche des élections communales de 1976, certains responsables locaux tel Daniel Denagtergael exprimèrent le souhait de voir Goutroux s’intégrer dans la nouvelle entité tout en conservant un maximum d’activités et en poursuivant la transformation amorcée par les mandataires précédents[65].
En 1977, Goutroux perdit son statut de commune autonome après plusieurs décennies d’efforts de modernisation. Malgré quelques chantiers encore en cours, l’essentiel des infrastructures eau, voirie, équipements publics était réalisé ou programmé, et le bilan général était jugé positif. L’intégration dans la nouvelle entité de Charleroi suscita toutefois des interrogations : avec environ 3 000 habitants, les Goutroussiens craignaient de perdre leur influence au sein d’une ville de 236 000 habitants. Les élections de 1976 n’ayant donné aucun élu local au conseil communal (51 membres), la représentation se limita à la nomination de Daniel Denagtergael comme vice‑président du CPAS. Le besoin de relais locaux et d’un dialogue direct avec l’administration fut rapidement souligné. À partir de la fin des années 1970, Goutroux connut une forte expansion immobilière, portée par les sociétés de logements (Petite Propriété Terrienne[Note 26], Foyer Moncellois) et par la vente progressive des terrains Delobelle. En 1990, le village comptait 1 160 habitations pour 3 260 habitants, au prix d’une réduction progressive des zones boisées[68].
L’inauguration de la R3 en 1988 plaça Goutroux dans une position stratégique : deux bretelles, au nord et au sud, relient directement le village au périphérique carolorégien et à la dorsale wallonne. Par ailleurs, la station Morgnies, située à l’extrémité sud du territoire, assure la correspondance entre le semi‑métro Charleroi-Fontaine et les lignes de bus desservant le village. Goutroux entra ainsi dans une nouvelle phase de son histoire : celle d’un ancien hameau devenu un quartier résidentiel intégré à l'agglomération carolorégienne[69].
Depuis la fin du XXe siècle, l'activité économique de Goutroux repose sur ses petites et moyennes entreprises familiales (boulangerie semi-industrielle, commerces, Horeca, menuiserie, etc.)[Note 27]. Avec la fin de son activité industrielle, elle est devenue une commune résidentielle de la région de Charleroi dont l'attrait principal est constitué par ses nombreux espaces verts.
Liste des bourgmestres, de 1896 à 1976
- Jean-Baptiste Cuinié, de 1896 à 1907 (Parti catholique).
- Célestin Hecq, de 1908 à 1911 (Parti catholique)[Note 28].
- Émile Moureau faisant fonction, de 1912 à 1917[Note 29]’[Note 30] et de 1919 à 1942[Note 31]’[Note 32] (POB).
- François Duray, de 1945 à 1962 (PSB).
- Joseph Bargibant, de 1963 à 1976[Note 10], houilleur (PSB).
Patrimoine et culture
Patrimoine architectural
- L'église Saint-Benoît Labre[70]. Jusqu’en 1895, les habitants de Goutroux dépendaient de l’église de Landelies‑centre pour les offices et sacrements, un trajet long et difficile par des sentiers étroits. Dès 1890, l’abbé Félix Boutelier assura l’enseignement religieux à Goutroux, d’abord dans la cantine puis dans les écoles ouvertes en 1891, mais les déplacements restaient pénibles. Pour remédier à cette situation, l’abbé entreprit une collecte de fonds en vue de construire une église locale. Le , le Conseil de Fabrique de Landelies demanda l’érection d’une succursale au hameau de la Bretagne. Les avis favorables de l’Évêché, de la Députation permanente et du Conseil provincial aboutirent à l’arrêté royal du , érigeant officiellement la section en succursale et instituant un Conseil de Fabrique. Un terrain de 72 ares fut acquis le auprès des comtes de Marotte. L’architecte Le Borgne (Gilly) fut chargé des plans et l’entrepreneur Copin (Monceau‑sur‑Sambre) de la construction, pour un coût de 45 000 francs, les briques étant fabriquées sur place[Note 33]. Malgré le refus initial du conseil communal de financer l’édifice, la donation de l’église en construction à la Fabrique de Saint‑Benoît‑Labre fut approuvée le et autorisée par arrêté royal le . L’église fut inaugurée le . De style néo‑gothique, elle présente un plan en croix (35 m × 20 m), une nef portée par des colonnes à chapiteaux simples, des vitraux représentant notamment saint Georges, sainte Herlinde et sainte Renelde, ainsi qu’un maître‑autel et des confessionnaux en chêne sculpté. Certains éléments du mobilier proviennent de l’ancienne église des Jésuites de Charleroi (démolie en 1975‑1976). L’église conserve également un missel Plantin de 1765[71]’[72].
- La chapelle Notre-Dame de Walcourt, située rue Van Petegem. Selon une tradition locale rapportée par Mme A. Paindaveine, la chapelle fut érigée à la suite d’un vœu formulé par Léandre Dufrane, âgé de 22 ans. Après s’être blessé en soulevant un cric, il invoqua Notre‑Dame de Walcourt et promit de construire une chapelle en son honneur s’il en avait les moyens. La guérison immédiate de sa blessure fut interprétée comme un signe, mais Dufrane dut attendre l’âge de 70 ans pour financer son engagement. La chapelle fut construite en mai‑juin 1896 et inaugurée en septembre 1896. Le terrain fut acquis la même année : les archives indiquent non une cession gratuite, mais une vente de 150 francs par Isidore Bury à Léandre Dufrane, négociant à Marchienne‑au‑Pont. La propriété passa ensuite à son neveu et filleul, également nommé Léandre Dufrane, puis au fils de ce dernier[73]’[74].
- Sur la rue Van Petegem, une maison bourgeoise, surnommée « le château », fut édifiée pour l’ingénieur des mines Isaac Isaac (inscrit en 1876). Deux maisons ouvrières pour les porions et une habitation pour le garde furent construites à proximité du puits no 14[75].
- Le château d'eau, situé rue Alfred Deltenre.
- L'ancienne phalanstère du puits no 14, située rue Cuinié.
- Le centre civique, rue de Leernes actuellement la bibliothèque la Taille aux Loups. À la création de la commune en 1896, le Conseil décida d’installer provisoirement l’administration dans une dépendance de la ferme Beyart, en attendant l’érection d’une Maison communale. Un terrain situé en face de l’église fut envisagé pour accueillir ultérieurement l’édifice. Le , les bureaux furent transférés sous le préau couvert des écoles communales, avec acquisition du mobilier nécessaire. Après l’ouverture de la classe gardienne en 1900, l’administration s’installa dans une maison louée à l’abbé Debiève. Le , les services communaux furent déplacés dans la maison de l’institutrice Moreau, rue de Leernes. Ce bâtiment, construit en 1890 avec l’école du village, avait bénéficié d’un soutien financier des Charbonnages de Monceau‑Fontaine (12 333 francs sur un total de 38 625 francs). L’édifice, à deux niveaux et trois travées, présentait une façade enduite et un fronton central. Cinquante ans plus tard, l’augmentation des besoins administratifs rendit le bâtiment insuffisant. Le , le Conseil approuva la construction d’une annexe, la rénovation intérieure, la réfection de la toiture et l’installation du chauffage central, pour un coût estimé à 750 000 francs financé par emprunt. Malgré ces travaux, l’ensemble demeura inadapté. Un nouveau Centre civique fut finalement aménagé dans une ancienne supérette Courthéoux (1967), également rue de Leernes. Inauguré en janvier 1993, il regroupait la Salle des mariages en façade et, à l’arrière, les services de Police, de la Population et de l’Accueil du citoyen[76].
Culture
Bibliothèque communale « La Taille aux Loups » . La bibliothèque propose des animations destinées aux enfants à partir de 8 ans tous les mercredi après-midis.
Folklore
Petit cortège carnavalesque organisé le dimanche, une semaine avant Pâques, relancé en 2024 par le club de football local[77].
Enseignement
L'école fondamentale des Coquelicots est la seule école maternelle et primaire du village[Note 34]. Le , un incendie criminel, impliquant quatre jeunes âgés de 13 à 18 ans, détruisait entièrement l'école des Coquelicots[78]. Le , la nouvelle école reconstruite est inaugurée. Une plaque en l'honneur de cette réouverture trône sur la façade même de l'école. Bénéficiant d'une infrastructure récente, l'école est en mesure d'accueillir 300 enfants[79]. Goutroux possède une petite école maternelle qui est nommé l'école de la Terrienne, située rue de Morgnies.
Économie
Exploitation du charbon
Dans la partie sud‑est du territoire, notamment dans les ravins, les affleurements houillers étaient si proches de la surface qu’un simple dérochement suffisait à mettre à nu des couches exploitables. Cette richesse géologique explique l’ancienneté des concessions locales[80].
Concessions et autorisations avant le XIXe siècle
- 1721, à Monceau, la baronne de Hamal concède à bail l’exploitation des veines du Try del Pairotte[80].
- 1756, le comte de Rodoan, seigneur de Fontaine, autorise l’extraction des houilles situées sous le bois de la Charbonnière (fosses Pain et Sainte‑Françoise)[80].
- 1788, le prince de Gâvre accorde le droit d’exploiter toutes les couches situées au nord de la Sambre, de part et d’autre du ruisseau de l’Hernelle jusqu’au bois de la Pairotte, moyennant une redevance équivalente au quinzième panier[80].
Développements au XIXe siècle
En 1826, Cossée de Marchienne ouvre une fosse de recherche au centre de Landelies et découvre, à 12 mètres de profondeur, deux veines qu’il commence à exploiter. Cette initiative marque le début d’une série de petites houillères locales[80].
Principales fosses exploitées sur le territoire[80]:
- Fosse no 1 « Elvire » (1826‑1850), près du cimetière, profondeur : 79,40 m ;
- Fosse no 2 « Communication », près de la ferme Beyart, 60 m ;
- Fosse no 3 « Saint‑Louis » (1847‑1848), entre la ferme et le Pont‑à‑Vaches, 53 m ;
- Fosse no 4 « Bonne Confiance » (1837‑1847), derrière l’église, 58 m ;
- Fosse no 5 « Occident », 35 m ;
- Fosse no 6 « Saint‑Nicolas I », 40 m. Les fosses 5 et 6 furent actives entre 1850 et 1868 dans le bois situé entre la rue Capouillet et l’église ;
- Fosse no 7 « Saint‑Nicolas II », entre la ferme Vanderwalle et le chemin de fer, 18 m ;
- Fosse no 8 « Caroline » (1850‑1868), 35,50 m ;
- Fosse no 9 « Sainte‑Thérèse » (1845‑1852), 42 m ;
- Fosse no 10 « Saint‑Joseph » (1847). Les fosses 8, 9 et 10 se situaient entre le chemin de fer[Note 35], le sentier Capouillet et la rue Vandekerkove ;
- Fosse no 11 « Morgny », rue Neffe. Trois autres fosses de la rue Neffe apparaissent sur une carte de 1844.
Techniques anciennes d’extraction : caractéristiques des premiers puits
Les premières exploitations houillères de la région reposaient sur des puits rudimentaires, appelés cayats. Ces ouvrages, généralement peu profonds ils dépassaient rarement 50 mètres présentaient un diamètre compris entre 1,50 m et 2,50 m. Souvent dépourvus de maçonnerie ou de guidonnage, ils recoupaient directement la veine de charbon à la profondeur atteinte. La circulation du personnel et l’évacuation du charbon s’effectuaient au moyen de cuffats (cuves) actionnés par des treuils manuels ou par des manèges à chevaux, connus localement sous les noms de barritelles ou tourillons[80].
Les cayats étaient généralement alignés le long d’une galerie d’écoulement destinée à drainer les eaux vers un cours d’eau (seuwage). Lorsque l’exploitation devait se poursuivre sous le niveau de cette galerie, l’installation d’une machine d’exhaure devenait indispensable. La parcelle où se trouvait le cayat no 1 est d’ailleurs désignée en 1865 sous le nom de Vieille Machine, témoignant de la présence ancienne d’un tel dispositif. L’approfondissement progressif des travaux, l’élargissement des zones d’exploitation et l’introduction d’un matériel plus performant rendirent rapidement insuffisantes les petites associations de quatre ou cinq « maîtres charbonniers » qui dominaient les débuts de l’activité. Ces exigences techniques et financières conduisirent, au cours du XIXe siècle, à la formation de sociétés minières plus puissantes, capables de financer des installations plus profondes, mieux équipées et plus sûres[80].
Prolongement du chemin de fer vers le puits no 12 (1853)
En 1853, la ligne de chemin de fer reliant le rivage de la Sambre au puits no 7, situé à l’ouest de la rue des Piges à Monceau, fut prolongée en direction de Forchies-la-Marche (puits no 8). Ce nouvel axe traversait Goutroux et desservait le puits no 12 du bois de la Charbonnière. L’inauguration officielle eut lieu le . Le tracé franchissait la rue de Roux à Fontaine-l’Évêque, à proximité des premières habitations situées en contrebas du pont dit du Cavalier, comme l’indique la carte de Van der Maelen. L’ouverture de cette section marqua une étape importante : le remplacement du traînage des wagons par chevaux au profit de la traction par locomotive, signe de la modernisation progressive des infrastructures minières et ferroviaires du bassin de Charleroi. En 1864, la ligne fut rachetée par l’État belge, intégrant ainsi le réseau public en pleine expansion[81].
Un document de 1862 mentionne un bail à durée illimitée conclu par Charles de Leusemans, pour son fils, et Louisa de Leusemans, avec la Société Monceau‑Fontaine. Ce bail concernait une parcelle de 9 ares située à Goutroux et occupée par la voie ferrée de la société. Le loyer annuel s’élevait à 476,90 francs. La parcelle faisait partie d’un ensemble plus vaste loué à Nicolas Beyart, propriétaire local[81].
Le puits no 14
Par l’arrêté royal du , la Société Monceau‑Fontaine reçut une concession houillère de 1 748 ha couvrant notamment Monceau, Marchienne, Landelies (dont Goutroux), Fontaine‑l’Évêque, Forchies, Souvret et Courcelles. Les anciens cayats de Goutroux étaient inclus dans ce périmètre. Une première association minière avait été constituée dès 1804 par le prince de Gâvre, Mmede Rodoan et J.-F. Gendebien pour préserver et étendre les concessions existantes. La société Monceau‑Fontaine fut formellement établie en 1836[81].
Expansion territoriale
La concession s’accrut progressivement[81]:
- 1852 : +318 ha (reprise du Martinet).
- 1869 : +250 ha (extension sous Fontaine et Anderlues).
- 1874 : +625 ha (fusion avec la Compagnie Piéton‑Centre).
Vers 1880, Monceau‑Fontaine devint l’une des principales sociétés charbonnières du Hainaut, exploitant 2 945 ha sous 11 localités[Note 36] et disposant de 9 sièges, dont le puits no 14 à Goutroux[82].
Mise en exploitation du puits n° 14
La préparation du siège se poursuivit jusqu’en 1885, année de l’ouverture des gisements. Le puits fut classé en deuxième catégorie grisouteuse ()[Note 37]. Le traitement du charbon était initialement assuré au puits no 12, relié par une chaîne sans fin[83].
Contexte économique et social
La création du siège no 14[Note 16] intervint dans une période de fluctuations profondes : après une brève reprise, l’industrie houillère connut une crise sévère entre 1877 et 1886[Note 38], marquée par la baisse des prix, la réduction des salaires[Note 39] et l’augmentation du chômage. Ces tensions culminèrent dans les grèves de mars 1886, accompagnées d’émeutes à Jumet et Roux et d’une répression militaire meurtrière. L’enquête gouvernementale qui suivit mit en évidence les conditions de travail extrêmement précaires des mineurs et contribua à l’émergence d’une législation sociale[83]. De 1952 à 1972, le grisou était acheté, transformé et vendu par la société Distrigaz[Note 40], puis il était acquis et utilisé dans l'industrie sidérurgique[84].
Impact local
À Goutroux, l’installation du puits no 14 entraîna dès les années 1880 un vaste chantier : déboisement, fabrication de briques, construction des bâtiments, creusement des puits et bouveaux (504 m atteints en 1881). Ces travaux fournirent un emploi important à la population locale, composée de journaliers polyvalents[85].
L’exploitation se développa ensuite en profondeur[86]:
- 1918 : 735 m ;
- 1925 : 845 m ;
- 1958-1964 : approfondissement jusqu’à 1 019 m et ouverture de l’étage 925 avec galerie inclinée et télémine. Un record de 700 tonnes/jour fut atteint après l’ouverture de l’étage 1019.
Fermeture
Le charbonnage fut définitivement arrêté le [67], mettant fin à près d’un siècle d’activité et à un élément structurant de l’histoire locale[66].
Tourisme vert et promenade

Goutroux est traversé par le RAVeL L112 de Fontaine-l'Évêque à Monceau-sur-Sambre. Le RAVel (Réseau Autonome des Voies Lentes) permet la pratique du vélo à des fins sportives et de tourisme sur des itinéraires protégés.
Depuis 2023, Goutroux se trouve sur le tracé d'un grand itinéraire de randonnée balisé GRP1666 , la Grande Dérive. Ce chemin forme une boucle de 54 km entourant le grand Charleroi. La Grande Dérive, passe à travers les marges vertes de Charleroi, sur des sentiers balisés en grimpant sur les terrils et en traversant parcs publics, bois, zones agricoles et friches[87]. Au sud-est, une partie du parc de Monceau-sur-Sambre se trouve sur le territoire de Goutroux.
Transports
Chemin de fer

Le , un point d’arrêt nommé Landelies‑Bretagne[Note 41] fut ouvert sur la ligne ferroviaire Marchienne‑au‑Pont – Haine‑Saint‑Pierre, via Goutroux, Fontaine‑l’Évêque et Piéton. Cette ligne, l’une des premières du bassin, avait été créée par la Société des chemins de fer des bassins houillers du Centre et ouverte au trafic marchandises le , puis aux voyageurs le . Elle fut intégrée au réseau de l’État en 1871. Après l’autonomie communale, la halte prit officiellement le nom de Goutroux en octobre 1897. Très appréciée, elle facilita les déplacements des habitants vers les centres industriels voisins. La petite station fut supprimée en 1940, et la ligne elle‑même mise hors service le . Elle fut remplacée par une ligne électrifiée reliant Monceau‑Formation à Forchies et Piéton, passant au nord de Goutroux[88]. Depuis lors, l'assiette du chemin de fer a été reconverti en RAVeL.
Transports en commun
Goutroux est desservi exclusivement par des lignes de bus du TEC ; aucune ligne de métro n’y circule, le métro léger de Charleroi ne passant pas par le village. Les lignes actuelles reliant Goutroux aux pôles urbains les plus proches sont les lignes TEC 63, 64 et 710[89]. Le village est également desservi par les lignes M1 et M2 du métro léger, et Goutroux dispose d’une station appelée Morgnies.
Sports
Goutroux a un club de football appelé le Royal Goutroux Sports dont le stade Théo Cavillot se trouve rue de Leernes. Le Royal Goutroux Sports est un club de football affilié à l’Union belge sous le matricule 234, ce qui en fait l’un des clubs historiques de la région de Charleroi[90]. L’entité juridique actuelle fonctionne sous forme d’ASBL, créée officiellement le , et enregistrée comme association sportive active dans les activités de clubs de football[91]. Selon les informations publiques du club, Goutroux Sports revendique une existence depuis 1920, ce qui le place parmi les clubs centenaires du bassin carolorégien[92]. Le club occupe une place importante dans la vie associative du quartier de Goutroux, organisant régulièrement des tournois de jeunes (U8 à U16), événements festifs et activités communautaires, témoignant d’un fort ancrage local[92].
Pour la saison 2025-2026, le Royal Goutroux Sports aligne une équipe première en 3e Provinciale C (Hainaut). Le club y occupe une place dans le bas du classement, avec un total de 37 points en 30 matchs, ce qui le situe à la 12e place du tableau[90]. Les résultats montrent une équipe compétitive mais irrégulière, alternant victoires significatives (par exemple 3-0 contre Carnières) et défaites serrées. Le Royal Goutroux Sports utilise les couleurs rouge et vert, souvent associées à un emblème canin (le chien), régulièrement mis en avant dans sa communication[90]. Cette identité visuelle contribue à la cohésion du club et à son image chaleureuse et familiale.
Notes et références
Notes
- ↑ Après la Seconde Guerre mondiale, Goutroux connut un véritable essor, se développa et s’équipa progressivement du confort attendu avec l’évolution de la vie moderne. Des cités furent construites dans différents quartiers : au nord par la Société de Monceau-Fontaine, au sud par la « Petite Propriété Terrienne » et au centre par le « Foyer Moncellois », portant le nombre d’habitations à 1 000. La population augmenta alors rapidement : de 1 707 habitants en septembre 1945, elle passa à 1 800 en 1950, 2 290 en 1957 (dont 1 637 Belges et 653 étrangers), 2 800 en 1965, atteignit 3 373 en 1970 avant de redescendre à 3 079 en 1976 (Lemal 1979, p. 77).
- ↑ Situation de la maison du peuple (50° 24′ 57″ N, 4° 21′ 19″ E ).
- ↑ Situation du lieu-dit (50° 25′ 13″ N, 4° 21′ 48,2″ E ).
- ↑ À cette époque, Monceau faisait partie de la commune de Marchienne (Lemal 1979, p. 82).
- ↑ Emplacement de l'étang (50° 24′ 43,8″ N, 4° 21′ 20,7″ E ).
- ↑ Situation de l'étang de la ferme Beyart (50° 24′ 54,8″ N, 4° 21′ 30,1″ E )
- ↑ Situation du Bois de Goutroux (50° 24′ 37,1″ N, 4° 21′ 16″ E ).
- Le nom « Charbonnière » vient du procédé de fabrication du charbon de bois, utilisé comme combustible par les Romains pour fondre le minerai de fer. La forêt où l’on produisait ce charbon était appelée « carbonaria silva » (Lemal 1979, p. 9) .
- ↑ Situation du bois (50° 24′ 34″ N, 4° 22′ 13″ E ).
- Fusion de communes en Belgique.
- ↑ Carrefour des rues de Leernes, Alfred Deltenre et de la Bretagne.
- ↑ À cette époque, une carrière de sable était en activité près de l’église, et une carrière de grès se trouvait aussi non loin, dans le bois de la Charbonnière (Lemal 1979, p. 59).
- ↑ En 1867, des enfants âgés de 7 à 10 ans travaillaient dans les usines et les mines, gagnant seulement 80 à 90 centimes pour 12 heures de labeur. Ce n’est qu’en 1884 que les travaux souterrains furent interdits aux garçons de moins de 12 ans et aux filles de moins de 14 ans (Lemal 1979, p. 59).
- ↑ À partir de 1895, une station « Landelies-Bretagne » est toutefois ouverte par la Société des chemins de fer des bassins houillers du Centre sur la ligne reliant Marchienne-au-Pont à Haine-Saint-Pierre (Lemal 1991, p. 58).
- ↑ À l’origine exploitée par la S.A. des Chemins de fer des Bassins houillers du Hainaut, la ligne du « Centre » (no 112) passa sous la gestion de l’État belge en 1871. Le premier garde-barrière du passage à niveau du chemin de Morgnies fut Dokier Em. Jh., originaire de la province de Namur, inscrit en 1875. Pour l’autre passage, la première garde-barrière était l’épouse de Stroobant Isidore, alors garde-voie. Tous deux furent inscrits en 1878, venant de Grammont (Lemal 1979, p. 62).
- Emplacement du puits (50° 25′ 32,9″ N, 4° 21′ 05,5″ E ).
- ↑ Dans les communes regroupant plusieurs hameaux distincts, l’art. 66 de la loi de 1885 autorisait la Députation permanente à fixer, en fonction de la population, le nombre de conseillers à élire parmi les éligibles de chaque hameau. En 1890, le recensement de Goutroux indiquait 809 habitants pour un hameau, sur un total de 1 852 habitants (Lemal 1979, p. 64).
- ↑ Aujourd'hui, le bâtiment abrite une entreprise de pompes funèbres. Situation actuelle du bâtiment (50° 24′ 50″ N, 4° 21′ 19″ E ).
- ↑ Près de cinquante ans après Marchienne-au-Pont et à Fontaine-l’Évêque en 1881 (Lemal 1979, p. 76).
- ↑ Une communication locale revenait à 30 centimes (Lemal 1979, p. 76).
- ↑ À une trentaine de kilomètres, la violente bataille de Gembloux opposait une division française commandée par le général Juin, une division marocaine et les Panzerdivisionen allemandes (Lemal 1979, p. 32).
- ↑ Le , à l'aube, l'artillerie allemande défilait déjà à Charleroi (Lemal 1979, p. 33).
- ↑ Dans cette nouvelle entité, la commune de Goutroux appartenait au District VI, également appelé District de Marchienne-au-Pont.
- ↑ Dans cette affaire, Goutroux perdit une encaisse de 250 000 francs, une somme considérable pour l’époque et qui aurait pu être utilisée à bon escient avant la guerre. Cela n’empêcha pas la commune de devoir rembourser les dettes du « Grand Charleroi » après 1945 (Lemal 1979, p. 33).
- ↑ Actuellement c'est l'école maternelle de la Terrienne.
- ↑ En 1955, cette société, installée au sud du point d'arrêt, possédait quelques vieilles maisons, précisant qu’elles « avaient été construites depuis longtemps sur un terrain appartenant à autrui ». Ces maisons furent ensuite démolies (Lemal 1991, p. 134).
- ↑ Quelques petits commerces subside encore pour les besoins des habitants du village et des environs.
- ↑ En 1904, bien que la majorité fût socialiste, un membre de la minorité fut nommé bourgmestre par arrêté royal, les socialistes étant alors automatiquement exclus de ce poste à cet époque (Lemal 1991, p. 150) et (Lemal 1979, p. 70).
- ↑ De 1912 à 1919, aucun bourgmestre ne fut nommé à Goutroux, par arrêté royal (Lemal 1979, p. 81).
- ↑ Entre 1917 et 1918, les Allemands le remplacèrent par J.B. Stroucken, qui n’appartenait pas au conseil communal (Lemal 1991, p. 150).
- ↑ Emile Moureau étant décédé en 1942, en pleine guerre, aucun bourgmestre ne fut légalement nommé avant 1945 (Lemal 1979, p. 81).
- ↑ En août 1942, Goutroux a été rattaché à Charleroi et placé sous l’autorité allemande (Lemal 1991, p. 150).
- ↑ Le sol est argileux. Le trou laissé par l’extraction de l’argile a été rempli avec la terre prélevée sur le monticule voisin, ce qui a permis de niveler le terrain (Lemal 1991, p. 47-49).
- ↑ Elle se situe rue des Coquelicots.
- ↑ Actuellement le RAVeL.
- ↑ En 1910, l’entreprise s’étendait sur 18 communes, couvrant 4 083 hectares, et en 1954, elle comptait déjà 25 communes pour un total de . Aujourd’hui, il ne reste plus que trois puits en service : le no 17 à Piéton, ainsi que les no 18 et 19 à Marchienne-au-Pont. La fermeture définitive est prévue pour 1980 (Lemal 1979, p. 103).
- ↑ Les niveaux de 124 m et de 140 m étaient classés dans la première catégorie (Lemal 1979, p. 103).
- ↑ La guerre franco-allemande de 1870 avait considérablement augmenté les échanges avec les marchés étrangers (Lemal 1979, p. 103).
- ↑ En 1884, la loi interdisait aux garçons de moins de 12 ans et aux filles de moins de 14 ans de travailler au fond (Lemal 1979, p. 103).
- ↑ Devenu par la suite Fluxys.
- ↑ Emplacement de l'ancienne gare de Goutroux (50° 24′ 26,8″ N, 4° 21′ 37,2″ E ).
Références
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- ↑ Lemal 1979, p. 4.
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- ↑ Jean-Louis Delaet, « Bargibant Joseph », sur Maitron, 8 avril 2014, modifié le 17 décembre 2019 (consulté le )
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- ↑ Lemal 1991, p. 58-59.
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- « Voetbalvereniging Royal Goutroux Sports uit Charleroi | Page du club | Province Hainaut | VoetbalInBelgië.be », sur www.voetbalinbelgie.be, (consulté le )
- ↑ « Data.be », sur data.be (consulté le )
- « Royal Goutroux sports, rue de Leernes, 68, Goutroux (2026) », sur www.findglocal.com (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
- Redécouvrir son quartier sous un autre regard... Charleroi : Section de Goutroux, Charleroi, Espace Environnement, , 14 p. (lire en ligne)
- n.c. (Ministère de la Communauté Française, Administration du Patrimoine Culturel), Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 20 : Wallonie, Hainaut, Arrondissement de Charleroi, Liège, Pierre Mardaga, éditeur, , 602 p. (ISBN 2-87009-588-0 et 978-2-8700-9588-1, OCLC 312155565, lire en ligne)
- Augusta Lemal, Goutroux, regard sur le passé, Augusta Lemal, , 133 p.
- Augusta Lemal, Goutroux et ses habitants : une chronique mouvementée, Augusta Lemal, , 167 p.
- André Lépine, « Les charbonnages du Pays noir en cartes postales anciennes », Cercle d'Histoire de Cerfontaine, no 503,
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