Occupation israélienne du Sud-Liban


L'occupation israélienne du Sud-Liban a duré 22 ans, entre 1978 et 2000[1]. Son but est autant de lutter contre la présence des combattants palestiniens de l'OLP que de contrôler les réserves en eau de la région[2].
En 1978, Israël envahit le Liban une première fois, jusqu'au fleuve Litani, et occupe alors une zone dans le sud du Liban. En 1982, Israël envahit le Liban une deuxième fois et élargit alors sa zone d'occupation. Après être arrivée jusqu'à la capitale Beyrouth, l'armée israélienne s'est ensuite retirée d'une partie du territoire occupé entre 1983 et 1985, mais a conservé le contrôle des zones le long de la frontière israélo-libanaise, en coordination avec l'État séparatiste du Liban libre, qui s'est effondré en 1984.
À partir de 1985, Israël a soutenu l'Armée du Sud-Liban (ALS), milice composée de supplétifs de l’État hébreu, contre le Hezbollah et d'autres militants musulmans, ainsi que des combattants communistes, dans la majeure partie du Sud-Liban. La bande de territoire occupée était large de dix kilomètres à l'exception d'un saillant qui atteignait au nord Jezzine et le fleuve Litani et mettait Tyr et Sidon ainsi que la vallée de la Bekaa à portée d'artillerie.
À la suite des actions menées par le Hezbollah, Israël se retire du Sud du Liban en 2000.
Histoire
Contexte
Projet sioniste et réserves hydrauliques

La région libanaise située au sud du fleuve Litani fait partie des revendications territoriales des dirigeants sionistes pour leur projet d’État en Palestine, notamment en raison de ses réserves hydrauliques nécessaires au développement du futur État juif[2],[3],[4]. En 1916, pendant les négociations qui aboutiront aux accords Sykes-Picot entre la France et le Royaume-Uni sur le partage des possessions ottomanes au Proche-Orient, les représentants du mouvement national juif, dont Chaim Weizmann et David Ben Gourion, réclament l’extension de la frontière nord de la Palestine jusqu’aux régions bordant la partie sud du Litani — soit près de cinquante kilomètres au-delà de la limite septentrionale de l’actuel État d’Israël. Ces prétentions territoriales sont précisés trois ans plus tard lors de la conférence de paix organisée à Paris[2].
Quand le , la France crée l’État du Grand-Liban avec les frontières actuellement reconnues, les sionistes poussent les Britanniques, qui contrôlent la Palestine, à réclamer à nouveau de changer le tracé de la frontière. Cette demande est plusieurs fois refusée par la France jusqu'à ce que l’accord Paulet-Newcombe ne soit ratifié le , mettant fin à trois années d’efforts soutenus des sionistes pour obtenir en vain le contrôle du Litani et du Hasbani[3].
Le contrôle du Litani redevient une priorité sioniste avec le lancement par l'Agence juive, entre 1938 et 1939, de deux projets de planification des eaux. Le premier, réalisé en secret afin de ne pas se heurter immédiatement au veto des Français et des Anglais, est confié à des membres de la Haganah, principale milice sioniste pré-étatique. Il est déposé à Tel-Aviv en , mais ne connait aucune suite[3]. Le second est réalisé à New York par la Commission on Palestine Surveys (C.P.S), financée par des sources américaines. Il concerne l’ensemble des ressources hydrauliques du bassin du Jourdain et inclut le Litani. Ce dernier fleuve est finalement retiré du projet en 1945[3].
Un troisième projet de planification hydraulique globale est réalisé à la même période par Simcha Blass, un ingénieur du Yishouv. En 1944, il publie son plan, Trésors d’eau en Terre d’Israël, incluant la diversion du fleuve Litani. Toutefois, si le comité mis en place par l'Agence juive pour évaluer le projet approuve le principe du transfert de l’eau du nord vers le sud, il considère que l’exécution du plan requiert l’extension des frontières de la Palestine vers le nord, le nord-est et l’est pour inclure des sources d’eau et des territoires faisant partie du Liban, de la Syrie et de la Jordanie[3].
Après 1948 et la création de l'État d’Israël, l'intérêt pour le Litani reste important pour les dirigeants israéliens, notamment Ben Gourion et Dayan. Un rapport de la CIA daté de 1957 décrit « l’institutionnalisation » d’un double langage israélien en ce qui concerne le Litani : « Les rapports disponibles publiés par le ministère de l’Agriculture incluent systématiquement les eaux du Litani et du Yarmouk dans les discussions sur le "développement ultime d’Israël", mais elles ont été ostensiblement exclues du rapport final, probablement pour des raisons politiques »[3].
Occupations précédentes
Lors de la guerre de 1948-1949, les troupes israéliennes occupent la région pendant plusieurs mois[2].
Conflit israélo-palestinien et guerre civile libanaise
L'occupation israélienne du Sud-Liban est à replacer dans le double contexte du conflit israélo-palestinien et de la guerre civile libanaise.
Depuis la guerre israélo-arabe de 1948, de nombreux Palestiniens expulsés ou exilés trouvent refuge dans des camps de réfugiés, notamment au Liban. Puis, à la suite de la guerre de Six Jours en 1967 et l'occupation de la bande de Gaza et la Cisjordanie par Israël, de nouveaux Palestiniens viennent augmenter la population des camps. Les combattants palestiniens, en particulier ceux de l'Organisation de libération de la Palestine, s'installent dans les camps de réfugiés situés dans les pays voisins, et notamment du Liban. Dans le sud du pays, ils profitent de la faiblesse de l'État libanais pour franchir clandestinement la frontière et mènent leurs opérations commandos en territoires israéliens[5].

Avant même le début de la guerre civile libanaise qui commencera en 1975, l’armée israélienne réplique violemment par des raids aériens ou des bombardements au Sud-Liban, voire même jusqu’à Beyrouth. Le but est de pousser le gouvernement libanais à agir contre l’OLP, et dresser la population libanaise contre les fedayins palestiniens[5].
Quand éclate la guerre civile, l’État s’effondre et l’armée se divise. Saad Haddad, un des majors chrétiens fait sécession. Grâce au soutien logistique d’Israël, il gère avec sa milice trois enclaves de villages chrétiens à la frontière sud, et entre en conflit contre les villages libanais voisins où sont retranchés les militants palestiniens[5]. Pour l'État hébreu, cette politique de la « bonne frontière » consiste à s'attirer les faveurs de certaines minorités du Sud-Liban afin de contrôler la frontière.
Invasion israélienne du Liban de 1978
À la suite du massacre de la route côtière par des militants palestiniens à Tel-Aviv, Israël envahit le Liban en sur une profondeur d'environ 40 km. Après une semaine de combats, l'OLP se retire du Sud-Liban. À la fin de l'opération en , Israël transmet ses positions à sa milice supplétive, l'Armée chrétienne du Liban sud (ALS), qui voit sa zone d'influence largement étendue. La « ceinture de sécurité » ainsi instaurée sur une profondeur de 10 km vise à bloquer les infiltrations de fedayins palestiniens sur le sol israélien[5].
Dans ce territoire, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) est déployée le long de la frontière israélo-libanaise afin de confirmer le départ des troupes d'occupation israéliennes du Liban conformément à la résolution 425 de l'ONU. Toutefois, cette mission est visée par des attaques récurrentes de l’Armée du Liban sud (ALS), en concertation avec l’armée israélienne, avec pour objectif de forcer son départ. La Finul reste malgré tout et sa présence permet, dans les villages où elle est déployée, d’assurer une relative sécurité aux habitants[8]. Elle est aussi parfois attaquée par le Hezbollah, qui considère certains contingents européens comme pro-israéliens.
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Colonnes de blindés israéliens traversant un village libanais lors de l'« opération Litani », mars 1978. -
Transfert de la zone occupée par l'armée israélienne à ses supplétifs de l'Armée du Liban Sud, juin 1978.
En , Saad Haddad, le fondateur de l'ALS, proclame la création de l'État du Liban libre avec le soutien israélien. Le délégué américain au Conseil de sécurité de l’ONU accuse alors Israël de procéder à l'annexion rampante d’un territoire de 270 km2 au Sud-Liban, un projet qui date de la fondation de l’État hébreu et a pour base de permettre d’accroître les ressources en eau d’Israël[5].
Invasion israélienne du Liban de 1982
Par l’intermédiaire des services secrets du Mossad, Israël noue une alliance stratégique avec Bachir Gemayel, chef de la milice des Forces libanaises, rassemblant toute la droite chrétienne. À l'été 1982, afin de l'aider à accéder au pouvoir et combattre l'OLP, leur ennemi commun, Israël mobilise 100 000 soldats pour envahir le Liban. Les combattants de l'OLP sont repoussés jusqu'à Beyrouth où, après un siège militaire particulièrement sanglant, ces derniers doivent quitter la capitale sous protection internationale[5]. Dans la foulée, le , Bachir Gemayel est élu président de la République libanaise avec le soutien d'Israël[5], mais est assassiné trois semaines plus tard par un militant chrétien du Parti social nationaliste syrien (parti libanais pro-syrien). Deux jours plus tard, le ministre israélien de la Défense, Ariel Sharon, envoie les miliciens des Forces libanaises nettoyer Sabra et Chatila, deux camps de réfugiés palestiniens situés en zone occupée, d'éventuels fedayins[9]. Sur place, ils commettent un massacre de vengeance, tuant entre 800[10] et 3 500 civils[11], essentiellement des femmes, des enfants et des vieillards[6].
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Bachir Gemayel, commandant en chef des Forces libanaises chrétiennes, serrant la main à Rafael Eitan, chef d'état-major israélien, devant Avner Azoulay, représentant du Mossad (au centre), le 1er juin 1982, cinq jour avant le début de l'invasion israélienne. -
Chars israéliens sur la route menant à Beyrouth, le . -
Militants de l'OLP évacués sous la protections des militaires français et américains de la Force multinationale. -
Cadavres de réfugiés palestiniens s'entassant dans le camp de Chatila, le 20 septembre 1982, deux jours après le massacre.
Le Sud-Liban devient une zone administrée par Israël où circulent sa monnaie et ses produits agricoles. Toutefois, après des échecs successifs rencontrés au Liban (assassinat de Bachir Gemayel, massacre de Sabra et Chatila, échec du projet de paix séparée avec le Liban, pertes militaires élevées en raison de la résistance libanaise, désinvestissement américain), l'armée israélienne se retire progressivement d'une partie des territoires qu'elle occupe. À partir de 1985, elle se recentre alors sur une « zone de sécurité » de 850 km2 dans le Sud-Liban, même si celle-ci a perdu la majeure partie de sa raison d’être, les fedayins palestiniens étant partis[5].
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![Destruction du siège du commandement militaire israélien à Tyr le 11 novembre 1982, à la suite d'un attentat-suicide revendiqué par le Hezbollah. L'attaque tue 75 soldats, policiers et agents israéliens[12],[13].](./_assets_/0c70a452f799bfe840676ee341124611/Tyre_headquarters_bombings_4.jpg)
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Patrouille israélienne à l'est du Liban, près de la frontière syrienne, le . -
![Ruine du siège du Shin Bet (renseignement intérieur israélien) à Tyr, détruit par un camion piégé le 4 novembre 1983[14].](./_assets_/0c70a452f799bfe840676ee341124611/Tyre_headquarters_bombings_11.jpg)
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Redéploiement de l'armée israélienne qui se retire d'une partie de la zone occupée pour se concentrer sur son maintien au Sud-Liban, le .
Dans ce secteur, elle maintient des troupes qui, aux côtés des supplétifs de l'Armée du Liban Sud, combattent une guérilla menée d’abord par les communistes et par les miliciens du mouvement chiite Amal, puis par le Hezbollah. C'est le début du conflit au Sud-Liban de 1985 à 2000[8].
Conflit du Sud-Liban (1985-2000)

En 1985, lorsque l'armée israélienne se redéploie au Liban-Sud, elle confie le commandement d'une partie de la zone aux forces supplétives de l'Armée du Liban Sud, commandée par Antoine Lahad, qui demande et obtient de tenir la zone de Jezzine au nord de la bande. Au fil des années, les attaques des groupes militants libanais, dirigés par le Hezbollah chiite, se multiplient côté israélien de la zone occupée.
Le , le chef du Hezbollah au Sud-Liban, le cheikh Abdel Karim Obeid, et deux de ses assistants, sont enlevés à son domicile de Jebchit par des commandos de Tsahal. Le raid nocturne est planifié par le ministre de la Défense de l'époque, Yitzhak Rabin. Le Hezbollah répond en annonçant l'exécution du colonel Higgins (en), un officier supérieur américain travaillant avec la FINUL, enlevé en .
Le , le chef du Hezbollah de l'époque, Abbas Moussaoui, est assassiné par des missiles d'hélicoptère israélien. Tsahal suppose que les dirigeants du Hezbollah réduiront leurs activités par crainte pour leur vie et celle de leurs familles. Le Cheikh Nasrallah dirige désormais le mouvement chiite.

En , l'armée israélienne déclenche la guerre des Sept-Jours (opération « Justice rendue »), qui provoque des destructions généralisées dans tout le Sud-Liban, mais ne réussit pas à mettre fin aux activités du Hezbollah.

Le , l'armée, la marine et l'aviation israéliennes lancent l'opération « Raisins de la colère », un bombardement du Sud-Liban pendant dix-sept jours au cours duquel 154 civils libanais sont tués.
Côté israélien, 256 soldats sont morts au Sud-Liban pendant le conflit au Sud-Liban de 1985 à 2000[15]. En 2020, après avoir longtemps considéré le conflit comme de faible intensité, Israël le reconnaît comme une guerre, et le surnomme rétrospectivement « campagne de la zone de sécurité au Liban »[16].
Le Front de la résistance mené par le Hezbollah est devenu, au Liban, le symbole de la lutte contre l'occupation israélienne. Il bénéficie d'un soutien quasi unanime de la population, qu'elle soit chiite, sunnite ou chrétienne. Il a intégré dans ses rangs des combattants d'autres mouvances que celle du parti islamiste chiite[17].
Retrait israélien de 2000

Avant les élections israéliennes de mai 1999, le premier ministre d'Israël, Ehud Barak, a promis que d'ici un an, toutes les forces israéliennes se retireraient du Sud-Liban, abandonnant ainsi le soutien à l'armée du Sud-Liban. Lorsque les efforts de négociation entre Israël et la Syrie, dont le but était de parvenir à un accord de paix entre Israël et le Liban également, ont échoué en raison du contrôle syrien du Liban (jusqu'en 2005), Barak a conduit à la décision de retrait de Tsahal au profit de la frontière israélienne. Avec la pression croissante sur l'Armée du Liban sud et l'administration de la ceinture de sécurité du Sud-Liban, le système a commencé à s'effondrer, de nombreux membres de l'armée et de l'administration demandant l'asile politique en Israël et dans d'autres pays. Avec les attaques croissantes du Hezbollah, les rangs de l'armée du Sud-Liban se sont détériorés, avec une conscription réduite et des taux élevés de désertion aux rangs inférieurs. En , alors qu'il était clair que le retrait israélien était sur le point de se produire dans quelques semaines ou mois, certains responsables de l'ALS ont commencé à déplacer leurs familles vers le nord d'Israël.

Le retrait complet israélien vers la frontière internationalement reconnue a eu lieu le . L'Armée du Liban sud s'est rapidement effondrée, la plupart des officiers et des responsables de l'administration fuyant vers Israël avec leurs familles, alors que le Hezbollah augmentait la pression sur les unités restantes. Quand Israël a autorisé l'afflux de réfugiés, quelque 7 000 personnes, dont des soldats de l'Armée du Liban sud, des responsables de la zone de sécurité et leurs familles sont arrivés en Galilée.
Après la libération du sud du Liban, Hassan Nasrallah fait savoir qu'il n'y aura pas de représailles contre les chrétiens qui ont collaboré avec l'occupant israélien. Les coupables sont conduits à la frontière et remis aux autorités israéliennes. Les collaborateurs chiites, en revanche, n'échappèrent pas à des actes de vengeance[18].
Quelques zones stratégiques restent toutefois encore occupée par Israël après son retrait de 2000 : le secteur des fermes de Chebaa et les villages de Ghajar et Kfarchouba[19],[20].
Administration provisoire de la ceinture de sécurité
L'administration de la ceinture de sécurité du Sud-Liban était un organe de gouvernance provisoire libanais chrétien qui exerçait son autorité sur 850 kilomètres carrés de la zone de sécurité occupée par Israël. Il a remplacé les institutions de l'État du Liban libre et a fonctionné de 1985 à 2000 avec un soutien logistique et militaire israélien complet. Au cours de ses années de fonctionnement, l'administration était dirigée par Antoine Lahad, un officier militaire chrétien maronite, commandant de l'Armée du Liban sud.
Milices actives

L'Armée du Liban sud (ALS) était une milice chrétienne libanaise qui était active depuis la guerre civile libanaise et jusqu'à sa dissolution en 2000, avec le retrait israélien. Elle s'est séparée de la faction dissidente chrétienne de l'armée libanaise connue sous le nom d'Armée du Liban libre (en). Après 1979, l'ALS opérait dans le Sud-Liban sous l'autorité de Saad Haddad. Il a été soutenu par Israël et est devenu son principal allié contre le Hezbollah lors du conflit au Sud-Liban de 1985 à 2000.
Au moment de la guerre des Sept-Jours (opération israélienne « Justice rendue »), le Hezbollah a affirmé avoir 3 000 combattants, mais d'autres rapports ont estimé que le nombre était probablement de 600 à 700.
D'autres groupes qui se sont battus contre Israël et l'ALS étaient le FPLP-GC, une organisation palestinienne basée en Syrie, et la Garde populaire du Parti communiste libanais.
Économie
Le lancement de la « bonne frontière » par Israël en 1976 coïncide le début de la guerre civile libanaise. Cette politique consiste à s'assurer le contrôle de sa frontière avec le Liban en nouant des alliances avec les populations et les milices chrétiennes du Sud-Liban[21]. À partir de 1977, Israël permet aux maronites et à leurs alliés de trouver un emploi en Israël et fournit une assistance pour l'exportation de marchandises via la ville portuaire israélienne de Haïfa. Le principal point de passage frontalier par lequel les marchandises et les travailleurs traversaient était la porte de Fatima, près de Metoula. Cela a fourni une stabilité économique essentielle à l'administration de l'État du Liban libre et à l'Administration de la ceinture de sécurité du Sud-Liban.
Israël a déclaré qu'avant 2000, environ un tiers des patients du service d'ophtalmologie de l'hôpital de Galilée occidentale (en) étaient des citoyens libanais qui traversaient la frontière par la « bonne frontière » et recevaient un traitement gratuit[22]. La bonne frontière a cessé d'exister avec le retrait d'Israël du Sud-Liban en 2000 et la désintégration de l'administration de la ceinture de sécurité du Sud-Liban.
Démographie
Selon les estimations de 1993, la zone occupée comptait entre 150 000 et 200 000 habitants[23], dont 50 % étaient des musulmans chiites, 10 % étaient des maronites ou des grecs-orthodoxes, 10 % étaient des musulmans sunnites et 10 % étaient des druzes (dont la plupart vivaient dans la ville de Hasbaya)[réf. nécessaire]. Dans la zone centrale se trouvait la ville maronite de Marjayoun, qui servait de capitale de la zone occupée par Israël. Certains résidents restés sur place après l'invasion avaient des contacts en Israël, dont beaucoup y travaillaient et recevaient divers services[réf. nécessaire].
De la première invasion israélienne de 1978 à son retrait de 2000, le nombre d’habitants de la zone occupée est passé de 200 000 à 60 000[24].
Exactions
Les forces d'occupation israéliennes sont accusées d'exactions presque quotidiennes contre la population libanaise : bombardements d'artillerie ou par hélicoptères, touchant parfois des écoles ou des hôpitaux ; enlèvements et meurtres de dirigeants et de militants libanais ; destructions délibérées de maisons en représailles à des attaques du Front de la résistance ; destruction de centrales électriques en 1999. Le massacre de Cana en avril 1996 fait plus d'une centaine de morts parmi les réfugiés qui avaient fui les bombardements et trouvé refuge dans ce camp de l'ONU[17].
Selon un rapport déclassifié du Shin Beth, des centaines de Libanais et de Palestiniens, sur les milliers détenus dans le centre de détention de Khiam (en), ont été soumis à la torture : soumis à la faim, privation de soins médicaux, détention illimitée sans procès. Une prisonnière a aussi été électrocutée[25].
Territoires libanais encore occupés par Israël

Le retrait complet d'Israël du territoire libanais est certifié par le secrétariat général des Nations unies le [26].
Ce retrait n'est cependant pas considéré comme complet par le Hezbollah et le gouvernement libanais, qui réclament également le retrait de certains territoires disputés, occupés par Israël depuis 1967 en tant que zones du Golan syrien : les fermes de Chebaa et les villages de Ghajar et Kfarchouba[19],[27]. Cette revendication, qui n'avait pas été exprimée avant 2000 par le gouvernement libanais [28], a été considérée par des opposants au Hezbollah comme un prétexte lui permettant de justifier le maintien de sa branche armée[29],[30].
De plus, en 2024 a lieu une nouvelle invasion israélienne du Liban dans le cadre du conflit entre Israël et le Hezbollah. Celui-ci s'achève avec le cessez-le-feu du . En théorie, il prévoit le retrait israélien complet du Liban sous 60 jours. Toutefois, un an après la signature de l'accord, l'armée israélienne continue de maintenir et fortifier cinq postes au-delà de sa frontière, choisis pour leur position stratégique élevée permettant une vue large du territoire libanais[31],[32].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Israeli occupation of Southern Lebanon » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Daniel Meier, « Au Sud-Liban, la Blue Line comme marqueur du post-conflit ? », L’Espace Politique. Revue en ligne de géographie politique et de géopolitique, no 33, (ISSN 1958-5500, DOI 10.4000/espacepolitique.4451, lire en ligne, consulté le ) :
« La région du Sud Liban a été marquée par une longue occupation militaire israélienne (1978-2000) qui s’est terminée par un retrait unilatéral. »
- Olivier Pironet, « Rêves sionistes au pays du Cèdre », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
- Pierre Naccache, « Les sionistes et le Litani. De la création de l’Organisation sioniste mondiale à la fin du Mandat britannique », Confluences Méditerranée, vol. 123, no 4, , p. 179–196 (ISSN 1148-2664, DOI 10.3917/come.123.0180, lire en ligne, consulté le )
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- Daniel Meier, « « Israël a occupé le Sud-Liban pour défendre la Galilée. » », Idées reçues, vol. 3, , p. 85–91 (lire en ligne, consulté le )
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- ↑ « A false 24-year claim about farmland killed 12 young footballers », sur Al Majalla, (consulté le )
- ↑ « Carte. Israël se retire du sud du Liban, mais y maintient “temporairement” une présence “stratégique” », sur Courrier international, (consulté le )
- ↑ « Dans le sud du Liban, l'armée israélienne fortifie ses cinq positions selon des images satellites », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
- Territoires occupés par Israël
- Conflit israélo-libanais
- Conflit israélo-arabe
- Conflit israélo-palestinien
Liens externes
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