Presse écrite en wallon

Exemples des numéros de Li Chwès, une revue éditée en langue wallonne dans la région de Namur

La presse en langue wallonne se résume aux diverses revues en wallon. Toutefois, dans certaines d'entre elles, une part plus ou moins grande est également écrite en français.

Historique

Les moyens des revues en wallon étant extrêmement limités, la présentation est parfois réduite à la simple feuille, photocopiée et agrafée (Li Rantoele, Coutcouloudjoû, Académîye des Foyants). C'était le cas également des anciennes revues (Li pompe ås Ramons).

Néanmoins, certaines sociétés littéraires en langue wallonne, soutenues financièrement par le Conseil des langues régionales endogènes (wa) de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ou d'autres sources gouvernementales, arrivent à éditer des revues de très bonne tenue (èl bourdon, SingulierS, Les Cahiers wallons).

Certains vrais journaux en wallon, à tirage hebdomadaire, ont existé dans le premier tiers du XXe siècle : Li Clabot, L'Arsouye, Li Mârmite, El tonnia d' Châlerwet. Ce dernier a tiré jusqu'à 35 000 exemplaires. Li Mârmite se vendait jusqu'à Londres.

De 1930 à 1980, on a vu se développer des revues qui émanaient des sociétés littéraires, qui vinrent rejoindre èl Mouchon d'Aunia, qui « chantait » déjà depuis 1912. Ainsi naissent successivement : Les Cahiers wallons (1937), èl Bourdon (1949), Nwêr Boton (1969).

Dans les années 1990, on a constaté un regain d'intérêt envers les revues en wallon avec l'apparition de 9 nouveaux titres : Nosse Lingadje (1991), Djåzans walon (1992), SingulierS (1994), Coutcouloudjoû et Li Chwès (1995), Li Rantoele et l'Academîye des Foyants (1996), Walo+ gazète (1999), Intrez don (2000). Cela a été de pair avec un renouvellement des sujets. Particulièrement Li Chwès et Li Rantoele ont le souci de publier des écrits journalistiques et autres textes de prose non narrative, au lieu des textes exclusivement littéraires auxquels le lecteur wallonophone était habitué jusqu'alors.

Actuellement, les revues en wallon encore en circulation sont au nombre d'une dizaine. Les tirages sont néanmoins fort modestes (150 à 800 exemplaires). Seule exception : Walo + gazète qui tira à 5 000 exemplaires pendant ses sept ans d'existence (1999-2005). Mais on a reproché à cette publication de faire la part belle au français, et de confiner les textes en wallon à la partie congrue.

Les revues en wallon sont écrites avec les accents régionaux de leur zone de diffusion. Toutefois, certaines revues publient aussi des textes en wallon unifié, qui ciblent un lectorat sur l'ensemble de la Wallonie.

Depuis 1997, il y a aussi une revue en ligne en wallon, l'Aberteke, qui privilégie l'écriture unifiée. Une seconde revue, Rabulèts la suivra, dès 2000, avec une orthographe non fixée, et des modes d'édition variables (lettre électronique, site d'archivage, blog). Tous les anciens numéros de Walo + gazète sont également disponibles en ligne.

Présentations de quelques revues en wallon

Revues actuelles

èl bourdon

Le mensuel èl bourdon (wa) est fondé en 1949 par l'Association littéraire wallonne de Charleroi (wa) ; son créateur est Félicien Barry (wa). En 2025, son rédacteur en chef est Jean-Luc Fauconnier[1].

En 2025, la gestion éditoriale du périodique est reprise par son distributeur, l'association Èl Môjo dès Walons (wa). À cette époque, il publie encore principalement des auteurs carolorégiens, mais s'ouvre aussi aux œuvres de contributeurs maniant le picard borain ou des variantes wallonnes brabançonnes ou namuroises[2].

Chaque numéro comprend une fôve (« fable ») de Léon Bernus, ainsi qu'une planche de la bande dessinée Coquia èyèt Mésse Coq (wa) dessinée par Jacques Raes, donnée dans sa version wallonne originale et dans une traduction picarde tournaisienne[3].

Les Cahiers wallons

Le premier numéro des Cahiers wallons, dont la couverture est illustrée par Joseph Gillain (1937).

Le premier numéro des Cahiers wallons (wa) parait le , à l'initiative d'Eugène Gillain, qui en assure la direction. Son ami Paul Moureau occupe le poste de rédacteur en chef, et les couvertures des premiers numéros sont illustrées par son fils, Joseph Gillain. Le premier numéro est tiré à 3 000 exemplaires[4].

À cette époque, Les Cahiers wallons se veulent une anthologie des œuvres des meilleurs écrivains wallons, ouverte à tous les dialectes de la Wallonie[5]. Le premier numéro comporte néanmoins une majorité de textes produits par des membres des Rèlîs Namurwès, un cercle littéraire dont Gillain et Moureau sont membres[6].

Malgré une publicité importante et un bon démarrage — la revue fait l'objet de 300 abonnements sur son premier mois d'existence[7] —, Les Cahiers wallons ne sont pas une entreprise rentable. Les exercices 1937 et 1938 se soldent par un déficit, qui s'élève à 5 000 francs belge la première année[8]. Un record d'abonnements sera atteint en 1939, où l'on en dénombre 1 300, mais cette dynamique est brisée par la guerre et par la mort de Moureau, en . En 1940, le nombre d'abonnements retombe à 600 et les parutions se font irrégulières[9]. En , on ne compte plus que 120 abonnés[10]. Dans ce contexte, la formule d'anthologie fait régulièrement place à des numéros dédiés à un seul écrivain.

La parution de cette première série s'interrompt en 1944, à la suite de difficultés financières, mais le titre reparait à partir de [11]. La seconde série des Cahiers devient l'organe officiel du cercle littéraire dialectal Lès Rèlîs Namurwès, qui l'éditent toujours de nos jours[12]. Une modification de la périodicité intervient en 2005, lorsque les douze livraisons mensuelles de 16 pages sont remplacées par six livraisons bimestrielles de 32 pages[13].

En parallèle des numéros ordinaires composés des derniers écrits des membres, Les Cahiers wallons publient des numéros spéciaux réservés à la publication d'une ou plusieurs œuvres d'un même écrivain. En 1996, on dénombre plus de 140 numéros de ce type[14]. Plusieurs écrivains majeurs, comme Willy Bal, Victor George, Émile Gilliard, Albert Maquet, Arthur Masson et Georges Smal ont fait éditer des œuvres par ce biais.

En 2025, la majorité du contenu des Cahiers wallons est toujours constituée des écrits que les membres des Rèlîs Namurwès présentent et font corriger en réunion[3]. Le périodique possède aussi des rubriques consacrées à des rétrospectives, à des exposés sur la variété linguistique en province de Namur et à la diffusion de blagues en wallon. Il republie de même certains représentants du patrimoine littéraire dialectal de sa région, comme Auguste Laloux[15].

èl Mouchon d'Aunia

Le mensuel èl Mouchon d'Aunia (wa) est fondé en novembre 1912 à La Louvière. Il est animé par le cercle littéraire dialectal Lès Scriveûs du Cente[3].

En 2025, son sommaire comporte plusieurs rubriques fixes, qui présentent notamment des données lexicales, des dialogues, des rétrospectives, des blagues, des remèdes de jadis, des jeux et un agenda[3].

Nwêr Boton

Le mensuel Nwêr Boton (wa) — autrefois Lë Nwër Boton — est fondé en janvier 1971 à Wavre, par la Corporâcion dès Romans Scrîjeûs. Cette association disparait en 1982, ce qui entraine la fin de la publication de la première mouture du Nwêr Boton. Elle est alors remplacée par un périodique similaire intitulé Lë Sauvèrdia[16].

En 2023, à la disparition du Sauvèrdia, le Nwêr Boton est relancé sous la forme d'un trimestriel[3]. La première livraison de cette nouvelle mouture porte le numéro 504, qui correspond au nombre additionné de Nwêr Boton et de Sauvèrdia parus depuis 1969[17]. À la suite de nouveaux calculs, le dernier numéro de l'année 2025 porte finalement le numéro 525[16].

Le rédacteur en chef actuel du Nwêr Boton est Jacques Desmet (wa).

Nosse Lingadje

Le trimestriel Nosse Lingadje (wa) est publié à Liège par le cercle dialectal du même nom, établi au sein de l'Université du 3e âge et du temps libre. Tous ses contributeurs ont donc plus de 50 ans[18].

Ce périodique a atteint sa 138e livraison en novembre 2025[18].

Li Rantoele

Le trimestriel Li Rantoele (wa) (« Le Réseau ») parait depuis 1996. Il est rédigé en wallon unifié.

La majorité de son contenu est de type journalistique mais il comporte un cahier central intitulé Li Rantoele ås belès-letes (« Le Réseau des écrits littéraires »), dans lequel sont publiées des œuvres inédites et des critiques[19].

Èl Roman payi èrvike !

Le quadrimestriel Èl Roman payi èrvike ! (wa) est fondé à Nivelles en avril 2025[18].

Il publie à la fois des auteurs actuels et des représentants du patrimoine littéraire local comme Franz Dewandelaer et Georges Willame. Tous les textes qu'il publie sont accompagnés d'une traduction française sur la page de gauche[18].

SingulierS

Le trimestriel SingulierS (wa) est issu de la fusion, en 1990, de deux périodiques préexistants : Ké Novèle (wa) (fondé en 1983) et Le Luxembourg dialectal (fondé en 1961 sous le titre Rapoulèdje[15],[20]. Il est publié par le Musée de la parole en Ardenne.

SingulierS publie à la fois des textes en wallon méridional et en gaumais. Il propose aussi des pages de jeux, qui s'adressent tant aux adultes qu'aux enfants[15].

La Wallonne

Présentation en wallon

Anciennes revues

L'Arsouye

Présentation en wallon

Li Chwès

Présentation en wallon

Li Clabot

Le journal Li Clabot (wa) est fondé à Liège en 1892[21].

Li Cok d'Awousse

Coutcouloudjoû

Présentation en wallon

Djåzans walon

Présentation en wallon

L'hoûlåd d' Tchålerwè

Présentation en wallon

Li Marmite

Titraille du journal Li Marmite en 1885.

Le journal Li Marmite (wa) est fondé à Namur en 1883[21].

Novèles des Walons Scrîjeûs d'après l' Banbwès

Présentation en wallon

Li pompe ås ramons

Présentation en wallon

Lë Sauvèrdia

La revue Lë Sauvèrdia (wa) est publiée en province du Brabant wallon de 1982 à 2023. Elle trouve son origine dans la fondation, en 1974, d'un cercle littéraire appelé Lès Sauvèrdias d'aviè Djodogne (« Les Moineaux de Jodoigne et des environs »), qui est à l'origine une section locale de la Corporâcion dès Romans Scrîjeûs[16].

En 2021 et 2022, l'association Lë Sauvèrdia d'avaurcë (« Le Moineau de par ici ») subit coup sur coup les décès de trois de ses administrateurs, Andrée Flesch (wa), Jean-Jacques Gaziaux (wa) et Jules Sabaux (wa). En conséquence de quoi, la revue cesse de paraitre après son numéro 399-400[22].

L’ Tonnia d’ Chalerwet

Le journal L’ Tonnia d’ Chalerwet (wa) est fondé à Charleroi en 1895[21].

Walo + gazete

Présentation en wallon

Notes et références

  1. ↑ Noël 2026, p. 13.
  2. ↑ Noël 2026, p. 13-14.
  3. Noël 2026, p. 14.
  4. ↑ Toussaint et al. 2012, p. 35.
  5. ↑ Toussaint et al. 2012, p. 39.
  6. ↑ Toussaint et al. 2012, p. 49.
  7. ↑ Toussaint et al. 2012, p. 99.
  8. ↑ Toussaint et al. 2012, p. 99-100.
  9. ↑ Toussaint et al. 2012, p. 102.
  10. ↑ Toussaint et al. 2012, p. 114.
  11. ↑ Le Comité, « Les « Cahiers wallons » ont cinquante ans », Les Cahiers wallons, 50e année no 1,‎ , p. 1-2.
  12. ↑ Cahiers wallons-Rèlîs Namurwès sur la plateforme Revues.be.
  13. ↑ « Aux lecteurs », Les Cahiers wallons, 67e année no 12,‎ , p. 184.
  14. ↑ « Répertoire des numéros spéciaux (1937-1996) », Les Cahiers wallons, 60e année no 10,‎ , p. 145.
  15. Noël 2026, p. 15.
  16. Noël 2026, p. 16.
  17. ↑ (wa) « On p'tët bokèt d'ëstwêre », Lë Nwër Boton, no 504,‎ janvier-février-mars 2023, p. 1.
  18. Noël 2026, p. 17.
  19. ↑ Noël 2026, p. 12.
  20. ↑ « SingulierS », sur Revues.be (consulté le )
  21. Baptiste Frankinet, « Panorama de la littérature en langues régionales romanes de Wallonie » Accès libre, sur Objectif plumes, Fédération Wallonie-Bruxelles, (consulté le ).
  22. ↑ Les Cahiers wallons, 86e année, no 2, mars-avril 2023, p. 52.

Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes

Liens externes

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