Saint-saturnin (AOC)
| Saint-saturnin | |
Gamme des vins de Saint-Saturnin AOC (stand au Vinisud 2017). | |
| Appellation(s) principale(s) | languedoc |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | dénomination au sein d'une AOP |
| Reconnue depuis | 1955 (VDQS) puis 1985 (DGC d'une AOC) |
| Pays | |
| Région parente | vignoble du Languedoc-Roussillon |
| Sous-région(s) | coteaux du Languedoc |
| Localisation | Hérault |
| Climat | méditerranéen avec influence montagnarde |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
2 705 heures (à Montpellier) |
| Sol | schistes et grès |
| Superficie plantée | 60 hectares (en 2024)[1] |
| Nombre de domaines viticoles | 1 coopérative et 6 vignerons |
| Cépages dominants | grenache N[note 1], syrah N et mourvèdre N |
| Vins produits | 55 % rouges et 45 % rosés |
| Production | 2 049 hectolitres (en 2024)[1] |
| Pieds à l'hectare | minimum 4 400 ceps/ha[2] |
| Rendement moyen à l'hectare | 34 hl/ha (en 2024)[1] |
Un saint-saturnin[note 2], ou languedoc Saint-Saturnin[note 3], est un vin produit autour de la commune de Saint-Saturnin-de-Lucian. Il s'agit d'une des dénominations géographiques au sein de l'appellation languedoc.
Histoire
La tradition veut que ce vignoble ait été créé par Nymphius, un compagnon de Benoît d'Aniane au VIIIe siècle[3].
Pour valoriser la production de ce terroir viticole, les viticulteurs décidèrent de fonder le , une cave coopérative qui fut appelée « La Cathédrale »[4]. En 1953, la première cuvée est « Le Vin d'une Nuit », dont la cuvaison se faisait en une seule nuit[5] à la manière de certains rosés (bien que cette cuvée soit plus proche d'un rouge léger). En 1955, l'appellation d'origine (AO) « Saint-Saturnin et Montpeyroux » est reconnue comme ayant droit au label « vin délimité de qualité supérieure » (VDQS), pour des rouges ou rosés produits avec surtout du carignan à Saint-Saturnin-de-Lucian, Montpeyroux et Arboras[6].
En 1960, treize AO, dont le saint-saturnin (sur Saint-Saturnin et Arboras) et le montpeyroux désormais séparés, sont regroupées pour former le VDQS coteaux-du-languedoc, avec la possibilité de rajouter le nom d'une des treize AO ainsi fédérées[7]. Une extension de la dénomination se fait en pour les communes de Jonquières et de Saint-Guiraud[8]. Le décret du reconnait le « coteaux-du-languedoc » comme une appellation d'origine contrôlée (AOC) et fixe un cahier des charges un peu plus strict, autorisant douze dénominations géographiques complémentaires dont le saint-saturnin[9].
Par le décret du , l'appellation change de nom (avec mesure dérogatoire pour la vente sous l'ancien nom jusqu'au ), devenant l'AOC « languedoc », étendue à presque tout le vignoble du Languedoc-Roussillon[10]. La dénomination saint-saturnin doit obéir au cahier des charges de l'appellation, qui a été modifié en [2]. Actuellement, le syndicat des producteurs a engagé une démarche de reconnaissance en cru communal auprès de l'INAO de ses vins rouge et rosé[3].
Vignoble
Aire de production
| Image externe | |
| Orthophotos du parcellaire de la dénomination | |
Cette dénomination concerne un vignoble qui s'étend sur 760 hectares[11] et couvre les communes d'Arboras (en partie), de Jonquières (en partie), de Saint-Guiraud (en partie), de Saint-André-de-Sangonis et de Saint-Saturnin-de-Lucian[2].
Orographie et géologie
Le vignoble est situé au pied des contreforts du Larzac, il est dominé par le rocher des Deux-Vierges[3].
Les sols sont composés principalement de schistes et de grès[11], ponctuellement recouvert de terres argilo-calcaires[3].
Climatologie
Le vignoble jouit d'un climat méditerranéen chaud et abrité des vents[3]. Il offre à la vigne un ensoleillement et une chaleur considérables. Les étés secs limitent le rendement ce qui développe les arômes des cépages[11].
Encépagement
L'encépagement de l'ensemble des parcelles d'une exploitation déclarées comme produisant du saint-saturnin rouge doit comprendre obligatoirement trois cépages différents (chacun étant limité à un maximum de 75 % de l'encépagement). Les cépages principaux (dont la proportion doit être ensemble supérieure à 60 %) sont le grenache N[note 1], le mourvèdre N et la syrah N (ces deux derniers doivent représenter au minimum 25 %) ; s'y rajoutent les cépages accessoires que sont le carignan N et le cinsault N (limité à 30 %)[2].
Pour faire du saint-saturnin rosé, l'encépagement doit comporter au moins deux cépages. Les cépages principaux sont le grenache N, le lledoner pelut N (ces deux premiers au moins 25 %) et la syrah N (au moins 20 %) ; les cépages accessoires sont le carignan N, le carignan B, le cinsaut N, la clairette B, le grenache B, le grenache G, la marsanne B, le mourvèdre N, la roussanne B et le vermentino B (la proportion de cépages blancs est limité à 10 %)[2].
Vins

Le saint-saturnin est une dénomination géographique complémentaire (DGC) au sein de l'« appellation régionale » (selon la hiérarchie mise en place par le CIVL)[12] languedoc (languedoc Saint-Saturnin), en rouge comme en rosé. Sur son aire de production, les vignerons peuvent aussi fabriquer du languedoc rouge, rosé ou blanc, du terrasses-du-larzac (sur une partie de l'aire), plusieurs IGP (pays-d'oc, terres-du-midi, pays-d'hérault et saint-guilhem-le-désert) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).
Volumes
En un demi-siècle, la production est passée de 10 000 à 3 500 000 bouteilles[4]. Ce qui correspond à une production annuelle de 15 000 hectolitres[3]. Elle concerne les vins rouges et rosés[11]. Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont, sans y compter les différentes dénominations géographiques[1] :
| Année | languedoc Saint-Saturnin rouge | languedoc Saint-Saturnin rosé | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2022 | 76,04 | 2 308 | 30 | 47,5 | 1 957 | 41 |
| 2023 | 56,6 | 1 703 | 30 | 20,1 | 901 | 45 |
| 2024 | 33,3 | 1 124 | 34 | 27,0 | 925 | 34 |
Gastronomie

À la dégustation : « Les rouges laissent agréablement entrevoir leur terroir et leurs cépages à la dégustation : sucrosité, arômes de fruits rouges mûrs, de curcuma ou de poivre. Pour les rosés, on apprécie le mélange de vitalité et de finesse, d’arômes de fruits murs et de fraîcheur[11]. ».
Ces vins s'accordent fort bien avec les mets languedociens. Le rouge se marie avec des apéritifs (fricandeau, saucisson, samoussas), des entrées (garbure, pipérade, tortilla), ou des plats principaux (brageole, cassoulet, côte de bœuf d'Aubrac, boudin de l'Aude)[13].
Commercialisation
La saint-saturnin a connu son heure de gloire dès les années 1960, car ses vignerons furent les premiers en Languedoc à mettre en marché leur production en bouteille[14]. Actuellement, ces vins sont exportés en Europe et en Asie. Ils sont aussi commercialisés dans les principaux secteurs de la distribution française (moyenne et grande surfaces)[4].
Notes et références
Notes
- Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec une minuscule, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute une majuscule au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.
- ↑ Selon le cahier des charges de l'appellation, la dénomination est « Languedoc Saint-Saturnin »[2] ; comme nom commun, ça donne un « languedoc-saint-saturnin » ou un « languedoc Saint-Saturnin », sans qu'une de ces deux formes fasse autorité.
Références
- « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le ).
- « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « LANGUEDOC » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
- AOC saint-saturnin sur le site coteaux-languedoc.com
- Les vignerons de Saint-Saturnin
- ↑ "Les Vins de Saint Saturnin" sur Vins-Saint-Saturnin.com
- ↑ « Arrêté du 18 mai 1955 fixant les conditions d'attribution du label « Vin délimité de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l'appellation d'origine « Saint-Saturnin et Montpeyroux » », publié au JORF du .
- ↑ « Arrêté du 16 décembre 1960 fixant les conditions d’attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l'appellation d'origine « Coteaux du Languedoc » », publié au JORF du .
- ↑ « Arrêté du 17 août 1976 Conditions d'attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l'appellation d'origine « Saint-Saturnin » », publié au JORF du .
- ↑ « Décret du 24 décembre 1985 définissant les conditions de production des vins à appellation d'origine contrôlée « coteaux du Languedoc » », publié au JORF du .
- ↑ « Décret du 30 avril 2007 modifiant le décret du 24 décembre 1985 modifié définissant les conditions de production des vins à appellation d'origine contrôlée « Coteaux du Languedoc » », publié au JORF no 103 du .
- « L'AOC saint-saturnin », sur Le Figaro.
- ↑ « Le socle et la hiérarchie », sur languedoc-aoc.com (consulté le ).
- ↑ Saint-saturnin accord mets/vin sur le site vin-vigne.com
- ↑ AOC saint-saturnin sur le site petitfute.com
Voir aussi
Liens externes
- « AOP Languedoc Saint Saturnin », sur languedoc-aoc.com (site de l'ODG languedoc)
- « AOP Languedoc - Saint Saturnin – Cohésion totale ! », sur languedoc-wines.com (site du CIVL)
Articles connexes
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- Portail du Languedoc-Roussillon
