Coteaux-du-languedoc

Coteaux-du-languedoc
Image illustrative de l’article Coteaux-du-languedoc
Étiquette d'un coteaux-du-languedoc, l'ancien nom de l'appellation.

Désignation(s) Coteaux-du-languedoc
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1960 (VDQS) puis 1985 (AOC, jusqu'à 2007)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Languedoc-Roussillon
Sous-région(s) coteaux du Languedoc, plaine du Languedoc et coteaux de l'Aude
Localisation Aude, Hérault et Gard
Climat tempéré méditerranéen
Vins produits rouges et rosés
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha

Un coteaux-du-languedoc[note 1] est un ancien vin français d'appellation d'origine contrôlée. Il était produit dans la majeure partie du vignoble du Languedoc, couvrant les départements du Gard, de l'Hérault et de l'Aude. La zone d'appellation est comprise entre les villes de Nîmes et de Narbonne et s'étend de la Camargue aux Cévennes.

Cette appellation régionale est remplacée depuis 2007 par l'appellation languedoc, qui couvre en plus les Pyrénées-Orientales, avec lui aussi plusieurs dénominations géographiques.

Histoire

Étymologie

Le terme « langue d’oc » apparaît chez Dante en 1304. Parallèlement, le terme latin lingua occitana, qui en dérive, apparaît au XIVe siècle dans des textes administratifs[1]. De ce terme latin est issu le mot occitan qui s’est imposé chez les romanistes dans la seconde moitié du XXe siècle[2].

Vignoble

Présentation

L'appellation régionale regroupe les dénominations suivantes :

Climatologie

Le climat de ce terroir viticole est typiquement méditerranéen. Il se caractérise par des hivers doux, des étés chauds et secs et des précipitations rares et concentrées notamment en automne de septembre à décembre (les précipitations annuelles sont proches de 800 mm). Au contraire, l'été est souvent très sec, voire aride dans l'arrière pays des garrigues, avec seulement quelques précipitations en août liées aux orages. Les vents dominants sont la tramontane, vent sec et froid qui chasse les nuages, et le marin, vent humide qui au contraire amène les nuages. Il peut parfois être très violent. Dans le Gard, c'est le mistral qui domine.

Le taux d'ensoleillement journalier moyen est de 7 h 22, largement supérieur à la moyenne française de 4 h 46[3]. En outre, relativement "protégée" du Mistral et de la Tramontane par l'avancée des reliefs cévenols, Montpellier est la ville la moins ventée du golfe du Lion. De plus, la proximité de la mer favorise l'installation de la brise marine qui tempère les excès thermiques en été. La température annuelle moyenne est de 14,2 °C, supérieure à la moyenne nationale de 12,2 °C[3].

Encépagement

Vins

Vinification et élevage

Comme tous les vignobles méridionaux ces appellations – sauf le picpoul de Pinet – assemblent plusieurs cépages. Ceci est justifié par les caractéristiques climatiques régionales avec des étés très chauds, sinon torrides, et la présence de la tramontane, vent excessif, qui participent à la surmâturation des cépages. Tous les essais de vinification mono-cépage fait dans les vignobles proches produisant des vins de pays d'Oc ont démontré que ces vins ne peuvent atteindre une qualité élevée et donner la véritable expression du terroir. Par contre l'assemblage de plusieurs variétés permet d'obtenir un parfait équilibre entre acidité, alcool et tannins[4].

Richesse de l'encépagement et variété de terroirs permettent à chaque domaine ou à chaque cave d'apporter leur touche personnelle dans l'élaboration de leurs vins. Vinificateur et maître de chai peuvent ainsi privilégier tel ou tel aspect de leur vin en jouant sur une gamme étendue de techniques vinicoles :

  • saignée, macération à froid ou pressurage direct pour les vins rosés ;
  • temps différents de cuvaison pour un vin jeune ou un vin de garde ;
  • assemblage de vin de goutte avec un vin issu de la macération carbonique, introduction ou non de vin de presse dans telle ou telle cuvée ;
  • assemblage, dès la vendange, de deux ou trois cépages différents pour les vinifier ensemble. Cette technique permet de tirer un maximum de potentiel aromatique de ces cépages ;
  • vinification en cépages séparés et assemblage des différentes cuvées après dégustation. Cette méthode permet de mettre en valeur les caractéristiques de tel ou tel terroir ;
  • sélection d'un terroir ou de vieilles vignes pour une vinification à part.

Vinification en rouge

La vinification en rouge consiste à faire un pressurage après que la fermentation est commencée. Pendant toute cette phase, le moût est en contact avec les matières solides de la vendange. Celles-ci sont très riches en tanins, matières colorantes, odorantes, minérales et azotées. Ces substances vont alors se dissoudre plus ou moins dans le moût et se retrouver dans le vin[5].

C'est la cuvaison pendant laquelle les sucres se transforment en alcool (fermentation alcoolique) et le jus se voit enrichi par les composants du moût. Plus la macération est longue, plus la coloration du vin sera intense[5]. Se dissolvent également les tanins, leur taux sera aussi fonction du temps de la cuvaison. Plus elle sera longue, plus les vins seront aptes à vieillir. Durant cette phase, se produit une forte élévation de la température. Celle-ci est de plus en plus contrôlée par la technique de maîtrise des températures[6].

Vinification en blanc

Dans la vinification en blanc la fermentation se déroule en dehors de tout contact avec les parties solides de la vendange (pépins, peaux du raisin, rafles). Ce qui explique que l'on peut faire indifféremment du blanc à partir de cépages blancs et rouges. Le but de cette vinification est de faire ressortir le maximum des arômes contenus d'abord dans le raisin, ensuite en cours de fermentation, enfin lors du vieillissement[7].

L'extraction du jus et sa séparation des parties solides peuvent être précédés par un éraflage, un foulage et un égouttage, pour passer ensuite au pressurage. Mais ces phases sont évités par nombre de vinificateurs pour éviter l'augmentation des bourbes[7]. Le choix se porte sur une extraction progressive du jus puis un débourbage qui permet d'éliminer toute particule en suspension. Là aussi, encore plus que pour une vinification en rouge, s'impose la maîtrise des températures lors de la fermentation alcoolique. Elle se déroule entre 18 et 20 °C et dure entre 8 et 30 jours selon le type de vin désiré[8].

Vinification en rosé

La vinification en rosé se produit par macération, limitée dans le temps, de cépages à pellicule noire avec possible ajout de cépages blancs. Le vin rosé n'a pas de définition légale. Mais ses techniques de vinification sont très strictes et n'autorisent en rien en Europe le mélange de vin rouge et blanc. La première se fait par saignée. C'est le jus qui s'égoutte sous le poids de la vendange - entre 20 et 25 % - et qui va macérer durant 3 à 24 heures. La seconde est le pressurage. Une vendange bien mûre pourra colorer le jus et sa vinification se fait en blanc[8]. La troisième méthode implique une courte macération à froid. Puis sont assemblés jus de goutte (première méthode) et jus de presse (seconde méthode). Obtenu par ses trois types de vinification, où la maîtrise des températures est une nécessité, un vin rosé a une robe qui s'apparente à celle d'un vin rouge très clair, plus le fruit et la fraîcheur des vins blancs[9].

Gastronomie

Canard au sang accompagné d'un vin rouge des terrasses du Larzac.

Commercialisation

Production et rendement
Coteaux-du-languedoc Vignoble Blanc Rosé Rouge Total Rendement
AOC - rouge - rosé - blanc hectare hectolitre hectolitre hectolitre hectolitre hl / ha
Clairette-du-languedoc 60 3 6000 --- --- 3 600 ---
Clape et Quatourze --- --- --- --- --- ---
Faugères 1 904 802 72 311 --- 73 113 ---
Grès-de-montpellier --- --- --- --- --- ---
La Méjanelle --- --- --- --- --- ---
Montpeyroux --- --- --- --- --- ---
Pézenas et Cabrières --- --- --- --- --- ---
Picpoul-de-pinet --- --- --- --- --- ---
Pic-saint-loup --- --- --- --- --- ---
Saint-chinian 3 129 1 365 124129 --- 125 494 ---
Saint-christol --- --- --- --- --- ---
Saint-drézéry --- --- --- --- --- ---
Saint-georges-d'orques --- --- --- --- --- ---
Saint-saturnin --- --- --- --- --- ---
Terrasses-de-béziers --- --- --- --- --- ---
Terrasses-du-larzac --- --- --- --- --- ---
Terres-de-sommières --- --- --- --- --- ---
Vérargues --- --- --- --- --- ---

Notes et références

Notes

Références

  1. Par ex. La ville d’Albi donne 2000 francs d’or pour l’évacuation du château de Penne d’Albigeois, occupé par les Anglais. Dominus Johannes, regis francorum filii dux Bituricensis et Alvernie locum tenens domini nostri francorum regis in tota lingua occitana et ducatu aquitanie... in Clément Compayre, Études historiques et documents inédits sur l’Albigeois, le Castrais et le Vaurais, p. 261. Dans ce cas lingua occitana traduit langue d’oc en tant que territoire
  2. Joseph Anglade, Histoire sommaire de la littérature méridionale au Moyen Âge, 1921
  3. La population et la géographie de Montpellier - Portail Ville de Montpellier
  4. Pierre Charnay, Vignobles et vins des Côtes-du-Rhône, Éd. Aubanel, Avignon, 1985, p. 172.
  5. Colette Navarre, op. cit., p. 131.
  6. Colette Navarre, op. cit., p. 132.
  7. Jean-Luc Berger, op. cit., p. 76.
  8. Jean-Luc Berger, op. cit., p. 77.
  9. Jean-Luc Berger, op. cit., p. 78.

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean-Luc Berger, « Les filières de la vinification », in La Vigne et le vin, numéro hors série trimestriel de Science et Vie, n° 155, , pp. 72 à 79, (ISSN 0151-0282)
  • Colette Navarre, L'Œnologie, Éd. J. H. Baillière, (Technique et documentation - Lavoisier), Paris, 1988 (ISBN 2852064316)
  • Alain Laborieux, Muscats, des vins, des terroirs, une histoire, Éd. Sud Espace, Montpellier, 1997 (ISBN 2-906334-55-3).

Lien externe

Articles connexes

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